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LE PÈRE SCHAERLAEKEN ET L'ÉCOLE APOSTOLIQUE

(i) Pour prouver l'excellence de cette école, ajoutons que Mgr Meuletnan vient d'y envoyer, de Calcutta même, quelques Eu''asiens. Ces jeunes gens sont l'espoir du clergé indigène du reste de la mission.

d'ailleurs les œuvres et les procédés d'évangélisation sont à peu près similaires. Le tableau des recensements montre que de toutes parts le succès couronne les efforts. Partout, hélas! les prêtres sont en trop petit nombre, et l'on se demande comment deux ou trois missionnaires peuvent suffire à ces chrétientés de 4,000, 7,000 et parfois 10,000 catholiques éparpillés sur un vaste territoire. Et de fait ils ne suffisent pas; dans leurs lettres revient toujours la même plainte :

— « Que ne sommes-nous plus nombreux ici ; nous sommes débordés! (i). »

— « Plusieurs gros villages m'ont envoyé des députations; ils me demandent de devenir catholiques : impossible de les recevoir pour le moment (2). »

— « Que n'avons-nous ici une vingtaine de prêtres de plus! Ils n'auraient guère le temps de s'ennuyer, je vous l'assure! (3) »

Cependant, la Providence bénit visiblement les travaux des apôtres.

Partout c'est une efflorescence de vie chrétienne. Ne citons qu'une province, celle que l'on peut ajDpeler la terre des convertis : le Barway, desservi par les trois prêtres du poste de Katkahi.

Fier de ses i5,ooo baptisés et de ses i,5oo catéchumènes, il compte plus de chrétiens que la grande ville de Calcutta!

« J'ai traversé le Barway la secoude semaine après Pâques, écrit le Père Grosjean, supérieur de la Mission du Chota Nagpore. Je suivais la route de toute la vitesse de mon vélo.

» A droite et à gauche du chemin passaient, çà et là, des troupeaux, gardés par une armée de gamins. Dès qu'on m'apercevait, la masse des gamins s'ébranlait, accourait, se rangeait au bord de la route en disant : Jesii ki barai « Loué soit Jésus-Christ. » Une partie des mamans, occupées à recueillir les fleuri des maliuas, accouraient à leur tour et s'agenouillaient en disant : « Jesii ki barai. »

(i) P. DeGryse.

(2) P. Stoffels, Rengarih, avril ir)o5.

(3) P. Cyrille Vaudendriessche, Ranchi, So octobre igoS.

» Plusieurs fois je fis halte à l'entrée d'un village; en quelques minutes, toute la population était rassemblée autour de moi. Il est arrivé quelquefois qu'un Anglais protestant traversait le Barway en palanquin. Les porteurs étaient catholiques. Voici que leur curé arrive à cheval ou en vélo, et les porteurs voulant avoir une bénédiction, déposent doucement à terre le palanquin et le vo3^ageur ébahi, puis s'agenouillent en disant : « Jesii ki barai. »

» Du reste, entre Katkahi et Mahuadand, 29 kilomètres plus haut, dans la région sauvage du Chéchari où vivent 8,000 chrétiens, le spectacle n'est pas moins impressionnant. Pendant la semaine, au bord de la route, les champs fourmillent de travailleurs; le dimanche, pas un homme à voir, partout la solitude. De temps à autre, le voj^ageur entend le son éloigné du gong appelant le peuple à la prière et au catéchisme, qui remplacent la messe dans les villages trop éloignés de l'église. »

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