‹ Au Congo et aux IndesChapitre 26 sur 113 · CORDONNIERS · texte numérisé non relu

CORDONNIERS

Les apprentis dhier ont été si bien dressés, qu’ils sont

(i) Missions Belges de la Compagnie de Jésus, igoo.

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capables aujourd’hui de former à leur tour de nouveaux ouvriers.

BRASSEURS A KISANTU

Littérateurs A côté des travailleurs manuels, il y a « les ouvriers de

nègres. peiisée », les écrivains rédacteurs du journal.

Car Bergeyck-Saint-Ignace a son journal : le Ntetembo eto (Notre Etoile).

Les articles sont écrits jîar les Pères, mais aussi par les jeunes nègres. Leurs sujets : ordinairement les jeux en usage, les apologues de leur pays... Ils ont des tournures originales, des expressions typiques, si congolaises, que les Blancs ne parviennent pas à les égaler.

L’imprimerie de Kisantu ne chôme pas. Le scolastique qui la dirige, le Père Fernand Sadin, édite, outre le Nteiembo elo, des catécliismes, des livres de j)rières, de lectines, non seulement pour notre Mission, mais même pour le Congo français.

Il est assisté par des négrillons, mais, hélas!... Dans le métier d’éditeur, il est une bien grande lacnnel... On n’a pas encore trouvé le moyen de plier proprement du papier avec des mains sales !... Ce n’est pas qu’on n’ait essayé,... les gamins ne cessent de tenter l’expérience, au grand dé-

L’IMPRIMERIE A KISANTU

sesiîoir du Père imprimeur!... Il ne ijeut pas cej)endant leur demander d’avoir les mains blanches!...

Tous ces petits travailleurs et travailleuses reçoivent un salaire mensuel, on les paye en monnaie.

Quand vient le grand jour depaye,ilfaut voirl’animation qui règne sous la véranda, parmi les nègres et négrillons. Il faut savoir qu’à la même occasion le magasin d’étoffes est ouvert et qu’on leur permet d’acheter au prix coûtant les tissus qu’ils désirent!...

Pour le Congo les salaires sont relativement élevés ; de quatre à quinze francs par mois.

Salaire.

Ceux à qui l’on donne une instruction plus soignée reçoivent le vêtement et quelque chose pour leurs menus plaisirs (i).

Notez bien que nous ne comptons pas les nombreux pourboires dont on les gratifie. Pour le plus petit service, un matabiche... que si par hasard on l’oubliait, une petite question discrète vient bientôt rappeler à l’ordre!...

Au magasin d’étoffes, le rayon devant lequel stationnent le plus d’acheteurs est celui des tissus aux teintes voyantes. Plus l’assemblage des couleurs est criard, plus c’est beau! Les grands jeunes gens et les j)ères de famille sont de vrais enfants.

Et quand le Père s’étonne au spectacle d’un choix si baroque, ils rient de tout leur cœur. Les nègres du Congo ont du reste le rire extrêmement facile. Il suffit d’un rien pour exciter leur joie.

Que le Blanc fasse mine de soui’ire... A cette vue, hilarité générale, battements des mains, cris de jubilation!...

Puisque nous parlons du goût des Congolais, disons un mot de leurs accoutrements :

Le dimanche à la grand’messe, c’est à pouffer de rire tant les costumes sont extravagants. Quelques-uns des indigènes sont très correctement mis, quant à la partie inférieure du corps : culottes d’un blanc irréprochable... Levez les yeux, le contraste est impayable.

Tel porte une chemise, dont les iians s’étalent majestueusement en dehors du pantalon et flottent comme des oriflammes. Tel autre a donné tout l’argent qu’il avait, pour se procurer à un 2>rix invraisemblable une ijetite robe d’enfant. Il est tout fier de cette dentelle qui tranche affreusement sur le noir d’ébène de ce cou de taui’eau.

Un troisième — c’est la 2)arure ordinaire des chefs — l^orte une longue redingote. En Europe, nous sommes

(i) Missions Belges, mars 1906. Réponse du Père Banckaert au rapport de la Commission d’enquête.

ECiLlSE DE KISANTU PENDANT LA SEMAINE

Ordre du jour

habitués à voir ce vêtement complété i^ar le pantalon... Ici, on n’y regarde pas de si près...

En voici un qui, outre le pantalon et la chemise flottante, d’après la description ci-dessus se drape de plus dans une pièce d’étoffe en tissu écossais. Une vraie marionnette, quoi!... C’est le boy-cuisinier, un homme important; il voulait le faire voir. Il a réussi, sinon aux yeux des Pères, au moins aux yeux des natifs...

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