ASPKCT GÉNÉRAL DE LA MISSION
Arrivée des missionnaires. — Triste état de la religion catholique. — Situation actuelle.
Le Souverain (Poutife avait uoinmé au siège de Galle le R. P. Yan Reetli, ancien Provincial de Belgicxue, alors Rectenr du noviciat de Troncliiennes. Vers la fin de sef)tembre iSgS, le nouvel évêque quittait la Belgique; quatre Jésuites belges racconqiagnaient, les Pères Josexili Cooreman, Pierre AVallyn, Tliéodule Xeut et le Frère eoadjuteur Polydore A'erbruggen.
Le 9 novembre iSgS, Monseigneur faisait son entrée dans sa ville éiiiscojiale, où l’attendait tout un jieuxile en fête. Les Singlialais aiment les ornementations et les réjouissances bruyantes. Dans les rues ornées d’arclies décoratives, une [^foule comxiacte suivait la voiture de l’évêque, les draxieaux belges claquaient aq vent et le son des cloches, qui vibraient joyeuses, était étouffé de tciDjis à autre jiar les salves d’artillerie.
D’un jiortique érigé iiour la circonstanee non loin de l’église. Monseigneur monte à jiied vers Xotre-Dame du Rosaire, la nouvelle eatliédrale, et les habitants, comme autrefois le iieuxile juif, étendent sur le sol leurs manteaux aux eouleurs voyantes.
C’étaient les- heures faciles, les heures de joie; la tâche jiénible allait eommeneer.
Presque au lendemain de leur arrivée, les ouvriers se mettaient à l’œuvre : le Père Cooreman restait dans la ville
Arrivée
des
missionnaires.
CATIIÉUUAI.E DK tJAI.l.K
auprès de révèquo; les deux autres Pères partaient pour Triste
^ . . T 1 • • 1 1 état de la religion
Ratnapura et Kegalle, les elieis-lieux des distriets du nord. catholique,
L’état général de la Mission était misérable.
Sur 865,000 habitants, le dernier recensement de 1891 relevait quatre mille six eents catholiques.
Depuis trois ans ils étaient presque entièrement privés de secours religieux; on (‘ouqireiid ce qu’ils étaient devenus. Connaissance de la religion, morale, fréquentation des sacrements, tout cela était tombé bien bas. Dans certaines régions, c’est à jieine si, à 20 ans, on connaissait le Pater et VAve; les enfants de 8 ans ne savaient pas même ébaucher un signe de croix. L’apostasie avait tait des victimes; le bouddhisme gagnait du terrain. Des sept cent vingt-ciu([ établissements scolaires répartis dans le diocèse, (piaL’c eents étaient bouddhistes, cent soixante protestants et eiii(j[ seulement catholiques ; cent (piai'ante étaient des écoles athées. Presque toutes les églises étaient désertes et menaçaient ruine; et tout prés de l’autel délaissé, s’élevaient, arrogants et riches, les temples bouddhistes et protestants.
« L’église! j’ai x)res!pie lionti* de donner ce nom à l’endroit oii
l’on m’introduisit, écrivait le Père grande cloche en or ciselé M'allyn. Une masure convertie en recouvrant la dent de bouddha grange peut seule donner une idée de ce qu’est ici la maison de Dieu. Le toit est en ruine; le ciment du ]>avé s’émiette et cède sous les jias; les murs sont couverts de toiles d’araignées ; à l’autel, pas même une pierre consacrée. Les voleurs auraient beau chercher, ils ne trouveraient ]>as deux centimes à emporter... Pas une école dans tout le district! »
A ])eine ])eut-on s’imaginor les difficultés auxquelles se heurtèrent les jiremiei's missionnaires. Il leur fallut ])artir en reconnaissance, jiousser jusqu’aux limites de leur
district, relever les cliapelles, rebâtir les écoles. Et quand ai)rès de longues inarebes le prêtre rentrait, harassé, dans cette pauvre cliaumière qui s’api)elait son presbytère, seul devant sa petite table, il n’avait pour tout rejios que l’étude de l’anglais, du singhalais et du tamoul.
Situation actuelle. Le diocèse fut coiisacré au Sacré-Cœur de Jésus et généreusement on commença. Et aujourd’hui? Le progrès est réel, la moisson mûrit et attend des travailleurs.
La mission compte vingt Jésuites^ belges distribués dans huit localités; chacune d’elles a son presbytère, son église et son école; elle est le centre du district confié au missionnaire. Dans la x^rovince du sud, c’est, outre Galle, Matara, jolie imtite ville [de la côte coux)ée en deux imr le Nilganga, « le fleuve bleu » ; Ilambantota, avec sa belle x^lage
PUESHYTKRE 1)E lîAI.ANOODA
de sable rouge et ses salines; Iliiiiduina, la dernière fondée sur le Gin^'anp;a et qui abrita son premier ])rêtre sons une butte de feuilles de palmier. Dans la province dn nord, c’est Kégalle, avec ses extate^ à perte de vue; Katnapura, la cité des i-nbis, Balangoda, et, tout j)rés sur la colline, le gentil chalet dn Père Walljni avec tout nn bori/on de montagnes; enfin, an bord dn Kélnni, Yatiyantota, récemment sépai'ée dn district de Kégalle.
De 4iGoo, 1(> nombre des catholiques s’est élevé à 8,799; l’année 1905 accuse une augmentation de 534; ^4 on le erneifix a sa place d’honneur, comptent 2,801 élèves; 38 églises et chapelles ont été construites on relevées de leurs ruines.
L’ignorance en matièiv religieuse reste grande eiu'ore, l)rincii)alement chez l’adulte; mais (‘omment j)asser sons sileiu'c la profondeur de la piété, les manifestations ferventes de la foi, la célébration des fêtes, les chiffres de 23,143 eonlessions, de 30,895 communions, enregistrées pour l’année 1905, alors qu’autrefois le bon catholique se contentait d’accomplir le stiûct nécessaire (i).
Dieu ne coiu’onlic ainsi que les œuvres sanctifiées dans la souffrance; jmur croître, toute moisson surnaturelle réclame une terre ari'osée des sueurs de l’ouvriei' évangélique.
C’est eett(' vie du missionnaire avec ses héroïsmes cachés, avec ses joies réconfortantes aussi qu’il nous reste à retrac(u-.
(i) Le tableau suivant révèle le ju’Ofîrès, lent mais sérieux, de la vie chrétienne dans la Mission, de iH<j5 à if)o5 :
1™ année
2' année
3° année
1“ année
5* année
'Zj
“• année
8* année
Catlioliques . .
Baptêmes. . .
ISO
Confessions . .
Communions .
l.OOG
Mariages . . .
RATNAPURA