‹ Au Congo et aux IndesChapitre 59 sur 113 · VIE DU MISSIONNAIRE. — SES TRAVAUX · texte numérisé non relu

VIE DU MISSIONNAIRE. — SES TRAVAUX

Le prêtre dans son poste. — Le presbytère. — L’église. — Piété des Singhalais. — Une conversion.

Les visites du district. — Chez les Sin= ghal ais. — La sedia gestatoria. — Sur la route. — Au village. — Chien et serpent. — Chez les Tamouls. — La ré= ception.

L’âme à qui Dieu parle de missions lointaines est une âme de elioix qu’il a reeonnue assez forte pour le sacrifiée.

Elle trouvera là-bas des fatigues, des souffrances, des déboires; il faudra qu’après dix insuccès, elle se relève dix fois iiour recreuser le sillon qui s’est fermé derrière elle : c’est à ce prix qu’elle portera des fruits qui demeurent.

A Ceylan, l’insouciance de caractère des natifs et le jirosélytisme acliarné des bouddhistes et des iirotestants réclament du missionnaire la plus grande constance dans l’effort.

Trois occupations y partagent sa vie : le travail du ministère dans son poste, la visite du district et le soin des écoles.

Le missionnaire est d’abord curé, et tout curé a son presbytère et son église.

Le prêtre dans son poste.

Le presbytère.

L’église.

Piété

des Singhalais.

Mais le bon peuple ne remarque rien; à genoux sur le sol il ])i’ie, avec quelle foi et (piel resiieet. 11 crie ses prières plutôt qu’il ne les récite : côté extérieur (le la dévotion, mais auquel il tient beaucoup.

Quelle joie poitr lui de participer aux ])roeessions et aux rciirésentations de scènes religieuses.

Le i)resb;s"tère, le voici : vine petite maison bien simi^le, au toit de cliaume; si la station est nouvelle, oh! alors, ce sera une méchante masure mal fermée, où le vent pénètre, où les rats logent à vos côtés et se disputent votre soutane pendant que vous essayez de fermer l’œil; i^arfois ce sera moins encore, un petit coin derrière l’autel, une pauvre hutte et la terre nue.

Tout près, l’église plus grande, jdus soignée parce (|ue c’est la demeure du bon Dieu, mais souvent combien

misérable encore !

Les murs sont si nus, au fond l’autel si humble ; i)eut-être la i)l^ùe filtre-t-elle au travers du toit.

ÉGLISE ET PRESBYTÈRE A IllXlDl'.MA Tout CCla il la faÇOll

singhalaise sans doute,...

un peu originale pour nous, mais agréable à Celui qui aime les cœurs simples.

Le grand jour ]>ar excellence est celui [de la fête patronale de l’i’glise. Tl y a une neuvaine préparatoire, neuvaine (pii sera tantôt d(‘ si'pt jours et tantôt de onze, suivant

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que les ressources permettront de varier la décoration du lieu saiut; mais à Ceylan, cela s’appelle toujours une neuvaine. Elle se clôture la veille de la fête par les vêpres où accordéon et l)ugle mêlent leurs accords au eliant des

l/é(iI,ISE DE lîAI.ANCODA

psaumes et des hymnes; le lendemain grand’messe et pi'Ocession; et de nouveau violon, clarinette et cornet à piston s’entendent à produire un concert invraisemblable.

Les céi’émonies de la Semaine sainte offrent aux Singbalais l’occasion de manifester leur piété expansive. Le peuple suit avec émotion les épisodes évangéliques qui se déroulent sous scs yeux en scènes animées ou en tableaux

vivants. Le Vendredi saint surtout, les offiees liturgiques terminés, « il faut livrer l’église au peuple et ne lui demander qu’une chose, c’est de ne i)as pousser les démonstrations extérieures de sa foi jusqu’à renverser les murailles; pour le reste il n’y a qu’à laisser faire : on va représenteila Passion.

» Le chœur de l’église disparaît à la vue des curieux : de grandes tentures, blanches au fond, noires par devant, dissimulent l’autel. 11 leur faut un christ, mais non une image quelconque; ee qu’ils veulent, c’est le vieux christ qui a reçu les adorations des ancêtres. Des deux côtés de cette antique image, ils di'cssent, entourées d’épais bouquets de verdure, les statues de la Mère des douleurs et de saint Jean.

)) 11 est 3 heures, le peuple est réuni depuis longtemps dans l’église; on commence à lire la Passion. Soudain des coups de marteau retentissent et se succèdent. Ah! je comprends : on lit le passage de l’Evangile qui raconte le crucifiement, et dans le chœur, derrière les grands voiles, la scène vient de commencer. Le rideau s’écarte et les fidèles peuvent voir l’image vénérée, le Christ en croix.

» La lecture se poursuit. Dans l’entre-temps on prépare la seconde scène. Cette fois, c’est compliqué : il s’agit dc‘ représenter la descente de croix. Le vieux crucifix, la chèiaet précieuse relicpie, est remplacée par une croix nue. Tous les instruments de la passion sont réunis, et, afin que chacun puisse bien les voir, on organise un ])ctit cortège de douze enfants de chœur. Chacun tient en main un plateau contenant, l’iin la couronne d’é])ines, un autre les clous, un autre les tenailles et ainsi de suite. Au moment où cette petite ])rocession va rentrer dans le chœur, le rideau se lève et la scène de la descente de croix apparaît dans sa touchante naïveté.

» Au dernier acte, nous voyons l’ensevelissement. Le- Christ est recouvert d’un voile des pieds à la tête et déposé sur un brancard orné pour la circonstance. On entonne le Stabdt et la grande ])rocession s’ébranle, ’l'out le ])euph‘ l)orte des cierges. Et dans le jardin dont nous faisons legi-and tour, le couj) d’œil est vraiment magnificpie.

» On rentre à l’église; l’image du Sauveur est déposée à

l’entrée du chœur. Je lui baise les i>ieds le premier. Alors je suis témoin d’une scène uni(xue dans son genre. Tous

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