‹ Au Congo et aux IndesChapitre 61 sur 113 · IG · texte numérisé non relu

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par son cliant le bruit de la sonnette et le tintement de la <*loelie susi)endue à l’extérieur aux branches d’un arbre. <c Ilemerciements, sacrifice, adoration et supx)lieation » soient à jamais au très saint, sublime et divin sacrement » de l’Eucharistie », chantait le chef d’église d’un ton aigu et d’une voix tremblante ; et le peuple entier répétait ces mêmes paroles dans un muimuire resijectueux. »

Douces heures qui pajmnt largement des semaines d’efforts. Le prêtre est aimé d’ailleurs, aimé des enfants que chaque jour il catéchise, aimé des époux dont il légitime l’union, aimé de ceux qu’il a réconciliés.

Voilà le cadre où le missionnaire passe sa vie, vie faite d’incertitudes et d’imprévus, où, à chaque heure, l’on doit être debout, les reins ceints, i)rêt à partir au moindre api)el,... prêt à recevoir aussi un bouddhiste, un protestant parfois, qui vient frapper à la porte du presbytère, chercher le remède à ses doutes.

Nous ne savons rien de plus touchant que cette conversion, i-acontée par le Père Schaefer.

Le missionnaire avait découvert à Madampa, non loin de la côte, les tristes restes d’une ancienne église catholique; mais dans les cœurs, tout vestige de la vraie foi avait disparu. Après avoir tenté, mais en vain, de ramener les habitants à la religion de leurs ancêtres, il quittait le village sans plus d’espoir. « Mais le dimanche suivant, écrit le Père, étant à Palai)iti3'a, station située à 8 kilomètres de Madampa, un Singhalais bien mis vint se jeter à mes jjieds et me demanda avec instance le baiitême. Quel ne fut pas mon étonnement, lorsque je reconnus eu lui le maire de la « petite Venise » (i).

« Eh, lui dis-je, mon ami, qu’est-ce qui vous porte si soudainement à vouloir vous faire chrétien? Qu’est-il donc arrivé depuis ma visite au village ? »

» Sa réponse fut étonnante. « La nuit, dit-il, en songe.

(i) Xotu donné an village de Madampa, dont les habitations sont disséminées dans des ilôts.

Uneconversio

UOUÏJi DK GAI.LE A COI.OMHO

un homme d’aspect doux et vénérable m’est apparu et m’a commandé de me faire chrétien. Je n’ai d’abord fait grande attention, mais deux fois le même songe est revenu; alors j’ai eu peur et je suis venu ».

» Ceux, cpii savent combien le missionnaire est exposé à tomber victime de vils exi)loiteurs (pii abusent de sa bonne foi et tâchent de le tromper par de belles jirotestations, ne seront pas étonnés d’apjirendre (pie l’histoire du songe n’eût guère suffi à me eonvainere. Cependant comme l’impression (pie l’homme me fit était excellente, je le reçus avec bienveillance, l’intruisis avec soin et ne tardai pas à avoir des piTuves évidentes de sa sincérité. Car dès cpie son dessein fut eoiiiiu, il eut à supporter des persécutions sans nombre au village ; sa femme le menaça de le quitter s’il se faisait ehriitien. Rien n’y fit, le brave catéchumène persista à demander le baptême.

» Je le lui conférai à Galle, où je l’avais fait venir jioiir la circonstance. Ce fut le jour de la fête du Saint-Rosaire; il y eut messe pontificale, à laquelle le néo])hyte eut le bonheur d’assister sous le ])or(‘he de la cathédrale.

» Après .la messe et le baptême, comme je parcourais avec lui la grande nef, lui montrant les statues et les tableaux, soudain il s’arrêta et, étendant le bras vei’S un grand tableau du Sacré-Cœur, d’une voix vibrante il s’écria : <( Qui est-ce là ? Oh ! dites-moi ([ui est-ce là ? car c’est lui qui m’a apparu en songe et m’a commandé de me'faire chrétien. » Et lors(pie je lui eus dit qui c’était, il tomba à genoux et, les larmes aux yeux, il ne cessa de rcqK'der ; « Jesu Toumani ! Jesu Toumani ! IMon Seigneur Jésus, mon Seigneur .Jésus! » Depuis lors, j’ai ba])tisé ses sept enfants. »

Hélas ! Pouiupioi sont-elles si rares ees visites? car les adultes renoncent difficilement à leurs erreurs. X’importe, on essaie, on persévère et (piand l’un d’eux sort de l’église, r(igén(;ré dans les eaux du baptême, une joie ]un-e éclaire l’âme du missionnaire; la pauvre maisonnette, où il vit si seul, lui semble ])lus belle et i)lus belle sa vie, (pii ouvre à une âme les trésors du Christ.

— l’JO —

Les visites du district.

Chez

les Singhalais.

Le bon pasteur n’attend i^as au bercail le retoui’ des brebis ; il part à leur recberclie. Le missionnaire parcourt les villages singbalais et les estâtes des pauvres Tamouls.

Il quitte sa résidence, tantôt pour une visite régulière dans un coin de son district, tantôt sur* les instances d’un village, d’une famille perdue dans la jungle, d’un mori-

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