CANOTS
bond qui l’attend pour s’éteindre tranquille. Ses moyens de locomotion? c’est le coach, la vieille diligence; le tronc d’arbre creusé, fendant l’eau au bruit des pagaies; plus souvent la charrette à boeufs, qui franchira au besoin le gué des rivières ; parfois la chaise à porteurs. Et quel voyage alors !
f( J’avais à me rendre, raconte le Père Wallyn, de Balangoda à Kiripatdeniya, à plus de deux lieues d’iei. Il n’y avait poiir y aller qu’un mauvais petit sentier, qu’on était en train de convertir en route cari’ossable, mais qui était encore loin d’être carrossable, à l’époque dont je parle. Vous avez vu chez vous ce que sont, en temiis de pluie ou de dégel, ces cliemins de terre fréquentés par les lourds chariots. On enfonce jusqu’à la cheville dans le sol détrempé et dans les ornières. Tel était notre sentier, à la suite de plusieurs jours d’averses, avec cette
différence, toutefois, qu’on y enfon^*ait jusqu’au-dessus du genou.
» Les gens de Kiripatdeniya désiraient m’avoir à tout prix, pour leur dire la sainte messe et administrer les sacrements. Mais comment m’y rendre? Je n’ai pas de clieval. Mon bœuf aurait disparu dans le bourbier. Je leur promis d’aller chez eux, dès que les oliemins seraient praticables ; la saison sèche était proche : encore un peu de patience. Ils insistèrent et pi’oposèrent de me porter eux-mèmes. J’acceptai.
)) Le lendemain, six forts gaillards vinrent me xu-endre. Ils attachèrent, au moyen de cordes aux deux côtés d’une chaise à bras, deux gros bâtons, en guise de brancard, me firent asseoir sur la chaise et à un moment donné me soulevèrent et jiartirent. Xous voilà en route. En voyant sur tout le l)arcours femmes et enfants se jîrosterner pour demander ma bénédiction, j’aurais pu me croire le l)aiie du district, porté dans lasedia gestotoria.