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LE PERE HENRI DEPELCHIN AU ZAMBÈZE

J.-C., des Aryens, de la même famille que la plupart des peuples d’Eui'ope, descendus des plateaux de l’Jran. Ces envahisseurs se répandirent peu à peu dans toute la région. A partir du iv® siècle avant J.-C., les Grecs d’Alexandre, les Parsis origin lires de la Perse, les Scythes des bords de la mer Caspienne, firent tour à tour une rapide apparition dans le pays. Au x® siècle de notre ère, les Arabes conquirent la péninsule ; puis vinrent les Mongols, enfin les Euroiiéens. Portugais, Hollandais, Fi-ançais prédominèrent là-bas, jusqu’au jour oii la bataille de Plossey assura à l’Angleterre la suprématie dans ces vastes régions.

Les Anglais, on le sait, ont pour principe de changer le moins possible les coutumes civiles et religieuses des peuples qu’ils gouvernent; aussi l’iiindouisme, forme actuelle du brahmanisme, règne-t-il dans toute l’Inde, tant au Beugnle qu’ailleurs.

Expliquer l’iiindouisme revient à exposer la formation du système civil et religieux des Indous; le voici dans ses grandes lignes.

Aux premières divinités des Aryens succède Brahma, l’être suprême. Cette divinité abstraite se manifeste dans Brahma, le dieu créateur; dans Vishnu, le dieu préservateur, et dans Siva, le dieu destructeur et rej)roducteur.

Cinquante ans environ avant notre ère, entre l’antique brahmanisme et le bouddhisme, né depuis quatre siècles, surgit une lutte acharnée, à la fois religieuse et sociale. Elle dura près de dix siècles. Le bouddhisme vaincu continue de s’éteindre doucement aux Indes, non sans avoir inoculé à son adversaire beaucoup de ses institutions. Pendant ce temps, d’ailleurs, le brahmanisme, sans perdre ses inûncipes constitutifs, avait subi dans son propre sein une révolution profonde. Brahma est resté, sans doute, la première i^ersonnalité de la triade hindoue, mais ce n’est plus le Brahma des anciens temps ; il a été défiguré, écrasé sous un amas de légendes burlesques ou obscènes; il n’a plus de culte. Vishnu et Siva l’ont supiîlanté, et avec eux, sous leur égide et pour ainsi dire sous leur conduite, une tourbe innombrable de prétendus êtres divins ont rempli la scène. Le brahmanisme est devenu une arène immense dans laquelle s’agitent, se mêlent et se coudoient avec les dieux des antiques Aryas, les fétiches des populations aborigènes et sauvages. « Les animaux, les poissons, les reptiles, les montagnes, les pierres, par-dessus tout les divinités féminines des tribus dravidiennes, les dieux de chaque village, les esi)rits démoniaques de toute nature; c’est un amas confus et sans cesse divers de croyances, de légendes, de pratiques et de prétentions qui se résolvent eu sectes innombrables, plus différentes néanmoins par leurs dénominations que par le fond même de leurs doctrines (i). »

(i) Le brahmanisme par Mgr Laoueuan, IIP partie, p. 2.

Voilà l’élément religieux de riiiiidouisme. Saeonstitution soeiale repose tout entière sur le sj^stèine des eastes. D’après Huuter (i), les eastes se seraient formées de la manière suivante. A l’origine, dans les colonies aryennes, tout père de famille était laboureur, guerrier et prêtre. Par degrés, des familles privilégiées, celles qui composèrent les hymnes védiques ou les apprirent par cœur, furent

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