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CHAPITRE XVII

Départ de Lusambo et arrivée à Nyangwé. — Les révoltés rentrent en campagne. — Je prends la direction des opérations.

— Le Gouverneur approuve ma conduite. — Composition de l'expédition. — Je dois sévir contre des voleurs. — Dispositif habituel de marche et de campement. — Sanglant combat de nuit à Kapwa. — Poursuite de l'ennemi. — La famine. — Imprudence et mort de Burke. — La bravoure, c'est bien l'obéissance c'est mieux. — Dislocation de l'expédition. — Mort d'Hambursin.

— Adieux à mes vieux braves I — Retour en Europe. — La défense de notre Colonie.

Je restai encore environ un mois à Lusambo, afin de remettre le district à mon successeur, puis je pris la route de Nyangwé avec les 115 soldats qui se trouvaient de la catégorie désignée dans la dépêche du Gouvernement.

Arrivé à Nyangwé, je résolus de donner un peu de repos à mes hommes et comme le commandant Antoine m'avait logé dans une excellente maison, je jouissais avec bonheur du « dolce farniente ». Or, un jour Antoine vint brusquement me réveiller pendant la méridienne que je faisais consciencieusement.

— a Michaux, me dit-il, j'apprends à l'instant que les anciens soldats révoltés unis aux gens de Kabongo, Dibué et Kolomoni, viennent de se porter en avant et se dirigent de nouveau sur N'Gandu. Que comptes-tu faire ?

— Mais, lui répondis-je, je n'en sais rien, laisse-moi au moins le temps de m'éveiller, et puis est-ce sérieux ou est-ce une farce que tu me contes là ?

— Je te donne ma parole, me dit-il, que c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux. »

Vu la gravité des circonstances, il fut décidé que j'écrirais immédiatement à tous les chefs de postes, de zones ou de districts des environs, afin de les prévenir de la marche en avant des révoltés et que, par le même courrier, j'enverrais des réquisitions afin de rassembler le plus de troupes possible pour faire face au danger.

Ainsi donc, parti de Lusambo pour me rendre dans le Nord du Congo, voilà que, arrivé à Nyangwé, je devais m'apprèter à marcher vers le Sud !

Lorsque j'avais pris toutes ces mesures, j'avoue que je n'étais pas très tranquille, car je ne savais pas si la ligne de conduite que j'avais adoptée serait approuvée par le Gouvernement ; aussi lorsque, quelques jours plus tard, je reçus une lettre de Dhanis me prescrivant de prendre précisément les mesures que j'avais arrêtées, je fus tout heureux.

En même temps, je recevais également une lettre du Gouverneur Général Wahis, me disant qu'étant aux Falls, il se rendait à Nyangwé, où il arriverait presque aussitôt que sa lettre.

En effet, quelques jours après, il débarquait et je remontais avec lui jusque Kassongo,

Non seulement il approuva tout ce que j'avais fait, mais encore il me félicita de mon initiative et me remit une commission, me donnant les pouvoirs les plus étendus.

C'est encore avec plaisir que je donne la copie de cette commission :

Etat Indépendant du Congo

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