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Les autorités supérieures se sont montrées plutôt bienveillantes. Le gouverneur a offert un dîner au cardinal-légat.
Il y a bien eu une tentative isolée pour faire tort au Congrès. Une brochure en anglais contre l’Eucharistie a été publiée par un anonyme quelconque. Les fidèles ont repoussé du pied avec dédain cette ineptie,çcomme nos Canadiens rejettent les bibles apocryphes et les tracts distribués nuitamment par nos apostats.
Mais on peut dire que le Congrès eucharistique de Malte s’est passé dans la piété ardente des catholiques, et dans la parfaite courtoisie des autres.
J'ajoute enfin cette remarque, que tout le monde se passe avec satisfaction, et il me semble qu’elle comporte un bel éloge:
c’est qu’il n’y a pas eu un seul accident, ni un seul délit, pas une seule arrestation durant tout le cours du Congrès lui-même.
La Valette, Malte, 30 avril 1913.
Il ÿy a tout À Malte en fait de communautés, d'institutions et d'oeuvres. Il y a donc un Jardin de l'Enfance. Il est tenu et dirigé par des Soeurs de Saint-J oseph de l’Apparition qui ont ici trois maisons d'éducation. Nous sommes allés ce matin dire la messe dans la chapelle de leur établissement de La Valette.
Nous avons ensuite rendu visite au beau-frère de madame Cassar qui demeure tout à côté, Strada Zaccharia. Les deux familles étaient réunies, après avoir, pa-
rents et enfants, assisté à ma messe et communié.
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Enfin, dîner avec monsieur et madame Cassar et quelques autres invités chez le comte et la comtesse de Messina, en leur résidence princière.
Il est rare de voir, en un palais habité par une fami'le privée, une collection plus riche, plus variée et plus curieuse d’oeuvres d’art de toutes sortes: toiles des grands maîtres, tapisseries des Gobelins, marbres, bronzes, mosaïques, meubles précieux, statuettes, porcelaines, terres cuites, un véritable musée digne tout &u moins d’une université.
La partie religieuse n’est pas moins remarquable. Dans l’oratoiré spécialement, où la messe est dite chaque jour, il y a des vases sacrés, des ornements, des reliquaires, qu’une cathédrale pourrait envier. Je signe au registre tenu à jour pour les visiteurs et je vois bien que je succède à plusieurs des principaux personnages du Congrès. On nous fait voir l'appartement préparé pour un cardinal
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qui a fait défaut au dernier moment. Son Eminence aurait dû venir.
Vraiment je suis heureux de constater Par moi-même ce que l’on m'a dit de la noblesse maltaise, elle est toujours noble.
Elle est profondément religieuse, d’une tenue très digne, d’une courtoisie impeccable, d’une simplicité de vie admirable et en même temps elle conserve le goût du beau artistique et se tient gardienne jalouse des traditions maltaises. Ce sont ses
principaux membres qu’on a vus porter le dais aux deux grandes processions,
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La Valette, Malte, 30 avril 1913.
Evêque canadien, je pouvais difficilement me soustraire à la petite corvée de donner un entretien sur notre pays, et sur les avantages qu’il peut offrir aux Maltais désireux d’émigrer ou obligés de s’expatrier. L’insistance de l'invitation fut telle et le but était tellement louable que je me suis rendu à une réunion du bureau d'immigration.
L'ile de Malte est surpeuplée et ne peut garder tous ses enfants. Bon nombre doivent aller ailleurs chercher leur gagnepain. Ils sont légion déjà à Alger, à Tu-
nis, à Alexandrie, dans diverses villes maritimes de l’Europe et aussi de lPAmérique.
Serait-il avantageux pour les autres de venir au Canada? Je me suis défendu d’être un agent d'immigration, d’avoir Pour cela aucune mission ou titre quel- Conque. N'’étant pas prévenu, ne m’attendant point à l’honneur que l’on me faisait, je n’avais apporté aucun document. Il est vrai que le Canada est un Pays très vaste dont une grande partie reste encore inoccupée, que beaucoup d'étrangers y viennent s'établir à leur avantage,
Mais pour ce qui concerne les Maltais, ils doivent ne pas ignorer les différences de climat, de langues, d’habitudes sociales et même de genre de travaux ; qu'ils sachent bien que le Chauffage, le double vêtement, la nourriture plus forte et plus abondante sont des causes de dépenses qui couvrent souvent, et bien au-delà, la plus
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value des gages. Qu’en tout cas l’immigration, d’une manière générale, ne peut être avantageuse qu’aux travailleurs proprement dits, que les classes professionnelles n’auraient que faire de venir. Au Canada il y a, comme à Malte, la liberté religieuse et civile; partout les Maltais auront toutes les facilités voulues pour pratiquer régulièrement leur religion, les bons ouvriers y trouvent toujours de l’emploi, mais il y a des circonstances qu’il faut connaître et dont il faut tenir compte.
Qu'ils ne viennent pas sans s’être assurés d’un bon accueil et pour cela que, par l’intermédiaire du bureau de Malte, ils obtiennent au préalable de l’un ou l’autre de nos propres bureaux d’immigration les renseignements nécessaires.
Je dis à ces messieurs qu’ils peuvent en toute confiance s’adresser à M. l’abbé Casgrain, de l’archevêché de Québec.
Je ne puis m'empêcher d’ajouter ici que
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les Maltais, par ce que je connais d’eux maintenant, me paraissent être tout à fait qualifiés Pour venir au Canada, comme colons agricoles ou comme ouvriers, à condition de se conserver avec leur foi, et leurs traditions familiales.
Pour nous, je ne sache pas qu’on puisse trouver nulle part meilleur contingent
pour s’ajouter à la population catholique de notre pays.
Puisqu’il nous vient, qu’il nous viendra sans cesse des immigrants, autant ceux-ci que d’autres, et beaucoup mieux, à notre point de vue, ceux-ci que beaucoup d’autres qui n’offrent pas du tout les mêmes garanties. Avec nous, les maltais, loyaux sujets britanniques et catholiques fervents deviendraient aisément de très bons canadiens. C’est bien le résumé de tout ce que je pouvais dire sur le sujet.