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La Valette, Malte, 30 avril 1918.
Il faut, qu’avant de partir, je vous conte quelque chose qui vient de nous arriver et qui me paraît bien caractéristique.
Tout à l’heure en nous reposant un peu après une journée bien remplie, nous étions, mon compagnon et moi, à réciter notre bréviaire. Voici qu’on frappe à la porte, madame Cassar entre, s’excuse de nous déranger et nous dit: le bon Dieu va passer. Alors elle va vers la fenêtre donnant sur la rue, allume quelques cierges, pendant qu’un domestique faisait ailleurs la même chose.
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T'ute la façade de la maison fût bientôt illuminée, Nous allons au balcon.
Un bruit de voix, comme une psalmodie descendait la rue San Paolo. Nous apercevons à quelques cents Pas un groupe de personnes : hommes, femmes, enfants, entourant un prêtre portant le surplis et l’étole, marchant Sous l’ombrellino. A ses côtés des enfants de choeur, avec flambeaux allumés et clochette. Tout ce monde, une vingtaine de Personnes auxquelles d’autres s’adjoignent le long de la marche, récite tout hant des prières.
Sur les trottoirs des deux côtés de la rue les passants s'arrêtent, les hommes se découvrent, tous s’agenouillent.
Toutes les fenêtres portent des lumières
entre lesquelles on aperçoit des têtes qui s’inclinent.
Le bon Dieu en effet passe sous le balcon de notre appartement,
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Le cortège s’arrête environ deux arpents plus bas, le prêtre monte chez le malade, accomplit son ministère, redescend avec le ciboire, la procession se reforme et avec le même cérémonial le Saint-Sacrement est reporté à l’église paroissiale, et replacé dans le tabernacle.
Le tout au tintement grave de la cloche.
“ Mais, Madame, ceci est très beau et nous impressionne vivement. Cela se passe-t-il toujours ainsi? ” « Eh, oui, Monseigneur, naturel'#ment, puisque c’est le bon Dieu qui passe. ”
A ce sujet, je me rappelle avoir lu et saisi au passage ce trait qui montre bien la piété foncière du Maltais ; parmi les privilèges réclamés naguère et obtenus des autorités anglaises, est celui en vertu duquel tout militaire est tenu de présenter
les armes au passage du Très Saint- Sacrement.
Je viens d’avoir le plaisir de recevoir le
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comte Paul de Quinsonas, président de l’Union diocésaine de l'Isère de l’Association Catholique de la Jeunesse Française.
C’est le neveu du marquis de Costa de Beauregard, de l’Académie Française, écrivain catholique que j'avais eu l’avantage de connaître, et comme lui parent de Mgr de l’Auberivière, l’un des évêques de Quéuec.
M. de Quinsonas, qui a fait l’autre jour à la Musta un discours-rapport, me confirme que l’Association qu’il représente compte bien près de deux cent mille membres répartis dans toute la France en unions diocésaines. La dévotion eucharistique, et spécialement la communion fréquente, en est le lien principal. Elle fait oeuvre essentiellement religieuse endehors de toute préoccupation politique, à l’écart des partis, c’est ce qui fait surtout sa force et lui donne un prestige indéniable, L'Association est partout établie sous le contrôle direct de l’évêque.
On comprend chaque jour davantage
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en France que si l’on veut efficacement travailler et combattre pour l'Eglise, il faut agir avec elle et comme elle. Or elle se maintient toujours au-dessus et endehors de toute partisanerie politique.
Rome, 2 mai 1913.
Nous quittions La Valette mercredi soir, à dix heures, pour nous embarquer de nouveau sur le fameux Corona que nous ne pouvions éviter. C'était le seul navire sui pût nous ramener à Syracuse.
Il *: at bien faire contre mauvaise fortune bon Coeur, et d'autant plus joyeusement que le vaisseau autrichien aura été le seul incident ennuyeux, et restera le
seul souvenir désagréable de notre voyage à Malte.
M. Cassar, poussant l’'amabilité jusqu’au bout, nous aCCompagna dans la bar.
que qui nous conduisit à bord du vapeur,
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nous épargnant, pour les prendre à ga charge, tous les petits détails de cette dernière phase de notre séjour. Il a voulu à l’heure du départ, se dérober à nos remerciements, n’en voulant rien entendre.
Il sait combien nous avons apprécié les attentions si délicates dont,avec Mme Cassar, il n’a cessé de nous entourer dans son hospitalière demeure. Je tiens à consigner ici à leuùr adresse l’expression de notre gratitude profonde et inaltérable.
Charmant foyer chrétien où règne le bonheur dans la vertu, que le bon Dieu lui garde sa protection et fasse que tous ensemble, parents et enfants, puissent vivre longtemps heureux, dans cette affection réciproque dont nous avons été les témoins édifiés.
Le Corona ne devait lever l'ancre qu’à une heure, Que faire en attendant! Rien ne nous attire dans l’espèce de cabine qui nous est assignée, où la lassitude seule et un besoin irrésistible de sommeil nous feront descendre plus tard.
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Le ciel est Pur, la mer est d’huile.
Au milieu du va et vient des chaloupes, des allées et venues des congressistes en Partance, appuyé sur le bastingage, je Contemple le panorama splendide déroulé tout autour: la ville, ses édifices religieux et profanes, ses hautes murailles ; les forts Saint-Elme, Ricasoli, Saint-Ange offrent, l'imagination aidant, un contraste curieux avec les églises monumentales de La Valette, de la Sliema, de Floriana et de Senglea. On peut même pousser jusqu’à la Musta, à Notabile, à Rabato, autant de lieux historiques qui viennent de servir tout à tour de théâtre pour les 80lennités du Congrès,
Et que de souvenirs réveille cet admira:ble ensemble !
Vingt siècles d'histoire y ont laissé leur empreinte,
Quelques faits ge précisent pour résu-
mer les grands traits de ce poème qui commence avec saint Paul, et dont la dernière page vient de s’écrire sous nos yeux.
N'est-ce pas délicieux de se représenter ici même, sur place, la scène de l’apôtre abordant après le naufrage, accueilli avec humanité par les insulaires.
L’incident de la vipère, le changement à vue de sentiment chez les témoins du prodige, la guérison miraculeuse du père de Publius et d’un grand nombre de malades, et tout ce qu’on peut se figurer de la prédication de l’apôtre, des merveilles qu’il fit et des conversions qu’il opéra durant son séjour de trois mois, tout se presse dans l’esprit en nous ramenant aux premières origines chrétiennes de Malte.
Je vois Roger de Normandie entrant dans la ville, depuis longtemps courbée sous le joug musulman. Les notables suivis de la multitude viennent au-devant
de lui, Paccueillant comme un sauveur, chantant le X yrie eleison.
C’est ensuite Villiers de l’Isle Adam, 8rand-maître de l'Ordre de Saint-Jean, escorté de ses chevaliers, Après leur expulsion de Rhodes, où ils avaient accompli des prodiges de valeur demeurés légendaires, ils reçoivent de Charles-Quint, sur les instances du pape, avec le Consentement de tous les princes chrétiens, y compris Henri VIII, cette île dont ils porteront désormais le nom déjà glorieux et qu'ils illustreront encore davantage.
Toutefois, et ceci est tout à l’honneur du peuple de Malte, avant de prendre Possession de son nouveau domaine, le grand-maître, le seize juillet 1530, signe Un Contrat en bonne forme, ratifié par Chaque grand-maître subséquent, aujourd’hui encore conservé dans Jes archives de la ville, Stipulant que tous les droits, privilèges et immunités du peuple de Malte seront toujours scrupuleusement maintenus.
Voici maintenant Jean Parisot de la Valette, le troisième grand-maître à Malte.
Il a soixante-onze ans, ne dispose que d’une petite armée de neuf mille hommes et durant près de quatre mois il doit soutenir le siège de l’armée de Soliman II, forte de soixante-dix mille hommes et de cent cinquante vaisseaux.
Les assiégés tombent comme des héros chrétiens, après avoir communié et en chantant le Credo.
Leur résistance finit par une victoire qui décide du salut de l’Occident. La ville que je contemple porte le nom de l’illustre guerrier.
Image vivante de l'Eglise dont ils étaient constitués les défenseurs, en même temps que les protecteurs d’avant-garde de la civilisation chrétienne,les Chevaliers de Malte présentaient, sur ce roclier su-
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Eglise de la Musta, intérieur
perbe, dans l’unité de doctrine et la dépendance hiérarchique, l’admirable variété de leurs nationalités et de leurs langues. Les auberges de Castille, d'Italie, de France, de Provence, d'Auvergne, d’Aragon et de Bavière sont toujours debout.
Affectés à des fins étrangères à leurs premières origines, ces monuments demeurent comme une éloquente leçon perpétuant, pour l’enseignement de tous, le miracle et les mystères de la Pentecôte.
Quelle splendide parade devait offrir le défilé de cette armée dont les bataillons distincts, en passant sous le balcon du grand-maître, leur supérieur à tous et leur chef, exprimaient si bien le sens catholique de l’unité par la charité.
L'Ordre des Chevaliers de Malte, ayant cessé de lutter faute d’ennemis à combattre, dut subir une loi impitoyable de l’histoire : la possession et l’abus des richesses devaient fatalement mener à la déchéance ce corps religieux.
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Après avoir résisté des siècles durant aux ennemis du dehors aussi bien qu’aux infiltrations de leurs maîtres, païens ou musulmans, les vrais Maltais ne devaient pas se laisser entraîner sur la pente corruptrice par l’exemple funeste de ceux dont, aux temps chevaleresques, ils avaient tant aidé et admiré la bravoure.
C’est Napoléon qui s'empare de Malte, en chasse définitivement l'Ordre, porte une main sacrilège sur les trésors des églises et part pour l'Egypte.
Le peuple avait subi la tyrannie, ne pouvant l’empêcher ; il se révolte contre les lois iniques qu’on veut lui imposer, enferme dans ses casernes la garnison française et attend avec patience.
C’est toujours le peuple de Malte qui lutte et souffre pour la conservation de
sa foi et de ses droits.
C’est l'épopée qui se continue.
DÉ MALTÉ 147 ————————————___
Malte enfin de son plein gré, ou si l’on préfère, à son grand contentement, passe sous le sceptre de l’Anglcierre qui lui garantit toutes ses franchises ei ioutes ses libertés.
Voyez sur la grève ces caïillonx de gilex ou de granit, ronds comme des bilies et durs comme le diamant. ‘4 ur forme et leur consistance les protègent contre tout amalgame et contre toute brisure. Tels les Maltais; en dépit de ioutes les invasions et de tous les bouleversements politiques, ils sont restés à travers les âges, ce qu’ils étaient, avec la fermeté de leur foi et l'intégrité de leurs traditions.
Après une histoire aussi glorieuse, je me dis que Malte méritait d’avoir son Congrès eucharistique et que ce Congrès lui-même méritait d'obtenir le plus complet succès. C’est ce qui est arrivé.
Malte, pauvre petite “ Bethléem de Juda ”, c’est toi qui devais, dans un con-
grès idéal, manifester avec un si grand éclat la gloire du Christ dans le sacrement de son amour. Gloire à toi, Malte !
Adieu, Malte !
Jeudi matin, nous nous réveillons à Syracuse, où nous reprenions le train pour Naples et Rome.
Rome, 12 mai 1913.
La journée de 1a Pentecôte, hier, a été bien remplie. Le matin nous descendions
à Santa Chiara où je célébrais pontificalement la messe. C'était la fête patronale des Pères du Saint-Esprit qui ont la di.
rection du Séminaire Français.
Ceci me reportait à trente-cinq ans en arrière, alors que j'étais étudiant prêtre dans cette même maison qui est un ancien couvent de Clarisses. Curieuse coïncider ce,
Les élèves ont chanté durant tout l’of.
fice du plein-chant grégorien. Leur schola
est renommée dans toute la ville et rivalise avec le couvent bénédictin de Saint- Anselme pour la perfection avec laquelle ils savent l’exécuter.
Après les avoir entendus, je suis plus que jamais désireux de voir introduire dans notre cathédrale le chant de Solesmes. Après tout, les difficultés ne sont pas insurmontables et l’effet en est si pieux, il donne une si belle expression à la prière que les préjugés ne sauraient tenir longtemps à l’encontre.
L'office terminé, nous nous rendons au Vatican pour assister,dans la grande salle ducale, à la réception des pèlerins français faite au nom du pape, par Son Eminence le cardinal secrétaire d'Etat.
Bien qu’on le dise à peu près rétabli, Pie X doit s’astreindre quelque temps encore à la solitude et au repos que lui impose la Faculté, et ne saurait reprendre les audiences mêmes privées, qu'à une date ultérieure et qu’on ne précise point.
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C’est pour les Français une déception générale ct d'autant plus sensible qu’on leur avait fait espérer au moins l’admission en présence du Saint-Père.
Aussi la cérémonie fut-elle assez terne.
L'adresse lue Par Mgr Odelin et la ré- Ponse du cardinal Merry del Val, en dépit de tous les beaux sentiments qu’elles exprimaient ne Parvinrent à créer aucun enthousiasme.
La bénédiction donnée de la part du Saint-Père, la distribution de son dis- Cours et celle des médailles commémoratives du jubilé furent elles-mêmes un palliatif insuffisant.
Et qui pourrait faire à ces catholiques de France un reproche de leur tristesse ?
N’est-elle pas la marque évidente de leur amour Pour le pape et de l'intensité de leur désir de le voir et de l’acclamer?
Nous revenons au Séminaire Français
pour le dîner où je me retrouve au milieu de mes vieux directeurs et d’anciens condisciples, parmi lesquels le curé de la Madeleine à Paris, l’abbé Rivière.
C’est hier que le pape devait descendre à Saint-Pierre pour la solennité prineipale du centenaire constantinien. La chose n’étant plus possible, il a fallu la rayer du programme.
Comme dédommagement, les fidèles furent convoqués quand même dans la basilique vaticane pour le Te Deum qui devait être chanté en action de grâces pour le rétablissement de Sa Sainteté. J’ai assisté aux vêpres dans une stalle du chapître. La foule envahissait à ce moment les immenses nefs et bientôt ce fut dans la basilique la multitude compacte comme aux plus grandes fêtes.
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Le cardinal Rampolla fit son entrée à la suite du cortège des chanoines et des évêques et se rendit à l’autel papal. Le Saint-Sacrement fut exposé, on chanta d’abord la première partie du salut, puis le Te Deum qui fut suivi de la bénédiction ordinaire du Très Saint-Sacrement.
Comme d’habitude tout le peuple prit part au chant et je veux noter ceci, parce que la remarque en était faite à la sortie, dans tous les groupes : l’assistance gi nombreuse se Composait surtout de Romains et d’Italiens; les pèlerins étrangers disséminés par ici par là ne formaient qu’une petite minorité. Or le sentiment d’une sympathie filiale et profonde dominait partout. On se réjouissait avec une cordialité évidente du retour à la santé du Saint-Père, On priait avec dévotion, on n’était point choqué par ces conversations, ces rires, ces attitudes profanes que lon observe trop sonvent, même durant les cérémonies, et qui “aient hier absolument exclus par la piété générale.
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Le peuple romain aime le pape. Il l’a montré à la cérémonie du Te Deum hier.
Il en donnait une nouvelle preuve dans la soirée par l’illumination générale des édifices religieux et des maisons particulières. Je crois bien que c’est la plus belle qu’il y ait eu depuis 1870, et surtout la plus populaire. Le monde dans les rues, pour en contempler l'effet, était aussi intéressant que la disposition artistique des lumières. La réjouissance universelle plaisait encore plus que la vue superbe offerte partout par la profusion des lampes électriques.
Mais de la place Saint-Pierre, où la foule stationnait plus longtemps, le spectacle était vraiment merveilleux.
Toute l’architecture de la basilique était dessinée par des lignes étincelantes qui montaient jusqu’à la base de la coupole.
Celle-ci disparaissait dans une obscurité complète, Le temps sombre favorisait
singulièrement cet effacement. A son sommet, seule, sur le fond nuageux, et sans base apparente, simplement dans le ciel, se détachait la croix brillante. H
C'était comme une nouvelle apparition {a du Labarum. Tous avaient les yeux fixés ‘hi sur elle attendant de voir s’écrire les a mots : /n hoc signo vinces.
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Rome, 16 mai 1913.
Je viens de vous adresser une dépêche vous informant que j'ai eu ce matin le bonheur d’être reçu en audience privée par Notre Saint-Père le pape, et transmettant la bénédiction qu’il a daigné accorder au clergé, aux communautés religieuses et aux fidèles de notre diocèse.
En effet, mercredi soir, un message du Vatican m’apportait la lettre officielle par laquelle Mgr Ranuzzi, maître de chambre de Sa Sainteté, m’avertissait que je serais reçu ce matin à dix heures et demie. Pie X donne depuis quelques jours une audience isolée par ici par là.
La consigne est sévère. On dirait que la
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permission a été donnée au pape à contre coeur. Ma lettre stipulait très nettement que je serais seul admis, qu'aucun autre ne devait m’accompagner.
C’est entendu, personne ne doit me suivre jusque dans les appartements privés du pape. Mais le Vatican est bien grand.
Qu'est-ce qui empêche qu’on vienne après moi dans les antichambres. Allons, dis-je à mes Compagnons de voyage, préparez.
Vous, rendez-vous aussi loin qu’on vous le Permettra, et tenez-vous prêts à toute éventualité, A l’heure dite, je les laisse dans une salle où ils sont disposés à recevoir la faveur ou à faire le sacrifice, et je suis conduit moi-même jusqu’auprès du Saint--Père qui m’accueille avec sa bonté accoutumée,
J'étais bien le Premier ou le deuxième évêque pèlerin reçu en audience depuis de longues semaines.
Au cours de entretien qui dura une
demi-heure, après avoir épuisé ce qui pouvait me concerner, le pape se plut à me parler du Congrès de Malte. Il en connaissait presque tous les détails qu’il avait reçus du cardinal Ferrata lui-même.
Il rappela spécialement l’accueil si chaleureux fait à son représentant, la communion des petits enfants, la bénédiction de la mer et la grande procession finale.
C'était pour Pie X une immense consolation que ces assises eucharistiques, couronnées d’un si éclatant succès. Un évêque a dit — c’est le pape qui parle —qu’il avait eu à Malte les émotions les plus intenses de sa vie et qu’il en garderait jusqu’à sa mort l’inaltérable souvenir.
J'étais bien aise de pouvoir confirmer, comme témoin oculaire, des choses qui remplissaient de joie le coeur du Pontife.
X'otre Saint-Père le pape daigna écrire, au pied de la liste du clergé de Valleyfield une formule spéciale de bénédiction et de prière pour tous les prêtres vivants et défunts du diocèse.
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Je rendis Compte de la manière dont étaient organisées la Communion privée des petits enfants, et leur communion solennelle après un examen public sur le Catéchisme en entier, Il lut tout haut le diplôme que je lui fis voir; il en témoigna sa vive satisfaction; il remarqua spécialement la consécration à la Sainte Vierge et l'engagement de tempérance dont ces diplômes fixaient le souvenir pour les enfants, et me demanda de lui en laisser deux exemplaires. C’est une raison de
plus pour moi de tenir à ces examens, et à ces certificats connus et bénis par le pape.
Je remis en même temps à Notre Saint- Père le pape le Denier de Saint-Pierre, offrande de notre diocèse. La somme était relativement considérable; j'étais heureux de pouvoir l'offrir, et Pie X daigna l’agréer avec des remerciements qu’il me chargea de transmettre à tous les généreux donateurs.