‹ Au congrès eucharistique de Malte [microforme]Chapitre 15 sur 32 · RE · texte numérisé non relu

RE

Pas récitant à haute voix un Ave Maria, et se traînant ainsi avec leur fardeau jusqu’au pied de l’autel. C’est alors seulement qu’ils estiment leur course terminée, On les voit se disperser dans l’église, cher- Chant des confesseurs et se disposant à

entendre la messe qui va commencer pour eux.

Ils Communient tous, sermon, visitent les di vont prier à la crypte, puis enfin leurs dévotions faites, on les voit se former par groupes autour de petites tables où les

familles Prennent ensemble leur déjeuner dans le panier de la maman.

ils entendent un vers Sanctuaires,

On nous dit que ces Pèlerinages sont nombreux durant toute la belle saison.

En réalité ils viennent à tour de rôle de

tous les villages d’alentour à une distance d’une trentaine de milles,

C’est donc encore

une révélation. Pour bien Connaître le

Peuple italien, il faut le

man

voir chez lui et dans la liberté parfaite de ses manifestations religieuses et nationales.

. RE —— — À Sr - Pen Gens — S nb M à " PR an or nn ERP PES A cs

La grand’messe ce matin a été célébrée pontificalement par Mgr Cosenza, archevêque de Capoue. C’est toujours à l’occasion des mêmes solennités.

Tout monastère bénédictin est, par l’esprit même de sa règle, une terre classique du culte divin et des cérémonies liturgiques. Elles sont observées à perfection.

Je vous ai déjà dit ce que je pense du chant grégorien. Je viens de l'entendre encore, exécuté dans sa propre maison par des écoliers comme les nôtres : je me le répète à moi-même, il n’y a rien de plus beau et c’est très réalisable. Mais passons vite.

Le sermon a été donné par Mgr Marini, évêque de Nursie, la Patrie de saint Benoit. Prenant pour texte : Gloria et divitiae in domo ejus, il a fait voir la gloire dont le ciel et le monde entourent les gé-

Te

pulcres si célèbres du frère et de la Soeur, Benoit et Scholastique, et les richesses matérielles, artistiques, intellectuelles, morales, Surnaturelles, accumulées par les siècles dans ce monastère, et dont la crypte fameuse, restaurée à de si grand

frais, présente Comme une sorte de rac- Courci.

Dans la soirée, il y a eu séance récréative donnée par les élèves du Séminaire et du collège ; ce sont deux institutions différentes, bien que sous le même toit.

La première assure le recrutement du clergé diocésain ; tous portent la soutane, même les plus jeunes. La seconde est formée de jeunes 8ens appartenant aux plus hautes classes de la société italienne, Leur costume ressemble beaucoup à celui

me cours Classique.

Jai visité leg classes, j'ai vu les programmes et les livres, c’est bien comme Chez nous, mais il y a le terroir; que voy-

ee

lez-vous? En cet endroit deux leçons d'histoire suffisent pour faire défiler devant l'esprit des enfants les personnages les plus célèbres et qui précisément ont vécu ici. Benoit, Grégoire, Thomas d'Aquin, Bernard, Ignace de Loyola, Totila, Charlemagne, Henri II, Lothaire III, Guillaume II, et tant d’autres rois et pontifes, saints et savants, dont les noms sont autant de points de repère, intéressants par eux-mêmes, et surtout provoquant la curiosité et forçant l’étude de l’époque que chacun d’eux représente. Les enfants ont fait entendre de la belle musique, même des extraits de grands opéras, puis la soirée s’est terminée par un discours enthousiaste de Mgr Cosenza. Il a dit ce qu’on vous répète bien souvent, que l’éducation, pour être complète et mériter son nom, doit être de toute part pénétrée par l’enseignement et la pratique de la religion ; et toute l’histoire du Mont-Cassin est là pour montrer ce que peuvent les grandes âmes pour le bien de l’humanité, quand elles travaillent sous le regard

de Dieu, en union avec l'Eglise et dans un sincère désintéressement.

Je viens de voir chez lui le Père abbé qui nous a comblés de présents. Comme ceci est patriarcal] !

Il faut maintenant nous disposer à partir, mais il en coûte toujours de quitter des lieux où l’on à Pu vivre dans l’intimité de ceux qui semblent avoir trouvé Sur la terre, dans une vocation toute Spéciale, la vraie paix et tout le bonheur Compatible avec les tristesses inévitables de cette vie, Le Monastère du Mont-Cassin est un de ces endroits bénis. Je ne veux pas m’en éloigner sans avoir une fois de plus fait le tour de ses SanCtuaires,

sants autant qu’agréables, I] semble qu'ici il n’y ait rien d’indifférent Pour la Curiosité des visiteurs, Pas même le vieux Corbeau, gardé religieusement en SOuvenir de ceux nourris jadis par des disciples de saint Benoit.

De De ee US

Maïs je fixe surtout dans mes yeux et dans mon esprit ces trois lettres que je trouve ici tracées sur toutes les portes et

qui résument toute l’âme bénédictine, PAX, la paix.

C'était bien aussi le mot le plus cher à Notre-Seigneur.

O Mont Cassin, colline toujours verdoyante sur tes puissantes assises, tu domines avec une grâce superbe, telle une reine sur son trône, les riches vallées qui semblent aspirer vers toi et t’adresser leurs hommages. Déjà dans les temps antiques, tu es célèbre ; mais combien plus illustre sous la loi du Christ. Tes flancs généreux, avec une fécondité inépuisable, ont donné à l'Eglise et à l’humanité, à la suite de Benoit, tant de saints, de savants, d'artistes, que tu mérites d’être appelée la terre classique de la piété, de la science et du génie. Les souvenirs si touchants éveillés à chaque pas qui foule ton sol béni, sont rendus plus vivants encore par

TT

le culte filia] qui les a enCchassés comme de précieux joyaux : de ta Basilique on dirait le portique du Ciel; et pour les héros les plus connus de l’histoire fut.il jamais

l'affection fraternelle ont ensemble mérité ce triomphe, décerné à l'humilité, à la pauvreté, et à ja Pénitence et au travail. Pour

Monastique, née de toi et qui te ramène - Sans cesse les âmes qui ont soif d’un peu de calme, qui cherchent la paix, qui demandent à jouir, pour quelques heures du moins, d’une sorte d’avant jour du bonheur des collines éternelles.

O Mont Cassin, puisse.tu rester toujours ce Que tu as toujours été: le SanCtuaire de

ren roc us Das sn UP nn a M

OT

Ps mot 184

PR rt STEP

la vérité, le foyer de tant de vertus, la forteresse de la vie surnaturelle et la pépinière inépuisable des coeurs généreux, dont le monde et l’Eglise ont plus que jamais besoin,pour contribuer puissamment — fidèle à ta vocation—à garder ici-bas toujours saines et toujours vivantes, la vraie notion et la vraie pratique de l’amur de Jésus-Christ, porté jusqu’au renoncement le plus complet, pour atteindre le vrai bonheur dans la perfection surnaturelle !

Rome, 8 juin 1913.

J'ai fini Par céder aux instances de l’excellent Père Le Floch; je viens de donner à sa communauté une conférence sur le Congrès de Malte. 11 m'avait assuré que le sujet serait intéressant et Captivant par lui-même, et je constate qu’il avait raison,

Cette invitation gracieuse du Père supérieur m’occasionna des impressions assez étranges,

Combien la vie Passe vite! mais c’est hier, ou tout au plus l’année dernière que j'étais 1à assis avec mes Condisciples sur

re

ces bancs où, comme les élèves d’aujourd’hui, nous attendions avec curiosité celui dont on nous avait annoncé la conférence ou le discours. Oh illusion! C'était bel et bien aux années 1877 à 1880 que me reportait la visite de ce matin.

Et à cette époque reculée de plus de trente-cinq ans, que d'événements se pré- Cipitaient, qui amenaient parmi nous les Personnages les plus renommés : Les dernières audiences et la mort de Pie IX, l’élection de Léon XIII, et ses premières réceptions si mémorables.

Les quatre-vingts élèves de Santa Chiara représentaient plus de soixante diocèses.

Tls appartenaient à l'élite du tout jeune clergé français d'alors; pour un bon nom bre leurs évêques respectifs étaient célèbres dans le monde entier. Nous les voyions et les entendions tour à tour à cette même tribune que je viens d'occuper.

Les Pie, les Freppel, les Besson, les D'’Outremont, les Ségur, les de Cabrière

les Pitra, les Langenieux, les Mermillod nous ont l’un après l’autre édifiés, instruits, enthousiasmés.

Dans nos rangs se trouvaient alors les Lobbedey, les de Ligonesse, les Nègre, les Kuneman, devenus évêques à leur tour.

Beaucoup d’autres, sans porter la mître, sont à l'avant-garde de l’armée du Christ, après avoir puisé à Santa Chiara les saintes inspirations du zèle Sacerdotal dans la vie intense de Piété et d'étude qui s’est toujours menée au Séminaire Français. Ils s’appelaient Battandier, Lazuire Mougeot, Halle, Pigeard, Beauregard, etc.

Quel milieu !!

Oh les belles années et les Souvenirs charmants! J’entends encore au soir du Conclave de 1878, le Cardinal Guibert, archevêque de Paris, entrant inopinément au réfectoire, aCCueilli par nos acclamations Chaleureuses, Nous dire: oh oui !

Messieurs, applaudissez et réjouissez-vous avec nous-même et avec toute l'Eglise, Dieu lui donne un grand pontife,

Tout était mis à profit par nos dévoués directeurs pour la formation de leurs élèves, leur attention se portait sur chacune des sphères où doit s'exercer l’activité d’un prêtre.

Pour professeur d’archéologie, nous avions le commandeur de Rossi lui-même, le Christophe Colomb des catacombes romaines.

La musique sacrée elle-même n’y était pas étrangère, et ils ne craignaient point d'appeler à notre service les maîtres les mieux notés.

Un jour nous étions tous réunis dans cette même salle d’exercice pour la première d’une série de leçons de plaintchant, qui devait nous être donnée par le maître de chapelle d’une des grandes églises de Paris. La scène est encore vivante dans mon esprit, le professeur entonne le Credo de la messe royale, nous continuons, sur un ton langoureux, il nous laisse faire

RE

deux ou trois phrases, puis donne sur ia table un vigoureux coup de baguette, qui nous fait sursauter : ‘ Messieurs avez- Vous la foi? Le Credo est-il donc une complainte ? ” La leçon fut prise en bonne part, puis à la fin de la séance, je m'en souviens, il nous fit des compliments.

Ce qui charme autant que les souvenirs, C’est parmi les élèves la constance des traditions, tout s’y passe aujourd’hui Comme de mon temps. En entrant tout à l’heure à la Chapelle, je fus témoin d’un spectacle bien réjouissant, celui d’une distribution de prix de catéchisme aux petits gamins de Rome. C’est l’oeuvre de sainte Catherine, dont je faisais naguère partie, et c’est par elle l'apprentissage du ministère des petits enfants sous son aspect peut-être le plus méritoire. Le Séminaire Français, après cinquante-cinq ans d’existence, continue sa tâche de former des apôtres et des savants pour l’Eglise de France,

Son oeuvre est d’ailleurs partagée dans

mm

un esprit de fraternité admirable par la procure de Saint-Sulpice, fréquentée par une vingtaine de jeunes prêtres.

J’ai eu le plaisir de rencontrer là, à la table de M. l’abbé Hertzog, avec d'autres Personnages distingués, le chanoine Desgranges, l’un des orateurs du Congrès de Malte, conférencier très estimé et très connu en France et qui doit venir prêcher le prochain carême à Montréal.

Rome, Collège Canadien, 13 juin 1918.

C’est l'époque des examens. La plupart de nos jeunes compatriotes suivent les cours du Collège Angélique des dominicains situé tout à côté. Chaque jour nous amène un nouveau docteur.

Les succès de nos confrères canadiens sont remarquables,

Je rencontrais dernièrement leur professeur qui m’en faisait de grands éloges.

Ils vont certainement de pair avec les élèves des autres pays. Ceci ne cadre guère avec les reproches adressés périodiquement à nos maisons d’éducation.

Page 1