‹ Au congrès eucharistique de Malte [microforme]Chapitre 16 sur 32 · NP . D · texte numérisé non relu

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Une chose cependant est évidente c’est que, malgré les inégalités inévitables de l’ambiance, les rapports annuels du Collège Canadien, comme autrefois du séminaire Français et d’ailleurs, font voir que nos collèges, à tout prendre, donnent une instruction qui permet à leurs bons élèves de coudoyer partout avec honneur les élèves des institutions similaires.

Le Collège Canadien, à Rome, compte déjà vingt-cinq ans d’existence et fêtera à l’automne prochain son premier jubilé.

Il restera l’oeuvre la plus chère du vénéré M. Collin, et sera toujours considéré comme un des principaux bienfaits de Saint-Sulpice aux Canadiens.

Un des avantages, et non le moindre, de cette maison est d’offrir aux évêques et aux autres ecclésiastiques du pays une large hospitalité qui rend encore plus agréable le séjour dans la ville éternelle.

Ajoutez à cela que le supérieur actuel, l'abbé L. Perrin, connu dans toute la ville pour son dévouement et son amabilité,

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malgré les occupations absorbantes de sa charge, se dépense sans compter pour rendre à tous les Canadiens qui se présentent les services les plus minutieux.

C’est dans la chapelle du Collège Canadien qu’a eu lieu tout dernièrement, dimanche le premier juin, la consécration épiscopale d’un ancien élève de la maison, Mgr McNally, évêque du nouveau diocèse de Calgary. Son Eminence le cardinal Falconio était le pontife consécrateur.

Les évêques assistants étaient celui de Valleyfield et Mgr Fraser, récemment promu à Dundee, en Ecosse.

Le Congrès eucharistique de Malte Commence déjà à produire ses fruits extérieurs. D’après les nouvelles reçues par le cardinal Ferrata, les conversions s’annonçent importantes et nombreuses, Toute une famille protestante, un ministre protestant, un juif, le directeur même des tramways de Malte, ont fait leur abjuration et reçu le baptême. Ceci ne m'étonne point, on devait plutôt s’y atten-

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Je reçois la lettre pastorale de Mgr Pace, publiée à la suite du Congrès après notre départ. C’est un chant d’actions de grâces envers Dieu, et une expression de gratitude émue à l’égard du cardinal-légat et de tous ceux qui ont contribué au succès du Congrès. Cette lettre est en italien, on aura sans doute une traduction française.

J'ai reçu en même temps deux médailles commémoratives des fêtes de Malte. L’une représente d’un côté la dernière Cène avec ces mots. Æucharisticus Nationum Congressus Melitae habitus MCMXIII, de l’autre le lieu du naufrage de saint Paul, avec le texte des Actes des Apôtres :

AMelita insula vocabatur. Act. Ap. XXVIII; sur l’autre saint Paul est représenté assis tenant un glaive dans sa main droite, sa gauche étant appuyée sur un livre, autour se lit cette inscription: Eccl. Melitens.

Conditor Mysterium Euch. edocuit A.

LVIIL, au revers la cathédrale de Citta Vecchia, surmontée d’un calice dans la

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nuée, avec ces mots: Euch. Eccl. Cath.

Congress. Melit. Celebr. À, MDCCCCXIII.

Prince. ord. Canonicor.

J’ai eu le bonheur de revoir plusieurs fois le Saint-Père et dans des circonstances variées, notamment dans la salle du Consistoire, et au balcon de la cour Saint.

Damase où je me trouvais chaque fois à ses côtés pour assister à la réception des pèlerinages des divers pays. Le pape, sur l’ordre de ses médecins, doit s’interdire encore la fatigue des grandes audiences ordinaires, mais du moment qu’il se montre et qu’il bénit de Sa voix et de ga main, le public est sinon satisfait, du moins consolé. Tout indique que Pie X marche à pas rapides dans la voie du complet rétablissement.

Avant de quitter Rome — ce départ est toujours pénible — j'ai tenu à faire une dernière visite aux grandes basiliques, et à célébrer une seconde fois la messe sur le tombeau des saints martyrs,

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La Grande Chartreuse, Farneta, 15 juin, 1913.

Partis de Rome hier matin, nous quittions à Pise la grande ligne de Gênes et Turin pour nous diriger sur Lucca, d’où une voiture nous amenaïit ici dans la soirée après un trajet de cinq ou six milles.

Nous sommes à la Grande Chartreuse.

Expulsés du couvent si célèbre du Dauphiné qu’ils occupaient depuis tant de siècles, les fils de saint Bruno, suivant à la lettre le précepte divin, s'étaient, sans plus de murmure et confiants en la divine Providence, transportés d’abord à Pignerol au nord de l'Italie, et finalement sont venus ici mêre fixer la maison centrale

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de leur ordre, (Cest une ancienne chartreuse qu’ils ont rachetée avec tout le domaine d’alentour, Comprenant un territoire vaste comme une paroisse, Confisquée naguère par Napoléon, cédée, vendue et revendue plusieurs fois, elle était de-

venue la propriété d’un français demeurant à Paris,

Rentrés en Possession de leur bien deux fois payé, les religieux se sont mis à l’oeuvre. Le monastère restauré et agrandi leur permet d'y vivre au nombre d’une centaine environ selon toutes les exi ces de leurs règles.

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Ce sont des solitaires tifs. Et Cependant il y a la vie Cc:nmune, la dépendance, l'étude et le travail manuel, mais tout est Coordonné de manière à faire de la prière Contemplative unie aux offices communs, la substance de la vie quotidienne, le moyen principal de tendre à la perfection, et celui de rendre au monde lui-même Je Service le plus élevé

et des contempla-

et le plus efficace. Le silence habituel, les austérités de toutes sortes, et plus spécialement les veilles et l’abstinence, sont des sacrifices renouvelés chaque jour et qui sont offerts par ces hommes de piété et d’immolation, bien plus pour l’avantage de leurs frères dans le monde, que pour leurs propres besoins.

La visite d’une chartreuse impressionne toujours et il parait bien que c’est l'effet produit même chez les esprits légers ou incroyants. Vingt-quatre heures passées dans cette atmosphère où tout est surnaturel, vous dégage, vous élève et vous amène à comprendre quelque peu ce que c’est que la communion des saints, et ce qu’il y a pour l’Eglise de mérites en réserve au sein des ordres religieux.

Voir et entendre les chartreux, ces hommes à la figure épanouie, intelligente, évidemment hors du commun, encore jeunes pour la plupart, qui dans le monde tiendraient facilement leur place dans

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n’importe quelle sphère d'activité, les regarder aller et venir dans les longs corridors du cloître, pénétrer avec eux dans leurs cellules à deux étages et à quatre Pièces, examiner leur mobilier rudimentaire, leur petite bibliothèque, leurs outils de tourneur ou de jardinier, descendre même dans le petit parterre qu'ils cultivent avec une sorte de tendresse et pour la récréation de leur âme, parcourir les grandes salles communes, le réfectoire où ils se réunissent une fois par semaine pour Manger ensemble, mais en silence, la grande bibliothèque riche de plusieurs milliers de volumes, où ils peuvent à leur aise développer leurs Connaissances avec leur vie intellectuelle, mais surtout avoir l'avantage d'échanger avec quelques-uns d’entre eux quelques paroles seulement dans un entretien intime, qui laisse voir leurs aspirations et leur sublime idéal, tout cela produit chez vous quelque chose d’indéfinissable, vous êtes pour le moment séparés du reste du monde; et tout ceci est tellement différent de ce qu’on voit ou

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