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sente sans doute l'état d'âme de nombre de ses confrères,
Pour Mlle J ulia Baker le cas est tout autre, et c’est Par des voies bien différentes qu’elle est Parvenue à la vérité Catholique. Livrée au doute dès sa plus tendre
Maison de lymière. Elle dit Comment elle a traversé plusieurs des sectes si nombreuses qui se Partagent le monde religieux en Angleterre, et Pourquoi elles les abandonnait tour à tour. Finalement la grâce la met en rapport intime avec un groupe de dames Catholiques. On lui passe un petit Catéchisme, Déjà pour elle c’est un peu de clarté qui se fait dans son esprit. C’est le point de départ. Désabusée sur le protestantisme, et sur toutes les formes
sous lesquelles elle a pu le connaître, elle entreprend l’étude du catholicisme qu elle avait oujours complètement ignoré. Un échange de lettres, quelques entretiens, lu méditation personnelle, auront bientôt dissipé les obscurités dernières, et la voici catholique, et catholique convaincue et ardente dans sa foi, simplement parce qu’elle connaît notre religion dont elle a par elle-même apprécié les enseignements.
C’est donc que, ce qu’il faut surtout à l'Eglise, en Angleterre plus que partout ailleurs peut-être, c’est d’être connue. Plus sa doctrine, son histoire, son organisme, sa législation, en un mot son caractère divin sera mis à portée de la mentalité anglaise, et plus elle devra at.irer les âmes et les convertir.
Il est un fait encourageant, c’est que par tout le pays se trouvent en grand nombre des institutions religieuses des deux sexes, vouées à l’éducation et à la charité. Et de plus, des Ordres monasti-
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ques dont la fondation récente et l’existence prospère rattachent l’époque présente aux siècles qui ont précédé la réforme. On sait combien avant Henri VIII les monastères bénédictins, par exemple, étaient nombreux en Angleterre, et que plusieurs remontaient à l'établissement même du christianisme en cette contrée.
Après trois cents ans de dispersion et d’exil voici de nouveau les fils de saint Benoit, renouant ici leurs traditions de piété, d’étude et d’apostolat sous toutes les formes. Nous étions hier à l’abbaye de Farnborough, où nous avons été accueillis par le Père abbé Dom Cabrol. Ce monastère, encore à ses débuts, a une histoire assez curieuse. Il a été fondé par l’impératrice Eugénie qui elle-même manifesta le désir de mettre les tombeaux de la famille impériale sous la garde des Pères Bénédictins. A Chislehurst autrefois, j'avais vu dans la petite église du village les sépulcres temporaires de l’empereur, et du jeune prince impérial tombé victime
282 AU CONGRÈS EUCHARISTIQUE RE des Zoulous au Cours d’une expédition chevaleresque ‘au centre de l'Afrique.
L’impératrice voulant leur élever un monument convenable a fait Construire ici un monastère, et une église dans laquelle furent transportés les Corps de son époux et de son fils. Elle-même habite un chateau voisin. En Conséquence les Bénédictins ‘sont ici, dans un monastère qui déjà doit être agrandi, et où la règle de saint Benoit est en pleine observance.
Pom Cabrol autrefois de Solesme est bien connu dans le monde Savant, il a publié des livres nombreux et estimés. Au Congrès de Londres il a rempli d’une fa- Çon brillante les fonctions de secrétaire de la section française. Il a d’ailleurs, Comme chef de maison, toutes les qualités d’un abbé bénédictin, accueillant, hospitalier, d’une Conversation vivante et instructive, faisant écouler de la manière la plus agréable les quelques heures qu’on a l'avantage de Passer sous son toit.
À quelques lieues de Farnborough, se
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trouve la chartreuse de Parkminster dont la fondation remonte à 1877. Elle a coûté plus d’un million de dollars. Outre l’église et les salles Communes, elle renferme trente quatre maisonnettes ou cellules, chacune ayant ses quatre chambres, son jardin et son promenoir. C’est encore un monument qui affirme la renaissance de la vie religieuse en Angleterre, et qui rappelle éloquemment les temps anciens.
Avant la Réforme, il y avait bien une douzaine de chartreuses en Angleterre.
La plus ancienne remontait même aux premières années du douzième siècle. On sait quelle persécution subirent les moines de saint Bruno, et quel témoignage ils rendirent à la foi. De grandes peintures, un peu réalistes, racontent l’histoire de leur martyre. Les Chartreux mènent ici la même vie que dans leur monastère de Lucca. C’est ici qu’est venu mourir Dom Jules, notre compai:iste Victor Livernois, ce brillant avocat de Québec, qui naguère renonça au monde pour se faire chartreux
et qui était en route pour le Canada, avec l'intention de travailler à Y établir une maison de son Ordre,
Le cardinal Bourne, archevêque de Westminster, Nous avait fait promettre de descendre chez lui. Nous avons reçu dans SOn palais l'hospitalité simple, franche et cordiale que l’on donne dans nos évêchés Canadiens, ce qui n’est pas très commun
quelque part un important Congrès catholique. À son retour, il nous donna de son voyage un récit qui nous fit voir le progrès réel de l'Eglise, non seulement dans le nombre toujours croissant de ses fidèles, mais encore dans l'estime du peuple anglais en général. Les pouvoirs publics
t même contre certains accès de fanatisr:.2 local, et mieux encore en té.
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moignant aux dignitaires ecclésiastiques une courtoisie et une bienveillance dont on n’avait pas l’habitude.
Mgr Jackman, secrétaire de Son Eminence, vient de me passer la Civilta Cattolica, livraison du 17 mai, qui contient un récit ou plutôt une appréciation du Congrès de Malte. L'auteur de l’article, le Père A. Leanza, S. J., insiste sur la Part considérable prise par le cardinal Bourne à la Préparation et à la tenue du Congrès dont il voulait faire, comme de ceux de Londres et de Montréal, un acte de réparation solennelle pour les outrages dont la Sainte-Eucharistie avait été trop longtemps l’objet en terre britannique.
La revue romaine résume en ces termes son appréciation : “ Nous ne voulons pas faire de Comparaison, mais un très grand nombre ont répété le même jugement.
Sous l’aspect religieux et pour la part prise par le peuple, le Congrès de Malte n’a pas d’égal, il surpasse tous les autres, Il fut l’oeuvre du peuple, de tout le pou-
286 AU CONGXÈS EUCHARISTIQUE
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ple sans aucune exception, il fut le fruit de la piété et de la foi de tous les habi.
tants.”
Vous voyez par là que je n’ai rien exagéré dans le récit quelque peu enthousiaste que je vous en ai fait moi-même.
Nous embarquerons ce soir même à bord de l’'Empress of Ireland, en route Pour Québec, Montréal et Valleyfield.
Angelus Raphael Comitetur nobiscum in via, ut cum Pace, salute et gaudio revertamur ad propria.
Valleyfield, 18 juillet 1913,
Nous venons de chanter le Te Deum, à la cathédrale, après un bon voyage et
une heureuse arrivée.
Comme il fait bon de revoir tous les siens après une longue absence. J'ajoute comme il fait bon de se retrouver chez soi, au Canada, après avoir visité tant d'au tres pays.
‘La traversée de l’Océan s’est effectuée sans incident notable. Nous avons longé sans encombre la région des Icebergs.
Sauf un brouillard de quelques heures par-ci par-là, le temps a été très beau et
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la mer paisible. Au nombre des passagers se trouvaient deux prêtres, MM. J.
McDermott, Sussex, N. B., et E. Savage, Moncton, N. B., qui avaient assisté au Congrès de Malte et fait ensuite le pèlerinage de la Terre-Sainte.
Hier soir, sur les dix heures, nous étions en vue de Rimouski, Le ciel était sombre, un faisceau de lumière est venu à notre rencontre. C'était le bateau doua-
“ nier. On entend de loin un groupe de
voix jeunes, sonores, puissantes. Il nous envoie sur l’onde veloutée les premiers Couplets du chant national : “Oh Canada !
terre de nos aïeux ”,. Nous sommes, pour le recevoir, et avec toute l’émotion produite par le retour dans un pays comme le nôtre après quatre mois d'absence, nous sommes exactement deux Canadiens-fran-
; l'abbé Dorais et moi-même. C’est une Coutume charmante et j'engage ces Jeunes gens de la douane québecoise à la continuer. Pour les étrangers eux-mé.
mes, c’est au moins un salut superbe de bienvenue,
Lourdes :
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Les malades sur le passage du Trés Saint-Sac
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Dès mon arrivée à Valleyfield, je veux éclaircir dans mon esprit un point d’histoire et bien constater si vrai nent le Ca-
nada n’a pas été en relation etroite avec:
Malte et ses nobles chevaliers.
M. J.E, Roy a traité naguère ce sujet dans une plaquette qui a Pour titre :
L'Ordre de Malte en Amérique. J'y vois qu’un des dignitaires de l’Ordre, Aymar de Chaste, qui comptait huit membres de sa famille parmi les chevaliers, a lui méme, étant gouverneur de Dieppe, envoyé Champlain à Québec ; que de Montmagny, successeur de Champlain, de Sillery, fondateur de la Paroisse qui porte son nom, et de Razilly, puissant seigneur sur la Rivière Sainte-Croix, en Acadie, étaient Chevaliers de Malte avec plusieurs gentilshommes de leur entourage.
Mieux encore, qu’il fut un jour sé:ieu.
seaent question de l'établissement d'un prieur de l’Ordre à Port-Royal, à preuv= la réponse adressée de Malte par le grand
me NE ter au te ve
maître lui-même à Razilly, promoterr de <e projet :
A Malte, ce 30 février 1636.
“Très cher et bien amy Religieux, j’ay reçu vostre lettre du 8e 7bre et veu la citation de la bonté du pays où vous estes, des progrès que vous y avez faicts jusques icy et de ceux que vous espérez y faire à l’'advenir, dont je reçois ung extrême contentement, et pour l’amitié que je vous porte, l’estime que je fay de votre mérite et pour cette autre considération que vous alléguez, que ce ne nous est pas une petite gloire que le premier inventeur de ces lieux — celuy qui jette les premiers fondements du christianisme parmy des peuples si barbares et dans des terres de si grande estendue — soit de cet ordre.
“ Je loue encore grandement le zèle que vous avez de fonder en ce lieu ung prieuré Dour lequel vous vouliez de l’assistance, mais nos affaires ne sont point disposez à
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de cela, nous entreprenons une fortification |
en ceste place qui coustera deux cens mil- l le écus, avant qu’elle soyt à sa perfection EI et qui nous est entièrement nécessaire, { {3 d’aultant que nous sommes menacez d’un til
ay siège desjà dès l’année passée pour lequel
ci- nous envoyasmes les citations à nos reli- AA es, gieux par toute la Chrestienté, et ne la | La (E + Peusmes révoquer à temps pour empescer Dir à que la plupart des Français et des Espa- Lt: n- gnols n’eussent faict plus de la moitié du . 1 us chemin et qu’une grande partie n’en vint. FI te icy. !
us 4 ke “Pour la permission que vous me de- 1 eu mandez de tester elle est absolument con- LE . tre nos statuz. Je ne puis vous la donner : 1; M que pour le quint:; mais Pour cela je vous nt. si l’octroyeray fort volontiers et ne tiendra | qu’à vos procureurs de Vous en envoyer } À Par cette occasion icy, les expéditions où | IA
" Vous Cognoistrez que je prie Dieu qu'il |
Ni Vous tienne en sa garde. ” \ FE
T1 existe donc des affinités indiscuta-
bles et très frappantes entre l’île de Malte, son peuple et son histoire, et le peuple Canadien-Français. Elles ont reçu comme un complément magnifique dans ce fait que les deux pays et les deux nations ont, tour à tour, fourni à Jésus-Christ, le triomphe le plus glorieux qu’il ait jamais réçu sur la terre dans le Sacrement de l’'Eucharistie,
Pour conclure, je dirai donc :
Vive Jésus Eucharistique !
Vive la sainte Eglise ! Vive Malte !
Vive le Canada !
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Discours du Cardinal-Légat A LA SEANCE D'OUVERTURE
Dominus Jesus in qua nocte tradebatur accepit panem et gratias agens Jregit et dixit : Aoccipite et Comedite : hoc est cor- Dus meam. (I Cor, x1, 23, 24.)
Eminences, Excellences,
Messeigneurs,
Mesdames, Messieurs,
Où pourrions-nous trouver des paroles plus opportunes, plus simples, plus expressives, Pour inaugurer notre Congrès eucharistique ?
Ce sont les Paroles de Paul, le grand apôtre des nations, qui raconte l'institution du sacrement sublime et suave que nous venons glorifier ; de Paul, dont le coeur enflammé d’amour
(el tienne. up ut au nd am ns vpn néap