‹ Au congrès eucharistique de Malte [microforme]Chapitre 29 sur 32 · AT TT · texte numérisé non relu

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Pénétré de ces grandes vérités, le glorieux pontife Léon XIII, un an avant de descendre dans la tombe, décrivait en une mémorable Encyclique (4), les bienfaits incomparables de l’Eucharistie; il l’indiquait comme le remède souverain aux maux de la société, et il exhrortait les fidèles à se nourrir toujours davantage du Pain de vie.

Mais qui plus que notre vénéré pontife Pie X, voyant la société humaine profondément ébranlée dans ses bases séculaires, les vérités diminuées parmi les hommes, les volontés affaiblies et incapables de résister au mal ; qui plus que lui a proclamé que la sainte Table était le remède des passions humaines, une source toujours vive de résurrection et de vie ? Brisant toutes les barrières qui en rendaient l'accès plus diffi:ile, rappelant iles fidèles aux belles et antiques traditions de l'Eglise, il a exhorté à la communion fréquente, et, autant que possible, quotidienne ; il a voulu, en outre, que tous les chrétiens,

(4) Mirae charitatis, 28 mai 1902.

dès l’aurore de la vie, fussent mis en contact intime avec le Coeur adorable de Jésus, source de pureté et d’amour.

Messieurs, les vingt-trois Congrès qui ont précédé celui-ci contribuèrent efficacement, non seulement à faire mieux connaître la sublimité et la beauté de l’Eucharistie, mais aussi à en promouvoir le culte et la dévotion. Ils ont laissé partout des impressions profondes, des résultats consolants et durables.

Quelle sera l'issue de notre vingt-quatrième Congrès? C’est ma très ferme conviction, et je crois que vous la Partagez, que le Congrès de Malte ne sera inférieur à aucun des autres. Certes, il n’aura pas et il ne pourrait pas avoir les caractères distinctifs de plusieurs des précédents, mais il en aura un, tout spécial et de grande valeur.

La situation géographique de cette île classique et l’antiquité de sa population, qui rappelle les Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois, les Romains, donnent à notre Congrès quelque chose d’exceptionnel, d’attrayant et

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de grandiose. Suivant une heureuse ‘«pression, Malte est comme un immense et splendide autel, qui s’élève sur les eaux bleues de la Méditerranée, entre les trois vastes continents d'Europe, d’Afrique et d’Asie. Les ondes qui battent ses rives viennent en droite ligne de la Terre Sainte où Jésus institua l’ineffable mystère de l'autel, et de Rome, d'où se répand sur le monde le sacerdoce, ministre de l’Eucharistie.

Mais ce qui constitue la prérogative la plus belle et la plus spéciale de notre Congrès, je le dis en toute sincérité, c’est l’ardeur de la foi dans tous les Maltais, la pureté singulière de leurs moeurs, leur fidélité inébranlable au Saint-Siège, leur dévotion profonde au Saint- Sacrement.

Ce précieux héritage provient de saint Paul, qui a laissé ici la trace ineffaçable de sa grande personnalité; et il est resté toujours entier et inviolable dans cette île malgré le passage de tant de dominations, notamment celle des Arabes durant trois siècles. Aucune force humaine n’a jamais pu vaincre la constance

et l'intrépidité de la foi es Maltais, Et pourquoi? Parce que l’âme de tout ce peuple se tient étroitement unie à Jésus-Eucharistie.

Dès les temps les plus reculés, vous trouvez les Confréries du Saint-Sacrement établies dans toutes les Paroisses, comme des centres de prière, d’union et de force; en descendant le cours des siècles, vous trouvez la belle pratique des Quarante-Heures, ‘lle du premier dimanche de chaque mois, Consacré au culte solennel de l’Eucharistie ; Vous trouvez les splendeurs des Processions à la Fête-Dieu, les honneurs spéciaux rendus au saint Viatique, porté solennellement, même la nuit, tandis que les fenêtres et les balcons s’illuminent Comme pour une fête; vous trouvez enfin la Communion fréquente pratiquée bien avant que notre auguste Pontife l’eût recommandée au monde dans ses paroles inspirées et si efficaces.

Il ne faut done Pas s'étonner si, dans cette foi ardente et active, le peuple de Malte puisa la force et le Courage indomptables pour dé- Ê: ire sa Patrie, et avec elle la religion et la

civilisation, contre les assauts répétés et formidables des flottes ottomanes.

Et ici nous voyons s'ouvrir une glorieuse épopée militaire et religieuse qui unit les gloires de vos pères à celles de l'Ordre illustre qui reçut son nom de cette île, où il a laissé des monuments insignes et impérissables de sa haute valeur, de sa munificence, de sa souveraine grandeur. Il suffirait de rappeler 1:

terrible assaut de 1565 où 8,500 combattants, à peine le cinquième des forces ennemies, soutinrent victorieusement pendant quatre mois, sous l’énergique et sage direction du grand maître Jean de la Valette, le choc de 138 galères turques, qui furent contraintes de s’en retourner désemparées et impuissantes dans le Bosphore.

Un de vos poètes a dit dans une noble envolée, et avec beaucoup de vérité, que ce qui donnait du coeur à vos guerriers en ces luttes suprêmes, c'était Dieu, dont la croix protectrice resplendissait sur leurs glorieux étendards.

Ici done, au milieu d’un peuple formé par

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de si saintes traditions, notre Congrès ne pourrait s'ouvrir sous de meilleurs auspices. Ici,

qu'ils sont obligés de demander l’hospitalité aux vaisseaux mêmes qui les ont amenés, et qui forment ainsi autour de l’île hospitalière une magnifique Couronne d’hôtels flottants.

Quel est le but de notre solennelle réunion ? Je le dirai en quelqnes mots très brefs mais très nets. Nous sommes ici, pour glorifier notre divin Maître dans le sacrement de son amour ;

des familles, de la pensée et de l'affection des hommes ; enfin, pour nous enflammer d ‘amour

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pour notre doux Jésus, qui, le premier, nous a tant aimés.

Et maintenant, mettant un terme à mon pauvre discours, il ne me reste plus qu’à m'adresser à Jésus lui-même et à le prier ardemment, avec vous tous, de bénir nos travaux, de réchauffer nos coeurs et d'éclairer nos esprits, afin que notre Congrès soit utile à sa plus grande gloire, comme à l’honneur du peuple de Malte et du monde catholique. Ainsi soit-il!

Discours du Cardinal-Légat A LA SEANCE DE CLOTURE

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Eminences, Excellences, Messeigneurs,

Mesdames et Messieurs,

Notre Congrès arrive à sa fin.

Dans cette île hospitalière et enchanteresse, nous avons passé des journées vraiment délicieuses et dont nous conserverons l’impérissable souvenir. Elles ont été, en outre, éminemment fécondes. Dans les diverses sections, des hommes d’une incontestable compétence ont étudié avec amour les beautés et les grandeurs de l’Eucharistie, et, afin d’en promouvoir toujours davantage la dévotion et le culte, ils ont émis des voeux et formulé des

Propositions dignes de la plus grande considération. Dans les réunions publiques, des orateurs puissants par la noblesse du langage, l'élévation de la pensée, la profondeur de la doctrine, ont fait vibrer nos coeurs de tendresse, de piété et d’affection pour Jésus-Eucharistie. Les fidèles, Maltais ou étrangers, unis fraternellement, comme les premiers chrétiens, uous ont éidfiés et émus par leur attitude pieuse et recueillie, leur affluence à nos séances et plus encore par leur participa. tion générale au banquet eucharistique.

Comment oublier surtout le spectacle touchant que nous ont offert ces milliers d’enfants des deux sexes, qui, après avoir reçu Pour la première fois leur Jésus tant aimé, Parcoururent les rues de la cité, serrés en bon ordre, joyeux, souriants, le coeur enflammé d'amour, les bannières flottant au vent, procession immense, tableau vivant de l’innocence, de la piété, exprimant le saint orgueil de leurs parents et les futures espérances de la patrie, C'était Pour tous comme une vision d’anges du paradis !

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Notre Congrès ne pouvait donc avoir un succès plus heureux, plus splendide, plus consolant. Nous tous qui en avons été les témoins, nous pouvons affirmer sans crainte d’illusion qu’il formera dans l’histoire des Congrès eucharistiques une Page aussi belle que les précédentes. Pour toi, île heureuse, il restera comme un monument indestructible de ta foi, qui parlera aux générations futures ; il restera comme un titre d’honneur et de gloire devant toutes les nations. Il dira au monde que ton peuple, petit par le nombre, dès qu’il s’agit de la gloire de Dieu, et Ce l’accroissement de la religion, sait trouver dans son coeur, cette sainte et mâle énergie capable d’accomplir des oeuvres merveilleuses qu'aucun autre peuple ne saurait surpasser.

Mes chers Messieurs, il est bien juste, et c'est notre devoir, que, pour l’heureuse issue de notre Congrès, nous fassions monter avant tout, les plus vives actions de grâces vers notre divin Rédempteur, de qui nous viennent toute sainte inspiration, tout secours et tout bien; puis à son auguste Mère, la Vierge immaculée, votre puissante protectrice ; au grand

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Apôtre des rations, dont la suave et vigilante présence paraît planer constamment sur cette île qu’il a conquise au Seigneur et protégée dans le cours des siècles.

Si du ciel nous revenons à la terre, la figure la plus haute et la plus vénérable vers qui nous devons tourner nos coeurs reconnaissants est celle de l’auguste Vicaire de Jésus-Christ, notre bien-aimé pontife Pie X. (C'est en son nom et sous son autorité que nous sommes réunis ici. Il nous a guidés par ses sages instructicns, et durant ces Jjours-ci, bien que sa santé ne soit pas encore parfaitement rétablie, il a suivi avec l'esprit et la prière nos travaux, en appelant sur nous tous, par ses bénédictions, l'abondance des grâces divines. A lui done, et de tout notre coeur, les voeux et la prière de la liturgie : Que le Seigneur le conserve encore pour de très longues années dans une santé florissante, qu'il le soutienne et l’anime dans ses saintes et grandioses entreprises ! Qu'il le rende heureux en répandant toujours plus dans le monde les prineipes de la vérité, de la charité, de la paix, but constant de son ministère apostolique !

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À vous aussi doit aller notre profonde gratitude, membres illustres du Sacré-Collège, Excellentissimes archevêques et évêques, qui, malgré les charges multiples du ministère pastoral, êtes accourus ici pour glorifier Jésus et accroître par votre présence la splendeur de cette assemblée,

Mais nous devons tous des remerciements très particuliers au digne évêque de Malte, qui, dès le début, a été l’âme de cette grande et sainte entreprise. L'amour de Jésus-Eucharistie, qui semble renouveler sa jeunesse comme celle de l'aigle, a excité chez nous tous l’admiration pour la promptitude de son esprit, l’ardeur de son zèle, son activité infatigable. La foi et la piété si édifiante de son troupeau, qu’il conduit avec tant de sagesse, et de vigilance depuis vingt-cing ans, sont pour lui une douce consolation, en attendant la récompense bien plus grande que notre divin Rédempteur tient en réserve pour ses vertus.

Notre vive reconnaissance aussi à l’éminent évêque de Namur, président du Comité per-

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manent des Congrès eucharistiques, digne successeur des Ségur, des Mermillod, des Doutreloux.

Merci également du fond du coeur aux autorités de l’Etat qui représentent ici, avec tant de distinction et de sagesse, leur auguste sou-

verain, qui nous ont donné les preuves inou-

bliables, non seulement de leur vigilante protection, mais encore de leur déférence pleine de courtoisie et de bienveillance, montrant une fois de plus cette largeur et cette éKvation d'esprit qui contribue si puissamment à la force et à la grandeur d’un peuple,

Qu'il me soit aussi permis de remercier chaudement Son Excellence le due de Norfolk, honneur et gloire des catholiques anglais, pour la noblesse de sa naissance et plus encore celle de ses vertus. Sa présence, en ajoutant un nouveau lustre à notre Congrès, a été Pour nous tous d’une grande édification.

Comment oublierions-nous les membres du Comité local, qui ont assumé la lourde mission de préparer, organiser, disposer toutes choses

DISCOURS DU LÉGAT om

Pour une réunion aussi vaste et aussi solen- : |i nelle ? Je me rends compte du labeur ingrat É et patient que ces vaillants ont dû affronter, Î et je leur donne de toute mon âme l'éloge pu- t blic qu’ils méritent. t

Merci enfin aux prêtres et aux fidèles qui ont pris part à nos réunions. Que Jésus leur accorde la paix promise aux hommes de bonne volonté.

Et maintenant, Messieurs, avant que n’arrive, non sans douleur, notre séparation, je voudrais vous rappeler que notre Congrès, quelque splendide que soit son succès, n'’atteindrait pas son but et ne répondrait pas aux désirs du Saint-Père s’il ne produisait des fruits abondants et surtout durables. Il aurait été dans notre vie une heure très belle spirituellement et même méritoire, mais fugitive comme l'éclair auquel succède la nuit.

En rentrant dans vos familles, vous devez donc y porter un amour plus tendre, plus ardent, plus pratique pour Jésus-Eucharistie, | en menant dans l’avenir une vie plus pure et 15 plus exemplaire; en vous approchant plus |

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