‹ Au couchant de la monarchieChapitre 25 sur 148 · I. Journal · texte numérisé non relu

I. Journal

reconnaissaient tous la manière douce, juste, toujours ouverte, dont il les recevait, même lorsqu'il avait le devoir de les contredire. Avec les militaires, jamais d'humeur dans l'audience; visible à tout le monde, il écoutait paisiblement et portait intérêt à ses moindres subalternes. » Si c'était un ennemi dangereux, implacable dans ses rancunes, il se montrait, par contre, ami fidèle et protecteur dévoué. La comtesse du Barry aurait pu témoigner de sa reconnaissance : arrivé par elle au pouvoir, par elle soutenu au temps de sa faveur, il lui gardait un attachement que n'avait ni lassé ni découragé l'infortune. Celte intimité du ministre avec la favorite n'était pas, du reste, étrangère, à son impopularité, car le peuple le plus galant et le plus sensible qui soit au charme féminin eut toujours horreur que les femmes se mêlassent de le gouverner, enveloppant dans le même mépris les maîtresses et leurs complaisants.

L'antipathie que Marie- Antoine tic professait pour le duc était née, au début, de cette liaison avec « la créature », mais des imprudences de langage avaient ensuite envenimé leurs rapports. « Le duc d'Aiguillon, rapporte le Comte de Provence \ s'était permis un jour, en parlant de la Dauphine devant plusieurs témoins, de la traiter de coquette, » Ce propos et d'autres pareils, amplifiés, commentés, avaient exas-

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