‹ Au couchant de la monarchieChapitre 29 sur 148 · I. /h idem · texte numérisé non relu

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dans sa conduite, ne donna jamais prise aux calomnies atroces qui devaient la poursuivre jusque dans le boudoir de Marie-.Vnloinelle.

Il fallut la chute de Choiseul pour que Vergennes rentrât dans l'aclivilé politique. Il fut alors envoyé à Stockholm, où il se distingua grandement. C'est à ses conseils avisés, à sa direction énergique, qu'on attribue, pour une part imi^rtante, Theureusc issue de la révolution du mois d'août 1772, qui détruisit en Suède le régime populaire et affermit le trône de Gustave III. Il conquit de ce chef une réputation d'homme d'État, dont Louis XVI se souvint quand la retraite de d'Aiguillon rendit vacant le ministère des Affaires étrangères. Toutefois, et malgré ses brillants succès, il serait excessif d'admirer chez Yergennes les dons qui font les grands politiques, les larges vues, les conceptions géniales. Il suffit de lui reconnaître un jugement sain, un patriotisme éclairé, l'expérience des affaires, des intentions honnêtes, le « goût de la vertu ». Un maintien froid, une gravité quelque peu compassée, sauvaient ce que sa mine et sa tournure présentaient, dit-on, de « bourgeois ». Sa franchise et sa courtoisie lui attiraient la confiance et l'estime de ceux qui traitaient avec lui. Somme toute, un galant homme possédant à fond son métier, tel apparaît celui qui, pendant tant d'années, allait diriger sans accrocs la politique extérieure du ro va urne.

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La désignation de Vergenncs, si justifiée qu'elle fût, ne se fit pas toutefois d'emblée et sans obstacle. La Reine, à défaut de Cboiseul, qu'elle sentait impossible, aurait souhaité Tami du duc, le baron de Breteuil, ambassadeur à Naples. Maurcpas, par complaisance, se disposait à lui prêter appui. L'abbé de Véri s'attribue le mérite d'avoir victorieusement combattu celte idée: « Le jour, dit-il ', indiqué pour la décision, je dînai seul avec monsieur et madame de Maurepas. Le ministre discuta devant moi ses motifs de préférence. Mes ix^flexions lui furent contraires. » Et l'abbé cite les arguments qu'il fit valoir contre Breteuil, représentant « son ambition, la violence de son humeur et son esprit d'intrigue », auxquels il opposa la droiture de Vergenncs, l'aménité de ses manières, son désintéressement notoire. « Ces raisons, reprend-il, firent pencher M. de Maurepas pour le comte de Vergennes et, le soir môme, la décision fut prise avec le Roi. Madame de Maurepas prétend que c'est moi seul qui ai amené ce choix, car, avant diner, son mari lui avait paru décidé pour le baron de Breteuil. »

Sans contredire à ce récit, il est permis de croire que la résolution du Roi fut inspirée aussi par des raisons plus hautes. Louis XVI, c'est un fait reconnu, avait le sens et l'intuition, héréditaires

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