‹ Au couchant de la monarchieChapitre 30 sur 148 · I. Journal inédil · texte numérisé non relu

I. Journal inédil

chez les Bourbons, de la politique étrangère. « II connaissait, a-t-on dit justement, les affaires de l'Europe mieux que celles de la France*. » 11 se méfiait d'instinct des intrigues de l'Impératrice, inconsciemment servies par la filiale déférence de la Reine, et il comprenait le danger, pour la France et pour sa maison, du «c système autrichien » inauguré depuis plusieurs années, du système qui subordonnait les intérêts français aux intérêts de notre alliée. De là, son perpétuel souci de se soustraire au joug de la cour impériale, sa fermeté constante, lorsqu'il s'agit des affaires du dehors, à résister aux instances de la Reine, si puissante au contraire lorsqu'il s'agit des affaires du dedans. De là, sa répugnance à ramener au pouvoir Choiseul et son parti. De là, enfin, son penchant pour Vergennes, l'appui qu'il lui prêtera contre ses adversaires, la confiance singulière qu'il témoignera jusqu'au bout à ce bon serviteur, au point d'entretenir avec lui, à l'insu des autres ministres, une correspondance clandestine, « conservée et cachée par lui, rapporte Soulavie, dans ses petits appartements, au-dessus de la pièce des enclumes ».

La France, dans son ensemble, applaudit à ces choix. « Les intérêts de l'Etat et des honnêtes gens,

Page 1