I. Journal du duc de Crov
(lait visite au contrôleur et lui exposait ses idées, peu favorables à la libre circulation des grains. L'entretien fut courtois, mais sans cordialité. Turgot se montra sec et froid; \eckcr se retira avec la mine d'un homme < blessé sans être abattu' ».
On ne saurait néanmoins afTirmer que ces exhortations fussent entièrement perdues. L'édit qui fut discuté au conseil les 1 3 et 20 septembre 1774, et livré peu apn»s à la publicité, com|X)rtait quelque adoucissement à Tintransigcance radicale de la rédaction primitive. Les régies étaient supprimées, ces régies dont Turgot disait que, « fussent-elles composées d'anges », elles n'échapperaient pas aux soupçons. De grandes ventes devraient disperser les approvisionnements accumulés dans les c greniers du Roi ». Toutes les entraves au commerce intérieur étaient pareillement abolies; les blés pourraient circuler librement de province à province. Mais il fut stipulé que, jusqu'à nouvel ordre, les grains ne pourraient être exportés hors des frontières de France. C'est la seule concession, importante il est vrai, que voulût admettre Turgot.
Ces mesures étaient commentées dans un long préambule, traité complet sur la matière, expliquant les raisons et réfutant les objections. Un tel exposé de motifs, qui, selon l'expression de I^ Harpe, a chan-