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Cur/rspoudanve secrète de Métra. — ij rauris

Louis XVI lui témoignait une confiance absolue, le questionnait sur tout, déférait à tous ses avis. De cet accord sortirent quelques mesures utiles. Des « ateliers de charité i» furent créés dans la capitale et dans certaines provinces. Des primes furent accordées à rimporlalion des blés étrangers. Des troubles assez violents ayant éclaté à Dijon, par suite de la cherté du pain, Turgot, après la répression, consentit à exonérer les grains et les farines des droits d'octroi et de marché dans les plus grandes villes de Bourgogne*. Grâce à ces précautions, on put espérer un moment calmer Teffervescence et prévenir de plus graves désordres.

Pourtant les gens bien informés, et ceux surtout qui fréquentaient les milieux populaires, remarquaient d'alarmants symptômes. Le libraire Hardy note presque jour par jour^ les propos entendus dans les échoppes, dans les marchés, dans les quartiers indigents de Paris. Le i5 avril, sur l'avis que a le pain de quatre livres se vendra désormais treize sols », vive émotion autour des boulangeries : on débite que « le pauvre peuple » est menacé de mourir de faim; on accuse le gouvernement, qui, dit-on, spécule sur les blés <k pour se procurer les moyens d'acquitter les dettes du feu Roi ». Dix jours plus lard, le 26 du même mois, nouvelle hausse de six

I. Arrt^t du conseil du Roi du 23 QTril 1775. u. .lournal inédit.

deniers, qui, dans l'opinion générale, est le prélude d'une plus considérable encore. Les esprits s'échauffent graduellement et le ton devient agressif. A la halle, un maître d*hôtel ayant payé soixante -douze livres un litron de petits pois, il se forme un rassemblement; on lui « jetle son litron au nez », en lui criant avec fureur : « Si ton j... f.... de maître a le moyen de mettre trois louis à un litron de pois, il n'a qu*à nous donner du pain ! » Le maître d'hôtel effaré s'enfuit sans oser porter plainte.

La publication de l'arrêt qui favorise l'importation du blé est sans effet sur cette foule irritée : « On le regarde comme un remède qui serait administré à un agonisant*. » On constate, en même temps, dans les marchés de Paris ^t de Versailles, une affluence inusitée de paysans — ou de soi-disant tels — venus de quinze et vingt lieues à la ronde ; ces gens, que personne ne connaît, sèment l'inquiétude, tiennent des discours a capables d'émouvoir les esprits de la populace » .

Par une rencontre à laquelle on songera plus l<ard. ces mouvements coïncident avec une campagne secrèle dirigée contre les ministres et spécialement contre Turgot. Des rumeurs se répandent, venant d'on ne sait où, au sujet d'une prétendue brouille entre Maurepas et le contrôleur général. Ce dernier est, dit-on, à

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