‹ Au couchant de la monarchieChapitre 79 sur 148 · I. Souvenirs de Moreau · texte numérisé non relu

I. Souvenirs de Moreau

adressait sur cette affaire à son confident habituel, le comte de Rosenberg : « Vous aurez peut-être appris, écrit-elle*, l'audience que j'ai donnée au duc de Choiseul, à Reims. On en a tant parlé, que je ne répondrais pas que le vieux Maurepas n'ait eu peur d'aller se reposer chez lui. Vous croirez aisément que je ne l'ai pas vu sans en parler au Roi, mais vous ne devinerez pas l'adresse que j'ai mise pour ne pas avoir l'air de demander permission. Je lui ai dit que j'avais envie de voir M. de Choiseul et que je n'étais embarrassée que du jour. J'ai si bien fait, que le pauvre homme m'a arrangé lui-même l'heure la plus commode où je pourrais le voir. Je crois que j'ai assez bien usé du droit de femme dans ce moment ! > La mauvaise chance voulut que ces lignes, tout au moins familières, fussent, grâce à l'indiscrétion du comte do Rosenberg, connues à la cour de Vienne, où elles produisirent comme on pense, un effet de scandale. L'Impératrice leva les bras au ciel : « Quel style! Quelle façon de penser! mande-t-elle à Mercy- Argenteau. Elle court à grands pas à sa ruine! » Joseph II prit la chose encore plus au tragique; sa rudesse fraternelle passa vraiment toutes bornes dans la véhémente philippique dont les archives de Vienne conservent le curieux brouillon : « De quoi vous mêlez- vous, écril-il à sa sœur d'un Ion de péda-

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