X. Lettre du a 3 août
au-dessus de son entourage s'agiter les plumes de sa coiffure, et elle dominait de la tête toutes les dames de la Cour... D'une taille un peu forte, elle n'était jamais mieux habillée que dans sa toilette du matin. » Voici encore le croquis que trace d'elle, dans ses Mémoires inédits, un homme qui ne l'aimait guère, le comte Guignard de SainUPriest, ex-ambassadeur de Louis XV* : € Cette princesse était grande et bien faite, le teint admirable, le pied et la main charmants, l'ensemble de la personne agréable, sans cependant des traits distingués de beauté. Elle avait de la facilité et de la grâce à s'énoncer, mais dans le fond peu d'instruction, i»
La séduction de son esprit égalait celle de ses manières. Non qu'elle émaillât sa causerie de mots spirituels et profonds; on ne cite d'elle nul trait piquant, nul aperçu neuf ou frappant, nulle saillie digne de mémoire. Mais le tact, l'enjouement et le désir de plaire tenaient lieu de verve brillante et lui conciliaient mieux les cœurs. « Elle trouvait au moment ce qu'il y avait de plus convenable dans les circonstances, ainsi que les expressions les plus justes^. » Son instruction était élémentaire; elle montrait peu de goût pour la lecture, sérieuse ni même frivole, mais du peu qu'elle savait elle tirait
I. Mémoires inédits dn comte Guignard de Soint-Priest. Collection dn baron de Barante.