Portraits et caractères, par Sénac de Meilhan
habilement parti. On doit aussi lui reconnaître un fond réel d'honnêteté, de bonté, une certaine droiture de conscience, u Son premier mouvement est toujours le vrai )>, écrivait son frère Joseph IL Ces bonnes dispositions étaient malheureusement gâtées par une frivolité, une irréflexion étourdie, une fureur de plaisir, qui lui faisaient sacrifier sans scrupule son devoir et son intérêt à la fantaisie du moment. Insoucieuse du qu en-dira-t-on, versatile dans ses goûts, fougueuse dans ses caprices, emportée dans ses affections comme dans ses haines et ses rancunes, elle se donnait trop aisément, dit un homme qui Ta rue de près, Tair et le ton « d*une enfant mal élevée* ».
Elle était, par nature, dépourvue d'ambition; son amusement l'occupait davantage que les aflaires d'État; et sa mère, dans les premiers temps, déplorait même cette aversion pour les choses de la politique : (c Je crains la nonchalance de ma fille, son peu de poût pour toute occupation sérieuse et son éloignement de tout ce pour quoi il faudrait se donner quelque peine. » — « Je doute, reprenait-elle à quelques jours de là, qu'elle aura jamais beaucoup de part aux affaires. Son inapplication y mettra toujours un obstacle assez fort^. » Ce souci maternel fera