I. Journal de Véri
246 Ai: COUCHANT DE LA MONARCHIE.
ton sincère*, et c'est ce qui fait que je ne serais jamais bon ministre; je n*ai point de caractère. — Que dites-vous là? — Non, en véiito, je n'en ai pas. — Je vous vois cependant ferme dans vos idées, quand elles sont une fois fixées. — Mais il n*est pas sûr, reprenait Malosherbes, que jVn aie de fixées sur les trois quarts des choses. »
C'est de telles objections qu'il opposa d'abord à toutes les instances de Turgol, appuyées par Maure pas. On lui envoya, assure-t-on, < trois courriers dans une nuit » sans obtenir son consentement. 11 fallut que Louis XVI joignit ses prières personnelles à celles de ses ministres, par le billet suivant qu'il lui écrivit de sa main* : « M. Turgot m'a rendu compte de votre répugnance pour la place que je vous offre. Je pense que votre amour pour le bien public doit la vaincre, et vous ne sauriez croire le plaisir que vous me ferez d'accepter, du moins pour quelque temps, si vous ne voulez pas vous déterminer tout a fait. Je crois que cela est absolument nécessaire pour le bien de l'État. — louis. »
S'il dut se rendre à de si pressants arguments, Malesherbes ne céda du moins qu'avec la plus amère tristesse. La lettre de Louis XVI lui fut remise par l'abbé de Véri ; il la lut, soupira, parut en proie à