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CHAPITRE IX

L'assemblée du clergé en 1775. — Divisions dans Tépiscopat. — Mesures réclamées contre la liberté de la presse et contre les protestants. — Vues libérales de Turgot sur ce sujet. — Remontrances des évéques au Roi. — Fermeté de Louis XVL — Mort du maréchal du Muy. — Turgot propose comme successeur le comte de Saint-Germain. — Arrivée du nouveau ministre à la Cour. — Sentiments du public à l'égard de ce choix.

Le secret désir de Turgol, en insistant pour la prompte entrée de Malesherbes dans les conseils du Roi, était de trouver un allié en vue des luttes qu'allait prochainement entraîner TfAsemblée du clergé, assemblée ouverte en juillet pour ne prendre fin qu'en décembre. Ces assises solennelles, où répiscopal disculait les affaires ecclésiastiques, se tenaient, d*après la coutume, à intervalles réguliers de cinq ans. Elles se terminaient par le vote d'un don gratuit au Roi \ dont l'importance variait selon les

I. Cette appellation était fondée sur la prétention sécnloire du clergé de ne pouvoir être taxé par le pouvoir temporel et de n'accorder de subsides que proprio moiu. En fait, chaqne

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circonstances. La rcnnion de lyyT) s*annonçait comme forl agitée, et réchauflemcnl des tètes faisait prévoir des débals orageux. Lin trouble profond, en effet, régnait parmi le haut clergé de France, par suite du progrès grandissant de la philosophie, et par suite également de la désaffection qui se manifestait, dans toutes les classes de la nation, à regard des représentants du pouvoir religieux. Seul, le peuple, dans les provinces, gardait quelque attachement aux curés de campagne, qui, pauvres, besogneux, médiocrement instruits, partageant contre la noblesse, Tépiscopat, les ordres monastiques, bon nombre des préventions populaires, ne portaient ombrage h personne et faisaient pitié à beaucoup. Les évèques, au contraire, sauf d'heureuses exceptions, ne rencontraient que la défiance et l'hostilité de leurs ouailles. Chaque jour voyait s'affaiblir leur prestige et baisser leur autorité.

De cet état de choses, la cause première était sans doute dans les mœurs relâchées et la vie scandaleuse de certains des prélats en vue, qui faisaient tort aux autres. Il faut accuser également l'habitude établie, même chez les plus irréprochables, de déserter annuellement leurs diocèses pour résider aux abords de Versailles et, selon l'expression du temps,

fois que le souverain le jugeait nécessaire, on convoquait Tépiscopat en assemblée extraordinaire, et on le pressurait selon les besoins du royaume.

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« prendre Tair de la Cour ». Enfin il faut noter comme un motif sérieux d'impopularité les règles exclusives qui présidaient, depuis le commencement du siècle, au recrutement du haut clergé. Sous Louis XIV, encore que les principaux évôchés fussent la plupart réservés à la grande noblesse, le mérite néanmoins pouvait suppléer la naissance, et l'on comptait nombre d'évêques de modeste extraction. 11 n'en est pas de même sous Louis XV et son successeur. Vers la fin du XVI II" siècle, tous les prélats sont gentilshommes. A. l'heure de la Révolution, e: sur cent trente évêques français, il n'y avait pas un seul roturier* ». On imagine l'irritation que semait en certains milieux un si injuste parti pris.

Cette parité d'origine des évéques n'avait pas même eu l'avantage d'établir entre eux la concorde. Au temps dont nous nous occupons, deux partis très tranchés, et très opposés lun à l'autre, existaient dans Tépiscopat, le parti des évangéUstes, qu'on nommait aussi les chrétiens ^ et le parti des politiques^ appelés aussi les administrateurs \ indiquer ces appellations c'est du môme coup indiquer leurs tendances. Les premiers, pris dans leur ensemble, passaient pour plus vertueux, les seconds pour plus éclairés. Dans le camp des évangélistes, les chefs étaient MM. de Juigné et de La Rochefoucauld, et

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