I. Lettre du 39 juillet 177^. Ed. Asie
manqua pas à l'appel : « La Cour, dit-il, était à Fontainebleau, lorsque M. du Muy mourut ; je partis surle-champ pour m*y rendre. » Il avait son candidat prêt, qui était le marquis de Castries, bon militaire, apprécié de la Reine, grand ami du duc de Choiseul. Le baron le recommanda avec son ardeur habituelle, et obséda de sa faconde Maurepas d'abord, puis Marie-Antoinette ; mais, de son propre aveu, il n'eut qu'un médiocre succès. Maurepas ne répondait que « par des plaisanteries », et Marie-Antoinette l'écoutait « d'une oreille distraite ». Besenval n'en revenait pas. Sa surprise redoubla, comme celle de toute la Cour, quand lui fut révélé le nom du nouveau secrétaire d'Etat.
Au lendemain de la mort du maréchal du Muy, Turgot, rapporte Tabbé de Véri*, s'était rendu chez le comte de Maurepas : « J'ai une pensée, lui disaitil, que vous trouverez peut-être ridicule; mais comme, à l'examen, elle me parait bonne, je ne veux pas avoir à me reprocher mon silence. J'ai pensé à M. de Saint-Germain. — Eh! bien, répondait Maurepas, si vos pensées sont ridicules, les miennes le sont aussi, car je vais partir pour Fontainebleau dans le but de le proposer au Roi. »
La carrière agitée du comte de Saint-Germain est trop connue pour qu'il ne suffise pas d'en rappeler