‹ Au-dela du RhinChapitre 11 sur 65 · TOM I · texte numérisé non relu

TOM I

188 AU-DELA OU RfilK.

Les villes étaient divisées en deux bans, celai du Rhin et celui de Souabe. \

Chacun de ces collèges délibérait séparément. Dans chaque collège la pluralité des voix décidait , sauf les matières religieuses et les droits particuliers des états. Dans les cas de religion, la diète se divisait en deux corps, les évangéliques et les catholiques. On négociait alors plutôt qu'on ne délibérait.

Il fallait à la diète l'approbation de l'Empereur , comme à un concile celle du pape. Tant que les décisions de la diète attendaient la sanction impériale, elles s'appelaient placita Itnperii. La décision ratifiée s'appelait conclusum Itnperii; elle devenait loi de l'Empire.

- Ainsi l'Empereur et la diète au centre de la constitution; les princes et les états provinciaux, membres et rayons de la confédération des villes, organes de la liberté et substances de l'état; la noblesse et la chevalerie, milice glorieuse de l'Empire; la chambre impériale, démembrement de la diète, séparation de la justice d'avec la législation; le conseil aulique , scission de l'intérêt autrichien contre la chose allemande; pardessus tout cela, les mœurs, les traditions, les incohérences du passé, les instincts de l'avenir, le choc de l'hérédité monarchique et de l'élection, l'intervention de la liberté religieuse, l'épée consacrant le droit , deux christianismes organisés politiquement : voilà l'Allemagne au milieu du dix-septième siècle.

Il est donc juste d'appeler l'ancienne Allemagne

l'allemagne et la liberté. 189

une république fédérative , et non pas une monarchie. La Grèce antique pourrait lui être comparée : elle était aussi une confédération d'états, et elle avait un centre d'unité politique sous les auspices de la religion, Delphes, qu'on regardait comme sise au milieu de la Grèce. On s'y réunissait une fois par an pour y faire des sacrifices à Cérès Amphictyonide , et les députés des peuples tenaient leurs assemblées autour du temple. C'étaient les députés des Thessaliens , des Béotiens , des Doriens , des Ioniens , des Perrbébiens, des Magnésiens, des Locriens, des ÛEtiens , des Phtiotes , des Maléens , des Phocéens. Chaque ville avait un droit égal de suffrage. Les députés de Lacédémone n'avaient pas plus de pouvoir que ceux de Dorie et de Cytinie, ni les députés d'Athènes plus que ceux de Prienne et d'Erythrée (1).

Mais il ne faut pas céder ici à l'entraînement qui a emporté quelques écrivains à considérer la confédération amphyctionique comme le gouvernement centrale de la Grèce elle-même. Les choses n'allèrent point ainsi. L'autorité de Delphes touchait seulement la religion ; elle en réglait les sacrifices et les expiations.

L'assemblée amphyctionique ne fut pas une diète

(1) Hous préférons ici le témoignage d'Eschine dans sa harangue sur les prévarications de l'ambassade, à celui de Pausanias qui ne compte que dix peuples. On a remarqué qu'Eschine, qui annonce douze peuples amphyctioniques , n'en énumère néanmoins que onze. Peut-être le douzième était les Achéens.

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