‹ Au-dela du RhinChapitre 62 sur 65 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

du plus beau génie puisse supérieurement bien manier cette langue brute. Si l'on exige qu'un Phidias fasse une Vénus de Gnide, qu'on lui donne un bloc de marbre sans défaut, des ciseaux fins et de bons poinçons; alors il pourra réussir : point d'instrumens, point d'artiste. On m'objectera peut-être que les républiques grecques avaient jadis des idiomes aussi différens que les nôtres; on ajoutera que de nos jours même on distingue la patrie des Italiens par le style et la prononciation qui varient de contrée en contrée. Je ne révoque pas ces vérités en doute; mais que cela ne nous empêche pas de suivre la continuation des faits dans l'ancienne Grèce, ainsi que dans lltalie moderne. Les poètes, les orateurs, les historiens célèbres, fixèrent leur langue par leurs écrits. Le public, par une convention tacite, adopta les tours, les phrases, les métaphores que les grands artistes avaient employées dans leurs ouvrages : ces expressions devinrent communes, elles rendirent ces langues élémentaires ; elles les enrichirent en les ennoblissant.

Jetons à présent un coup d'œil sur notre patrie : j'entends parler un jargon dépourvu d'agrément que chacun manie selon son caprice, des termes employés sans choix, les mots propres et les plus expressifs négligés, et le sens des choses noyé dans des mers épisodiques. Je fais des recherches pour déterrer nos Homères, nos Virgiles, nos Anacréons, nos Horaces, nos Déraosthènes, nos Thucydides, nos Tites-Lives;

je ne trouve rien, mes peines sont perdues. Soyons donc sincères et confessons de bonne foi que jusqu'ici les belles-lettres n'ont pas prospéré dans notre sol. L'Allemagne a eu des philosophes qui soutiennent la comparaison avec les anciens, qui même les ont surpassés dans plus d'un genre : je me réserve d'en faire mention dans la suite. Quant aux belleslettres, convenons de notre indigence. Tout ce que je puis vous accorder sans me rendre le vil flatteur de mes compatriotes, c'est que nous avons eu dans le petit genre des fables un Gellert, qui a su se placer à côté de Phèdre et d'Esope : les poésies de Canitz sont supportables, non à l'égard de la diction, mais plus en ce qu'il imite faiblement Horace. Je n'omettrai pas les idylles de Gessner, qui trouvent quelques partisans : toutefois permettez-moi de leur préférer les ouvrages de Catulle, de Tibulle et de Properce. Si je repasse les historiens, je ne trouve que l'Histoire d'Allemagne du professeur Mascow que je puisse citer comme la moins défectueuse. Voulez-vous que je vous parle de bonne foi du mérite de nos orateurs? Je ne puis vous produire que le célèbre Kant de Kœnigsberg, qui possédait le rare et l'unique talent de rendre sa langue harmonieuse; et je dois ajouter à notre honte que son mérite n'a été ni reconnu, ni célèbre. Comment peut-on prétendre que les hommes fassent des efforts pour se perfectionner dans leur genre, si la réputation n'est pas leur récompense? J'ajouterai à ces messieurs que je viens de nommer un anonyme dont j'ai vu les vers

non rimes; leur cadence et leur harmonie résultait d'un mélange de dactyles et de spondées; ils étaient remplis de sens, et mon oreille a été flattée agréablement par des sons sonores, dont je n'aurais pas cru notre langue susceptible. J'ose présumer que ce genre de versification est peut-être celui qui est le plus convenable à notre idiome, et qu'il est de plus préférable à la rime; il est vraisemblable qu'on ferait des progrès, si on se donnait la peine de le perfectionner.

Je ne vous parle pas du théâtre allemand. Melpomène n'a été courtisée que par des amans bourrus, les uns guindés sur des échasses, les autres rampans dans la boue, et qui tous rebelles à ses lois, ne sachant ni intéresser ni toucher, ont été rejetés de ses autels. Les amans de Thalie ont été plus fortunés; ils nous ont fourni du moins une vraie comédie originale; c'est le Postzug dont je parle; ce sont nos mœurs, ce sont nos ridicules que le poète expose sur le théâtre : la pièce est bien faite. Si Molière avait travaillé sur le même sujet, il n'aurait pas mieux réussi. Je suis fâché de ne pouvoir pas étaler un catalogue plus ample de nos bonnes productions: je n'en accuse pas la nation; elle ne manque ni d'esprit, ni de génie; mais elle a été retardée par des causes qui l'ont empêchée de s'élever en même temps que ses voisins. Remontons, s'il vous plait, a la renaissance des lettres, et comparons la situation où se trouvèrent l'Italie, la France et l'Allemagne lors de cette révolution qui se fit dans l'esprit humain.

Vous savez que l'Italie en redevint le berceau , que la maison d'Est, les Médicis, et le pape Léon X , contribuèrent à leurs progrès en les protégeant. Tandis que l'Italie se polissait, l'Allemagne, agitée par des théologiens, se partageait en deux fractions, dont chacune se signalait par sa haine pour l'autre, son enthousiasme et son fanatisme. Dans ce même temps François Ier entreprit de partager avec l'Italie la gloire d'avoir contribué à restaurer les lettres : il se consuma en vains efforts pour les transplanter dans sa patrie ; ses peines furent infructueuses. La monarchie, épuisée par la rançon de son Roi, qu'elle payait à l'Espagne, était dans un élat de langueur. Les guerres de la Ligue qui survinrent après la mort de François Ier, empêchaient les citoyens de s'appliquer aux beaux-arts. Ce ne fut que vers la fin du règne de Louis XIII, après que les plaies des guerres civiles furent guéries sous le ministère du cardinal de Richelieu, dans des temps qui favorisaient cette entreprise, qu'on reprit le projet de François Ier. La cour encouragea les savans et les beaux esprits; tout se piqua d'émulation; et bientôt après, sous le règne de Louis XIV, Paris ne le céda ni à Florence ni à Rome. Que se passera-t-il alors en Allemagne? Précisément lorsque Richelieu se couvrait de gloire en polissant sa nation, c'était le fort de la guerre de trente ans. L'Allemagne était ravagée et pillée par vingt armées différentes, qui tantôt victorieuses, tantôt battues, amenaient la désolation à leur suite. Les

campagnes étaient dévastées, les champs sans cul-

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ture, les villes presque désertes. L'Allemagne n'eut guère le temps de respirer après la paix de Westphalie : tantôt elle s'opposait aux forces de l'empire ottoman, très redoutable alors ; tantôt elle résistait aux armées françaises, qui empiétaient sur la Germanie pour étendre l'empire des Gaules. Croit-on, lorsque les Turcs assiégeaient Vienne, ou lorsque Mélac saccageait le Palatinat, que les flammes consumaient les habitations et les villes, que l'asile de la mort même était violé par la licence effrénée des soldats, qui tiraient de leur tombeau les cadavres des électeurs pour s'en approprier les misérables dépouilles; croit-on que dans des momens où des mères désolées se sauvaient des ruines de leur patrie, en portant sur leurs bras leurs enfans exténués d'inanition, que l'on composait à Vienne, à Manhcim, des sonnetti, ou que l'on y faisait des épigrammes? Les Muses demandent des asiles tranquilles ; elles fuient des lieux où règne le trouble, et où tout est en subversion. Ce ne fut donc qu'après la guerre de succession que nous commençâmes à réparer ce que tant de calamités successives nous avait lait perdrtf. Ce n'est donc ni à l'esprit ni au génie de la nation qu'il faut attribuer le peu de progrès que nous avons faits; mais nous ne devons nous en prendre qu'à une suite de conjonctures fâcheuses, à un enchaînement de guerres qui nous ont ruinés et apauvris en hommes et en argent.

INe perdez pas le fil des événemens; suivez la marche de nos pères, et vous applaudirez à la sa-

gesse qui a dirigé leur conduite; ils ont agi précisément comme il était convenable à la situation où ils se trouvaient. Ils ont commencé par s'appliquer à l'économie rurale, à remettre en valeur les terres qui, faute de bras, étaient demeurées sans culture; ils ont relevé les maisons détruites; ils ont encouragé la propagation. On' s'est partout appliqué à défricher des terres abandonnées; une population plus nombreuse a donné naissance à l'industrie; le luxe même s'est introduit, ce fléau des petites provinces, et qui augmente la circulation dans les grands Etats. Enfin, voyagez maintenant en Allemagne, traversez-la d'un bout à l'autre; vous trouverez partout sur votre chemin des bourgades changées en villes florissantes; là c'est Munster, plus loin c'est Cassel, ici c'est Dresde et Géra. Allez dans la Franconie, vous trouverez Wursbourg, Nuremberg. Si vous approchez du Rhin, vous passerez par Fulde et Francfort- sur-le-Mein , pour aller à Manheim, de là à Mayence et à Bonn. Chacune de ces cités présente au voyageur surpris des édifices qu'il ne croyait pas trouver dans le fond de la forêt hercynienne. La mâle activité de nos compatriotes ne s'est donc pas bornée à réparer les pertes causées par nos calamités passées; elle a su aspirer plus haut, elle a su perfectionner ce que nos ancêtres n'avaient qu'ébauché. Depuis que ceschangemens avantageux se sont opérés, nous voyons l'aisance devenir plus générale ; le tiers-élat ne languit plus dans un honteux avilissement; les pères fournissent à l'étude de leurs enfans sans s'obérer. Voilà

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les prémices établies de l'heureuse révolution que nous attendons; les entraves qui liaient le génie de nos aïeux sont brisées et détruites; déjà on s'aperçoit que la semence d'une noble émulation germe dans les esprits. Nous avons honte qu'en certains genres nous ne puissions pas nous égaler à nos voisins; nous désirons de regagner par des travaux infatigables le temps que nos désastres nous ont fait perdre; et en général le goût national est si décidé pour tout ce qui peut illustrer notre patrie, qu'il est presque évident, avec de telles dispositions, que les Muses nous introduiront à notre tour dans le temple de la gloire. Examinons donc ce qu'il reste à faire pour arracher de nos champs toutes les ronces de la barbarie qui s'y trouvent encore, et pour accélérer ces progrès si désirables auxquels nos compatriotes aspirent. Je vous l'ai déjà dit, il faut commencer par perfectionner la langue; elle a besoin d'être limée et rabotée : elle a besoin d'être maniée par des mains habiles. La clarté est la première règle que doivent se prescrire ceux qui parlent et qui écrivent, parce qu'il s'agit de peindre sa pensée, ou d'exprimer ses idées par des paroles. A quoi servent les pensées les plus justes, les plus fortes, les plus brillantes, si vous ne les rendez intelligibles? Beaucoup de nos auteurs se complaisent dans un style diffus; ils entassent les parenthèses, et souvent vous ne trouvez qu'aubout d'une page entière le verbe d'où dépend le sens de toute la phrase ; rien n'obscurcit plus la construction; ils sont lâches, au lieu d'être abondans, et l'on devine-

rait plutôt l'énigme du sphynx que leur pensée. Une autre cause qui nuit autant aux progrès des lettres que les vices que je reproche à notre langue et au style de nos écrivains, c'est le défaut des bonnes études. Notre nation a été accusée de pédanterie, parce que nous avons eu une foule de commentateurs vétilleurs et pesans; pour se laver de ce reproche, on commence à négliger l'étude des langues savantes ; et aGn de ne point passer pour pédant, on va devenir superficiel. Peu de nos savans peuvent lire sans difficulté les auteurs classiques, tant grecs que lalins. Si l'on veut se former l'oreille à l'harmonie des vers d'Homère, il faut pouvoir le lire couramment sans le secours d'un dictionnaire. J'en dis autant au sujet de Démosthène, d'Aristote, de Thucydide et de Platon. Il en est de même pour se rendre familière la connaissance des auteurs latins. La jeunesse à présent ne s'applique presque pas du tout au grec, et peu apprennent assez le latin pour traduire médiocrement les ouvrages des grands hommes qui ont honoré le siècle d'Àuguste. Ce sont cependant là les sources abondantes où les Italiens , les Français et les Anglais, nos devanciers, ont puisé leurs connaissances ; ils se sont formés autant qu'ils ont pu sur ces grands modèles ; ils se sont approprié leur façon de penser : et en admirant les grandes beautés dont les ouvrages des anciens fourmillent, ils n'ont pas négligé d'en rechercher les défauts. Il faut estimer avec discernement, et ne jamais s'abandonner à une adulation aveugle. Ces heureux jours, dont les Ita-

liens, les Français et les Anglais ont joui avantnous, commencent à décliner sensiblement. Le public est rassasié des chefs-d'œuvre qui ont paru ; les connaissances étant plus répandues, sont moins estimées; enûn ces nations se croient en possession de la gloire que leurs auteurs leur ont acquise, et elles s'endorment sur leurs lauriers. Mais je ne sais comment cette digression m'a égaré de mon sujet. Retournons à nos foyers, et continuons encore à examiner ce qu'il s'y trouve de défectueux à l'égard de nos études.

Je crois remarquer que le petit nombre des bons et des habiles instituteurs ne répond point aux besoins des écoles ; nous en avons beaucoup, et toutes doivent être pourvues. Si les maîtres sont pédans, leur esprit vétilleur s'appesantit sur des bagatelles et néglige les choses principales. Longs, diffus, ennuyeux, vides de choses dans leurs instructions, ils excèdent leurs écoliers, et leur inspirent du dégoût pour les études. D'autres recteurs s'acquittent de leur emploi en mercenaires : que leurs écoliers profitent ou qu'ils ne s'instruisent pas, cela leur est indifférent, pourvu que leurs gages leur soient exactement payés. Et c'est encore pis, si ces maîtres manquent eux-mêmesde connaissances. Qu apprendront-ils aux autres, si eux-mêmes ne savent rien? A Dieu ne plaise qu'il n'y ait pas quelque exception à cette règle , et qu'on ne trouve pas en Allemagne quelques recteurs habiles ! Je ne m'y oppose en rieu; je me borne à désirer ardemment que leur nombre soit plus considérable.

Que ne dirai-je pas de la méthode vicieuse que les maîtres emploient pour enseigner à leurs élèves la grammaire, la dialectique, la rhétorique, et d'autres connaissances? Comment formeront-ils le goût de leurs écoliers, s'ils nesavent pas eux-mêmes discerner le bon du médiocre, et le médiocre du mauvais; s'ils confondent le style diffus avec le style abondant; le trivial, le bas, avec le naïf; la prose négligée et défectueuse avec le style simple ; le galimatias avec le sublime s'ils ne corrigent pas avec exactitude les thèmes de leurs écoliers; s'ils ne relèvent pas leurs fautes sans les décourager, et s'ils ne leur inculquent pas soigneusement les règles qu'ils doivent toujoursavoir devant les yeux en composant? J'en dis autant pour l'exactitude des métaphores; car je me ressouviens dans ma jeunesse d'avoir lu , dans une épître dédicatoire d'un professeur Heineccius à une Reine, ces belles paroles : u lhro Majestat glanren wie ein Kar- » funkel atn Finger derjetzigen Zeit» » « Votre Mail jesté brille comme une escarboucle au doigt du » temps présent. » Peut-on rieii de plus mauvais? Pourquoi une escarboucle? Est-ce que le temps a un doigt? Quand on le représente , on le peint avec des ailes, parce qu'il s'envole sans cesse ; avec une clepsydre , parce que les heures le divisent ; et on arme son bras d'une faux, pour désigner qu'il fauche ou détruit tout ce qui existe. Quand des professeurs s'expriment dans un style aussi bas que ridicule, à quoifaut-il s'attendre de la part de leurs écoliers? Passons maintenant des basses classes aux univer-

sites: examinons -les de même impartialement. Le défaut qui me saute le plus aux yeux, c'est qu'il n'y a point de méthode générale pour enseigner les sciences; chaque professeur s'en fait une. Je suis de l'opinion qu'il n'y a qu'une bonne méthode, et qu'il faut s'en tenir à celle-là. Mais quelle est la pratique de nos jours? Un professeur en droit, par exemple, a quelques jurisconsultes favoris, dont il explique les opinions; il s'en tient à leurs ouvrages sans faire mention de ce que d'autres auteurs ont écrit sur le droit; il révèle la dignité de son art pour faire valoir ses connaissances; il croit passer pour un oracle s'il est obscur dans ses leçons ; il parle des lois de Memphis quand il est question des coutumes d'Osnabruck, ou il inculque les lois de Mi nos à un bachelier de Saint-Gall. Le philosophe a son système favori, auquel il se tient à peu près de même. Ses écoliers sortent de son collège la tète remplie de préjugés; ils n'ont parcouru qu'une petite partie des opinions humaines, ils n'en connaissent pas toutes les erreurs ni toutes les absurdités. Je suis encore indécis sur la médecine, si elle est un art ou si elle n'en est pas un', mais je suis persuadé certainement qu'aucun homme n'a la puissance de refaire un estomac, des poumons, ni des reins, quand ces parties essentielles à la vie humaine sont viciées; et je conseille très fort à mes amis, s'ils sont malades, d'appeler à leur secours un médecin qui ait rempli plus d'un cimetière, plutôt qu'un jeune élève de Hoffmann ou de Boerhaave, qui n'a tué personne. Je n'ai

rien à reprendre en ceux qui enseignent la géométrie. Cette science est la seule qui n'ait point produit de sectes; elle est fondée sur l'analyse, sur la synthèse et sur le calcul ; elle ne s'occupe que de vérités palpables; aussi a-t-elle la même méthode en tout pays. Je me renferme également xlans un respectueux silence à l'égard de la théologie. On dit que c'est une science divine, et qu'il n'est pas permis aux profanes de toucher à l'encensoir. Il me sera, je crois, permis d'user de moins de circonspection à l'égard de messieurs les professeurs d'histoire, et de présenter quelque petit doute à leur examen. J'ose leur demander si l'étude de la chronologie est ce qu'il y a de plus utile dans l'histoire; si c'est une faute irrémissible de se tromper sur l'année de la mort de Bélus ; sur le jour où le cheval de Darius, se mettant à hennir, éleva son maître sur le trône de Perse , sur l'heure où la bulle d'or fut publiée; si ce fut à six heures du matin ou à quatre heures après midi? Pour moi, je me contente de savoir le contenu de la bulle d'or, et qu'elle a été promulguée Tannée 1356. Ce n'est pas que je veuille excuser des historiens qui commettent des anachronismes : j'aurai cependant plutôt de l'indulgence pour les petites fautes de cette nature que pour des fautes considérables, comme celle de rapporter confusément les faits , de ne pas développer avec clarté les causes et les événemens , de négliger toute méthode , de s'appesantir longuement sur les petits objets, et de passer légèrement sur ceux qui sont les essentiels» Je

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