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TOME II

peines sont perdues; ils ont leur cours tout préparé d'avance, et ils s'en tiennent là. Que ce cours de leur science soit bien ou mal fait, personne ne s'en embarrasse; aussi voit-on le peu d'avantage qu'on retire de ces études; bien peu d'écoliers en sortent avec les connaissances qu'ils en devraient rapporter. Mon idée serait donc de prescrire à chaque professeur 1a règle qu'il doit suivre en enseignant. En voici l'ébauche. Mettons le géomètre et le théologien de côté , parce qu'il n'y a rien à ajouter à l'évidence du premier, et qu'il ne faut point choquer les opinions populaires du dernier. Je trouve d'abord le philosophe.

J'exigerais qu'il commençât son cours par une définition exacte de la philosophie; qu'ensuite, remontant aux temps les plus reculés, il rapportât toutes les différentes opinions que les hommes ont eues, selon l'ordre des temps où ont fleuri ceux qui les ont enseignées. Il ne suffirait pas, par exemple, de leur dire que les stoïciens admettaient dans leur système que les ornes humaines sont des parcelles de la divinité. Quelque belle et sublime que soit cette idée, le professeur fera remarquer qu'elle implique contradiction, parce que si l'homme était une parcelle de la Divinité, il aurait des connaissances infinies qu'il' n'a point; parce que si Dieu était dans les hommes, il arriverait à présent que le Dieu anglais se battrait contre le Dieu français et espagnol ; que ces diverses parties de la Divinité tâcheraient de se détruire réciproquement, et qu'enfin toutes les scélératesses, tous les crimes que les hommes commet-

tent, seraient des œuvres divines. Quelle absurdité d'admettre de pareilles horreurs! Donc elles ne sont pas vraies. S'il touche au système d'Épicure, il s'arrêtera surtout sur l'impassibilité que ce philosophe attribue à ses dieux, ce qui est contraire à la nature divine : il n'oubliera pas d'insister sur l'absurdité de la déclinaison des atomes, et sur tout ce qui répugne à l'exactitude et à la liaison du raisonnement. 11 fera sans doute mention de la secte acataleptique et de la nécessité où les hommes se trouvent souvent de suspendre leur jugement sur tant de matières métaphysiques, où l'analogie et l'expérience ne sauraient leur prêter de fil pour se conduire dans ce labyrinthe. Ensuite il en viendra à Galilée; il exposera nettement son système; il ne manquera pas d'appuyer sur l'absurdité du clergé romain, qui ne voulait pas que la terre tournât, qui se révoltait contre les antipodes, et qui, tout infaillible qu'il croyait être, perdit cette fois au moins son procès devant le tribunal de la raison. Viendra ensuite Copernic, Tycho-Brahé, le système des tourbillons. Le professeur démontrera à, ses auditeurs l'impossibilité du plein, qui s'opposerait à tout mouvement; il prouvera évidemment, malgré Descartes, que les animaux ne sont pas des machines. Ceci sera suivi de l'abrégé du système de Newton, du videqa'il faut admettre, sans qu'on puisse dire si c'est une négation d'existence, ou si ce vide est un être à la nature duquel nous ne pouvons attacher aucune idée précise. Cela n'empêchera pas que le professeur n'instruise son auditoire du parfait rap-

port de ce système calculé par Newton, avec les phénomènes de la nature; et c'est ce qui obligea les

force centripète et la force centrifurge, propriétés occultes de la nature inconnues jusqu'à nos jours. Ce sera alors le tour de Leibnitz, du système des monades et de celui de l'harmonie préétablie. Le professeur fera remarquer sans doute que sans unité point de nombre. Donc il faut admettre des corps insécables , dont la matière soit composée. Il fera observer de plus à son auditoire, qu'idéalement la matière peut se diviser à l'infini ; mais que dans la pratique les premiers corps, pour être trop déliés, échappent à nos sens et qu'il faut de toute nécessité de premières parties indestructibles, qui servent de principes aux élémens; car rien ne se fait de rien, et rien ne s'anéantit. Ce professeur représentera le système de l'harmonie préétablie comme le roman d'un homme de beaucoup de génie; et il ajoutera sans doute que la nature prend la voie la plus courte pour arriver à ses fins : il remarquera qu'il ne faut pas multiplier les êtres sans nécessité. Viendra ensuite Spinosa, qu'il réfutera sans peine, en employant les mêmes argumens dont il s'est servi contre les stoïciens; et s'il prend ce système du côté où il paraît nier l'existence du premier être, rien ne lui sera plus facile que de le réduire en poudre, surtout s'il fait voir la destination de chaque chose, le but pour lequel elle est faite. Tout, même jusqu'à la végétation d'un brin d'herbe, prouve la Divinité : et si l'homme jouit

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d'un degré d'intelligence qu'il ne s'est point donné, il faut, a plus forte raison, que l'être dont il tient tout ait un esprit infiniment plus profond et plus immense. Notre professeur ne mettra pas Malebranche tout-àfait de côté. En développant les principes de ce savant père de l'Oratoire, il montrera que les conséquences qui en découlent naturellement ramènent à la doctrine des stoïciens, à l'ame universelle dont tous les êtres animés font partie. Si nous voyons tout en Dieu, si nos sensations, nos pensées, nos désirs, notre volonté émanent directement de ses opérations intellectuelles sur nos organes, nous ne devenons que des machines mues par des mains divines. Dieu reste seul , et l'homme disparait. Je me flatte que Monsieur le professeur, s'il a le sens commun, n'oubliera pas le sage Locke, le seul des métaphysiciens qui ait sacrifié l'imagination au bon sens, qui suive l'expérience autant qu'elle peut le conduire, et qui s'arrête prudemment quand ce guide vient à lui manquer. Est-il question de morale? Monsieur le professeur dira quelques roots de Socrate; il rendra justice àMaroAurèle, et il s'étendra plus amplement sur les Offices de Cicéron , le meilleur ouvrage de morale qu'on ait écrit et qu'on puisse écrire.

Je ne dirai que deux mots aux médecins. Us doiventsurtout accoutumer leurs élèves à bien examiner les symptômes des maladies, pour en bien connaître le genre. Ces symptômes sont, un pouls rapide et faible, un pouls fort et violent, un pouls intermittent , la sécheresse de la langue , les yeux , la nature

de la transpiration , les sécrétions tant urines que matières fécales ; ils en peuvent tirer des inductions po u r a pprécier moin s vaguemen t le gen re d e ma rasnte qui cause la maladie; et c'est sur ces connaissances qu'ils doivent faire choix des remèdes convenables. Le professeur fera de plus soigneusement observer à ses écoliers la prodigieuse différence des tempéramcns , et l'attention qu'ils exigent. U promènera la même maladie de tempérament en tempérament ; il insistera principalement sur la nécessité d'observer combien dans la même maladie la médecine doit être proportionnée à la nature de la constitution du patient. Je n'ose pas néanmoins présumer qu'avec toutes cesinstructions cesjeunes Esculapes fassent des miracles. Le gain que le public y fera, c'est qu'il y aura moins de citoyens de tués par l'ignorance ou par la paresse des médecins.

Pour abréger, je passe sur la botanique, la chimie, et les expériences physiques, afin d'entreprendre monsieur le professeur en droit , qui m'a la mine bien rébarbative. Je lui dirai : Monsieur, nous ne sommes pins dans le siècle des mots, nous sommes dans celui des choses. De grâce, pour l'avantage du public, daignez mettre un peu moins de pédanterie et plus de bon sens dans les profondes leçons que vous croyez faire. Vous perdrez votre temps, Monsieur, à enseigner un droit public, qui n'est pas même un droit particulier; que les puissans ne respectent pas, et dont les faibles ne tirent aucune assistance. Vous instruisez vos écoliers des lois de Minos, de Solon ,

de Lycurgue, des douze tables de Rome, du code de l'empereur Justinien ; et pas le mot , ou peu de chose, des lois et des coutumes reçues dans nos provinces. Pour vous tranquilliser, nous vouspermettons de croire que votre cervelle est formée de la quintessence de celles de Cujas et de Barthole fondues ensemble; mais daignez considérer que rien n'est plus précieux que le temps, et que celui qui le perd en phrases inutiles, est un prodigue auquel vous adjugeriez le séquestre si on l'accusait devant votre tribunal. Permettez donc, Monsieur, tout érudit que vous êtes, qu'un ignorant de ma trempe (si vous encouragez ma timidité) vous propose une espèce de cours de droit que vous pourriez faire. Vous commencerez par prouver la nécessitédes lois, parce qu'aucune société ne peut se soutenir sans elles. Vous montrerez qu'il y en a de civiles, de criminelles, et d'autres qui ne sont quede convention. Les premières servent pour assurer les possessions , soit pour les dots, les douaires, les contrats de vente et d'achat; elles indiquent les principes qui serventde règle pour décider deslimites, ainsi que pour éclaircir des droits qui sont en litige. Les loiscriminellessont plutôt pour atterrer le crime que pour le punir ; les peines doivent être proportionnées aux délits, et les chàtiroens les plus doux doivent en tout temps être préférés aux plus rigoureux. Les lois de convention sont celles que les gouvernemens établissent pour favoriser le commerce ou l'industrie. Les deux premières sortes de lois sont d'un genre stable ; les dernières sont su-

jettes à des changemens , par des causes internes ou externes qui peuvent obliger d'abolir les unes et d'en créer de nouvelles. Ce préambule exposé avec toute la netteté nécessaire , monsieur le professeur , sans consulter Grotius ni Puffendorff , aura la bonté d'analyser les lois de la contrée où il réside ; il se gardera surtout de donner du goût à ses élèves pour l'esprit contentieux ; au lieu d'en faire des embrouilleurs , il en fera des débrouilleurs ; et il emploiera tous ses soins à mettre de la justesse , de la clarté et de la précision dans ses leçons. Pour former à cette méthode sesdisciples dès leur jeunesse, il ne négligera pas surtout de leur inspirer du mépris pour l'esprit coutentieux qui sophistique tout , et qui semble un répertoire inépuisable de subtilités et de chicanes.

Je m'adresse à présent à monsieur le professeur d'histoire ; je lui propose pour modèle le savant et célèbre Thomasius. Notre professeur gagnera de la réputation s'il approche de ce grand homme ; de la gloire, s'il l'égale. Il commencera son cours selon Tordre des temps, par les histoires anciennes; il finira parleshistoiresmodernes.il n'omettra aucun peuple dans cette suite des siècles; il n'oubliera ni les Chinois, ni les Russes, ni la Pologne, ni le nord, comme il est arrivé à M. Bossuetdans son ouvrage, d'ailleurs très estimable. Notre professeur s'appliquera surtout à l'histoire d'Allemagne, comme la plus intéressante pour les Allemands; il se gardera cependant de s'enfoncer trop avant dans l'obscurité des origines sur lesquelles les documens nous manquent, et qui au

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demeurant sont des connaissances assez inutiles. Sans s'appesantir il parcourra le neuvième, le dixième, le onzième, le douzième siècle; il s'étendra davantage sur le treizième siècle, où l'histoire commence à devenir plus intéressante. En avançant il entrera dans de plus grands détails, parce que ces faits sont liés davantage à l'histoire de nos jours; il s'arrêtera plus particulièrement sur les événemens qui ont eu des suites que sur ceux qui sont morts sans postérité, si j'ose m' exprimer ainsi. Le professeur remarquera l'origine des droits, des usages, des lois; il fera connaître à quelles occasions elles se sont établies dans l'Empire. Il faut qu'il marque l'époque où les villes impériales devinrent libres, et quels furent leurs privilèges; comment se forma la Hanse ou la ligue des villes anséatiques; comment les évoques et les abbés devinrent souverains; il expliquera de son mieux comment les électeurs acquirent le droit d'élire les empereurs. Les différentes formes de l'administration de la justice dans cette suite de siècles, ne doivent pas être omises. Mais c'est surtout depuis Charles-Quint que monsieur le professeur fera le plus d'usage de son discernement et de son habileté : depuis cette époque tout devientintéressant et mémorable. Il s'appliquera à débrouiller de son mieux les causes des grands événemens ; indifférent pour les personnes, il louera les belles actions de ceux qui 6e sont illustrés, et il blâmera les fautes de ceux qui en ont commis. Voici enfin les troubles de la religion qui commencent; le professeur traitera cette partie

eu philosophe. Viennent ensuite les guerres auxquelles ces troubles donnèrent lieu; ces grands intérêts seront traités avec la dignité qui leur convient. La Suède prend parti contre l'Empereur; le professeur dira ce qui donna lieu à Gustave-Adolphe de se transporter en Allemagne, et quelles raisons eut la France de ce déclarer pour la Suède , et pour la cause protestante; mais le professeur ne répétera pas les vieux mensonges que de trop crédules historiens ont répandus. Il ne dira point que Gustave-Adolphe a été tué par un prince allemand qui servait dans son armée, parce que cela n'est ni vrai , ni prouvé, ni vraisemblable. La paix de Westphalie exigera un détail plus circonstancié, parce qu'elle est devenue la base des libertés germaniques, une loi qui restreint l'ambition impériale dans ses justes bornes, sur laquelle notre constitution présente est fondée* Le professeur rapportera ensuite ce qui s'est passé sous les règnes des empereurs Léopold, Joseph et Charles VI. Ce vaste champ lui fournit de quoi exercer son érudition et son génie , sourtout s'il ne néglige rien d'essentiel; et il n'oubliera pas, après avoir exposé tous les faits mémorables de chaque siècle, de rendre compte des opinions reçues, et des hommes qui se sont le plus distingués par leurs taleus, par leurs découvertes, ou par leurs ouvrages, et il aura soin de ne pas omettre les étrangers contemporains des Allemands dont il parle. Je crois qu'après avoir ainsi parcouru l'histoire, peuple après peuple, on rendrait service aux étudians si l'on rassemblait

toutes ces matières et qu'on les leur représentât dans un tableau général. C'est surtout dans un tel ouvrage que l'ordre chronologique serait nécessaire , pour ne pas confondre les temps, et pour apprendre à placer chaque fait important selon l'ordre qu'il doit occuper, les contemporains à côté des contemporains; et pour que la mémoire fût moins chargée de dates , il serait bon de fixer les époques où les révolutions les plus importantes sont arrivées : ce sont autant de points d'appui pour la mémoire, qui se retiennent facilement, et qui empêchent que cet immense chaos d'histoires ne brouille la tète des jeunes gens.

Un cours d'histoire , tel que je le propose , doit être bien digéré , profondément pensé , et purgé de toute minutie. Ce n'est ni le Theatrum Europœum , ni l'histoire des Germains de M. de Bunau, que le professeur doit consulter; j'aimerais mieux l'adresser aux cahiers de Thomasius, s'il s'en trouve encore. Quel spectacle plus intéressant, plus instructif et plus nécessaire pour un jeune homme qui doit entrer dans le monde , que de passer cette suite de vicissitudes qui ont changé si souvent la face de l'univers ! Où apprendra-t-il mieux à connaître le néant des choses humaines , qu'en se promenant sur les ruines des royaumes et des plus vastes empires? Mais dans cet amas de crimes qu'on lui fait passer devant les yeux , quel plaisir pour lui de trouver de loin à loin de ces ames vertueuses et divines qui semblent demander grâce pour la perversité de l'espèce ? Ce sont là les

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modèles qu'il doit suivre. Il a vu une foule d'hommes heureux environnés d'adulateurs ; la mort frappe l'idole, les flatteurs s'enfuient, la vérité paraît, et les cris de l'exécration publique étouffentla voix des panégyristes. Je me flatte que le professeur aura asset de sens pour marquer à ses disciples les bornes qui distinguent une noble émulation d'avec celles d'une ambition démesurée , et qu'il les fera réfléchir sur tant de passions funestes qui ont entraîné les malheurs des plus vastes Etats; il leur prouvera par cent exemples que les bonnes mœurs ont été les vraies gardiennes des empires , ainsi que leur corruption, l'introduction du luxe > et l'amour démesuré des richesses, ont été de tout temps les précurseurs de leur chute» Si monsieur le professeur suit le plan que je propose, il ne se bornera pas à entasser les faits dans la mémoire de ses écoliers; mais il travaillera à former leur jugement, à rectifier leur façon de penser, et surtout à leur inspirer de l'amour pour la vertu ; ce qui, selon moi, est préférable à toutes les connaissances indigestes dont on farcit la téte des jeunes gens.

Il résulte en général de tout ce que je viens de vous exposer que l'on devrait s'appliquer avec zèle et avec empressement à traduire dans notre langue tous les auteurs classiques des langues anciennes et modernes; ce qui nous procurerait le double avantage de former notre idiome et de rendre les connaissances plus universelles. En naturalisant tous les bons auteurs, ils nous apporteraient des idées neuves et nous enrichiraient de leur diction, de leurs

grâces et de leurs agrémens, et combien de connaissances le public n'y gagnerait-il pas? De vingt-six raillions d'habitans qu'on donne à l'Allemagne, je ne crois pas que cent mille sachent bien le latin, surtout si vous décomptez cet amas de prêtres ou de moines qui savent à peine autant de latin qu'il en faut pour entendre tant bien que mal la syntaxe. Or, voilà donc vingt-cinq millions neuf cent mille ames exclues de toutes connaissances, parce qu'elles ne sauraient les acquérir dans la langue vulgaire. Quel changement plus avantageux pourrait donc nous arriver que celui de rendre ces lumières plus communes en les répandant partout? Le gentilhomme qui passe sa vie à la campagne, ferait un choix de lectures qui lui seraient convenables, il s'instruirait en s'arausant; le gros bourgeois eh deviendrait moins rustre; les gens désœuvrés y trouveraient une ressource contre l'ennui; le goût des belles-lettres deviendrait général, et il répandrait sur la société l'aménité, la douceur, les grâces et des ressources inépuisables pour la conversation. De ce frottement des esprits résulterait ce tact (in, le bon goût qui par un discernement prompt saisit le beau, rejette le médiocre et dédaigne le mauvais. Le public, devenu ainsi juge éclairé, obligerait les auteurs nouveaux à travailler leurs ouvrages avec plus d'assiduité et de soin, et à ne les donner au jour qu'après les avoir bien limés et repolis.

La marche que j'indique n'est point née dans mon imagination ; c'est celle de tous les peuples qui se

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