‹ Au-dessus de la mêléeChapitre 9 sur 28 · a Écrasons l' infâme · texte numérisé non relu

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lit. D'ailleurs de trop grands crimes déjà ont été commis, des crimes contre le droit, des attentats à la liberté des peuples et aux trésors sacrés de la pensée. Ils doivent être réparés. Ils seront réparés. L'Europe ne peut passer l'éponge sur les violences faites au noble peuple belge, sur la dévastation de Malines et de Louvain, saccagées par les nouveaux Tilly...i Mais, au nom du ciel, que ces forfaits ne soient pas réparés par des forfaits semblables! Point1 de vengeances ni de représailles ! Ce sont des1 mots affreux. Un grand peuple ne se venge pas; il rétablit le droit. Que ceux qui ont en mains la cause de la justice se montrent dignes d'elle,! jusqu'au bout! C'est notre tâche, à nous, de le leur rappeler. Car nous n'assisterons pas, inertes, à la bourrasque, attendant que sa violence se soit d'elle-même épuisée. Non, ce sera* indigne. L'ouvrage ne nous manque pas.

Notre premier devoir est, dans le monde entier, de provoquer la formation d'une Haute Cour morale, d'un tribunal des consciences, qui veille et qui prononce sur toutes les violations faites au droit des gens, d'où qu'elles viennent, sans distinction de camp. Et comme les comités d'enquêtes institués par 1er parties belligérantes seraient toujours suspects, il faut que les pays neutres de l'Ancien et du Nouveau Monde en prennent l'initiative, — ainsi que, tout récemment, un professeur à la Faculté de Médecine de Paris, M. Prenant, en suggérait

'idée », reprise vigoureusement par mon ami Paul Seippel, dans le Journal de Genève*: « Ils

3urniraient des hommes d'une autorité mondiale et d'une moralité civique éprouvée, qui fonctionneraient en qualité de commissaires enquêteurs. Ces commissaires pourraient suivre à quelque distance les armées... Une telle organisation compléterait et concréterait le tribunal de La Haye et lui préparerait les documents indiscutables pour l'œuvre de justice nécessaire... »

Les pays neutres jouent un rôle trop effacé. Ils ont une tendance à croire que contre la force déchaînée l'opinion est d'avance vaincue. Et ce découragement est partagé par la plupart des pensées libres de toutes les nations. C'est là un manque de courage et de lucidité. Le pouvoir de l'opinion est immense à présent. Il n'est pas un gouvernement, si despotique soit-il et marchant appuyé sur la victoire, qui ne tremble aujourd'hui devant l'opinion publique et ne cherche à la courtiser. Rien ne l'a mieux montré que les efforts des deux partis aux prises, ministres, chanceliers, souverains, — et le Kaiser lui-même, se faisant journaliste — pour justifier leurs crimes et dénoncer ceux de l'adversaire au tribunal invisible du genre humain. Ce tribunal, qu'on le voie, à la fin ! Osez le constituer. Vous ne connaissez nas

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