A 1. 1: ON CLAD E
La Seine, la rivière aimable aux bleus décours,
Qui mène avec lenteur la grâce de son cours
Pour plaire et pour mieux rire à nos jolis villages,
A de mornes remous et n'a plus de sillages.
Soulevée et pareille aux grands fleuves méchants,
Elle a couvert au loin sur ses rives les champs.
C'est comme la colère étrange d'une amie :
La petite maison qui s'était endormie
A l'entendre chanter, charmante, tout l'été,
Se réveille surprise, et le flot irrité
Qui monte, la menace et l'entoure, lui semble
Railler d'abord; maisTarbre^encor sans feuilles tremble,
LIS R I RG I S.
Lt le vent qui remue ce qui jaunie les eaux
Penche les peupliers ainsi que des roseaux.
L'eau, grosse de la pluie et de l'hiver qui dure.
Leur monte jusqu'aux pieds, puis jusqu'à la ceinture.
Couvre les bords connus des îles, les sentiers
Où l'on allait cueillir les roses d'églantiers,
Puis la berge plus haute où sont les maisonnettes
Qu'habitent le travail et les loisirs honnêces.
Le ciel bas et depuis tant de jours pluvieux
Met sur l'eau des reflets durs qui blessent les yeux
Ou des lividités miroitantes d'ardoise;
Les jolis affluents : l'Yonne, la Marne, l'Oise,
Ces rivières qui sont le charme et le souci
Du rêveur, ont parfois leurs embûches aussi.
Ces flots gais et charmants, qui sont devenus graves.
R t obscurément de confuses épaves;
Leurs vagues tourbillons doivent cacher des morts:
Car si l'on peut dompter la flamme, quels efforts,
Quelle ruse pourraient lasser la fuite immense
Du fleuve qui, la nuit, déchaîne sa démence?
I ateliers atteints par l'eau ne fument plus.
Le chômage soudain rend les bras superflus.
Apportant la misère au logis qui s'effraie.
Quand baissera le fleuve, au-dessus de la haie
Les jardins seront verts, mais non pas la moisson;
La semence a péri, que gardait la saison,
Corrompue, entraînée, hélas! avec la terre.
Lorsque l'été viendra, tranquille et salutaire, Notre belle campagne où luiront moins de fleurs, Faite pour le sourire, aura connu les pleurs.
EN BATEAU
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