LE MATIN
L'l'té, quand l*eau, couleur de ciel, Baigne les fleurs pleines de miel, Blanches, roses, rouges et bleue^ Tout près du hêtre et du boulea i, Laissez aller au fil de l'eau Votre canot, une ou deux lieues.
Parmi les saules familiers Voici que les hauts peupliers
Défilent, tenanc droic leurs branches.
— Quels gais sorciers que ces baceaux Menant à rebours les coteaux Et les petites maisons blanches!
Vers les nénuphars et les joncs Les flèches d'eau font des plongeons D'où s'envolent les demoiselles.
Aux bords, la ronce, l'églantier, L'herbe épaisse plein le sentier, Des lueurs vagues et des ailes.
Le fleuve est de cristal changeant, Les ablettes sont en argent...
Les voix n'arrivent qu'éloignées.
L'eau, dans l'éclat du jour vermeil, Se fronce en des ronds de soleil Sous les pattes des araignées.
Un immobile mouvement
Déroule ainsi le bord charmant.
Je vois, frôlé du vol des merles,
Sur la pente des verts tapis,
Le soleil changer en rubis
Les gouttes d'eau qui sont des perles.