‹ Au fil de l'eauChapitre 14 sur 38 · A N D R I GILL · texte numérisé non relu

A N D R I GILL

lot'T près de la ville laissée, Gais, mais cachant une pensée, Je connais des coins de tableau, Des chemins perdus, des asiles, Et, baigneuses fraîches, des îles Sortant, comme un rêve, de l'eau.

Les heures du soir sont sereines...

Meudon, Sèvres, Saint-Cloud, Suresnes Passent : c'est bleu, net et charmant.

Sur des ponts, des locomotives

Traînent des voitures plaintives Qui geignent dans l'éloignement.

Peintes aux murs blancs des auberges, Les fritures sur les deux berges, Les chalets couleur d'acajou 5 L'allongement nu des fabriques.

La petite maison de briques, Fine et frêle comme un joujou.

Et sur le ciel sans alouettes, O merveille ! les silhouettes D'un roseau triste et d'un pêcheur A la ligne, figure étrange, Qui tient de la bête et de l'ange Et sur qui tombe la fraîcheur!

Sous les tonnelles allumées Des éclats vagues, des fumées...

Ou bien un couple d'amoureux, Baissant la voix, baissant la tête, Et sans autre signe de fêce Que l'aspect grave des heureux !

O beau fleuve ami, toute joie Vient à tes bords, et si l'on noie

En tes ondes quelques douleurs, C'est triste : ce n'est pas ta faute!

Tes rives pleines d'herbe haute Ont des sourires et des fleurs.

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