LA NUIT
A RAOUL Cl N ESTE
v y était sur la Seine, à minuic, Le soir d'un dimanche de fête :
Et Bougival faisait un bruit Qui nous cassait un peu la tête.
Deux orchestres, l'un à mi-voix, L'autre en reprises plus vibrantes, Jouaient deux danses à la fois Sur des mesures différentes.
Les jupes blanches frissonnaient Dans ce décor pourtant agreste, Et les chevaux de bois tournaient En musique comme le reste.
EN BATEAU
Indulgente, pleine de fleurs, La nuit, sans en être plus fière, Mêlait les verres de couleurs Aux étoiles dans la rivière;
Et l'on eût dit, en vérité, A voir ce spectacle mobile, L'n songe d'une nuit d'été Chatoyant et rose, à Mabille.
Double fête, double tableau!
Clameur ici, là-bas silence, Et l'obscure fraîcheur de l'eau Sous le bateau qui .se balance;
Les hauts peupliers sur les bords Dressant leur tête taciturne, Et n'écoutant que les accords De la grande rumeur nocturne!
Quand pâlirent les lampions Et les lampes, une par une, Les flots menus que nous coupions Redevinrent tout blancs de lune.
Et le subie apaisement
Nous laissa voir pur et sans voiles
Le magnifique firmament
Où brillaient toutes les étoiles.
LA FORET
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