‹ Au fil de l'eauChapitre 16 sur 38 · DESSOUS DE ROIS · texte numérisé non relu

DESSOUS DE ROIS

L'ombre bleuâtre et claire au milieu des allées. Comme un long voile plein de taches é codées, Cache à peine la terre et floue avec douceur; Le soleil, en rayant la légère épaisseur, Forme des réseaux d'or où palpitent mes rêves. Les frênes, aux bourgeons rouges du sang des sèves, Frissonnent. Les bouleaux, à leur feuillage blanc Prenant la brise, en font un murmure tremblant Que le buisson répète au brin d'herbe qui rampe. Comme des doigts devant la flamme d'une lampe. Les rameaux délicats tendus vers le soleil

Laissent filtrer l'éclat du jour tendre et vermeil.

L'air lascif est chargé de poussières errantes.

Les pommiers, bouquets blancs d'étoiles odorantes,

Que le printemps attache à son corsage vert,

A travers Féclaircie ardente du couvert,

Derrière les troncs fins et les branches mal closes,

Luisent, dans les vergers, auprès des maisons roses.

Calmes, faisant un fond délicat au tableau,

Transparaissent plus loin le ciel, la terre, l'eau :

Car le fleuve déroule au pied des bois tranquilles

Ses anneaux lumineux et longs entre les îles

Et semble, au dernier plan, un mince serpent d'or.

Une vapeur de nacre, où blanchissent encor

Les fleurs peintes d'hier, déjà presque séchées,

Qu'Avril de ses pinceaux riants avait touchées,

Semble continuer la pente du chemin;

Et, d'une lieue, on croit toucher avec la main.

Modelant l'horizon sur les collines blondes,

Le velours ondoyant des verdures profondes.

LA IORKT

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