‹ Au fil de l'eauChapitre 17 sur 38 · A L 1. ON DIERX · texte numérisé non relu

A L 1. ON DIERX

A travers la force au souffle immense et doux, Les chênes, nés des flancs de la terre avant nous, \ : hauts que les pins, plus nobles que les hêtres. Mènent en vétérans la troupe des ancêtres. Si leur force des ans souffre quelques affronts, La foudre seule a fait les rides de leurs fronts, Et, pour les jours troublés de pluie ou de tempête. Ils ont les mois d'azur et d'été sur leur tête. L'hiver même sur eux verse quelque douceur. Ils évoquent la paix, non le rêve ohsesseur. Au-devant du soleil leurs branches élancées Laissent tomber le rhythme et les fortes pen - Et c'est comme un poème admirable et vivant,

Qui luit dans l'air, ou chance et pleure dans le vent. Ils ne sont pas jaloux ni malfaisants, mais l'ombre Qui descend de leur faîte auguste est toujours sombre; Ce qui n'est que chétif et bas y doit mourir. Ils ne défendent pas aux ronces de fleurir; Qu'elles aillent plus loin se mêler aux fougères ! Leurs durs rameaux font peur aux ailes passagères; Et pourtant on peut voir, comme un rayon léger, Aux fentes de Técorce énorme voltiger, Oublieux de la haie et de la fleur prochaine, Un papillon charmant, le papillon du chêne. Sous un regard du ciel, au souffle de l'été, Cet éclair va baiser cette sérénité :

Tel, malgré lapreté des âmes solitaires, Un sourire flottant sur des lèvres austères.

LA lORKT.

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