II F. S II Y CRO
Avakt que tombe la fraîcheur, Allons dîner au Franc pêcheur } A Saint-Ouen, eu face de l'île.
Les amoureux ne sont pas seuls; On y mange sous les tilleuls, Mais beaucoup plus mal qu'a la ville.
Si ce n'est pas très-distingué, C'est bruyant, variable et gai, D'un goût aimable et peu sévère.
Les arbres ont des écrite i Et l'on voit passer les bateaux. Comme on dit, en vida:.:
La berge n'a pas de sentiers :
Il y fleurit des canotiers Dont parfois le geste inquiète, Quand ils portent leurs avirons.
Leurs chapeaux sont pointus et ronds, Avec les rebords d'une assiette.
Voici les jeux, voici surtout La bascule avec son haut bout D'où l'on découvre un point de vue, Et qui berce les cœurs épris, Et fait pousser de petits cris A la couturière ingénue.
Après le tir aux macarons, Sous les arbres nous dînerons, Et nous boirons avec nos reines Un vin atroce assurément, Sous les yeux du coteau charmant Mais redoutable de Suresnes.
Puis nous chanterons au dessert,
Et l'on dira de ce concert :
t C'est quelque noce de banlieue... •
Tandis que dans le soir d'été
Le cognac mettra la gaîté
De sa flamme tremblante et bleue.
LES BERGES