LA MÈRE
€ Miss Benson, directrice de Chalton Col informe M*"« Armand qu'elle est agréée et la d'être à son service dès le lundi 15 courant.
Noëlle Rogi
^^^l&^a^^l^^Xè^lè^tè^l&^l^^l^
Chant d'hiver.
DONNE-MOI ta main douce et frêle :
L'hiver est un pays d'exil, Le vent gémit au sein des prêles....
Donne-moi ta main douce et frêle Et ce sera l'avril !
Laisse rayonner ton sourire : La brume descend sur mon front, L'onde tarit, la vigne expire....
Laisse rayonner ton sourire, Les rosiers fleuriront !
Que tes yeux pensifs me regardent :
Les flocons sillonnent les airs.
Peuplant la nuit d'ombres hagardes....
Que tes yeux pensifs me regardent, Et le ciel sera clair !
Ecoutons les voix du silence :' La blanche mort frappe le sol Avec le cristal de sa lance....
Ecoutons les voix du silence, J'entends le rossignol !
Isabelle Kaiser.
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Un épisode vaudois de 1798.
A mes enfants et petits-enfants.
»ALGRÉ les recherches faites et les récits parus, on aurait tort de s'imaginer que les épisodes intéressants qui ont amené et suivi la révolution vaudoise|de 1798 et occasionné l'intervention française en notre pays aient été tous racontés.
Il n'en est rien.
Dans nos familles romandes, il est plus d'un souvenir historique qui mériterait d'être écrit.
Or, celui dont je vais fixer ici la relation — et auquel Thiers (dans son Histoire du Consulat et de l'Empire) et les généraux de Ségur, Rapp et Savary (dans leurs Mémoires) ont prêté leur attention — a droit d'autant plus à être une fois fidèlement raconté qu'il l'a été souvent incomplètement ou avec inexactitude. Le souci de la vérité, un sentiment de piété filiale, et les demandes qui, si souvent, m'ont été adressées, me font un devoir d'écrire cet épisode.
Il eut pour théâtre d'abord les rives veveysannes du lac Léman, puis les bords du Nil, et, pour son troisième acte, enfin, l'Allemagne.
En lisant ces pages, plus d'un de mes lecteurs — à propos de cette époque tourmentée que domine la fascinante figure de Bonaparte, — dira peut-être : « En vérité, le vrai souvent ne paraît pas vraisemblable. »
Au moment de faire revivre ce passé centenaire, j'entends tinter à mes oreilles ces vers si touchants de Béranger, aux accents champêtres et mélancoliques :
On parlera de sa gloire.
Sous le chaume, bien longtemps ; L'humble toit, dans cinquante ans, Ne connaîtra plus d'autre histoire.
d'esprit et d'émotion! Pour réussir dans ma narration, j'aurai recours à mes souvenirs, sans doute, mais, bien mieux encore, à des notes, aussi consciencieuses que précises, que son unique fils, mon vénéré père, a laissées à ses descendants, sous la forme de « mémoires » manuscrits très exactement documentés.
Née à Vevey, le 19 février 1780, Susanne Roy n'avait pas vingt ans lorsque les premières armées françaises, libératrices du joug bernois, arrivèrent, fin de janvier, dans les murs de la cité veveysanne, dont la population, émue par la voix et les écrits d'ardents patriotes, marchait à l'avant-garde du mouvement révolutionnaire.
Elevée dans un milieu modeste, notre jeune Veveysanne eut une adolescence laborieuse et qui fut loin de se trouver à l'abri des soucis. Si elle connut la peine, elle connut, en revanche, les avantages d'une santé robuste, unie à un caractère aimable et énergique. Douée de charmes et d'esprit, elle ne tarda pas, au milieu de l'agitation civile et militaire de l'époque, d'attirer l'attention d'un officier français distingué, qui se trouvait à Vevey en garnison passagère. Cet officier, homme de cœur et de bravoure, se nommait Charles Perrot. Il la demanda en mariage.
Qui était cet officier? Charles Pcrrot était né à Besançon, en 1763. Bien jeune, il prit du service. A vingt-neuf ans, nous le voyons capitaine au 17^ bataillon des fédérés; et, en septembre 1792, il est pronfïu chef de bataillon du même corps. Comme tel, et jusqu'en mai 1794, il fait son devoir sur les champs de bataille de Tarmée du Nord, laquelle, sous Dumouriez et autres, se distingua à Jemmapes, à Nerwinde, à Hondschoote, à Wattignies et à Arlon. De 1794 à 1797, il combat bravement sous les drapeaux de Tarmée de Sambre-et-Meuse, dont les campagnes furent illustrées par la victoire de Fleurus, et, le 14 septembre 1796, le président du Directoire, le fameux Barras, signa son brevet de chef du 3*^ bataillon de la 21^ demi-brigade d'infanterie.
Ce fut avec ce grade que, sous Bonaparte, et dès février 1797, il prit part à la seconde campagne d'Italie, et qu'atteint d'un coup de biscaïen, il reçut, à la bataille de Trévise, sa première blessure, qui mit sa vie en danger.
Une fois la campagne d'Italie terminée, Charles Perrot fut appelé à faire partie du fameux corps expéditionnaire qui, sous les ordres du général Ménard — et à l'appel des patriotes vaudois — entra, fin janvier 1798, dans le Pays de Vaud.
La demi-brigade dont faisait partie le jeune chef de bataillon franchit la frontière, près de
Nyon, arriva par la voie du lac à Ouchy, puis, le 28 janvier, débarqua à Vevey, où elle prit son quartier général, en disséminant ses compagnies dans les cantonnements de La Tour-de-Peilz, Blonay, Saint-Légier, dont les archives communales attestent avec détail leurs passages et leurs séjours prolongés.
Ce fut dans ces circonstances que, se trouvant, comme chef de bataillon, en garnison à Vevey, le commandant Perrot fit connaissance de celle dont le souvenir inspire ce récit, et que. Payant demandée en mariage, leur union fut célébrée dans le temple de la Tour-de-Peilz, le 26 février 1798, par le ministère de M. le pasteur Pictet.
Mais le séjour du jeune couple sur les rives du Léman n'allait pas être de bien longue durée. Il s'agissait, en février déjà, de marcher du côté du nord à la rencontre des Bernois. Perrot prit part, le 5 mars 1798, au sanglant combat de la Neueneck et fut blessé, pour la seconde fois, par un coup de feu. Le lendemain, la ville de Berne ouvrait ses portes et le canon annonçait aux Vaudois Taurore de leur indépendance.
A peine Perrot, seulement âgé de trente-cinq ans, était-il remis de sa seconde blessure, reçue pour l'affranchissement du Pays de Vaud, que Tordre lui fut donné de faire partie d'une expédition lointaine et mystérieuse : se joindre, à Toulon, à l'ar-
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mée navale qui devait s'y rassembler, afir gner l'Egypte.
Il faut se souvenir ici qu'après la paix de Formio, il ne restait plus à la France qu'un nemi à combattre : l'Angleterre. Sur la pro de Bonaparte, le Directoire, ne pouvant s une descente armée sur les côtes britanniq cida de faire la conquête de l'Egypte, afin ner le commerce anglais en lui barrant la r< Indes. Dans ce but, un corps expéditioni 36 000 hommes fut constitué et les troupe l'ordre de prendre la mer, à Toulon, le 7 (27 mai) 1798, en utilisant une centaine ments de guerre et près de quatre cents vî de transport.
Défense ayant été faite aux officiers accompagnés de leurs femmes, durant le c cette campagne sur terre d'Afrique, Susan rot vit son ciel se voiler. Comment se rés rester au pays? Comment s'y prendre j point se quitter? Aussi prompte que coui elle n'hésita pas longtemps. Elle accom] son mari. Dans ce but, pour n'être pas re et n'avoir pas d'ennuis, elle revêtit un u d'officier à la suite, qui lui allait à ravii partit pour Toulon.
Tant de hardiesse aurait-elle un jour sa pense? C'est ce que l'avenir nous apprend
En voyage, jusqu'au port méditerranéen, les choses suivirent leur cours sans difficultés.... Mais, lorsque viendra le moment de s'embarquer et de passer au contrôle, en sera-t-il de même? On conçoit aisément Tanxiété de Perrot et les appréhensions de sa jeune et courageuse compagne.
Pour les comprendre mieux encore, il faut se représenter cette scène du départ et l'agitation fiévreuse, qui, à Toulon, s'empara de tous les esprits lorsque retentit la proclamation de Bonaparte :
« Soldats! vous avez fait la guerre de montagne, de plaine, de siège ; il vous reste à faire la guerre maritime. Les légions romaines — que vous avez quelquefois imitées, mais pas encore égalées — combattaient Carthage tour à tour sur cette mer et aux plaines de Zama. La victoire ne les abandonna jamais, parce que constamment elles furent braves, patientes à supporter la fatigue, disciplinées et unies entre elles. Le génie de la liberté, qui a rendu, dès sa naissance, la République l'arbitre de l'Europe, veut qu'elle le soit des mers et des nations les plus lointaines. >
L'heure du départ va sonner. Le canon des vaisseaux répond au salut des forts. Une foule innombrable couvre le rivage et contemple avec émotion cette flotte et cette armée. Que vont-elles
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devenir ? Pourront-elles ravitailler à Malte ? Pourront-elles atteindre l'Egypte sans être attaquées par Nelson et ses vaisseaux ? Le débarquement sera-t-il possible?
A un signal parti du vaisseau amiral, les navires s'ébranlent. UOrienty qui porte Bonaparte, sort de la rade aux acclamations de la foule et prend majestueux sa course en pleine mer.
Au milieu de Tenthousiasme général et de ces départs guerriers, que va devenir le jeune couple que nous avons suivi de Vevey jusque sur ces rivages? Celle qui a dit adieu à son lac et à ses Alpes, qui voit la mer pour la première fois et qui vient d'entendre la proclamation vibrante du général en chef se sent atteinte d'une émotion bien compréhensible. Elle se demande ce qu'il va advenir de son sort. Mais c'est surtout au moment de monter à bord à son tour que les battements de son cœur redoublent.... O surprise! nul ne l'arrête. Il était écrit qu'elle verrait l'Egypte et ses pyramides et que rien ne s'opposerait à ce qu'elle fit cette campagne mémorable. Avec « la fortune qui sourit aux audacieux, » elle monta sans encombre sur un vaisseau ; elle y prit sa place, et même, lorsqu'après quelques jours de traversée on reconnut qui elle était et qu'on l'entendit raconter son mariage sur terre helvétique et avouer sa fidèle audace, nul ne songea à lui
susciter d*ennuis ; bien mieux, elle fut félicitée pour son courage.
Le lecteur peut se représenter ce que dut être cette longue traversée de six semaines, de Toulon à Alexandrie, et quelles durent être les impressions qui vinrent assaillir, puissantes et nouvelles, l'esprit de celle qui, pendant de longs jours, allait, au milieu de divers périls, voguer si loin de son pays, parcourir des déserts arides, et, sous les drapeaux de la République française, saluer l'antique terre des Pharaons.
Grâce à sa santé robuste, Susanne Perrot eut le bonheur, durant ce long trajet maritime, de n'être jamais atteinte du mal de mer dont eurent cruellement à souffrir plusieurs des intrépides généraux et soldats de l'armée d'Italie.
Partie les derniers jours de mai, ce fut au commencement de juillet que l'armée française se trouva tout entière sur terre égyptienne et aux portes d'Alexandrie, qui fut lestement prise d'assaut.
« Il me serait bien difficile de rendre ce que j'éprouvai en abordant dans cette ville, — écrit un des membres de la « Commission d'Egypte, > compagnon d'expédition de Charles et Susanne
Penrot*. Il n'y avait là personne pour r voir ou nous empêcher de descendre; pouvions-nous déterminer quelques n accroupis sur leurs talons, à nous in quartier général. Les maisons étaient Tout ce qui n'avait pas osé combattre et tout ce qui n'avait pas été tué dans 1 la ville se cachait de crainte de l'être seh oriental. Tout était nouveau pour nos se le sol, la forme des édifices, les figure tume et le langage des habitants. L< tableau qui se présenta à nos regards Ai cimetière, couvert d'innombrables tom niarbre blanc sur un sol blanc. Quelque maigres et couvertes de longs habits dé< semblaient à des larves qui erraient ] monuments. Le silence n'était interre par le sifflement des milans qui planaie sanctuaire de mort. Nous passâmes de le rues étroites et désertes, où la gaieté de n'était rappelée que par le bruit des m( où des chiens maigres et sombres errai chant leur nourriture. >
Le 2 juillet, Alexandrie se rendit; et, ( le 6, l'armée se mit en marche du côté
Desaix marche à l'avant-garde. Et v< sert qui s'ouvre, aride, grandiose sous î
^ Denon, Vers VEgypie,
FOVEK ROMAND XV
fauve, brûlant sous un ciel de feu. « Les soldats sont effrayés en apercevant ces plaines immenses, véritables mers de sable sans borne et sans horizon, eux qui viennent de combattre dans les plaines fertiles de Tltalie et de T Allemagne. Une morne stupeur se répand dans les rangs : point d'eau pour étancher la soif! point d'arbres pour se reposer à Tabri du soleil! Un sable mouvant brûle cruellement les pieds, malgré l'épaisseur des semelles. Un soleil torride darde ses rayons sur les têtes, et, tombant d'aplomb sur les baïonnettes, reflète une lumière insupportable. Un vent chaud et lourd, comme le simoun, soulève des tourbillons de sable. Celui-ci,, fin comme l'air, aveugle les yeux. Quelques poteaux, posés de distance en distance, indiquent la route aux caravanes. A peine trouve-t-on deux ou trois misérables villages dans cette plaine de trente lieues d'étendue. De temps en temps, on aperçoit au loin, et sur les derrières de l'armée, quelques troupes de Bédouins nomades, qui suivent les colonnes comme des oiseaux de proie, pour surprendre et égorger les traînards, et qui disparaissent ensuite avec une étonnante rapidité. »
Non moins alertes sont les mamelouks, ces célèbres cavaliers qui disputent le passage à l'armée française et auxquels il faut livrer bataille le 12 juillet, près de Rhamanid, et, le lendemain.
à Chébreisse. Les chocs sont terribles. Mais ce qui est plus pénible encore que les assauts des mamelouks, c'est cette marche haletante au travers du désert, accompagnée d'un manque d'eau d'autant plus sensible que les phénomènes du mirage semblent constamment en promettre aux soldats harassés.
Susanne Perrot, qui s'avance montée sur un dromadaire, au milieu du bataillon carré commandé par son mari, serait morte infailliblement si elle n'eût été accoutumée de bonne heure à la fatigue. Les braves soldats rivalisent entre eux pour lui procurer quelques rafraîchissements. S'il leur arrive de trouver quelques fruits, on leur entend dire : « Ce sera pour la brave commandante ! »
Un jour cependant elle perdit connaissance et sembla près d'expirer. On aperçut alors une femme arabe qui portait un baril d'une liqueur réconfortante et l'on se hâta d'en acheter à tout prix pour lui en faire goûter. Elle reprit ses sens ; mais la vie était déjà si près de s'éteindre qu'elle crut n'avoir bu que de l'eau. Une autre fois (c'était quelques jours avant la bataille des Pyramides), elle dormait couchée sur le sable du désert. Bonaparte étant venu à passer, la vit et ne put s'empêcher de dire à ses officiers :
— Voilà une petite femme qui dort bien !
lOO AU FOYER ROMAND
Son mari se hâta de la réveiller afin qu'elle saluât le général en chef.
Ce fut le 21 juillet 1798 qu'eut lieu, comme on sait, la célèbre bataille des Pyramides. Susanne Perrot, toujours au milieu du bataillon carré, fut témoin des charges furibondes et désespérées des mamelouks, comme de la valeur non moins brillante, mais plus mesurée des Français, laquelle leur assura bientôt la victoire. Mourad-bey et les débris de ses escadrons s'étant retirés en désordre vers la Haute-Egypte, le Caire ouvrit ses portes, le 25 juillet, et l'armée put se reposer de ses longues fatigues.
Mais ce repos ne fut pas de longue durée. Il fut bientôt troublé soit par la nouvelle de la terrible bataille navale d'Aboukir, gagnée par les Anglais, soit par de nouveaux combats à livrer pour achever la conquête de l'Egypte, soit enfin par l'insurrection du Grand-Caire et surtout par la mci:rtrière campagne de Syrie (février et juin 1799).
Au milieu de ces événements, le commandant Charles Perrot avait dû se rendre à Damiette, ancienne cité située près des bouches du Nil et que jadis saint Louis, fait prisonnier à Mansourah ^en 1249), avait dû rendre aux Sarrasins pour sa rançon. Comme chef de bataillon de la seconde brigade d'infanterie légère, Perrot reçut alors un certificat duquel je détache cette phrase : « En
même où celui-ci accomplissait sa trentième année. Cette permission fut sans effet pour celui qui en était Tobjet. Perrot vit le futur empereur quitter TEgypte, peu après, avec les généraux Marmont et Murât. Quant à lui, du Caire il ne put se rendre qu'à Alexandrie. Ce fut dans cette dernière ville qu'il reçut, outre les soins de sa courageuse compagne, ceux d'un médecin de l'armée, homme aussi habile que dévoué, lequel lui prodigua toutes les ressources de son savoir, mais qui, hélas ! eut la douleur de le voir expirer, à l'âge de trente-six ans, laissant après lui une veuve, de laquelle, avec autant de noblesse que de bonté, il devint l'ami et le protecteur.
Ce docteur écait médecin-major dans l'armée de Bonaparte. Il se nommait Vincent Ceresole, né en 1772 à Monticelli, en Piémont, d'un père médecin comme lui. Dès sa jeunesse et pendant ses études, en Italie, — sous l'influence des idées de 89, — il s'était épris pour la liberté, ainsi que d'une fervente admiration pour les Français accourus pour délivrer l'Italie du joug du despotisme. Aussi s'était-il empressé de se ranger de bonne heure sous les drapeaux des armées de la République. Là, son zèle et ses talents ayant été hautement appréciés par l'inspecteur en chef des hôpi-
taux de Tarmée des Alpes, il reçut de celui-ci, le 7 juillet 1795, son brevet de médecin ordinaire ^.
En pratiquant son art durant la campagne d'Italie, le jeune chirurgien eut l'occasion de se trouver à une sérieuse école d'instruction, tantôt dans les ambulances, tantôt sur les champs de bataille de la Lombardie. Plus tard, chargé par Desgenettes, médecin en chef de l'armée, de s'associer à une expédition scientifique sur les bords du Nil, nous le voyons, en 1798, prendre part à la campagne d'Egypte, à l'âge de vingt-six ans. Ayant été un des premiers à communiquer ses observations médicales, recueillies entre le Caire et Siout, Desgenettes fit paraître un extrait de ce mémoire 2 dans un bulletin officiel.
L'année suivante, en 1799, nous voyons Vincent Ceresole à Alexandrie, fonctionnant à l'hôpital militaire comme médecin de première classe.
Ce fut dans ces circonstances qu'il fit la rencontre du commandant Perrot, qu'il entoura de ses soins, et qu'il fit connaissance de celle que nous avons laissée dans un deuil douloureux, et que, plus tard, il épousa, à Alexandrie même, avec toutes les formalités prescrites par la loi.
Le contrat de mariage du 23 brumaire (no-
^ Daté de Nice, messidor an III.
2 Voir la Décade égyptienne, tome I, p. 109-116.
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vembre) de l'an VIII (1799) se termine par ces mots : < Les deux époux appellent en témoignage l'Etre suprême et les hommes et ils demandent la sanction exigée des autorités constituées. » La pièce fut signée par l'adjudant général Jullien et par le général Junot, plus tard duc d'Abrantès.
Ayant le privilège d'avoir un foyer, le jeune docteur, qui appréciait la société des gens instruits, se fit un plaisir de recevoir chez lui et de voir s'asseoir à sa table Bertrand, Sorbier, L'homond (chef du bataillon des aérostiers), Con^é^ de l'Institut d'Egypte, et bien d'autres. A son amour pour la science, il continuait à joindre une passion toujours plus vive pour la liberté et la réalisation des grands principes de la révolution française. C'est pour ces motifs qu'il se lia d'une affection spéciale avec un ardent républicain, le général Kléber, successeur de Bonaparte dans le commandement en chef de l'armée, lequel, en 1800, tomba, au Caire, sous le poignard d'un assassin.
Durant cette dure campagne d'Egypte, la tâche des médecins était énorme, appelés à soigner les cas de peste, de blessure, de fièvre ou de dysenterie. Quoique souvent brisé de fatigue, le dévoué docteur s'oubliait absolument dans l'accomplissement de sa noble mission, fort heureusement secondé par le bon sens et l'activité de sa com-
I J Wg^ Jl^tU ' ' '*'-'*
pagne. Arrivait-il qu'un de ses nombreux malade ancien soldat d'Italie, vint à succomber? il en éU affligé jusqu'aux larmes.... Ce fut précisément i de ces braves — auquel il avait donné le pi d'attention — qui devint l'occasion de la terrih maladie contagieuse qui l'enleva à son tour.
Ce militaire — qu'il avait guéri du scorbut auquel il avait permis, lors de sa convalescenc de faire en ville quelques sorties — alla se pr mener un jour sur une des parties du port d'Alexa drie, où, sans le savoir, il toucha des objets infc tés de la peste. Il n'en fallut pas davantage po qu'il en prît le germe et pour qu'il communiqu à son médecin la dangereuse contagion. Celui-< peu après, en ressentit distinctement les inqui tants symptômes, et, en se rendant, un soir, av sa femme, à une invitation d'officiers, il dit celle-ci :
— Mon amie, je prends la peste!
Celle qui était prévenue ainsi ne fut pas, he reusement, atteinte par le fléau. Elle profita d'à tant plus des forces et de la santé qui lui étaie conservées pour se consacrer sans relâche à s( mari. Pendant neuf jours surtout, la lutte fut te rible, et ce furent des scènes poignantes qui pr cédèrent les derniers accès et l'heure fatale du d part. Celui-ci eut lieu le 3 juillet 1800.
L'épouse du docteur dévoué — qui venait <
tomber ainsi, au poste du devoir, en soignant ses pestiférés — se trouvait donc, après deux ans de séjour en Egypte, et, âgée seulement de vingt ans et demi, veuve pour la seconde fois.
Le secrétaire du docteur, ainsi que le domestique de la maison succombèrent également du même mal. On se hâta, après avoir détruit leurs effets, de leur rendre les derniers devoirs. Les trois furent inhumés côte à côte.
En ces circonstances, la jeune veuve dut subir une quarantaine. La maison destinée à cet effet était située non loin d'Alexandrie, à peu de distance du cimetière, où elle pouvait apercevoir les tombes de ses deux maris. Les personnes qui lui apportaient de la nourriture la lui tendaient à l'aide d'une perche, puis se tenaient à distance pour s'entretenir avec elle.
La quarantaine terminée, elle alla occuper de nouveau son logement en ville, sur le port Neuf, dans une maison si voisine de la mer que, dans les jours de tempête, les vagues y jetaient leur écume.
Ce fut en ce lieu que vint au monde, le 24 janvier 1801, son seul fils, Auguste, — mon père, — plus tard pasteur dans le canton de Vaudi.
* Son acte de naissance fut rédigé, — dit la pièce officielle, — « en présence des citoyens Ch. Danthouard, chef
f^eiîo^v^^:^-^'
Dès lors que se passa-t-il ? Depuis Tassassinat de Kléber, la situation de Parmée devint fort critique, surtout par le fait d'un grand relâchement dans la discipline. Aussi, fbrsque les troupes anglaises arrivèrent en Egypte (le 8 mars 1801), les Français ne tardèrent-ils point à essuyer de grands revers. Le Caire tomba au pouvoir des assaillants, et, le 31 août, Alexandrie, minée par la famine, ouvrit ses portes.
Pendant ce temps, le premier consul, qui, de retour en Europe, avait dans les plaines lombardes remporté la victoire de Marengo (14 juin 1800 *) et avait conclu la paix avec PAutriche (8 janvier 1801), inspirait de plus en plus le respect aux Anglais. Ceux-ci donc consentirent à ramener Tarmée française d'Orient sur leur propre flotte, celle de la France ayant été anéantie trois ans auparavant, à Aboukir, par l'amiral Nelson. Cette convention, singulièrement humiliante pour les vainqueurs des Pyramides, fut signée à Alexandrie, le 2 septembre 1801. En outre, il advint que, mal-
de brigade et directeur d'artillerie, Guillaume Dode, chef de ba^illon (et plus tard maréchal de France), Kergu, payeur du génie, et Auguste Sorbier, chef de brigade du génie. » Ce dernier fut son parrain.
2 Jour même de l'assassinat de Kléber.
Io8 AU FOYER ROMAND
gré le vœu des Anglais, les savants, qui avaient accompagné Bonaparte en Egypte, eurent le privilège de conserver les manuscrits recueillis et les collections amassées; de telle sorte que l'expédition mystérieuse des bords du Nil, fatale au point de vue de la guerre, n^ fut profitable qu'au point de vue de la science.
Quant à celle que nous avons vue quitter Vevcy au printemps de Tannée 1798, et quant à son fils, ils furent reçus, avec les officiers Dode et Sorbier, à bord d'un navire anglais. Le retour en Europe, comme le départ, ne se fit pas sans difficulté. En abordant à Marseille, il fallut descendre du vaisseau de haut bord par un escalier de cordes. L'enfant échappa des bras de celle qui en avait la garde et, de degré en degré, le long de cette échelle flexible, arriva le visage tourné sur le sable. La mère, tremblante d'émotion, craignit de relever son enfant inanimé. Il n'en fut rien. Quand elle eut serré son fils entre ses bras, celui-ci la regarda d'un si beau sourire qu'on y vit un doux présage : « La terre d'Europe lui sera bienveillante! » •
L'enfant et sa mère séjournèrent à Marseille jusqu'à la mi-décembre ; puis, faisant route du côté de la terre vaudoise, — où tant d'événements graves s'étaient aussi accomplis, — ils arrivèrent à Vevey,
son enfant, remis aux soins de parents dévoués.
La place qui lui fut oflferte fut celle de dame de compagnie chez M"* d'Ermannsdorf, épouse du grand veneur du royaume de Saxe, demeurant à Wittemberg. Ce fut dans Tété de Tannée 1806 qu'elle se rendit, non sans peine, à ce nouveau poste. •
Elle ne s'y trouvait que depuis deux mois, lorsqu'éclata la guerre entre Napoléon (devenu empereur le 2 décembre 1804) et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III.
La jeune dame de compagnie vit d'abord passer dans les salons de la société wittembergeoise les officiers prussiens se dirigeant vers le sudouest et lui demandant ses commissions pour Paris. Ceux-ci ne doutaient pas qu'eux, les successeurs des soldats du grand Frédéric, ne vainquissent celui qui, à toutes ses victoires, avait joint, l'année précédente, celle d'Ulm et celle d'Austerlitz (2 décembre 1805). Mais cette campagne, rêvée si glorieuse, s'ouvrit pour eux par un effroyable coup de tonnerre.
Napoléon, parti de Paris le 25 septembre 1806, remportait, le 14 octobre, à léna, une éclatante victoire. Dix jours après, poursuivant les débris de l'armée vaincue, il se trouvait à Wittemberg.
La famille d'Ermannsdorf demeurait, à ce moment de l'année, dans une maison isolée, à une pe-
' ïyw."^
tite distance de la ville, du côté de Potsdam. On s^attendait chaque jour à voir passer l'état-major de Tarmée victorieuse. Aussi, le 24 octobre 1806, pendant qu'un violent orage éclatait sur la contrée, entendit-on tout à coup le bruit de nombreux cavaliers se pressant autour de la maison, afin d'y chercher un abri. Hâtivement, la jeune dame de compagnie entr'ouvrit la fenêtre du salon, et, reconnaissant l'empereur dans sa capote grise et sous son bicorne noir, dit à haute voix à M. d'Ermannsdorf.
— Monsieur, si vous voulez voir le général Bonaparte (elle avait continué, depuis la campagne d'Egypte, à le désigner ainsi), le voici, avec son état-major.
Napoléon s'entendit nommer, à sa très grande surprise ; puis, voyant que l'orage redoublait ses averses, il donna l'ordre de descendre de cheval et de demander l'hospitalité dans cette demeure.
Celle qui avait si sûrement reconnu Bonaparte s'élança alors vers la porte, ayant peine à dissimuler son- émotion et sa joie.
— Voici — dit l'empereur, en franchissant le seuil — une petite femme qui parle bien français!...
Monté au salon, pendant que sa suite remplissait salles et vestibules, il profite de la présence du grand veneur pour le questionner sur les res-
sources forestières de la Saxe, puis il se retourne vers la fenêtre pour considérer le temps.
A ce moment, celle qui avait conservé des officiers d'Egypte un si respectueux souvenir, voyant la maison remplie de soldats aux grades élevés, se prit à dire à haute voix :
— Le général Bertrand serait-il ici ?
— Vous le connaissez, madame ? lui dit l'empereur.
— Oui, général.... Que j'aimerais le revoir!
— Mais où donc l'avez-vous connu ?
— En Egypte.
— En Egypte ?
— Oui, général.
Et Napoléon, fort surpris, répéta :
— En Egypte !
Alors il arrêta pendant un moment sur son interlocutrice, âgée de vingt-sept ans, un de ces regards profonds, fait de recherches et de souvenirs ; puis, il en reçut, sans hésitation, la même simple réponse :
— Oui, général, en Egypte!
— Qu'on appelle Bertrand, dit l'empereur.
Et Bertrand — le noble guerrier et le cœur fidèle, l'ami de jadis de mon grand-père — arrive, se présente et reconnaît la jeune veuve à l'instant. Alors Napoléon de sourire, de se lever de son fauteuil,
troyé un peu précipitamment une grâce aussi considérable, demanda quelques détails sur les antécédents de celle qu'il rencontrait si fortuitement sur la route de Potsdam.
Le général Savary, qui avait connu en Egypte MM. les officiers Perrot et Ceresole, renseigna très nettement Tempercur sur les circonstances régulières de leurs mariages ; et, de son côté, la jeune veuve, pour dissiper toute équivoque, s'empressa d'aller quérir ses papiers.
— J'entends, dit Napoléon, que cette affaire soit réglée à l'instant, et, dans ce but, il serait bon de prendre des notes.
Le général Bertrand, pour obtempérer à ce désir, se hâta de faire un extrait de ces divers papiers.
— Maintenant, madame, veuillez signer, dit l'empereur.
Alors il regarde par-dessus une de ses épaules, et Bertrand par-dessus l'autre. L'émotion de la jeune veuve redouble ; et, au travers des larmes de joie qui inondent ses yeux, elle peut à peine former sa signature.
Sur ces entrefaites, le cid s'est éclairci, le gros de l'orage est passé, les grondements du tonnerre s'éloignent et Napoléon ordonne de remonter à cheval.
— C est la première fois, dit-il en partant, que
lendemain, étant à Potsdam, où Napoléon le décret, Bertrand eut la bonté d'en donimédiatement avis à l'intéressée par la lettre te :
Potsdam, 25 octobre 1806.
« Madame,
a Majesté vous a accordé une pension de francs. Le décret est signé. Elle m'a fait eur de me dire qu'elle placerait votre fils lin lycée, quand il aurait l'âge.... Voilà votre sort assuré et celui de votre fils. Je n félicite. »
sous forme de post-scriptum, le général
'empereur a trouvé votre rencontre si sinî qu'il en a fait un article dans le Bulletin, le, vous vous trouverez dans un « Bulletin grande armée. »
s le même temps, — soit le 19 noc 1806, — Jean de Muller, notre historien al, avait aussi à Berlin une entrevue avec qui faisait trembler l'Europe. Il n'est pas ntérêt de citer ici ce qu'il écrivit après vu et très judicieusement observé :
; dois déclarer que la variété de ses conices, la finesse de ses observations, sa haute
raison (non les éclairs de Tesprit), sa vaste intelli gencc m'ont rempli d'admiration, tout comme s? manière de s'entretenir avec moi m'a inspiré de l'affection. Depuis mon audience auprès de Fré déric, en 1782, je n'eus jamais un entretien pluî varié, du moins avec un prince. Si ma mémoire n'égare pas mon jugement, l'empereur l'emporte par la profondeur et l'étendue des idées. Le sor de sa voix est remarquable par la fermeté, pai l'énergie ; mais sa bouche a une grâce captivante comme celle de Frédéric. Ce jour a été un dcf plus mémorables de ma vie. Par son génie et sj bonté, sans affectation, il a aussi fait ma conquête. >
Ce fut aussi l'impression reçue par celle doni je viens d'essayer, en traits rapides, de racontei les aventures. Pour elle, le 24 octobre fut plus tard, chaque année jusqu'au soir de sa vie, une date éclairée de récits et de souvenirs, un anniversaire toujours pieusement célébré.
Les journaux de l'époque, les dessinateurs, les fabricants d'estampes firent entrer, cela va sans dire, cet épisode dans leurs récits et leurs gravures. Celles-ci abondèrent. Six différentes me sont tombées sous les yeux et sont encore en bon état. La dernière, et la plus grande, dont je fis l'acqui sition, me fut cédée durant la guerre franco^alle*
de 1870. Me trouvant comme capitaineier dans le Jura bernois, pendant Toccupaîs frontières, je logeai durant une dizaine rs, avec Tétat-major, à Thôtel du Cheval-
à Porrentruy. Le vaste vestibule de cette 1 était orné de fort belles gravures encaeprésentant quelques-unes des scènes prin-
de Tépopée napoléonienne.
\ le titre de Napoléon en Prusse^ je ne pas à découvrir la scène de Pentrevue de iberg. Quand vint l'heure du départ, je dei à l'hôtelier, fort aimable, s'il consentirait, tre de souvenir de l'excellent accueil reçu, e vendre un de ces tableaux ; et je lui monms lui en dire les motifs, celui dont j'avais
^'est bien à votre service, me dit-il, mon- 'aumônier. Pour peu que cela vous fasse , décrochez-en un.... Tenez, à votre place, \ prendrais cette splendide charge de cava- I!'est Eylau.
îh bien, non! je ne sais pas que vous dire, its varient. Moi je préfère cette scène plus e.
^0% monsieur l'aumônier ! heureux que je le ce souvenir de ma maison puisse vous yréable. Je vais vous décrocher cette gra- Elle est à vous pour deux francs.
— Les voici ! Je vous remercie. V^oiis ^ me vendre le portrait,... vous ne savez qui ?
— De l'empereur, parbleu !
— Et de ma grand'mère !
— Pas possible !
Etonnement de rhôtelicr.... Il fallut It ter rhistoire K
Et maintenant, achevons les lignes pri de ce récit.
Le 28 août 1807, celle que la Provider si extraordinairement protégée rentrait à heureuse de serrer entre ses bras son fil sept ans et demi.
Celui-ci, après avoir suivi Técole Ta Vevey, fut envoyé ensuite au célèbre d'Yverdon dirigé par Pestalozzi, dont :
toute sa vie le plus respectueux souveni conformément à la bienveillance impé entra au Prytanéc^ lycée militaire frança Flèche, qui était alors l'Ecole de Saint-
^ C'est cette gravure que la phototypie a essa produire, en la diminuant beaucoup dans ses pr< hiutile d'ajouter que l'enfant que l'artiste y a repr devrait pas y figurer.
futurs officiers. Survint, en 1815, la chute de Tempire. Quelque temps après, les portes de l'Académie de Lausanne s'ouvrirent pour lui, et, en l'année 1825, il reçut, en la cathédrale de Lausanne, sa* consécration au saint ministère. Après une activité pastorale de tout dévouement, exercée à Francfort, à Friederichsdorf, à l'Abbaye du lac de Joux, à Moudon, nous trouvons Auguste Ceresole à Lausanne enfin, comme professeur. Vevey, dont il avait acquis la bourgeoisie en 1822, vit ses dernières années; et, le 14 février 1870, sa dépouille mortelle, pieusement accompagnée par ses sept fils et un nombreux cortège, était déposée dans le beau cimetière de Saint-Martin.
Quant à sa mère vénérée, — celle qui, sur les bords du Nil et plus tard, lui avait sans relâche prodigué les soins de sa maternelle tendresse, — après avoir vécu dans le canton de Vaud et reçu annuellement, et à travers tous les régimes, jusqu'en 1852 (année de sa mort) la pension qui lui avait été allouée par l'empereur, elle eut sa tombe simple, paisible et ombragée sous les ormeaux du cimetière de La Sallaz, sur Lausanne.
Lorsque, — au printemps de chaque année, — vient à sonner (le 21 avril) l'anniversaire de son départ, je la revois encore assise dans son fauteuil,
ayant près d'elle ses petits-enfants; et le refrain du poète cité au début de ce récit tinte à mon oreille avec un accent toujours plus lointain :
« Parlez-nous de lui, grand'mërc.
Parlez-nous de lui. »
Cure de Blonay, juillet 1900.
Alfred Ceresole.
mm^^^é^^m?^^
Saisons du cœur.
MA pensée est un jardin Aux floraisons passagères ; Au temps des brises légères, Il s'épanouit soudain ;
Mais que le vent d'août apporte Les poussières de l'été, Mon pauvre clos dévasté N'est plus qu'une lande morte.
Un jour refleurira-t-il > Hélas! comment le saurais-je?
Fleurs d'avril ou fleurs de neige ?
Fleurs de neige ou fleurs d'avril ?
Henri Warnery.