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— Eh bien! allez, je chanterai avec tous.
— Welîl Voilà qui va être superbe; commencez. » Je repris la guitare, préludai brièvement et avais
à peine entonné le chant que Turnerstick attaqua d'une voix telle que les mâts pouvaient vraiment craquer» Il n'avait pas 1* oreille musicienne et chantait faux ; il hurlait les paroles et termina au milieu des acclamations frénétiques , aussi discordantes que son chant.
Sous l'effort il était devenu rouge comme une écrevisse, mais ses yeux brillaient de plaisir, et il s'écria ravi :
« Mille tonnerres! voilà ce qui s'appelle chanter, n'est-ce pas, Charley?
— Assurément.
— Voulez-vous que nous recommencions?
— C'est assez, capitaine, l'homme ne doit pas gaspiller ses dons.
— Bien parlé, ces gens savent maintenant à qui ils ont affaire. Il faut garder ce fameux chant pour une autre fois afin d'apprendre un jour encore à d'autres commentée capitaine Frick Turnerstick lance le Yankee doodle. »
Je rendis les instruments au bonze :
ce Crois -tu maintenant que les chrétiens savent faire de la musique?
— Ta musique est beaucoup plus belle et beaucoup plus difficile que la nôtre, mais n'avais -tu vraiment jamais joué de cet instrument?
— Jamais; seulement nous avons dans notre pays
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des instruments qui; lui ressemblent beaucoup, et c'est pourquoi j'ai pu en jouer.
— Ne me disais-tu pas que tu étais Anglais ?
— Non, je suis Français.
— : C'est heureux, car nous détestons les Anglais qui ont détruit nos villes à coups de canon pour nous forcer à les rendre riches en leur achetant le poison de l'opium . Vous voulez aller à Kouang-Tschéou-Fôu ?
— ■ Oui, nous n'avons débarqué que pour visiter la pagode avec ta permission. Veux-tu accepter de notis un hom-tseha?
- — Je suis pauvre et vis des aumônes de ceux qui sont compatissants, ton kom-tscha sera le bienvenu. » . Naturellement, Turnerstiek n'avait pas compris un mot de ce dialogue ; mais quand il me vit mettre la main à la poche, il devina de quoi nous parlions :
« Halte, Charley ! vous voulez donner un pourboire au bonhomme?
— Oui.
— - Laissez -moi faire, Charley, je n'ai pas grimpé aussi haut que vous dans la tour, mais c'est grâce à son instrument que j'ai entendu votre musique et je veux le lui payer. »
Il tira sa grande bourse et, se tournant vers le bonze, il le harangua de nouveau dans la langue de son invention en lui remettant deux dollars. Le vieillard eut Pair très surpris. Vu ses besoins et les prix du pays, deux dollars étaient une petite fortune. Il lui fut impossible de contenir sa joie à la vue d'un si riche cadeau; il courut vers les Chinois présents, leur
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montra les deux pièces et Joua , dans les termes les plus élogieux, la générosité des étrangers. Puis me saisissant par la main et m'attirant à l'écart :
«Tu veux aller à Kouang-tschéou-fou, me permets-tu de te donner un conseil puisque tu as été si bon pour nous?
— Volontiers,
— Je te prie de ne répéter à personne ce que je vais te dire : garde-toi des loung-yin et des kou-angti-miâo. »
Je fus très frappé par cet avertissement , qui était le mot à mot de celui que j'avais entendu de la bouche de Kong-ni. Et je lui en demandai le pourquoi.
« Je n'ai pas la permission de le dire. N'as-tu pas entendu dire que les loung-yin aiment à faire les étrangers prisonniers pour obtenir une rançon?
— Je le sais. Avant-hier justement la femme d'un marchand portugais a disparu à Macao et, selon toutes prévisions, elle a été faite prisonnière par les hommes du dragon ; mais je n'ai pas peur d'eux.
— Tu ne les connais pas , sans quoi tu aurais peur. Il n'est rien de pire que de tomber entre leurs mains et de les mettre en colère. Si j'en avais le pouvoir, je te donnerais un talisman pour te préserver d'eux?
— Existe-t-il un talisman semblable?
— Oui.
— L'as-tu vu?
— J'ai moi-même;... oui, je l'ai vu.
— Gomment est-il?
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