IV
j'irai tout de même ! Àvez-vous peur de ces bons- S § ? hommes à queue ?
Sp — Vous savez foit bien si îe suis de nature à avoir
||^ ' peur; mais réfléchissez un peu, premièrement que
^W nous sommes dans un pays étranger qui a des cou-
tumes particulières , deuxièmement que ce plusieurs chiens sont cause de la mort du lièvre » , comme je vous l'ai déjà dit. Que deviendrait notre cher Wind si le capitaine Frick Turnerstick était tué ici dans quelque repaire de bandits. )> La pensée du bateau opéra.
<c C'est vrai, Charley; que comptez- vous donc faire, en ce cas?
— Je ne sais pas pour le moment. Jusqu'à minuit nous avons le temps de décider ce que nous ferons ou ferons faire.
— Il n'y a pas à hésiter. Premièrement : ces brigands nous ont attaqués, ils doivent être punis; secondement : c'est un devoir pour tout homme de pro-
|f|; téger le monde contre ces vauriens.
— Très juste, capitaine. Mais pour ce qui est de l'attaque, nous la leur avons payée avec intérêt à l'aide de nos rames ; et quant à l'autre point, il a son bon et son mauvais côté. Que nous importe la Chine î Pourquoi risquer nos deux vies à vouloir anéantir une bande de coquins qui semble être bien vue de ces bons Chinois. Si nous nous adressons au consul, il hausse les épaules, il na pas de pouvoir pour s'immiscer dans les affaires du royaume et n'inter-
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vient que si les représentants de son gouvernement sont lésés dans leurs droits, et encore ici ses efforts sont vains le plus souvent. Si nous nous adressons à un mandarin,, nous pouvons nous attendre à ce qu'il fasse partie des Loung-yin, et nous traite en conséquence.
- — Tout cela est très juste , mais quelle joie c'eût été pour moi de mettre un récif dans la traversée de la bande !
— Je serais de cet avis si nous pouvions le faire sans courir de trop grands risques.
— Well! nous y réfléchirons encore. Que faisonsnous maintenant?
— Nous allons visiter la ville, mais seulement l'extérieur, car l'accès de l'intérieur est formellement interdit aux étrangers.
— Alors nous ne pourrons pas y pénétrer?
— En réalité non, mais nous A^errons s'il n'y a pas moyen d'y arriver et d'entrer, dans ce cas, si la police ne nous inquiète pas toutefois, en contact avec sa charmante population. »
Nous partîmes bras dessus, bras dessous. Quand on estime le nombre des sampans dans les eaux de Canton à soixante mille, on n'exagère nullement. Il y en avait tellement qu'ils ressemblaient à des lentilles d'eau recouvrant les fleuves, les étangs et les canaux. Les rues que nous traversions étaient fort étroites, et les passants les parcouraient au trot tandis que les nombreux portefaix poussaient des « ohé! ohé! » retentissants pour faire garer les gens à leur
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approche. De même que dans les bazars musulmans ,, les différents corps de métiers étaient réunis dans des rues et ruelles spéciales afin d'exciter la concurrence des marchands et la convoitise des acheteurs.
|l|v Turnerstick s'arrêta devant un marchand de
Ife -::, v . volailles,
ce Quels sont ces oiseaux, Charley?
— Des bécasses et des hérons.
— - Bien présentés vraiment ; cela donne de l'appétit. II nous faut chercher un restaurant pour y déguster quelque chose.
ISte — J'en suis!
— Vous êtes naturellement mon invité.
— Je ne veux pas vous contrarier par un refus. Mais comment allons-nous manger, à bon marché ou comme de riches Chinois?
— Riches, riches, cela s'entend. Vous commanderez, mais pas des hérissons rôtis, des vers de terre farcis, ni du ragoût de hannetons et autres mets auxquels les Chinois sont accoutumés.
— Ne craignez rien , capitaine , ceci est une fable ; seule la préparation de leurs mets est différente de la nôtre.
— Je l'ai pourtant lu.
— Cela se peut , mais il ne faut pas croire tout ce qu'on Ht. Il se peut aussi qu'un loustic chinois, ayant eu l'occasion d'inviter à diner un étranger, se soit donné le malin plaisir de lui servir des plats étranges pour se payer sa tête.
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lis mangent pourtant des nids d'hirondelles et gués?
— Sans doute, mais l'aiguë est vraiment une plante nourrissante^ et je crois que vous ne mepriseriez pas le nid d'hirondelles à la sauce obligatoire.
— Et les jeûnes chiens?
— - Pourquoi pas? Est- ce que la chair d'un jeune
chien if est pas aussi appétissante que celle d'un chevreau ou d'un lapin? Et les nageoires de requins que mangent les Chinois ne sont pas aussi repoussantes que nos fromages, par exemple, qui sont le résultat :;|ft
d'une moisissure, Pensez à nos huîtres, à nos escargots, à la fraise de veau, aux tripes, aux cuisses de grenouilles et bien d'autres, et vous conviendrez que les Chinois ne consomment rien de pire que ce que nous consommons.
— WeM! cela nie console. Cherchons un hôtel.
— En voici nn là-bas avec une enseigne anglaise : Hôtel des Gourmets. Entrons-nous?
— Oui. )) Un garçon chinois nous reçut à la porte, et un
autre à l'entrée du restaurant nous demanda poliment nos noms, qu'il cria ensuite à haute voix en anglais et en chinois. On nous conduisit alors à une table séparée recouverte d'une nappe de soie de même que les sièges étaient recouverts de soie. Puis on nous donna, sans que nous fuyons demandé, un verre de véritable eau -de- vie de riz sucrée mais excessivement forte.
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À ce moment seulement le maître d'hôtel s'avança
vers nous pour nous présenter le menu en papier
de soie rouge et de grandeur telle que j'aurais pu
m* en envelopper. Les mets étaient numérotés, et
i||p| dès que je lui en indiquais un, il le criait à la cui-
w$ê£&--- ■ sine,
Éte Nous n'avions ni couteau, ni fourchette, ni cuil-
|||i; 1er. Tout était coupé en si petits morceaux qu'on
iffltïf- n'avait pas besoin de couteau, et la fourchette et la
cuiller étaient remplacées par des baguettes d'ébène.
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'■ii; ;■■■.'
|Jcg/m.S.Ly'-.,:
37 iV W--L.
Un grognement de mécontentement toujours crois-
||g sant du capitaine me fit sourire. H s'en aperçut.
« Pourquoi riez -vous? demanda- t-iL
Pourquoi grognez -vous? répliquai -je.
||ï| — Comment voulez-vous que je ne grogne pas? Est-il
possible de porter quelque chose de bon à sa bouche
i îrî ,.. avec ces broches à filet? Je pêche ma sauce comme
pyi^ une cigogne qui ne trouve point de grenouilles tan-
lp| dis que vous maniez ces objets comme si vous étiez
!i|?: - venu au monde avec eux.
|p j; — Je m'y suis exercé, capitaine.
ilïi/,: — Exercé! Où donc?
'^ V ' ' — À bord. Je faisais cuire chaque jour du riz par
le cuisinier, je m'étais taillé deux baguettes, et quand j'étais seul, je m'exerçais à manger comme les Chinois.
— C'est une trahison ! la plus grande hypocrisie et la plus grande dissimulation qu'on puisse imaginer ! Si vous me l'aviez dit, je me serais exercé avec vous.
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— Ou vous m'auriez jeté les baguettes à la tête; exercez -vous maintenant.
— Àh! non, car il me faudrait jusqu'à demain pour piêôrer dans mon assiette. Demandez plutôt un sérieux morceau de pain. »
Je le fis, il tira son couteau et se tailla dans la croûte une Cuiller au moyen de laquelle il put manger aussi vite que moi. Lorsque nous eûmes terminé ce repas, vraiment choisi et qui se composait de douze services, on nous donna du thé et on nous démanda si nous désirions du tabac; Je traduisis cette question à Turnerstick.
ce ¥ a-t-il des cigarettes ici, Charley? >>
À ma demande, le garçon apporta quelques manilles que le capitaine trouva exquis . Pour moi je préférai essayer d'une pipe chinoise dont le fourneau, de la grosseur d'un dé, demandait à être souvent rempli, mais le tabac était bon et un peu sucré.
« Demandez donc la note, Charley, ou plutôt attendez, je vais la demander moi-même; garçon! »
Et il voulut lui parler dans son chinois baroque, mais le garçon secoua la tête et me demanda :
a Que dit ce monsieur?
— Il désire payer. »
Il alla vers une petite table où se trouvait une machine à calculer, fit le compte et écrivit au moyen d'un pinceau la note qu'il présenta au capitaine .
« Que signifient ces pattes de chat, Charley? ;»
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Je lui dis la somme 5 elle était si. minime qu'il en surpris*
« Nous mangerons ici tant que nous resterons à Canton, dit-il , niais j'apporterai une cuiller. Faut-il donner un pourboire?
crois bien,
7 on sera content de moi. Eh! tous les garçons M! »
Je fis la traduction. Tous les serviteurs de l'hôtel arrivèrent et reçurent un kom-tsclia, Au salut qu'ils firent il était facile de voir qu'ils étaient contents.
Bous nous levâmes de table.
ce Attends un moment, maître^ » implora le maître d'hôtel.
Et, prenant le menu, il se tourna vers les autres convives et, après avoir dit nos noms, il leur lut tout ce que nous avions mangé, le montant de la note et aussi le pourboire donné par le capitaine. Nous fûmes ensuite accompagnés à la porte par tout le personnel qui nous demanda avec force révérences de revenir. Le capitaine paraissait excessivement flatté de cette politesse :
« Des gens convenables et distingués, ces Chinois ! dit-il. Ils ont seulement le défaut, en général, de ne pas très bien parler leur langue maternelle. Où allons -nous passer la nuit?
— Dans un des hôtels qui sont à proximité du fleuve. »
Nous continuâmes notre promenade jusqu'aux quartiers extérieurs de la ville séparés de la ville
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chinoise proprement dite par une haute et épaisse muraille qui en rend l'accès plus difficile. Des portes y sont percées de distance en distancé et surmontées parfois de tours.
Les rues , les ruelles et les places étaient aussi animées que s'il y avait eu une foiré , et comme nous ne pouvions nous arrêter sans risquer d'intérroiaipré là circulation et de nous faire remarquer, nous finîmes, par être très fatigués.
« Ne nous reposons-nous pas un peu, Charley?
— Ou?
— Dans un restaurant naturellement , mais pas ici, je veux aussi visiter la ville intérieure.
— Nous remettrons ceci à plus tard, quand nous porterons des costumes chinois, afin de n'avoir point d'ennuis.
— Plus tard et pourquoi? Quand un Chinois vient à New- York ou à la Nouvelle -Orléans , il a la permission d'aller où bon lui semble, et je prétends au même droit ici comme citoyen américain. Voici une porte; venez.
— Je ne réponds de rien, capitaine!
— Je réponds de tout. »
Il partit rapidement en avant et je fus forcé de le suivre. Dès la première rue, tous les gamins se mirent à nous suivre; dans la seconde nous rencontrâmes un enterrement. En tête, marchaient des hommes portant des drapeaux et des étendards bariolés , suivis de trois brancards sur lesquels étaient placées les statues des dieux. Derrière ceux-ci un
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orchestre composé de ffûtes, cfe gongs et de tambourins faisait! un bruit effroyable', ©"autres hommes portaient des fusées à serpenteaux et autres pièces d'artifice , que l'on tirait malgré rëtroïtesse dés rues ^t le danger d'incendie pour les maisons de km- Bou. Enfin: venait le corbillard, où le cercueil était suspendu' par des cordes, suivi d'un bonze et d'un long cortège de gens en deuil.
Nous nous effaçâmes le long du mur de la construction la plus proche; malgré cela on nous jetait des regards sombres. Le bonze s'arrêta même devant nous. Son visage avait une expression hébétée.
« Vous êtes des Y-jiu (barbares). Que venez-vous faire ici? demaiida-t-il au capitaine, qui était le plus prës de lui.
— Que dit-il , Charley?
— Il demande ce que nous venons faire ici.
— Tout beau, mon garçon. » Il tira de ses poches quelques-unes des cigarettes de la pagode et les lui tendit :
ce Nous sommes venus pour te donner des cigarettes. »
L'homme les saisit : ce Tsing! » dit-il, et il s'empressa de rattraper le cortège.
Quelques rues plus loin nous entendîmes de la musique.
c< Qu'est-ce que cette maison, Charley? lisez donc l'enseigne.
— Jù $ckz~ siang 1
— " Qu'est-ce que cela signifie?
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^..*j,^,s-4. ; ^j* : ^,.,-i"j -T^v.^ ~3^v;-.-J:'",V.fi-T;>f v
— Pavillon de la musique et dès. chants.
— Alors on chante et on jou& iei ; entrons,
— J'ai plutôt envie de m'en aller* Qui sait quel public nous allons trouver. •
-^ Quel public? Le public m % mt égal ; je n'ai jamais eu peur du public; en avant! »
Je ne pus le retenir et l'imprudent entra dans la maison. Dès P entrée,, nous sentîmes une odeur des moins engageantes qui aurait dû suffire à noui Mr§ reculer. Mais Turnerstick pensait bien à cela !
Une fois dans la chambre , nous nous aperçûmes que nous étions dans un établissement du plus h&% étage* sur des nattes sales et déchirées , qu sur d§S bancs primitifs étaient blottis une masse de corps déformés qui écoutaient la musique perçante faite par des hommes montés sur une vieille estrade branlante. De petites tasses de thé étaient, placées devant les sièges, paaig une odeur caractéristique, qui se dégageait de la chambre attenante chaque fois qu'on en ouvrait la porte, indiquait qu'il y avait là une fumerie d'opiurn,
La musique se tut à notre entré©, et tous lies regards se dirigèrent sur nous.
Turnerstick prit place sur un banc avec l'aisance d'un habitué de la maison et je m'assis auprès de lui. Un être difforme s'approcha de nous :
ce Que venez -vous faire iei? demanda *4-il,
Que voulez-vous?
Ce que tu as.
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— Du thé, rien d'autre.
— Eh bien, donne -nous du thé.
— Voulez -vous fumer en même temps?
- — Non, »
On nous apporta deux petites tasses qui contenaient plus de saletés que de thé; je frissonnai rien qu'en le sentant.
ce Est-ce que ceci est du thé, Charley?, demanda Turner stick.
— Alors l'eau de la cale est aussi du rhum de la Jamaïque! Regardez un peu la tête que nous fait cette populace!
— Payons et allons -nous- en.
— Jamais de la vie! Voulez-vous faire croire à ces coquins que nous nous sauvons parce que nous avons peur d'eux? »
Plusieurs individus s'étaient levés et avancés vers l'aubergiste. Je ne pouvais comprendre que peu de chose des mots échangés entre eux.
ce Tu ne dois pas supporter ces Anglais ici, ces diables de la mer!
— Ma maison est ouverte à ceux qui paient. On a bien supporté les Anglais dans la ville, pourquoi ne les supporterais -je pas aussi?
— Nous et toi serons punis si on les trouve ici. Chasse-les ou nous partons.
— Ne voyez-vous pas que ce sont des hommes forts; ils vont se défendre et causer beaucoup de dégâts.
^t»^;'^-**'^^*^^''"'""^ 1 ''^'''''— Lï: " S: r'''^ : ""
— Nous t'aiderons, va les chasser. :: -K?Ëi
— Faites-le, peu m'importe qu'ils soient étran- im gers.
— Eh. bien, nous allons les jeter dehors. »
Turnerstick venait de s'apercevoir que nous faisions le sujet de cette conversation :
c< Que disent ces gens, Charley?
— Qu'ils vont nous jeter dehors,
— Tonnerre! jeter dehors le capitaine Turnerstick? espèces de crapauds desséchés! Penh! qu'ils y viennent!
— Allons -nous -en plutôt.
— Charley, je me suis assis ici pour entendre de la musique et des chansons , et je voudrais bien voir que quelqu'un me le défendît* Si vous avez peur, vous pouvez vous en aller.
— Pas sans vous.
— Well! Alors restons ; si nous voulons apprendre à connaître gens et pays, il faut que nous sachions comment cela se passe dans cette boîte à thé. Ah! les voici qui s'avancent. »
Tous les buveurs s'étaient levés et se poussaient les uns les autres jusqu'à ce qu'enfin les premiers fussent tout près de nous. Celui qui avait déjà parlé au cabaretier prit la parole :
« Vous êtes Anglais?
— Non, Yankees, répondis-je, car il valait mieux parler que se taire.
— C'est la même chose, les uns ne valent pas mieux que les autres et ni les uns ni les autres
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n'appartiennent à l'Empire du Milteii. Ce îo-schiteï; Slang est pt>u£ nous fcxèlusiveM^nt , àlle£-v&us-en r
ou nous vous jetterons dehors. »
Dans tfn artrê ftâQtâ) j'auï&rs tout simplei&ûnt jeté j|
le bonhomme par la fenêtre mais c<^ m'était pas indiqué dans les ci£&MistanCés aêtaellùs,
« Qui te dit qu& nous n' appartenons pas à ce pays? Les Chinois viennent par Militera dans le pays I
"dès t&nfe§&s ©t ont k permission d'y agir comme &*ite étaient dans te « Royannie €éleste ». Noms sommes bons, aimables et polis avec vôtts, et vous devez être de même avec nous*
-«* L-@s Yankees Sont des trafees qui attirent les 'Chinois sût ïeurs bateaux et dans leur pays poor déterrer le guano fet mourir loin de la ter#e de leurs ancêtres. Nous ne vous attirons p&s^ nous ne v<M- |
Ions pas de vous, allez-vous-en. »
Gfèî hfriMnè n'avait Malheureusement $&$ tout à |
Mt tOÏ*.
Plus d'unfc fois les Chinois ont été attirés pair <d«es spéculateurs américains sans conscience, sous prétexte d'être employés à construire des chemins de fer ou à cultiver la terre et étaient envoyés dans les Iles maudites h guano, où ils mouraient misérablement au bout de quelques mois sains que leurs «cadavres soient ramenés en Chine, malgré la volonté expresse de tout Chinois expatrié . Je répondis toutefois < telf; « En as-tu la preuve? et quand ce serait vrai,
l|jr|p est-fee &ioi ou cet botome qui l'avons fait?
||fU ■-*- Vous l'avez fait puisque vous appartenez à cette
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AU i&BUS DE ;LA TOURMENTE
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nation* Levez-vous et partez/ sinon vous sentirez nos bras.
— Nous ne craignons j>as vos bras,* JSi vous voulez lutter*, trous verrez bientôt que ixos bras sont -plus forts que les vôtres; si vous retournée au contraire à vos places^ nous ne tarderons pas à quitter cette maison.
— - Vous n'y resterez pas un instant de plûs : ; hors d'ieiJ »
Il porta la main sur Turnerstick, mais il était ma! tombé. Celui-ci le prit à bras-le-corps et me demanda :
« Est-ce sérieux, Charley?
— OuL
— Eh bieiij avec nous aussi, la plaisanterie a une fin, » et soulevant le Chinois il l'envoya rouler parmi les autres 4jui se dispersèreait aussitôt»
En un clin d'œil les bancs furent arrachés et brisés et il y xeut un corps à corps dont nous sortîmes victorieux après quelques coups et quelques bousculades.
Mais ce bref combat ne s'était pas passé sans bruit et sans cris, et ce que j'avais prévu arriva : la police accourut, et à sa vue le calme se rétablit aussitôt. Elle était composée de .soldats vêtus d'une courte tunique rouge à, .garnitures blanches*, de pantalons courts en coton bleu d de grossiers souliers de toile à semelles de feutre et d'un chapeau en bambous nattés. Ils étaient armés d'un bouclier de roseaux sur lequel était peint le dragon Impérial; d'un arCj de flèches et d'un bâton court* Ils portaient
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sur la poitrine et le dos le mot ping (soldats) en gros caractères*
« Qui êtes -vous? demanda le chef au capitaine .
— Qu'est-ce qu'il me veut, celui-ci, Charley?
— Il demande qui nous sommes.
-— Dites -lê-lui, Gharley, niais ajoutez qu'il sera battu, lui aussi, s'il ne parle pas poliment. >>
Le ping renouvela sa question.
ce Cet homme est un Yankee, et je suis Français, répondis -je.
• — Vous êtes des étrangers et des barbares et vous osez venir à Kouang-tschéou-fou?
— Sois prudent dans tes paroles . Chez nous le mot barbare est une grande offense que personne n'accepte.
— Vous êtes des barbares, sinon vous n'auriez pas commencé cette bataille.
— Alors ce sont les Chinois qui sont des barbares, car ce sont eux qui ont commencé.
— Vous mentez, ces hommes sont bons et paisibles, ils ne vous ont rien fait* »
J'appuyai ma main sur l'épaule de l'homme, qui tressaillit :
« Si tu parles encore une fois de mensonge, le barbare va te frotter le dos jusqu'à ce qu'il devienne de la couleur du ciel. »
Il recula.
ce Tu me menaces; sais -tu ce que cela mérite?
— Rien. Que veux -tu de nous?
— Vous arrêter et vous conduire au tscha-jouan.
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*j*-£ J î** ,, iïV*. 1 . *tïï- ^»i» S^-Af-*» f- * r ^;>'>*- * ^4:^^^r^,
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"V^-^rT 1 " " " ^^^^^Y**^^"^*^^^^ If?**' *-*S k *fip^&fr$r^SAixZ
— Nous ne nous y opposons pas, si tu arrêtes aussi ces gens .
— Ils sont innocents.
— C'est ce que jugera le tsçha-jouan. Comment peux-tu savoir qui est coupable ou innocent? Tu n'as encore interrogé personne sur la marche de la discussion.
— - Cela ne vous regarde pas ; payez ce que vous devez et passez devant. »
Le capitaine comprit au mouvement dû policier de quoi il s'agissait-.
« Qu'est cet homme, Charley?
— Soldat et. policier.
— Il va nous arrêter, n'est-ce pas?
— Assurément.
— Rangez-vous; je vais lui marteler sur son chapeau quelque chose qui lui mettra l'esprit en mouvement.
— Nous n'en aurions que des ennuis. Nous avons été assez imprudents pour nous jeter à l'eau, à nous maintenant de suivre le courant.
— Est-ce un blâme?
— Non, je l'ai fait avec vous sachant que je serais arrêté avec vous. Seulement je ne me laisserai pas pendre avec vous. Faites-moi le plaisir de vous laisser arrêter tranquillement.
- — Il le faut bien, si vous le voulez absolument, grommela- 1 -il.
— Combien notre tscha? demandai -je à l'aubergiste.
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— Un fën (trois Centimes) pour les deux. »
Je lui en donnai dix, et me tournant ve^s le policier :
« Nous sommes prêts, mais nous exigeons que tu nous procures deux palan quins^ car nous n'irons pas à pied. Voici de l'argent pour les payer. »
Je lui mis un dollar dans la main.
« Faudra- t-il te rendre quelque chose? demandat-il naïvement. '...-.
auras les palanquins.
— J'exige aussi que tu arrêtes ces hommes, ce sont eux qui ont commencé la querelle.
— . Si ce sont eux, il faut qu'ils viennent avec nous.
— Et aussi l'aubergiste comme témoin,
— J'y consens, :»
Le dollar avait prouvé à l'homme que nous n'étions pas des barbares .
Il dépêcha aussitôt un de ses hommes pour ramener les palanquins dans lesquels nous montâmes bientôt suivis de tous les gens ? y compris l'aubergiste y et nous passâmes sous la conduite des soldats * à travers la foule qui s'était amassée.
Nous fûmes conduits au kouaiig-kouaii (hôtel de ville). C'était un édifice imposant dont la façade était ornée de colonnes en bois. Dans la cour d'entrée allaient et venaient une foule de soldats avec le même uniforme que ceux qui nous avaient accompagnés. Nous descendîmes et je donnai encore un dollar au soldat. Son visage s'illumina :
' Ç ( ***- T .^ kt, -'**TSn F ,,ii : T ri *■? -i^-Jt'
ce Vous n'êtes pas des gens vulgaires, me dit- il 5 je ne vous mettrai pas avec les autres > mais aurai soin que vous soyez mis dans la Balle des gens distingués. :»
Il nous amena à un porte- étendard auquel il chuchota quelques mots qui semblaient être une recoriamandatiôn ; Celui-ci nous fît monter un escalier et entrer dans une pièce très confortablement arrangée avec de jolis tapis et des meubles de bambous;
« Attendez ici> » dit-iL
Il nous quitta et revint avec du thé. Turnerstick vit bi^n qu'il s'attendait à un koin4scha et lui tendit
un aonar.
Il le prit en faisant des yeux ronds et nous pour nous consoler ;
<c N'ayez pas peur, le tscha-jouàn est un homme puissant sans doute, mais il aime la justice et l'argent. Vous êtes des gens très polis , vous gagnerez votre procès. » Puis il partit,
C'était clair, si clair que le capitaine et moi n'eûmes plus aucun doute sur la manière de nous conduire.
ce Àh! dit le capitaine ? ce juge aime la justice et l'argent; cela veut dire la justice pour l'argent; cet homme n'aura pas de moi un demi-penny. Lui donnerez -vous quelque chose?
— Pas un sou.
— Bu **este> il ue peut pas nous juger j nous relevons du tribunal de notre consulat.
— Je le lui ferai naturellement comprendre..
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— Êtes-vous encore fâché de ce que je vous aie amené dans cette bouteille à encre?
— Non, capitaine i la chose est plus drôle que dangereuse. »
Le soldat qui nous avait arrêtés entra au même moment :
ce Vous êtes innocents, nous dit-il. J'ai entendu les autres et j'ai tout découvert, je vais expliquer l'affaire au tscha-jouan. »
Par une porte latérale il pénétra dans une chambre où semblait se tenir le juge, car nous entendîmes deux voix. Il revint au bout d'un moment pour nous faire savoir que nous pouvions entrer.
Nous y allâmes et trouvâmes un Chinois dont les traits ne pouvaient inspirer grande confiance. Nous nous inclinâmes.
Il répondit d'un signe de tête protecteur et demanda :
« L'un de vous est Américain et l'autre Français ; quel est F Américain?
— Celui-ci, dis- je en montrant le capitaine.
— Alors c'est toi le Français?
— Naturellement.
— Tu parles chinois? mais lui pas.
— Oui.
— Cela ne m'étonne pas. Les Anglais et les Yankees ont une langue unique et ne se donnent pas la peine d'en apprendre une seconde; mais les Français sont intelligents, ils apprennent beaucoup et sont bons, je les aime. Quelle est ta religion?
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— Je suis un kiao -y ou (chrétien) et adore le maître du ciel,
— C'est bien, nous sommes frères, car je suis un Thibétain, et les Thibétains comme les Chinois ont aussi un maître du ciel.
— Oui. Dieu a créé l'homme bon, mais l'homme a désobéi.
— On nous enseigne cela aussi, car notre religion est aussi la vôtre.
— Peut-être pas tout à fait; votre religion dit bien que l'homme était saint à l'origine, mais elle ne dit pas comment il peut retrouver la sainteté perdue.
— Elle ne peut pas le dire, car l'homme ne retrouvera jamais sa perfection originelle.
— C'est justement par là que ta religion n'est pas la mienne, car la mienne dit que l'homme peut devenir pieux, saint et bienheureux.
— Elle dit cela? Eh bien c'est l'opinion de ta religion et on ne doit pas rejeter une religion pour ses opinions. Sa?z kiao y kiao (les trois religions ne sont qu'une), tu l'as déjà entendu dire, et Pont toun kiao toun ti (les religions sont différentes, mais la raison est une), c'est la même chose.
— Je suis obligé de te contredire. Le plus grand malheur pour l'homme a été la perte de la sainteté et de la perfection. L'admets-tu?
— Oui.
— Alors le plus grand bonheur pour toi devrait être de la recouvrer.
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