‹ Au gré de la tourmenteChapitre 31 sur 37 · VM · texte numérisé non relu

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llfiil- — - Assurément,

— Ta religion interdit à l'homme ce bonheur, mais m ;mw-. ^ a m i enne I e lixi accorde. Laquelle doit -on préférer? fllplp — - Veux- tu dire que ta religion est meilleure que

^|| l a mienne? Tu nés pas poli, et moi qui croyais

jusqu'ici que les Français étaient polis! Mais ne

ittft^ nous querellons pas pour cela. Tu dis que ta reli-

ilSjll gion est meilleure que la mienne, je prétends le

III® fe v contraire, ce qui prouve que nous sommes parfai-

tement d'accord sur l'idée que chacun de nous a de sa religion. Dis -moi plutôt qui tu es.

f|S4 — * Je suis écrivain.

|||v — Ecrivain? Pourquoi viens -tu en Chine?

— Pour connaître le pays et ses habitants.

|;# — Et pourquoi veux-tu les connaître ?

— Pour écrire un livre sur la Chine.

— Alors tu es un homme riche?

— Je suis très pauvre, au contraire. Tu dois bien |fî savoir que dans mon pays les gens de lettres sont if y P a yés, tandis que chez vous ils écrivent gratis.

I ;!!'■' — Vous autres , Français ., êtes des gens incom-

\:M : - préhensihles. Et le Yankee, que fait -il?

— - Il est yang-schen-pi (capitaine dans la marine) .

$'fî!^ : — A-t-il un navire?

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|||> — Oui, son navire est à f ancre à Hong-Kong.

ï^l'f- — Pourquoi me vient41 pas à Kouang-tschéou~Fou?

^ii||^ — Parce qu'il est mon ami et ne voulait pas me

?$& quitter.

iVlpS," — Son navire est-il un navire de guerre?

wffà — - — Non, un navire de commerce.

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— C'est heureux pour lui, car j'aurais été obligé d'être très sévère avec vous. Depuis quand êtes -vous à Kouang-Tschéou-Fou?

— Depuis aujourd'hui seulement.

— Pourquoi n'êtes -vous pas restés dans le faubourg au lieu de pénétrer dans la ville intérieure?

— Parce que nous ne pensions pas y trouver des gens si mal élevés.

— Parleras -tu d'eux dans ton livre?

Oui.

— Et aussi de moi devant qui tu as comparu?

- — Oui,

— Et de la manière dont je vous ai reçus et traités?

— Oui.

— Et tous les Français le liront?

— Non seulement les Français, mais les Anglais, les Yankees , les Allemands, les Russes, les Portugais et les Espagnols, car mon livre sera aussi imprimé dans leur langue. »

J'exagérais un peu les choses dans la pensée que Jl if

cela pourrait me servir. I§!FI

« Alors asseyez -vous, vous allez voir comment 9 j'exerce la justice. »

Nous prîmes place sur un divan. Il sonna, et le ping apparut.

« Amène les hommes! » ,..«,

« Cet homme parle vraiment un chinois épou- : M

vantable, murmura Turnerstick; je n'ai pas compris * a

un seul mot. Que va-t-on nous faire?

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— Rien. Je crois au contraire que les autres vont être punis.

— Comment cela?

WWâ&~" — Parce que je lui ai dit que î 'allais écrire sur la J||KI% Chine un livre dans lequel je parlerais de lui. lil^pl —Très diplomatique, Chaiiey; très sage, il me

tarde de voir cela, »

Nos adversaires furent amenés. Le visage du juge s'était transformé, ses sourcils étaient froncés et ses

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^|||v petits yeux lançaient des regards furieux sur les

hommes qui, selon l'étiquette chinoise, étaient tombés à genoux devant lui,

a Vous osez vous tenir à genoux , chiens ! leur feM^v cria-t-il d'une voix de tonnerre. A plat ventre et le

(lift front à terre! Qui de vous est l'aubergiste chez lequel

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a eu lieu cette rixe?

— Moi, ti-ao-ti (« le tout petit », c'est ainsi que

en

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doivent se nommer les Chinois de basse classe devant f

les mandarins), répondit-il sans lever son front de £

terre.

— Sont-ce les étrangers qui ont commencé la

querelle?

Kl ' ■ — Non, ils étaient tranquilles.

f|r; /- — Et pourtant vous les avez frappés. S'ils vont*

$M ;' t J.'" demander à leur consul de vous punir, vous serez

f|!| \! mis à mort. Ils sont heureusement miséricordieux

Iffâv) ( et s'en remettent à moi. Chacun de vous sera pros-

crit pendant trois ans et portera auparavant la cangue pendant dix jours.

&Û0I -I r" — Je suis innocent, tsching-houang-fou (sublime

te ■ \ ■

^-Viir -fc r>"

mandarin), risqua l'aubergiste. J'ai défendu à ces gens de battre les tschou-kao^ngan (excellences).

— Tu aurais dû les en empêcher. Demande ta grâce aux étrangers, peut-être te dispenseront-ils dé la cangue. »

Il rampa sur le ventre jusqu'à nous.

c< Vous êtes des ti-tscha-tschou (grands hommes), et je suis siao-ti. Vous savez que je suis innocent,

Je me tournai vers le juge.

ce Ta sagesse est grande , et ta justice resplendit comme le soleil; montre-nous aussi ta miséricorde. Cet homme est vraiment innocent et nous te prions de le gracier.

— Je veux bien exaucer votre prière. Lève -toi, chien, rentre chez toi et célèbre ma justice et là clémence de ces Y-tschou. Toi, dit-il au ping qui était entré dans la chambre, emmène ces hommes et inscris leurs noms. »

Ils sortirent tous en rampant sur le ventre.

La punition était sévère, mais il était bon d'une part qu'on eût pris pour une fois en considération la plainte de deux étrangers; mais d'autre part je n'avais guère confiance dans le mandarin : bien plus, je pensais qu'il jouait un peu la comédie et relâcherait ces gens après notre départ. Ces deux raisons m'empêchèrent d'intercéder en leur faveur.

« Êtes- vous contents de moi? demanda alors le juge.

— Tout à fait; nous te remercions, et partout où nous irons nous chanterons tes louanges.

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