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7— Oui, mais il ne connaît pas encore nos noms, qu'E s'est abstenu de nous demander par pure politesse.
— Quelle punition a-fc-il donnée aux garnements?
— Dix jours de cangue et trois ans d'exil.
— Tonnerre! c'est sévère.
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sérieux. »
jours de cangue > c'est très dur, mais l'exil ne l'est pas autant qu'on se l'imagine. En Chine, il n'y a pas d'emprisonnement : on déporte seulement dans une province intérieure où chaque proscrit a le droit d'emmener sa famille.
ce Mais c'est sérieux, Charley; regardez dans la cour. »
Les fenêtres de la chambre donnaient sur la cour extérieure; les condamnés s'y tenaient chargés de la cangue, faite en bois excessivement lourd, posée sur les épaules du délinquant dont la tête passait par un trou central.
A ce moment, arriva le domestique qui venait se mettre à notre service et nous apportait des lanternes travaillées avec art, pour nous éclairer, car la nuit commençait à tomber. Il nous conduisit au bain et mit à notre disposition un vêtement chinois léger et commode que nous revêtimes. Ensuite, pour faire passer le temps, il nous conduisit dans la bibliothèque du juge, qui était très bien montée. Je m'intéressais surtout aux livres et aux manuscrits, Turnerstick préférait les gravures sur bois qui étaient nombreuses mais sans aucune perspective. Un homme
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Les condamnes s'y tenaient chargés de la cangue.
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grimpant au dernier plan d'un paysage était aussi grand qu'un jeune garçon péchant au premier plan.
Plus tard, ayant été invités à souper, nous nous rendîmes dans la salle à manger. Notre hôte partit seul, il voulait ou bien jouir de nous exclusivement ou laisser ignorer qu'il honorait deux barbares de son hospitalité. Nous eûmes seize services qui doivent être dépeints en raison de leur étrangctë.
On nous servit comme entrée : du thé exquis et une coupe de délicieux lait d'amande que les Chinois aiment tout particulièrement. Ce fut ensuite une fricassée de gorges de poulets , des crabes farcis qui firent les délices de Turnerstick, du jambon, des huîtres et des oignons confits. Puis un canard rôti, du porc salé aux champignons et des algues bouillies. Apres, un potage aux nids d'hirondelles avec œufs et jambon, un ragoût de nageoires de requins et de crêtes de coqs , de langues de canards aux bourgeons <de bambous et encore du jambon. Làdessus le pâte tant prisé ée mouton, des bigorneaux et du TÔïi de porc fumé au miel ; suivaient des canards marines dans une sauce délicate, des nouilles de Pékim avec des cuisses d'écureuil , une brochette de faisms, des coings, un rêfâ de mouton à la sauce au sucne avec des boulettes de sajou Japon-aïs, enfin une jeune cigogne avec du riz, des melons fermentes, du gingembre et du concombre de Mandchourie confit au seL
Comme boissons il y avait, en plus de celles citées
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pour Feutrée, du thé froid, de l'eau sucrée et du Champagne pas très authentique mais très buvable,
Nous ne nous attendions guère à tin souper sembable. Turnerstiek y fit honneur à l'exception des escargots, que notre hôte dut consommer tout seul. De plus, le capitaine avait été touché de ce qu'on avait eit soin de lui mettre à côté des baguettes chinoises un couteau, une fourchette et une cuiller.
« Nôtre hôte est remarquable, me dit- il. J'apprends ici à connaître parfaitement les pays et lés gens. Je regrette seulement qu'ici ces derniers négligent leur langue. Ils parlent chinois à peu près comme un Italien parle anglais; on ne peut pas les comprendre.
— - Mais je les comprends bien, moi.
— Oui, comment faites-vous? c'est une énigme pour moi. Àuriez-vous par hasard commis la faute de m' apprendre seulement à parler et non à comprendre la langue? »
À chaque service le tscha-jouan m'indiquait les mets et me demandait comment nous les trouvions. Je devais lui expliquer comment ils étaient préparés dans .notre pays. Il était très instruit dans l'histoire des pays et des peuples, comme c'est l'habitude des Chinois, et s'intéressait vivement à tout ce que je lui racontais. Il avoua enfin :
« Tu as vu et appris plus de choses qu'il n'y en a dans nos livres, mais tu n'auras pas d'aventures en Chine. La contrée et les habitants sont trop renfermés.
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— Et pourtant, j en ai déjà eu une très intéres^ santé.
— Veux -tu me la raconter? Tu es depuis si peu de temps ici et tu aurais déjà vu ce qui ne m'est peut-être jamais arrivé?
— Tu dis qu'on ne peut avoir d'aventures dans ce pays, mais si tu penses aux Loung-yin, tu avoueras qu'ils sont l'occasion toute trouvée à des aventures intéressantes,
— Les Loung-yin! Aurais-tu eu affaire à eux? » et en disant ces mots son visage avait pris une expression de curiosité intense.
« Mais oui !
— Quand?
— ■ Hier.
— Et où?
— Sur le fleuve.
— Comment cela?
— Ils nous ont faits prisonniers, mon ami et moi, dans un kouang-ti-miao.
— Et ils vous ont relâchés?
— Parce que nous les y avons forcés.
— C'est impossible !
— C'est possible, puisque tu me vois ici, chez toi.
— Voilà qui est fort extraordinaire 1 Ils n'ont encore jamais relâché un prisonnier sans exiger une rançon !
— Je leur ai même enlevé une prisonnière hollandaise que j'avais trouvée dans le kouang-ti-miao.
— Combien étaient-ils?
.-'-— * Trente environ/
-^ Tu ne les as pas réduits par la seule mais par un autre ïïiôjren. Tu ne m'en es sympatMque* Veux-tu avoir la boiité de me nom?
-—On m'appelle ici Kouang-si-ta-sse* »
Il bondit de son siège tout surpris.
« Kouang-si^ta-sse! Connais -tu uii
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-y an-
Je fus surpris à mon tour. Gomment èénnMssait- Ê mon livre de VMistoire des démom des mers oççi+ dentales.
— Oui , re]
— Et un Pen^tsao y y-jin?
— Oui.
— Et un Bio-thian?
— Oui.
Et c'est toi qui as écrit ces trois ouvrages?
- — C'est moi.
Alors je sais maintenant pourquoi tu as échappé
aux
— Dis -le.
— L'insigne que t'avait donné Kong-ni t'a sauvé de la captivité. »
Mon étonnement redoubla :
ce Tu connais Kong-ni? demandais-je.
— Je le connais. Tu lui as sauvé la vie, et il me Fa raconté, car il est venu me voir dès son retour à Kouang-Tschéou-Fou. Il m'a aussi donné tes ouvrages à lire; il le fallait, car j'appartiens au
vî'Â^t-