‹ Au gré de la tourmenteChapitre 34 sur 37 · S'IL · texte numérisé non relu

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Kav-pan-sse (docteurs du siège des examens), et je dois les examiner.

— Les examines -tu en ce moment?

— Oui ? moi et un autre.

— Quel sera le résultat de cet examen? »

Il sourit en silence.

« Mais ce que Kong-ni t'a dit. Son père est puissant dans l'Empire, bien qu'il ait obtenu de l'Empereur la permission de se reposer. Il est le grand chef des examens dans notre province et peut délivrer les diplômes sans consulter auparavant le Ly-pou (chancelier d'Empire). Il verra d'après tes ouvrages que tu es un grand savant et te fera Tsia— sse (docteur) si tu lui obéis.

— Lui obéir? A quel propos?

— Il te le dira lui-même. Il enverra tes écrits au Ly-pou, puis on les déposera dans le Wen-tschaiigkoum (palais des ouvrages scientifiques). Tu es un étranger, mais il ne tient qu'à toi de devenir un grand mandarin. Alors tu seras puissant et tu n'auras pas besoin de retourner dans ton pays où tu es obligé d'écrire des livres pour ne pas mourir de faim. »

Je ne m'attendais pas à ce que la conversation prît ce ton. J'avais écrit ces livres plutôt par aventure, je n'avais pas cherché le succès, et voilà que ce mandarin à bouton* bleu, qui était un homme influent, me disait qu'ils allaient me procurer un grade universitaire. Il fallait que les circonstances déjà précipitées soient encore hâtées par quelque

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raison particulière, et il me tardait de savoir en quoi j'aurais à obéir au père de Kong-ni, que je sup- lll

posais être non seulement un ami, mais un parent du juge, *

« Kong -ni n'est plus chez toi? demaiidai-je.

— Non, il est allé chez Mîng-tsou, son père.

— - Tu connais aussi ce dernier ?

— Oui , c'est mon frère , et si tu fais aussi ses volontés tu seras son fils. .■■-•^vmm

■ — Où habite-t-il? ' SilH

— Â Li-ting. Kong-ni ne te l'a-t-il pas dit? ; ^»|

— Non. » .-: m M

Donc le père de Kong-ni habitait aussi dans ce ^ift

Li-ting où se tenait aussi Kiang-lou, le grand chef •lllfi

des hommes du Dragon. Gela me donna à penser. Je supposai qu'il devait y avoir quelque rapport entre les deux et cherchai à m'en assurer en continuant à demander :

ce Est-il permis à un phy chinois , à un comte qui est en même temps sous-gouverneur, d'adopter un étranger, un chrétien?

— Tout ce que Pon peut faire est permis.

— Alors il serait pex^mis aux Loung-yin d'être pirates du fleuve?

— Ils se le permettent, donc cela leur est permis.

— Mais la loi, la justice?

— Elle les punit, s'ils ne sont pas assez habiles pour prendre les devants. .,,.

— Tu es juge et, comme représentant de la loi, forcé de détruire les Loung-yin.

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— - Je le ferai aussi si la loi l'ordonne, mais personne n'est encore venu me l'ordonner.

-—Je vais t'en donner l'occasion.

— Oui, à Wan-lio>-tien, aujourd'hui; à minuit une grande quantité d'hommes du dragon vont se rassembler pour discuter là manière de nous capturer^ moi et mon ami, et peut-être nous mettre à mort. Tu as là une belle occasion de t 1 emparer d'eux, de les saisir et de les punir. »

11 sourit de manière étrange, puis acquiesça.

<c Je vais le faire , je vais les surprendre puisque tu le veux. Alors ils veulent vous capturer ?

— Parce que vous leur avez échappé?

— Oui.

— N'avàient-ils pas pour chef un homme grand, un dschiahour?

— Mais oui, répondis-je. Le connais-tu aussi?

- — Je suis juge, et il est de mon devoir de connaître tous les gens que je peux avoir à juger. Les juges de ton pays sont-ils aussi sages ?

— Oui, ils connaissent bien aussi leurs gens, mais ils n'attendent pas qu'on porte plainte, et ils agissent librement et de leur propre initiative, quand il s'agit d'empêcher un crime.

■ — Il faut alors qu'ils aient bien peu de travail s'il leur reste encore du temps pour de pareilles choses. Le juge doit attendre qu'on lui amène le criminel. Mais, puisque tule veux, j'irai chercher le dschiahour à Wan-ho-tien.

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— Puis -je t'aecompagner ?

— Non, ma profession me défend d'accepter un étranger; de plus tu es mon invité et je ne dois pas t' exposer au danger. J'aurai soin que les Loûng-yiii ne te traitent plus en ennemis.

— En as-tu le pouvoir?

— Oui. Combien pouvez -vous rester de temps hors de votre bateau?

— Autant qu'il nous plaira. Je voudrais y être seulement quand Kong-ni reviendra.

— Ce n'est pas nécessaire , car vous irez vers lui demain .

— Où?

— A Li-ting. Vous aurez des palanquins et une escorte, à moins que vous préfériez naviguer sur une jonque de mandarin.

— Nous préférons décider nous-mêmes ce que nous ferons et où nous irons.

— Vous êtes libres d'aller où il vous plaira. Mais tu reconnaîtras du moins que je te veux du bien. Voulez -vous apprendre à connaître la Chine? Vous y réussirez si vous faites ce que je vous propose. Mon frère et Kong-ni vous doivent de la reconnaissance; ils auront soin de vous et feront pour vous tout leur possible. Tu n'as plus Fhabillement qui t'avait été donné. Je vais vous donner des vêtements chinois et des chapeaux de mandarins , de manière à ce que partout où vous irez vous soyez traités avec déférence.

— As-tu le droit de nous donner les insignes de mandarins?

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— Je me le permettrai. Du reste tu parles chinois et ne te trahiras pas, »

C'était très tentant; aussi > malgré quelques réflexions qui nie vinrent à l'esprit, j'acceptai la proposition, non sans en avoir d'abord parlé au capitaine.

<c Voulez -vous devenir mandarin, capitaine?

— Pourquoi pas, si cela doit noua amuser sans trop de danger.

— Notre hôte veut nous habiller à la chinoise et nous envoyer à Kong-ni, qui demeure chez son père, un comte *

— Well! ien suis, si l'excursion ne doit pas durer trop longtemps. Si nous avons affaire à un comte , il est tout probable que le menu actuel se renouvellera» »

Ce fut décidé et j'en fis part au mandarin :

« Vous faites bien, dit -il, et j'aurai soin de vous comme si vous étiez mes frères. »

Il se leva, je le remerciai de son hospitalité, et le capitaine ne put s'empêcher aussi de lui faire un petit discours toujours dans son jargon.

Le juge sourit, le remercia par un signe amical et s'éloigna.

Le domestique nous apporta alors du tabac, des pipes, des cigares et des cigarettes, et comme il n'était pas tard, nous nous mîmes à fumer à notre

aise.

Dix minutes à peine s'étaient écoulées lorsqu'on nous annonça un homme qui désirait nous parler.

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AU GRE DE LA TOURMENTE 25fr

C'était un marchand d'habits : il prit nos mesurés, et tan quart d'heure plus tard il nous apportait deux costumes auxquels le domestique ajouta là natte, Y éventail et deux chapeaux de mandarins, l'un à bouton doré, l'autre à bouton de cristal. Lé premier était pour le capitame, le second pour moi.

grade était de B me classe, celui du capitaine de T

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ons-nous tout cela, Gharley? vilï

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! attaquez. » ■ " " •r^^ÊM

Nous endossâmes les habits et fixâmes la longue natte sur notre tête. En me voyant dans là glace, je ne pus m'empêclier de rire aux éclats, et le capitaine lui-même en perdit la respiration.-'

« Gharley, dites-moi sincèrement : ai~je l'air aussi grotesque que vous?

— Naturellement ; vous ressemblez à une marionnette de guignol habillée en Chinois. - -ySÏ

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Et vous aussi, mais nos barbes ne font pas bien. '^Sl'lf

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— Voici du cosmétique pour y remédier.

— Que faire de nos habits ordinaires ? je ne tiens pas à les donner en échange.

— Confions-les au tsha-jouan, qui les enverra à Hong-Kong.

7 c'est le mieux. Dormons maintenant ilW

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pour être prêts demain à l'heure. » I1MI

Nous allâmes nous coucher, et de même qu*à ma première nuit à Hong-Kong, je fis des rêves étranges. Une masse de Loung-yin, qui avaient la forme de crocodiles ouvraient la gueule pour m' avaler. Kong-

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ni avait des sabots de cheval, des cornes et une queue et tendait vers moi des griffes diaboliques : le Kiang-lôu était un requin géant avec des ailes de dragon qui me dévorait, et comme je glissais dans son gosier, je voyais notre hôte battre joyeusement des mains et près de lui M ile Anna Relder qui criait : « N'ayez pas peur, Mynheer, le requin ne vous gardera pas dans sa gorge !»

Quand je m'éveilïai, il était encore de bonne heure; le ronflement sonore du capitaine m' arrivait de la chambre voisine, et comme j'aperçus par la fenêtre les deux palanquins déjà prêts dans la cour je réveillai le capitaine et nous nous habillâmes en mandarins.

A nos fenêtres ouvertes on s'aperçut que nous étions éveillés, et le domestique vint nous appeler pour le déjeuner que nous devions prendre avec Tscha-jouan.

Ce dernier nous attendait. Il déclara que les habits nous allaient bien et me remit une lettre de recommandation pour son frère Phy ming-tsou. Il y avait une journée de voyage en palanquin jusqu'à Li-ting, et, pour couvrir les frais, il me força d'accepter deux barres d'argent.

Enfin nous nous séparâmes. Tûrnerstick, prenant la main du juge, lui fit encore un petit discours d'adieu. Je m'efforçais de manier avec noblesse et habileté l'éventail et l'ombrelle; Tûrnerstick, lui, portait tout simplement l'ombrelle sur Fépaule comme un fusil et' l'éventail au poing comme un casse-tête.

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] /escorte se composait de plus de trente personnes, qui à notre approche se jetèrent à terre* On échangea brièvement un dernier adieu, puis nous montâmes dans nos palanquins dont les porteurs partirent au trot.

Nous niuuttlmeg dans nos palanquins, dont les porteurs partirent au trot,

En avant couraient quatre hommes, armés de cannes de bambous, dont les coups devaient inviter les passants *\ s'arrêter, se ranger et saluer respectueusement pour la grâce imméritée qui leur était accordée de voir deux palanquins dans lesquels se trouvaient do très distingués Rouan g- fou. Suivaient huit soldats chargés de fusils, dont on n'avait certes

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pas tiré un seul coup depuis vingt étés et autant d'hivers. Un dragon était dessiné sur leur poitrine et dans le dos l'inscription : Ping. Ensuite, quatre porteurs qui devaient remplacer les autres, enfin mon palanquin devant celui du capitaine et derrière ce dernier l'ordonnateur du voyage tout haletant, puis de nouveaux quatre porteurs suivis de huit soldats armés de lances, de flèches et d'arcs , Enfin,, pour clore tout cela, une longue file de gamins, qui hurlaient de toutes leurs forces les deux mots : ce Tsien! » et <c Eom tscha! »

De temps en temps un courrier revenait en arrière leur distribuer avec son bâton quelques vigoureux tsiens ou quelques sonores kom-tscha, qui avaient pour résultat de les faire hurler to>is fois plus. À la sortie de la ville et des faubourgs la bande se dispersa et nous eûmes enfin la paix.

Les porteurs de palanquin sont les figures les plus populaires de tout l'Empire Céleste* Ils avancent en courant toujours à pas précipités, ils halètent sous le fardeau, la sueur sort de tous leurs pores, mais ils n'ont jamais Pair fatigués.

Peu leur importe que le chemin soit bon ou mauvais, qu'il monte ou descende, qu'il traverse des sables brûlants ou des marécages, et ils sont payés un tsien du mille environ, c'est-à-dire trois centimes pour une heure de chemin ! Ils sont vêtus d'une jaquette et d'un pantalon tèrs courts et chaussés de sandales en paille de riz.

Je ne fus pas très enthousiasmé par cette manière

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de voyager; il me semblait être dans un cercueil et, j ''aurais préféré de beaucoup monter un bon cheval, mais les chevaux sont excessivement rares en Chine, surtout dans îm partie méridionale.

À midi seulement nous mous arrêtâmes' dans un village .douât le maître d'école mit la mairie à notre; disposition et nous procura tout ce dont noua avions besoin pour faire un repas modéré et nous reposer un moment,

ce Charley, dites -moi si vous aimez à voyager en palanquin, demanda Turnerstick.

— Pas très.

— Et moi encore moins. C'est une jolie chose, mais, on y est bien mal. Vive mon bateau!:

— ... Et mon cheval !

— Ah non ! un cheval dont je dégringolerais tous les dix pas est encore pire qu'un' palanquin pour moi. Dites-moi -, y a-t-il aussi des hommes du dragon ici à Pé-

— Sûrement ; ne vous ai-je point dit que leur chef habite à Li-ting, où nous allons justement?

— Weli! nous allons donc voir enin ce garnement. * — Le dschiahour, qui s'était; arrêté à Canton seulement à cause de nous, y sera également.

— Alors on le verra aussi , mais on ne se contentera pas de le regarder ; n'avons-nous pas nos revolvers dans ces énormes manches? Mais, à propos, pourquoi nous a-t-on donné cette ombrelle et cet éventail?

— L'éventail est pour vous rafraîchir si vous avez trop chaud, et l'ombrelle est un en- cas pour vous

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garantir du soleil comme de la pluie, vous servir de canne en marchant, vous aider à faire des grâces et à donner un bon coup au besoin.

— De tout cela, c'est la fin qui me plaît le mieux. À quoi bon l'éventail? Si j'ai trop chaud, j'entr' ouvre mon vêtement, j'enlève la natte et le chapeau et je m'éponge une bonne fois. Et s'il pleut, quelle sotte invention qu'un parapluie! Peu importe que l'habit ou le parapluie mouille, il faudra bien sécher F un ou l'autre et Verni ne peut pas aller plus loin que la peau !

— Non, capitaine, mais jusque-là, c'est suffisant. En tout cas il faut vous habituer à l'ombrelle comme

à T éventail, si vous voulez passer pour un vrai mandarin,

— Well! alors ne m'appelez plus capitaine, mais maître mandarin Turningsticking. .

— : Ça ue se peut pas, le mot mandarin n'existe pas en chinois, il se traduit par Kouang-fou. Il faut donc que je vous appelle Kouang-fou-Turningsticking .

— Et moi, comment dois -je vous appeler?

— Kong-ni m'a baptisé Kouang-si-ta-sse, je suis donc Kouang-fou -Kouang-si-ta-sse.

— Deux fois Eouang, c'est dur à placer. Écrivezmoi donc ce nom sur un papier, je l'apprendrai dans le palanquin. »

Je le fis avec plaisir, car je savais que ses efforts seraient vains; je payai ensuite le maître d'école et ordonnai de partir.

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L'escorte se remit en marche dans le même ordre et remonta la rive du Pe-Kiang. Nous fîmes une courte halte dans l'après-midi pour boire une tasse dé thé, et au soleil couchant Li-ting nous apparut*

C'était une petite ville, dont les maisons étaient très éloignées les unes des autres parce que la plupart étaient entourées de jardins dans lesquels j'aperçus de nombreux étangs plus ou moins grands. C'est là que sont élevés les poissons dorés dont Li-ting fait un très grand commerce.

Je vis en avant un édifice imposant, que l'on reconnaissait de suite pour la résidence d'été d'un seigneur chinois, et derrière la ville une sorte de châ- ïll teau comprenant plusieurs bâtiments entourés dun 11 mur. Plus loin, en arrière, se dressaient des rochers découpés, escarpés et arides, dont le soleil dorait les ^llipt pointes. Tout autour de nous, ce n'étaient que plantations de riz , de cannes à sucre et de bambous y mais l'animation du fleuve offrait un aspect intéressant.

Notre cortège traversa la ville au trot et s'arrêta devant la propriété qui ressemblait à un château.

J'avais à peine eu le temps d'y jeter un coup d'œil que la porte s'ouvrit devant un vieillard qui,, à notre vue, leva les bras d'étonnement en criant :

c< Le Tscha-jouan! Que l'on vienne vite aider le Tschin - tschou à descendre I »

Turnerstick était déjà à terre, son ombrelle sous le bras, à la manière d'une lance de tournoi. Pour moi , je restai tranquillement assis, même après que

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Tandis que je payais nos frais de voyagé et d4strifenais à chacun un kom-tschà, ^j'entendis dans la cour le .capitaine crier à haute voix : *

« Mille tonnerres! voilà ce Konig-nà *pue mous avons Bepêché pardni les chèvres saunages ! Bien venu, mon vieux!

— Vous ici , capitaine ! Où est votre ami «t icomment se fait-il que vous ;soyez ici?

— Charley, ou. plutôt Kouaag-fou-koung-houkoung-lou, est encore assis daas la chaise a porteurs., comme si on lui avait demandé de couver d*es ©isons! a>

Kong -ni 'fut «aussitôt près de moi et m'accueillit ave<e la joie la plus vive- Il était, en vérité, surpris d^ naître transformation, mais ne nous en parla pas et nous conduisit vers un portail et un escalier d'honneur sur la marche supérieure duquel se tenait un homme qui ressemblait mi ^juge comme une goutte d'eau à une îaatre. C'était le père de Kong-ni.

« Kouang-si-ta-sse! î» annonça ce dernier.

Le vieillard &t un visage -saM*pris ? et, san« me laiîsser le temps Ae le saluer., il me souhaita la Menvenue comme à mne vieille foonnaissance. Puis il nous conduisit dans une grande ehmmfere où SI me «considéra à son aise", il me sstlua alors de nouveau :

« Sois bienvenu, isauveur de 33aon fils, ma inai- *on est tienne : commande et tout le monde t'ofcéira. »

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AU GRÉ DE LA TOURMENTE 263 iïÉI

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Je sortis Pécrit de son frère et le lui remis.

Il l'ouvrit, le lui, puis mous fit signe de le suivre* lllIP!

Mous entrâmes dans un corridor :

ce Partagez -vous ces pièces : les chambres de droite seront pour toi, celles âe gauche pour ton ami. Entrez , on vous apportera ce dont vous avez besoin, et je ma permettrai ensuite de parler avec vous. » *

Je vis toute une enfilade de chambres coquette- ^ 11111

ment arrangées et les avais à peine regardées qu'un ï||p

domestique entra nous apporter du linge propre et .;\I^|f : K

des vêtements . Je regardai ensuite par la fenêtre i i|i||i

dans un jardin, qui était vraiment merveilleux et d'où s'exhalait une fraîcheur embaumée.

On autre domestique entra portant une lampe de corne artistiquement travaillée où brûlait une huile de sésame exquise.

ce Te plaît-il de venir chez mon maître? demandat-il très poliment.

— Oui; où est- il?

— Il te recevra dans la chambre où tu l'as

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J'y allai. Dans le corridor brûlaient plusieurs lampes comme la mienne qui projetaient une lu- IIP

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mière crue sur le corridor orné de toutes sortes de ial

sculptures étranges. Le Phy et son fils nous attendaient dans la chambre où était servi un souper qui ne le cédait en rien à celui de la veille. Je faillis éclater de lire en voyant Turnerstick entrer à son tour la natte de travers et l'ombrelle sous le bras. Il avait,

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par contre, déployé son éventail et le maniait avec tant de force, en saluant, qu'il semblait vouloir assommer un bœuf.

Les deux Chinois gardèrent leur sérieux , et nous passâmes à table, Turnerstick s'épanouit et posa son ôïnbrelle dans un coin.

<c Tsing (asseyez-vous), ;» dit simplement notre hôte , et nous nous assîmes.

Le capitaine replia ses manches démesurément larges et saisit les confitures qu'on lui tendait. Le Chinois, à l'inverse de nous, commence, en effet, par le dessert et finit généralement par le potage. Il ne boit pas non plus son vin dans un verre mais dans un gobelet en porcelaine. Entre les services, on se lève, Gii fume une pipe, ou l'on se distrait d'une manière quelconque. Les femmes ne sont jamais présentes \ c'est tout au plus si elles ont la permission de regarder à travers le grillage de bambous de la porte voisine.

Le repas fut silencieux, en dehors des politesses indispensables. Nous en avions trop sur le cœur pour soutenir une brillante conversation. Mais après que le maître de maison eut porté sa baguette au front et l'eut déposée sur sa tasse pour indiquer que le souper était fini, Kong-ni sortit une bouteille de Tintio (vin portugais chaleureux) authentique cachée sous la table. Le domestique apporta des verres et les langues furent bientôt déliées.

<c Charley, quelle faute vous commettez! me dit Turnerstick.

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— Laquelle ?

— - Vous oubliez votre ombrelle.

— Dans la chambre? Les deux autres ont-ils apporté les leurs?

— Non, ils n'en ont pas besoin comme hôtes, mais nous sommes des invités et devons nous comporter comme dé véritables Chinois, Cette faute n'est pas pardonnable.

— La vôtre non plus.

— - Laquelle?

— Vous m'appelez de nouveau Charley.

— Well! vous avez raison, master Kang-fou-kingwon-koung-fou. »

Jusque-là on avait évité , par politesse , de nous questionner sur nos aventures, mais Kong -ni commença:

t< Le Tseba-jouan nous écrit que mon talisman vous a rendu service.

— Certes.

— Peut- on savoir comment? »

Je leur fis un récit détaillé de tout ce qui nous était arrivé; ils écoutèrent sans m'interrompre.

« Tu supposes alors que le Kiang-lou se trouve ici à Li-ting.

— Oui, d'après ce que j'ai entendu dire.

— Alors il faut que tu portes plainte?

— - Je m'en garderai bien ; je ne suis pas serviteur du Hiou-po à Pékin»

— Tu parles sagement, car une plainte semblable pourrait être cause de ta mort. Combien de temps veux -tu rester en Chine?

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