RECIT
Nous avons laissé Silvestre tombé sur le parquet. Un moment il sembla mort; car il demeura immobile. Il avait éprouvé un de ces terribles accidenls où h» vie demeure complètement fiuspettduc pendant qnelqpes mom^uls, si biea que si on ne la rappelait pas immédiatement par des seocMirs.aeiifi, elle ne reprendrait plus son confia MmB que la seien^ce puisse préiciser le moment exaetr.où eHia «l^andonne le corps, où Tâme immortelk se sëpaife^^ liit.déiponille périssable. .
. Cest précisément parce quoi je suis profondémeni forant en. «édecine, que, ne sachant comment oon^mer l^iUeinU violcRte et rapide qui frappa Sijivestre^ je <yrai
eomTOenV et JQsqn'ù nvtel foiftt elle dul épouvanler- fséux qui en furent témoins^
Silvestre éUrft étendu pur lerre, drnis «n ëlatdini«» nobflité^ parfpiile. Qaan4 on voubt le relever^ le cwps et tes membres flébhtrent sans résistance, pëSMVIs du foiéë ilierie de la mort; le yisage était dnioe pâteup eadiivârique, jes yeifx étaient fenn^, la bouehe entr^ouverie, et queK* qoes gouttes de san^ s^en éetiappeietil nue à nne^ Le seul symptôme qui eût pu dire à un kémme de PartdeiiM^l «lal avait été frappé Sllvestre, c'étail le gonflomett» ex« cessif de la poitrine que M. Simon remarqua lorsqu^il oui urrairfié la craTate et le ^klt de de Frosnf ^wr «asayer ée le fafre respirer. L^avoAé, aidé d'un d#me8tiqne, Wnit |>osé Silrestre sur un divan, lancKs qu'on était ailé ciMt*^ eher «n «édeein. On avait souteno la tête du mahide «VM des coussins, et il était légèrement indké du e^té du sa*» Ion, de façon que cette figure morte se trouvait tournée en face de ceux qui étaient autour de lui. M. Simon, à genoux près du divan, cherchait le pouls qui restait muet^ M°^® Simon apportait des vinaigres, des sels, tout ce qui pouvait ranimer la sensibilité éteinte. M. de Bellestar n^arait eu qu'Hun mot, c'était pour metire sa voiture^ qui }*altendail à la porte, à la disposRion du domestique cbaigé d*ffller quérir un médecin. Après cette bienveillanl» el Mlive participation aux soins qu'ion eherehait à doMmr à Sîtyesire, il s'était remis le dos à la eheUHBée, gromnelM* eontre ces sensibleries romMiesqnes, finsant-une roope^fcé^ éaigneuse à Tidée de tenir par quoi que ee soit à un moade oh il se passe de pareilles scènes, fort mécontent 4^èiPl venu, encore plus mécontent de ne fonvoir s^n aitor, et, au MitteH de ^ mécontentement général, Ironvant fiMo pour penser à nn àcâdent pefssibH' pour sa TOiluf« et ses
éhevanx- que le domcslîqne bonrifeols de Inavoué «ira pro-* bablement ordonné de conduite ventre à terre.
WM^rmstmtni que le marquis se fie à f*adres8e et à Ya prodeiiGe de son fidèle FiM, qui nrhësiieraH pas I er9^ rer ses eheranx ponr fiiîre Mri?er ^ott maHre à Sàhài^ C^dvd on à NeuHly avant tons ceux quMI rencontre, mafli qui' ttinr pas s^efmnser à les rendre malades f our seeofrr# nn clerc <|al se meurt. Cette justioe rendue à son coohet Mme f*a|^ation de M. ^e Beffe8tar;f il en rMiRe fÉ^ peut obsetver ce qarr se pusse auteàr de lut, et son MtiH lioii se porte sur SfrHtne. Elle est debout au pied de dl^ van, les bras pendants, les deux mahis croisées, Iki HHè penehée en avant, le regrard ntMofré au lisage de Stivestre, resU démesurëmeni ouvert et Immobile, la bouche légèfe^ ment enlr'ouverte aussi. C*^t à la fois l*expression de répouvante et de la douleur poussées à leur dernier terme. C'est une admirable statue presque aussi blanche qtie le malgré, aussi hnmobile et aussi Urofde que lui. A ce momenf, il faut le dire, Sabine ne pensait pas. Une pettsiici, si confuse qu^elle eât été, eilt sans donle agité d^mi mo«<* vement quelconque, dMn frénisseflMnt totff, eetle com* plëte Immobilité. A ce moment, drsons-nous, Sabine m pensait pas, elle souffrait; et encore souffrait-elle d*nn6 douleur continue, et pour ainsi dire fixe dans son iulen* site. Il semblait que Sabine fllt sotii Templre d^tih puisàimt et Invincible enchantement qui la tenait liée immobile à rimmobiJité de Silyeslre. Et peut-être est-il vrai de dii'e que si cette stupeur de de Profsny eût fini par la mort, la "Hè dé Sabine, suspendue à celle de StiVestre, se fiM en allée avec eiJe; ear ee^ ne tbt qu*aa moment oft ude lettre expiration, accompagnée d'une abondante éaiissioii de ^ng*, annonça que Sllrestré vHrifit ettcere, qu'rin sou-
pir profond s'ëcbappu de la poitrine de Sabiae^ ious itux reprenaient ensemble la vie et leur souiïrance.
M. de Bellestar n'était p«s homnie à so/Aj^onmer le s«eret vrai de la douleur de sa future* H afrait celle subliioe confiance des sots ^ui en fait les enfants jprivUégiés 4e la nature, et qui ne lui p^metjtait pas de croire qu'une {anune à laquelle il avait adressé ses bommages pût penser à, un autre homme que lui. D'ailleurs la douleur de, Sa-r bine pouvait s'expliquer par Jk rem<»tls; car enfin elle étiût la <^se du désespoir qui avait failli tuer ce jeune homffie, et ce devait être assez pour jeter une' pareille épowraiite dans une âne comme la sienne.
En conséquence, M. de Bellestar respect eei^ sla- .peur désolée^ jusqu'^au momeat où, s^on lui, eUe devati eéder à son intervention. Au premier mouvement que iit ^Ivestre, le marquis s'approcha de Sabipe, et lui dit ayec ^affectueuse supériorité d'un homme fort:
^Allons, mademoiseUe, calmez-vous, ce ne sera rien qu?an léger évanouissement. Notre jeune protégé reprend ses sens; il n'y a plus le moindre danger*./^
Sabine n^éceuta point IL de Bellestar, et ne le regardai point; mais sas lèvres « déliées de leur inuaobilUé, tandis que ses yeux demeuraient fixés sur le visage de £^l* yesife, murmurèrent tout bas:
„0h! oui, je letSauvetaL..
*^ Mais il est sauvé, fit IL de Bellestar; revenei à vous, mademoiselle^. ^^
Cette fois Sabine revint à elle, ou plutôt revint à. IL de Bellestar; elle le regarda tout à coup, et., comme si la présence du marquis eût enfermé pour elle le résumé de tout ce qui s'était pa^é à propos de leur madag^, comme M les mots qu'il venait de peonoecer eussent été une nou*
Telle demamle à ee sujet, elle lui rëpondil en se dët6«rw nant de lui:
y,0hl maintenant, monsieur, jamais... jamais!...^
II. de Bellestar ne comprit pas, mais il demeura tout stupéfait de ces paroles.
Cependant le médecin venait d'arriver; il parla surr le-'champ de faire une saignée. Sabine quitta le salon. W^ Simon y demeura. M. de Beilestar, fort préoccupé de comprendre ce qu'avait voulu lui dire sa. future, demanda la permission de se retirer en promettant d^envoyer le lendemain savoir des nouvelles de M. de Prosny. H. Simon lui répondit à peine et revint près de Silvestre sans avoir un moment pensé à sa pupille. W^^ Simon Tavait vue s'éloigner, mais à ce moment sa pitié était toute pour de Prosny, et elle voulut attendre la décision que porterait le médecin après avoir donné ses premiers soins an malade.
Sabine rentra donc seule chez elle. Au moment oà elle passa le seuil de sa porte, elle s'arrêta comme si un« TÎsion inattendue se fût montrée à ses yeux. Ce n'était rien, ou du moins c'était bien peu de chose. Ce qui l'avait ainsi arrêtée, ce qui la fit rester un moment sur H seuil de sa chambre, en murmurant tout bas des nombres qui se suivaient exactement, c'était le bruit de sa pendule qui sonnait minuit. Minuit, l'année était close et une nouvelle année commençait. Combien de fois Jusqu'à ce jour Sabine avait attendu cette heure, joyeuse des présents reçus et de ceux qu'elle attendait, Tœil fixé sur le cadran pour être la première à courir à son tuteur et à se jeter k son cou! Quelle joie alors, quels rêves, quels souhaits, quels vœux! Aujourd'hui rien de tout cela, elle était seule, et ce premier moment de cette nouvelle année tenait sva-^
p«Aiiiid, pffès 4a la mort la vie d^ rhonupe dont sou pèr9 avait dévoré la fortune, et dont elle-même avait hris4 I9 coeur ^t presque Texiatence»
Saliioe ne se prit point à pleurer. Elle iTassit lentement et posément sur un fauteuil. Bile sentait sans pouvoir le comprendre que toute une révolution venait de s''opérer en elle, et il semblait que le hasard, qui avait folt sonner sa pendule, eût voulu lui «n marquer Tlieure so-* lennelle et remarquable.
Une pensée unique et profonde occupait Sabine: c'^était de réparer le mal qu^elle avait fait, sMl était réparable; c^était de l^expier, s^il ne Tétait plus; mais Sabine à ce moment n^avait plus en elle-même cette confiance qui lui avait fait fuire cette action qu^e le avait crue* si bieù faite, et qui avait amené un si triste dénoûment. Elle se décidait à cette heure à soumettre longtemps encore sa vie et ses volontés à Tempire de Thommc qui les avait dirigées jusque-ià , aux tendres conseils de la femme qui savait, elle, comment la vertu est bonne, comment la générosité reste digne de ceux à qui on lUmpose. Le fief oaraclère de Sabine était soumis à ce moment, si bien soumis, croyait-clie, qu'yen pensant à Silvestre elle ne pensait pas à son amour.
Mais ce n'est que parce qu'elle ne s^occupait que des sacrifices qu'on pouvait lui demander qu'elle les acceptait si facilement. C'est parce qu'elle se rêvait une vie d'ab» négation et de solitude qu'elle se trouvait ai prompte à l'adopter; c'est parce qu'elle ne supposait pas qu'ion pût lui demander autre chose que le malheur auquel elle se condamnait, qu'elle se croyait devenue ^i obéissante.
• Qu'elle «ût uB saulipatan^ supposé M. Simon «ap«bte '
do lui parler le Jwigage qu^^ét pmit^re lea« M» M Belkfltar^ qae son lutettr fêà veno 4lre à Sabine:
^Ma cbère enfant, vous avex fait plus que vous «o 4eyiez, vaus n'éles pas et vous ne pouvez pas être res-^ ponsable des susceptibilités de M. de Prosny; ce qui esl arrivé est très^fàcheux, mais enfin il se porte bien naîa^» tenant» Tant pis po«r lui sHl ne veut pas qu'on Taide à sortir de la mauvaise position où il est; vous ne pouvez pas passer toute votre vie à refaire des fortunes défailM^ Vous êtes jeune, vous éies belle, acceptez rexistenoe comme elle s'^offre à vous, toute remplie de plaisirs el de triomphes; jetez un^oile entre l'avenir qui s'ouvre si riant et un passé qui ne vous a jamais appartenu; reprenez voire gaieté^ vos projets, votre insouciance.^
Oui) certes, qu^elle eât pu eroire M. Simon capable de lui parler ainsi, et elle se fût révoltée, et elle eât trouvé en elle toute la puiasanee de sa volonté pour ré*» àêict à son tuteur. Mais elle ne prévoyait point, elle tte pouvait prévoir de tels conseils. Vivre séparée du monde et privée de toute affection, voilà la pensée el presque la résolution q«e caressait Sabine dans sa douleur soUtaire. Cornaient vOulez-vous qu'elle pensât à son amonr? Ce u'étak pas pour lui donner de l'espoir, elle qui renon* çait à tout bonheur. Ce ne pouvait être pour le regretter, oar eNeMM était à ce point de pitié sur elle-même qu^elle ne se croyait pas disme de ioette souffrance, fil pni^. a virai dire, aMnattrolleSUvestredans ce moment? Cet bomme qu'elle avait pris plaisir à bercer dans son cœur, comme mi être ^souffrant, malheureux^ abandonné, doot eUe pouvait être l'aile, le soutien, l'nnge protecteur, cet Inminie ne venait-il pas de briser ce rêve? né s'était-il p«s Televé à sa hauteur? n'était-il pas aussi fi»rt qu'elle?
MalUeureosemeiit ponr hit^ iltie PélaU pus pl|is. Si de Prosny, dansr cette dernière reneontre de. son Âme aveé «•Ile de Sabine, Tavait tout à fait insultée et méprisée, sMI- TaTâit ftccafolée de ses ressentiments et de sa colère, Sa^ bine tremblante et brisée eût peutrétre senti crier en elle son amour vaincu et dédaigné, car Tamoar n^a que deux places en ce monde, cdle de tyra« ou celle d'esolavo. L'^amour qui prétend vivre dans Taecord égal de deux to^» lontés, cet amour n'^existe pas* Seulement on se trompe si souvent au bonheur qu'en trouve à obéir, qu'on le prend pOur de la liberté; mais cela n'était point arrivé; et si on eût pu pénétrer dans le cœur de Sabine au moment précis dont nous parlons, on eût été peut-être bien surpris de ne ]>as j sentir un battement d'amour. On eût dit qu'il était au iftle comme était, une heure ayant, la vie dans le corps de Silvestre,. prêt à fuir pour toujours, prêt à revenir ai quelques soins venaient l'y rappeler.
Sabine restait plongée dans ses réflexions, sans iaquiélnde sur le sort de Silvestre, comme si un esprit étranger eût fait qu'houe le sentît vivre parce qu'elle vivait. A ce moment JkP^ Simon entra dans la chambre de Sabine et parut fort étonnée de la trouver si tranquille et de i'on*tondre lui dire d'un accent calme, quoique empressé: .
„Eh bien, comment va M. de Pfosny?
— Sa vie n'est pas hors de danger, dit M"»* Simon blessée de la froideur de Sabine; on l'a transporté dans le cabinet de M. Simon, qui veut passer la nuit près de lui , car M. Simon est désespéré de ce qui est arrivé.^
Sabine ne répondit point, et M°*® Simon, qui était entrée avec le dessein de ménager cette âme qu^elle croyait n malheureuse, de plus en plus blessée de cette apparente insensibilité, ejouta d'un ton fâcbé: '
^Oh ouil mon mari est désolé de vous avoir laissée faire cette action, qu'ail pouvait empêcher.^
Sabine re^ut la leçeh An même air calme dont elle «¥ait accueilli Tarrivée de M*"^ Simon ^ et répondit triste^ mm/^^ nmis donôemeiit:
^Jie finis ^ne ^>st uii« graftde faute que fai faite. ëHift Diéiiv ajonla^t^Aelk e«i letont les yeux au ciel avee urne pdëfe ardente dah6 le irvgMd^ firnse Dieu que ce ne «ail |>flS un crime! Mais personne ne peut, je le vois, tt-^ Hier tout à- fait rhéHtae:e 4^ mal qui M a ^été légué. Je 4«¥ftis 4tns fatale à il. de Vitm^ comme fy>nt été les lAieÉB, Dien sai^^ué }e «e Tai pas voula^ Dieii sait qdé levais jpt«uf lui l'estime la plkis vraie; Dieu saH qu'il y à ' «tt un Moaieni ^ j^ài liésité à feire te que f ai fait...
— Tu prévoyais donc ce qui pouvait arriver? dit !!■>• Simon, qui oommen^ à soup^niier la profondeur it*lin teinolPîd* %m se 4nontFafl ël p«i» si tu le prévoyais, pourquoi ne pas nonâ etoît dH tes ct^hiies?... pourquoi i'W-'hi Caitt
^ Pourquoi j^ rsi drH? s'éeria «tM^ à cdup Sabine. <Mi| te imr^H j^ai été «ûilte^w 4é M méconnu... f «i...*^
Bon afflo^r venait dé revenir.
^ais q«restH;e doue?'* fit M^ SîitvMl, aUrtnéé de tMe sondàint exfAosion»
y,Rien, dit Sabine en s'éloigtisnt de sa tntiice et en lôMbant sAns force sur le siège qn'eUe arsit si tiranquille* ment pris un instant ayant; rien... Ne me demandez tien, «'éetia-'t^le; mais je suis bien malhenreuse!^
Cette fois elle pleurait.
AU JOVB Iil JOVB. T. Ut
M"*^ Simon crut comprendre les larmes de SabÎAf^ mais elle attachait un si grand pri)c au sefis^'eHe pen<sdit y deviner, qu'elle voulut en être complètement assurée. „Oui, lui dit-elle, je sens que tu dois être malbdttreuse; tu avais fondé sur l'envoi de cet argent Tespoir de réparer des torts qui ne sont pas les tiens, et vis-^-vis de tout autre q<^e H. de Pr^siiy il est probable ^qua tu eussiis réussi. Mais (et en parlant ainsi M"'^ Siifton eiCaminail ^ . tentivement le visage de sa pupille), mais il y a 4afis Tânie de Silvestre une hauteur, «ne dignité que tu jtTas pas comprises.
— C'est vrai, dit tristemept Sabine.
^ C'est que vous autres, jeunes têtes, dit H"'^ Simon en lui essuyant dopcement les yeux, vous vous imaginez qu'ail n'*y a de grandeur et de courage que daas les actions qui appellent les regstfds et les applaudissements du monde. Ce ne «Qnt< pus tOHJ^urs oeiuc qui vont le plvs loin qui emploient le plus de for^ pouf arriver^ et dans la lutte qu'il soutient depuis huit ji^Ks , M. de Prostty a fait peut'-être plus d'efforts pour rester ee qu'il doit être, qu'il ne lui en eût fallu pour arriver à se faire remarquer/^
Sabine n'écoutait sa tutrice qu'à. moitié; elle n'Bvail saisi de tout ce que M°*^. Simon venait de lui dire que le sens général^ qui lui apprenait qu'elle n'avait ^s compris le caractère de Silvestre.
„Sans doute, lui dit-elle, je sens que je l'ai blessé, je sens que je l'ai traité selon les apparences qui pouvaient aisément me tromper.
Si
-* Aht dU U^^ Simon en rinterrompant avec une 4oaee Taillerie, «'est toujoura rhistoire de MM. les clercs d''aYOué, a'esUoe pas, pauvres jeufies gens, si ndiculea et si incapables de sentir la vie d^nne manière élevée?..,
— j^on, madame, non, ce n'^st pas cela, ^k Sabine^ depuis ce jour-là même que je me suis attiré cette ,charnante et bonne remontrance de M. Simon, depuis ce jour, pour la première Ibis, j'ai vu de plus près M. de Prosny: je l'avais jugé un bomme supérieur et distingué, «t c'est précisément parce que je ne lui 4Supposais ni passions étroites, ni ipesquinerie dans Tesprit, Kfest précisément pdtce que .je croyais à là générosité de son cœur, que vous me voyez si élonnéci dans mon cbagrin, de la vio^ tence avec laquelle il a repoufsé un bienfait que j'avais essayé de rendre aussi inaperçu que possible...
•^ -^ Tu t'étonnes de cette douleur, Sabine? reprit HiP^^ Simon; n'as-tû j)as quelque soupçon de 4>e qui a pu la causer?
^ Aucun , répondit Saliine naïvement.
— Chercbe bien, reppit sa tutrice; voyons, toi-même, W-lo agi vis-à-vis de M* de Pnosny comme vis-à-vis de tout autre homme?^^ *
Sabine baissa les yeux.
,JN'y a-t-il pas un jour où lu as hésité à lui envoyer cet argent parce que... parce que tu as pensé que M. de Prosny était trop noble pour l'accepter?
— C'est vrai,
^ Ëufin, un autre jour n'est-il pas vomi où, parce que tu as été folle, viens- tu de me dire, parce que tu Tas méconnu, tu t'es décidée soudainement à accomplir l'action que tu hésitais à faire la veille?
— C'est encore vrai, répondit Sabine.
Ufté vivô rOuf ëdr ttionlfi ittl. irisagr^ ^e la je^è IHe? MM le9 jeunes «oemrs qui detit^t heê (UTéiiiièfe^ eftl^iltek de l^aittour softt si épo^tantés d«s ëiffttfg'^s sestftneiits, des idées déi^sisomfâbhBS qu'acnés letir insfi^ttt^ qu^ils ifoseàt et! fsire rsveu. Sabise ttugit ei utt répondit ^,
Mftis M"» Simo* «tait YA&tL àéetéêt à faife }Mirier e6tl« diM qui se lardait dt»*s sofi sll^ekice^ 'et t\it re|)nt, e« Kttiranl Sabittô f^rès ITell^:
^Eh MeA) moft enfant, il y ti dotit efa i<»i qtmlqtte dtose qvfi (Ta f»il ag^lr ]^us vlvièftefil q«e tu «Paill^ais voulu; ttt dois t^r eotis^*^^mii tomi^Pei^iré et i^vt^ttti^t Kà colère qtfi u ént^aÎBé M. de PNfSnf^r un tnonekil tii f^à cru *udesstis d'un pareil bienfilit:'. qui sait quel setfiitieht défidal il a pu te supposer ée s<Mi côCéT f^is, tu es rev*eA«e siir t^ti premier JvgeRMni: qui ^aR avec q«t«l diègHh il a ré-* tôqtté cél^ qu'il a ^'nHrd fxyrté ^ir toi? Le d#lt que itt as.éprouvé contré Silvestre n^a-t-il pas pu aller che£ iMt jusqu'au désespéirt* • "
(Sabine PS^rdait sa tnirîéè Wto tlUe ^surpr^e pleine dinqmélude; il loi seWbUvft jfu'eHe tduofaaitli l'endroit lé plus caché et le plus sensible de son 'cc^âT^ iitAis sans 0S6r croire qu'elle le fît volontairemenl.
M*"® Simon s'aperçut des sentlmefits de sa ptipUle et ^uta d'une voix basse et pénétrante:
^Si la misère n'était pas le i^m gtsttd maHiewr de U. de Prosny, si le seul vœu involontail^ de son cœur, le seul qui p^ lui promettre le bonbeur devait lui paraître impossible à réaliser; si enfin ce n'étoit pas sa fortafte perdue qu'S fleurât aujourd'hui^ si c'était le repes et te résignation dans la modeste earriète à laquelle il s^éraH condamné qui lui eussent soudainement été armchés par
une piu^iQ» oonir^ hqmV(9 il lotte vaiiiemeft^ Qompreudslu ce qu'*a dû devenir pemr lui ^espèce d''«ttip&ne que tu
^ l^is» fr'tfom vivement Satoe e» ioUrron^Nivt M*^^ Sini^) j« M ve«0 a>m(iroiida pA9^ j« ne piiia vous comprendre; de quelle passion nm piivle^?oii«? Ôiiel seii<- / liment, que je ne conn^ia pas, ai-je pu biesser en lui?
-^ 8abi«e> Si*iné, reprii ll«« Simon doucement, si M. de Froany avait mv^U ton pèr«, d^lHi«0ré s^ vttir moire; si lu avais, aux yeux du monde, le droit el le de^ y^T 4e lo kaln, et qne oepcndaait tu sentisses pour lui une jttdnlf enœ ineiHe» un pardon g9p> mottfy un Msir îhvmmûU^ 4fl la voip heurettK4 ai lu «eai^ quo (« as d<aii9 lo ci9iir toul oft f it^l bul pouf ceto>y ne aerai^-tu pas lionteuse do ne pouvoir surmonter celte indigne foible^se; el s''il arriérait, qn^on viol Voffanser par le t^moi^^nage d'une dé- 4ikigne«^ pUiét no to lenliraii-tu pas bun^iUée fft dése^^ pérée?
^ Haie c''«9t qne je raimeraia alpr»^ repiî! Sabine tout éperdue, et ne sachant où M"^ Simon voulait rentrât**' mtr Iremblfoie ^^ ei^r^^;^ no milieu de lontea ^ émotions qui se heurtaient en e11e«
— Eh bien, reprit H^ Si^ttOn^ aTil paimaiHuL..?^
Sabinte s» leva iàut à coup, f uis« ionibnni à genoux dAHFfinl M"^ Simon 9 nlln oa«bi /sa 46l« aar aon giron en
,«014 ma mèffe^ RPA in^.*« n^ me dilea pas joelal^^ Célnit la poonpii^Q foia 4e isa vie que Sabine dpn^nit œ n<M» à m tulrice^ H\^9r<i nviiil donc apporté une bien granda jnie ^ ce «œur inqiiet, que k mo( fût venu à ifi jonne AHe p^nr rnmerçier «allô qni lui nrmt donné, ne boiiiMV.
^FourqBOi?* reprit M"»*^ Simon doncietnent, ponrqttoi ne ve«x-lu pas que je le le dise?**
Sabine releva toui à eoup la tête, et r^^aréa finement M*** Simon. II y uvait tonte nne histoire dans ce regard, une de ces histoires que les^ femmes disent ainsi, et qne les femmes seules savent lire.
„Mais il est donc sauvé?*' s'éeria Sabine. s
Cela ne voulait-if pas dire: „Vons ne m*iinriez pas jeté cet espoir et ee bonheur dans Tâme, si j^avflis dû en bouler.**
„U ne peut Tétre, dit W^ Simo^i: aux maladies qui naissent du désespoir, la joie est le meilleur remède^ Si Je pouvais lui dire de toi ce que lu viens de dire de 4ui.*.
— Ohl non... non... je vous en prie, il Sabine.
— Pourquoi donc?
— Il faut qnll fesse p4us qne m'^imerç il font qn^^il me pardonne... Et puis, ajouta-t-elle tout bas avec tris^ tesse... qui sait si vous ne vous êtes pas trompée?'*
M"^ Simon allait ré))Oiidre, lorsqu^an domestique ac* courut.
„lfadame, madamel dit-*il, monsieur Tons f rie de passer chez lui. '
— Qu'est-ir donc arrivé?
— Il paraît que M. Silvestre est an [^s mal.**
ffi*"® Simon courut, Sabine la suivit; elles enifèt^Oi ensemble daiis le cabinet où était couché Silvedtré. H était assis snr son séant ^ retenu par deux domestiques, et portait atitour de lui des regards sombres et agités.
„^Pourquoi m*a-t*oH couché dans ce lit? dSsait«dl d'une voix brève et nette, l^i ma maison... Je veux y aller... Je n^ai besoin de personne... Ahl e^est vo^, mat dame? dit-il à M™<^ Simon en l'apercevant. J'ai bien mal
à la tête, et j'ai le cœur qtti me brAte..; Je vous salue^ mademoiselle, ajotita-t-il en «''adressant à Sabine. Cesi bien; je tous att^dais/^
Il était plongé dans ce délire sans hallncînations qnl ne touche qu^aux choses vraies, mais qui n*en a plus la conscience exacte.
„Donnes-moi mon habit, tiKt-il tout à coup à un domestique; là... le voilà...*'
M"*® Simon fit signe au domestique d^obéir. Celui-ci mit fhabit dans les mains de SiWestre.
De Prosny fouilla dans les poches de côté, et en ti^ fiBt les vingt billets que lui avait remis sa tante, il les ieaëit brusq^^ent à Sabine.
„Voîlà vos vingt mille...! Non, vos cent mille... P
Il s^arréta en murmnrw^t tout bas:
„Vingt ndlle!... cent mille!../'
Il prit \ta paquets et se init à les compter.
„C'est vingt mille firanes!... o'^est çal...''
A ce moment l'œil se troubla, un tremblemeot nerveuse s'^enpara de lui, et il se mit à dire à HL^^ Simon:
„Comprenez-vous, ma tante, cette M"« Durand?"
Il ne reconnaissait plus ceux auxquels il parlait.
„Comprenez-vous qu'elle me fait demander cent mille francs par son amant, le marquis de Bellestar?
— Son amant! dit IIP® Simon oubliant qu'elle parlait à un fou.
— Bah! elle l'aime, elle l^épouse!" Il s'arrêta et se mit à rire.
„yous ne savez pas, je danserai à leur noce, en cadavre... Oui, je reviendrai pour y danser... ça lui fera peur à elle."
Sa figure devint plus somIBre, et 41 reprit:
,3b l»ien! iQ4kjme«](, m Mlrt«9 tant mieui^f qWMi '^ i^rai jnart. Vous av^z de. quoi \ivKo waiQle»aA^ i:qh3 leur avez pris le reste de leur» i»ulk mU» Cr99C#9 \m^ «vei biea faUU."
m 80 prit 9 3'^îter viQlemvmi^ à»p^ Jiaa.Jii» «l
s'*ëcria :
^Hon Diea, m#H Dku, que i'^Â é(é M|o «ffec me» serupules... Vous avez serré Tarfent] «'est bien faiL 4^ ne lui «n dirai riei^n^^
Il tendit la mai» i y,i^ Simoa^t b|i dil^ ayoi^ |i|i ti^ q^ pl(ein d^ l^riifi»;
9)^i« ja T(HU Jt Jure, jA ne. lit eÉ dim nea^. aui» TOUS, je vous en supplie, ne hii dilet pss 91^1» faHMb^ Je tooa m prie^ ne le lui ditoa piii.« C'est aal^ e^est lâche, c'est infSme, n'eal^Nce pea^*.. Mak tena, vefei, je suis tout plein de sangr*»» Bile lâHi vQuliri«er;u'^e n^a donné un coup de oouteaa là... Je Tai sefti ^al «le tuait... Eh bien! c'est égal... e^est é|^L..^
Ses yettx 9é ttHiraèrenl vers Stoftine, qui Varyaiifa vers loi le ccrar pleia d^afne Tlte éniotioB ; il lit pefftrde ire^ demenl:
„Vons êtes !!"• Durand^ M dlt-ïf d*nn ton dédaigneux; mais retournez donc avec votre H. de Rellestar^^^
Après ces paroles, il fl^cma les yeux et parut plongé dans un profond recueillement qui dura quelques yiînjnte^;^ puis il rouvrit leç yeux,, r^arda at^tour de l.vi et n'*arrêta ses regards que sur H. Simop.
„Ahl ifi YQua re«coiiire, taiit mieuj^ j^ \i»f^ de voir «tan père et je lui ai tout dit.^* H ni'apprQuvc^,, il âil m$fi je fais bien de revenir avec lui et ma mère... IL p^ but pas m'en vouloiiÇ do m'*» ^U^if de jçben vxw.,^ (P'W* pour
m*en aHçr avec mot) pèire. Il n'est pas plus acke qu'autrefois... ^l}€k Tat bien longtemps ajbaadooné...
/ ^ Kais o4 es(->il voire père? dit M. Sm^ espéraut n^mener un. peu ^lle pensée qui s'égarait.
~ Mais... vous savez bien où il est;., il me seorf^e ^1^ que je le j^avai» tout à Theure*.^^
Silvestire pajrnt toutbor ^n» une pcolonde léflexipM, ses yeux se fermèrent . peu à peu, un sourire presque joyeux pas^ auip ses lèvres qui murmurèrent doucement:
^lû,,. #ui.» JA vois lUen qù il est maintenant, le voilà qui ro'^peJleo. J'y vaiis.,^ j'y vais,^ il w'onvw..*'
J^ 1^ derjiier mot il se renversa .sm; sQf^ lit wi pous- 8jM lN(t cri ^rriblè et ei\ se débattant..^
,^oi)„, ii9n,^ c'e^t la mortl,^. çriail-il... |ion, je im pni« ptos-rnow"" ma|»t€««n^ il f^^t qweie vive, il fout fV^ j€ travfiill^ eaoojçe, mon père. Votre sœ^r m'a vqlé 1"»^'gent de cette femme, il faut bien que je le gagne.... i^ me d4p^ch^«^«i alilendez^. ftlieadeiQ.^^
, ]?uis un orage de ^«^glo^s s'écbapp<^ de m poii»Am pendant lequel il pom^i^ des c^is confus. J^nfin il s'arrêMi tout à cciup, et regardant M r Simon fixement, et cette fois comme si toute sa raison lui fût revenue, il lui dit:
„Pouviez-vons supposer que je descendrais à une pareille misère, qu'il ne me serait pas permis de mourir...? car, ajouta-l-il avec force, je ne veux pas mourir avant d^être quitte envers vous. Vow^^^
Sabine crut comprenilre que le délire de Silvestre avait «eiSSJÊ^ et, demeurée sous l'impression de la dernière parole de M>"® Simon, elle s'approcha du malade, lui prit l^ip^in et Ini dit d;uAe vi>i^ chArmaute:
,^e >iou& Airai» moii, m ««oyën de v6u$ acquitter em- \^ wmi ^^ 4ç im^ fçnd^Q q^itie& envers vwiUl.^^
SiiveMre la regarda d'un air craibHf et étonné. „Et quel est ce moyen, mademoiselle? lui diiw].
— C*esl d'oublier le passé pour nous le faire oublier, c'est de ne pas avoir peur d'aimer les genu qui vous ai<^ ment/^
Silvestre, qui tenait la main de Sabine, ralthn vivement à lui comme pour mieux la voir, et répéta: ,^Les gens qui m'aiment... qui ça?...
— Mais mon tuteur, M*^ Shnon... moi aussi...
— Vous!" s'écria-t-il avec un éclat extraordinaire. Pois tont à coup il repoussa Sabine et reprit: „Otez^moi de ce lit... je venx ine lever... Je ftiis des
rêves qui me tueni... Je ne veux plus dormir... Laisaezmoi me lever... je souffre trop... Ohl mon Dieu! fit-il en «^affaissant et en. retombant tont à fait, j^ai tort, vos anges ont pris sa voix pour me consoler... car je l'aime... je l'aime."
Ce mot, incessamment répété, se perdit dans nn sourd murmure et parmi des larmes abondantes. Puis le sommeil arriva... 11 avait pleuré aussi... 11 était sauvé.
xtni.
2 jftDffer 1844.
L'année n'avait commencé joyeusement pour personne. M. de Bellestar s'était retiré fort mécontent de la scène dont il avait été le témoin, fort intrigué des derniers mots
de 1^ Durand, blessé dans sa jtttnié de ce qu^tm matlienr, qaelque grand qu'il fût, edi pu occuper Taltention de Sabine plus que sa présence. Cependant ce dépit et ce à€»^ appointement n^em péchèrent pas M. de Bcltestar de dormir: ce n'*est pas pour rien qu'on est bâti comme un Hercule. Le i^ommetl e^ nécessaire à ces grosses natures, et il n^ a guère que les êtres chétifs et qui semblent toujours prêts à quitter la vie qui ont la force de la supporter presque deux ftMS, c'est-à-dhre dans la veiWe et dans llnsomme.
Mais M. de Beflestar, après avoir paisiblement dormi, se réveilla au point juste où il s'était couché, c'cst-à-âife Irès^dé^ppoîttt^ et très-maussade. Notre marquis était de ta iMiture de ce fiascon qui est éveiHé soudainement au mi- •Heo d'un profend sommeil par ce cri de son valet :
„MoMleÉr, monsieur, votre père est mortl"
Le 6«90on ouvre la moitié d'un œil, se rétourne et répond en remettant la t£te sur l\)reillcr et en se ren- -devant: .
„Ahf mon Dieu! mon Dieu( que f aurai de chagrib Aamaià matin I^
Probafylement M. de Befle^ar s'était dit: „Je penserai demrain matin à comprendre ce qui m'est arrivé ce soîr.^^
Il ne faut pas cependant blâmer le marquis de ne pas avoi^ essayé de comprendre, tout de suite, le vrai sens de la réponse de Sabine, car il n^ comprit absolument rfek après l'avoir longuement étudiée durant toute la matinée d^hier. Quand il considérait M^ Durand, H avait bien queftque idée qu'elle ne Teimait point; mliis quand il se considérait lui-même, Il revenait tout aussitôt de cette opinion fofle el déraisonnable.
« „Je la cortrble, se disail-il, et c'est Vraiment pousser la modestie, et même l^areugfement trop* loin, que ^ ne
pM ife^f^tU^ qu0 G0 mafiafe dépasse IouIbs l0« ef^raii* ÇQS (^e^ p((iuvfMt flVQiir c^te jetin^ personne; ^r le nomei J|t forjuii^ 1^11^ j« lui fipporte euf«ent sufS à no pv^tendimt m^t bâti, hià et Mtç, ei, à vrni 4ire, il m^ 9eiAlil0<..^'
~ h^ rest^ 4^ cette réfleo^ioa. s^^ec^^va par un 99)urire graeieijLx que M. de Bc^lestar s'adjressa ilnMméan» «Uns fci glace djavant W^nelic il «e faii^tt coiffer par 80« v^et dfs chambre. Tout îe débat qui occupa la matinée do M, le marqiuia ne sortit poi^i des termes de cett# prop^sHMii: q^ ^^t milto raiaiQina U était ippoaaiMe q^% pe fût pas aimé,
Parfaitement persuadé à cq sji|^|, qiiaÂ%«/e poncMim 4:nne ifi^iétnde pins fçrte qu^ ae^ xol^titf, M. de B«li(9^ sortit d'aa^ez bonne benre ponr ae rendre ebeis M. SioMI^ Mais ce jonr-là fweore, et par uq, aingnUer bawr4, il avait k pwer chez^ son bijoutier i, ^Hy entra presfM an mémo , moment qu'une dame. e( una jf une QJk qu» venaioiit 4o descendre d^une assez belle voiture. Le marqui» les exi^nûna et crut l^ reconnaître^ La manière 4on| la jeune personne baissa les yeux lorsqu'il la regarda lui M llll^ a^avy;^^ qu'il ne se trQmpwit faa; ii W» $9im dKWC, et deman49 tout jPus^iiôl « )l, Léouar4 ^ ol^jeU qi^'il ymiH 4*eriîber,
^Mon^içpr le mnrqnÎA» vonill^ v<Mis asaeoîr^ dH M. .p^nar4r (Ht H9i yom remettre |ea div^a éenns que ^M .av(9^ commandés. Permette^^ q^ie-îe m'uifocm^ prèn de- ((me ((aç^ de ce qu'elles dé^eol/' . , Il se tourna vera Ja Jeune Qiila p| lui dit:
wQno vous ^nt-ii aiyourd'hui^ m^rtemomelle?
— Très-peu de chose, répond^ 4)elle^ci^ V s^aïKlt 4e quelques.: b^jons^ d^ pei^ de râleur pour des gan9 à qui op lia j^Ht p#3 mi^tre i^ l^j^jg/viMam 1* mm*^^^
S. Lëon^Hl ét«I« devum 669 d»tn«« («Kit te ^mH avait de plus fliMquia éam sott mapsin. La }efiiié fille el la^ vMIlt daaie choisitiBat qHelq«e8 patils itein» i^àAS Valeur, et dirent tout haut en se levant:
„£avoyez tout ceJa à rhôtcl" •
Depuis quelques manents, la jaune fille parlait ba# et avec activité.
,,C'e6t un enfantillagie, AuréUe, dit assez haut la vieille dame.
— Non, maman, répondit la jeune felle, je serai charmée que tu voies combien c*csi rare et beau.
-— De quoi s'a^t-il dottc? dît M. Lëoliiitd en à'appféchatit BVee TeMpressemerA d-ud^niarchand qui simagine entendre viitoièr la rM'eté on M ^hë6se d^m ti^et qvrll possède. De quoi s'agit-il? fit le bijoutier t^ec son si>fi^ rire le plus agréable.
— Oh! mon Dieu! répondit la jêuiie'Me en parlant aaaaK haot pour ^re enieiriue par M. de Mleata^ et assex baa p<^ur f^ire croire qtrdle tie voulail pas qtt^on VetiMa^* dît, oh! mon Dieu, je voulais vous prier de montrer à maman les magnifiques bijouk ^ue H^® Diumid a déposés chez vous."
Le l^otAier ne manqua pas celte oeeaBion de répondre par m nouveau sourire pl«in de finease et par un mot d'un a^topos qn'il jugea très-heureux, il dit ^ééne, en se tournant vers M. de Bellestar:
„Hélaâ! mesdames, e^est Maintenam* k monsieur le amvquis quil faudra voas adresser pinft Mtisiiire v^re curiosité."
La jenne fille baissa la tète arvec tttte preibnde eonfusion. La mère sr^xeusa^ et toalea denx qnHtèrent Immé'^ dftatement le magaain, laiwant It de feeUtitar fèrt étonné
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é^ ce qv'un f6or#t qaUl cceyait enbrmé Btttr« Ui^ ftohine »( M. e( tt*"® Simon V fût ooiiiia de ceUe ]te«»e p^vsomie.
Quelles sooi eea .dati^?^ dit>4l m 4)ijiMilier éh6 'q<i''elles farent sorties.
Celui-ci cherchait a lire sur le visage du marquis la réponse qu'il devait lui faire, et lorsque celui-ci ayant regardé attentivement à travers les glaces du magasin ta voiture qui partait en ce moment, dit d^un âîr dédaigneux:
„C'est un carrosse de louage, ça.*'
Cette parole dicta la réponse ^, bijoutier qui avança la lèvre inférieui^e en signe de dédain. ,
^C^est probablement un remise au m^s, quoique ces dames aient un hôtel où il m'a .semblé voir, des chevaux dans Les éç^ifi^^ - -
— Et vous les nommez? dit M. de Bellestar. i
— Headaines de &.,
— Je ooMiRis ee uem-Ià, fii le marquis, il appartient à uae excelleiite famille. Et voyus servez ees dames depuis lottgtemps^?
-« Depiii/s quélij^es |ours à peine.
— Et elles connaissent M"® Durand?
^ C^est elle qui me les a adressées; U paratt que M"® Aurétie de S..., ajouit«-l-:il avec une intention mafquée^ est la meilkuro amie de M"<^ Durand et la confidente de ^es plus secrètes pensées. * •
— Je me rappelle parfaitement maintenant où j'ai vu cette jeune personne, fit alors M. de Bellestar en donnai»t de la tête comme un beau cheval pur sang.
— N'est-ce pas, dit d'un, ton insinuant M. Léonard, n'est-ce pas.à un réveilloa chez M. Simon?
— Oui, oui! fil M. .de BeUestar en se posant eià face
de.lttiHnkèna, ift €« se sott^knt sans diMt à an^éont mmm venir, ouL.. et je Tai remarquée aus»/^
Mettez à la place des points cii^desans ces mots: „Je <)rois qu''eUe m''a remarqué,^^ et voos aiurex le eomaetfce* m§nt de la pbpase de M. de Beileslar^ oommenoemeoit^ qu'ail ne prononça point, mais qu| commandait la fin qa'il dit tout haut: „Je l'ai remarquée, aussi;^^
„Elle est fort belle et fort gracieuse, i^uta-t-il, et quoique nous n^ayons pas causé ensemble, je lui crois de Tesprit.
— Beauaaap d'espnt, dit le joaillier avec un de ces aecents et de ces regards qui enferment un monde de ré-* fleddons.
— C'est pourtant bizarre, reprit le marquis après un moment de réflexion, que m'ayant recouAu, et je n'en puis douter, elle ait parlé devant moi de ces bijoux!
— Abl ahl abl fit le b^oniier «iTaÉiassant ses éerins et en les remettant dans leur mçutre; aki ahl^^
Totus ces ahl étaient gros de mystères.
„llais qn'y a^t^tl donc? fit M« de Beliestar, et que voulez- vous dire?
— Oh! réprit le bijoutier, je vous prie de croire que * teiil ceci n'est qu'huile supposition de ma part; mais enfin
cela n'^aurait rien d'étonnant.
— Mais, encore une fois, qu'est-ce donc?, dit (e marquis.
^ •. — Oh! mon Dieu<, reprit le marchand, rien qpe je ne puisse vous dire. Mais enfin je n'ai pas vécu toute ma vie ^^0 des gens de la plus haute dijstinction pour ne pas me iconnaUre un peu au cmin.i^ iu^mes... et des femm^, a>outa-t-il d'^a àir trôs-iîn. ,,;
-T-. Qu'est-ce que c^t?^1JjCûfiUce que c'est? dit le
mirquii ^ ie déwffiiaiit gMe?0fnieilieM; M. LéMMrâ fM des études sur le cc^nr kumiiiii?
^ Quet^uefdis, dit ie j^aiHier èirlisfâit de kH'^inême, et jr ^«fierais biefi qn^en cette i^ecfisiott f ai \mxM J^sie.*^
Bt im regard pkm de respectueuse iiMsse Atéom^ pHl^ enoi^re celle ph«se.
.yMais enfin de quoi s^agkHÎl donc? hçpHt M. de M** lastaff areo une de ces figures épammies ^vi èe préparent à recevoir en plein un énorme compliarreal.
— Pourquot voulez-vôuS que jë vôiià té dlàe^ mén^ siour ie marquis? repartit M. Léotaard; totia dftvez être habitué à ces choses^à. ^ '
— C'est qu''en vérité, mon cher, je ne voustito** prends pa$ du Kiut.
• — fib bien! Ht le joaillier <^ pinçant se# itoovr du bout des lèvres, j'ai bieti p^ur que l'amitié de M^ Aotéil» <to S>.. poar ll''*B«tniM ^ntiuid na s« ressente beaucoup de cette rencofeilre ehes ll« tSîHMyn.
— Commenta mais comment? (Il encore le marquis, qvÉ voulait absolument qu'on lui Idebftt la cottfideiice à brûle-pourpoint.
— Commeai? reprît Mi Léonatid en «uvrakit de grands . 9IÉII1:, mais pafice quMI u*y à ^paa #amilié si paissàiHe qu'elle ne regrette de voir aller k un autre le bobkMir qu'on eût volontiers gardé pour soi.**
M. Léonard se' retourna après cette intrépide bord^ qtié le marquis re^t sans reculer d*mi pas. Cependant M. %Q Bellestar demeura près d^nne minute sans répondre^ mais en laissant échapper un petit Hcanement joyeux; et, Après' s'être probablement dit à lui'-même tout bas ce quii pensait lié son mérite personnel, il acheva t<euft haut ce mom>!o|^ue mubt en disant:.
le magasio; cepeadant il ne le quitta point, et, Ipi^lifiiil
à pçÂ%» 4m b(m% ^ 4«ig^ lè$ biîQufK éia^fi ^e^ap^ lui, les flffifl^ïA $]rinélfM|Mmen(l, DOOHne quQ|j|ii'Hii qui ^^nse à
iQjlU^ laui^re cho^e qu'à <ca^u*il fajt^ il jt^pitit:
,,Vai8 .comment «Uabl^ yo^u;^ ««t^^i^lle dit toujt 4^lri?^^ A cette q4e^ljj0|i, la i^i^^ 4u joaiVier 4&Yi(i,t ^Jims
sérieuse, et son air parut assez -embarriiss^v FeiiMt^ «s^erçutsil tj?op tfir4 que ]^ ééf^r de flatta ^qu noble et jrii^hç cljyBnt J'a^it engagé Jtrop lopi.
-^ On ne m'a rien «onlé, iponsie^r Iç niMtrquis, ;re-
prit-il en mangeant ses phrases à moitié; j'ai remc^ipif^ fyïofjà remarquer*.. »*^ 4^ ipoins ^i^iosi ^e jf% jexpliqué 'i^^rtain^ ,pai;9^1es,.. Vou« le savez pomwe moi, n^o^ejir |^ :^mrwsy ji paft^on eH f|uc»lflue|qi# i^s^; , wi» jil ^i imr :^ 4lip y4>u# PCOjifier 4^4opt.pi^«4.
— ^Ji $àl nwfl.., ft( to mfu^uiii^rpowt^oi »mp FwJ«ih- ^fmAe pApioNi, d^l^s^?..*
^ — Oh! ce n'est ri6n... absolument rien... Mais tCpiv#fi(d ifpu» Jip 4i^e« Ftont è;l'iiwB0M. )»**• J,m!(li^ (^ S„. fr beaunp^p d'e^Eit, («J p^uMlr^ ^ «huse^^-ell© q^lqni^pi^^»
— Abi t^ùt M. i4e flelleatar, jil iPéspl^ tv^s^lwiOr 4|iei^ d(e ceci, wal^^é tciut^ yOJ»<0jM^e9, qii^ J|I"«,4jd Sim. ViOM^ i|iu(rait 4,U jquelqi^ çbos^.fle IflcheDX ^ol^re «^çd:?
-^ CpoiRe Yous? Nonl i|i»m;éwei(t^*^ >et Âl ^ne fS^mbbB j|H« fCe que jfi viens de vous dir<e^.. d«i fMTl^ fik^"^ j$pr4>ui^) peut-iUre du bon^ur de Il"f* Dtfri^d...
T+-,C^ £(ef^it.doBp ^Qa(ir§ efte :q»i'pUe>a fibjHaé M §fm fasgrît;?
\ ^He,j^ d^.ip;is c$l^., ^it Ip jQwHier y^ii^lptml^
AV JOIl IB JOVB. T. IL 5
fetebarrassè; jô vétis prie dfr lié pas mHdlérrùf èr pAÎB long'» tcttipd 4iur c« flttfet €é ik^est qtt'^ufi m6% -échappé^ ^iss un MOttveineiil de dépit^ ub mot qui^ feu sub sèr, ii''és( basé
fiur.rten. .•••■-' .■*'■-■ ■"' '^ '!
-— Mais eqfiti qtiel^ est ce'imrt? repril lemarqiié. . '
>^- Je vous supplie^ reprit M. Léonard, dé ne pM me le deteander. Je èétcsl6 les 4)r<^p!ttS^4e -a'^ea fais^ jamafo. J'entends souvent ici bien des choses qu''on ne devrait pis y dire, et je me gainerais bien de les répét<^r Wx gens qu'elles peuvent blesser.
^*- Hais ée qu*a dit M"® de S.., peut donc me blesser? reprit le marquis qui, malgré sa' soltise, ne manquait pas 4'tin certain instinct potîr découvrir les choses q^u'it avait inléréi à savoir.
— N'^bUfliez pas, je vot» len prie, je vous en sup^ plié, réprît M; Léonard, n'obuseis pas d'une parole ^ iFOos avet saisie au passage, et que je voudrais ne pas avoir dite, pour me 4ércer à vous raconter uii pro^ mique! je fie erdfS pas, qni'*ne doit pas être vrai, et qui pourrait faire du tort dans votre esprit à fme pej^entie ^j>aîme.«
M. Léonard étaii-n un d^ ces iiiilrépidés bavait qui on* toujours Tair de vouléîr cachet ce tju'ite brûletit é& ndirej et ijui font comme la jeuhe fillfe de Virgile, qui jette •«ne pomme à /son amant y* fuît Ters les Saules,; t^' désire cependant è^e vue? Ëtait-ce avec inteniiott qu'il ^jottUrft é ébaqito phrase^ de pn^teslation sur S&n 'déSir de garder un secret, uà petit bout de phrase qui HiiâsEait Vit>ir à diâ*- , que fois un petit bout de ce secret? Était-ce tout siuiplement un de ces bavards maladroits, à qui tout échappe malgré leur désir sincère de ne riea dire? Il- importe peu, puisque le résultat lut lé même. Ainsi déjà le marquis
Wr
Bsyail qm>att pmpos ^jqv i» cdneemftit «vàît été tetû^piAr ||fli*<^ de S..., que ce propos pouvait le blesser^ et qîril 'poisvai^ faire du tort à •qnelqt''4]fi; ce quek|»Hin? ne pouvait ^e qu« SalMfte; oe jtrvfod ie pouvait «oncerner que flQiriiiariage. Une fiiis qu'ail en fdt arrivé fà, )ll.^^<de Bel<- . lestar cliaugea tout à fait de ton, et dit au joaillier:
' ^VoQs^^avez, M. L^tiard ,^ cémment il «"est fait que vo«8 vous êtes tarowvé, tout à fkât malgré moi, dma la confidence de mon mariagfe avec » M"« Durand. Il ne «e convient d^entrer avec personne dans Texplication des motifs qui. ont pu me déterminer à cette union, mais il pent me convenir beaucoup d'apprendre tout ce qui pourrait fiTempécfier de raccomplir*
— Ahl s'écria M. Léonard, tout- épouvanté pt confus ^es paroles du jumrqois , 4ine roptalre 1 pour 4»^ mot^ >iueon«sidéré dit par une jeune personne qui n'en préroyalt sans doute^pis iff pbrtëel . -
^r-^ fih! flsoti^etir', lit le marquis, en disant cette fois une chose parfaitement juste, il n'y a que les mots.dont on JÉV.frrévoift pas la portée qui sont véritablemeni sincères; je veux absolument savoir c^ qu'a dit ici M^^ de S.',, 9e le vettxF
Le bijoutier baissa les yeux, de peur de rencontcer -le regard cotfrroncë de sa noble pratiqfue, et répondit d'une -voix humble, mais* résolue:
. „Je ne vous le dirai pas, BL le marquis ,. je ne 4oi6 •pts voo» le dire*
^ -^11 sulit^ monsieufr, r^artit Iff. de Bellestar,en re*poussant 4« bout du doigt les écrins posés devant lui, tous enverrez 4cMaid votre mémoire à mon intendant.
— Comme il vous plaira, moBsieur, fit M. Léoaard 'd'hn ton désolé, mais vous devéz^oiwiprendre ma position:
ifw irf»expofler à...'*
Le mfirfuifs déstruît 4ro^ vivement «avoir ne qni ^mii^ <été ëti p<mr «e f«6 se faUrn^r « la «Miodre excuse ipie 4ui fet Ml Joa fouriiiiaoeiir; U oroprit êom i'un »Iob picaqse amical;:
,„Voits «ubUet, HLLémmàn qtml.Mbôpêtfjiî ii être énsliniH; vous ovblktz suitout qp^enm^pB^Mstt^ vous fiar«dte à UQ bomme mai «ftnit ^^er na wctuL
-^ Vous »« ie- f^m»U»z^ fi'^t^Q .fi«3}?> nopirit IL ibëonafrd, ceci ne soriimipos die «e miigeân?
«r- Je vous le promete»
— Vous me promettez que ^oiis ,ii*att«ehere2 à foel» -qile rimporianee j^e> ««lérile la folk a«>p|M)^itieA que peul 4tàn {uae jeune fiUe jalouse du boaUfiur .(|tti;.ai^iiie i «a» 40 «en 'oompaguei^^ v
^^•Me prenez-vous pour un sot? iit lo mir^iiis. . *^ Vous )mo prewi^faNi suiiout f ne mon nom ne sera fjonitti tprinioncé daîis ionl ce ^«i f eut .ansiver;?
•^^ Cela n?a pa$ beaoin d'être dit, mooeieMr, tepnl il. de;Bcltlei^rtavee.impalieiKîe, pmrlez donc*
— Eb bien! reprit M. Léonard, voici ce qui s'eal
Une lois déciW à parler, lojOiiUief crut devoir raconter Tanecdote dans toutes jsea cîreoisliinoes et comr jHSDça ainsi:
„Le premier jour que M"« de S... est >vein« eb^ tm^ -rfteiétait, xomme ai^oiurd?b«i , »vee m i^m ^ ^ l'air -d^ne bouse dame Jnen simple let fui ne 8^ocic«|^ de m9^ mais elle était auasi avec «ne auftte jeuM perMiine fai.eal iégalenent une amie de .M"* Puraad; eUea en parièrent en* seiOble, et il M question de Tempron^ ^ui m'amait été Ml
ga
el des bijoux déposes chez moi. Comme vous havez vousmême été tout à rheure, je fus très-surpris de voir qu'aune chose que je croyais si secrète, fût connue de cette jeune demoisêilé; c'^est ce qui me^faiiait vous dire il n'*y a qu^un instant que M"« de S... était la confidente des plus intimes pensées de M"® Durand.
-^ Bhhienl mênûoÊP^ ill ]a nMrqnià, je- vote bien qa'ott û purM cto m» b^cnix, d« cet. em^«ÉH;.*i«9 eik qtDdf eola rmgstÔMhi^ bm naviag^?
^«-- BscoiQ une filia, mipaaleur le marquis^ ce n^esl fnnm KOt ée ôàfii awfnel voua Jie dé^iwft pas f^te atk»» tÀQû'y^ lovjOnn» eat*-il t|ue coBwia lu compagae de M^^ àto Su. Im imatl tout bas qtlelqucst obseevatMO^t,. coUe^^ot kâ répendk assen haut pour q«e je l^enitndisâe:
y^ — Ovt, ma obère, eUe épouse n^ de Belèesiât**. avec un&pasâeik dnu le émut...
^-^Bahl fift^' If autre jeune personne.
* „--^ Qm^ ma «ière^ reinil M''* de: S«.^« SMtfne est folle de H. de PH>«iy.^^^
IL éB Belteitar vécut le oonpr d^M air si Jlbpéfait, que K. Léonard se crut ppesqiM obligé do jnsIâfiAf Ile pr«M pos^, eemms M^defi.-. r&vnt lait.dkF*Biéme,-e» ajoutant «apidcineni:
,,fil eomnrte l». coûipeg^e de W^ Amrél»e luit disait que fa n^élail pa» p»6«blë, eetie^^oî ajbola:
^-^ SI tu en. doutes^ je ie lÉOfittemt l«. lettre où elle^ me le dit positivement.^^
Si Ms lecteulrs violant bien. 0e rappeler la fameuse lettre qui avait échappé aux investigations de moA esptos, je leur dirai en eonUdenee ^e c^^t êallefids.
H serait difBdie de se figurer hr mine qne fif^M. de ITellestar à la rëvétatiori iaeSaïe que»! veiia^ deini faire i^ bijoutier; il serait surtout presque impossible de siimrgider les mouvements rapâûes etioccessifsi qui agitèrent son visage: ©Tétait towr'à Umr une exfnresàiom toiénse sdnf des'i6ureiis froncés;^ pais um expprefewbn eonftàaiè et dé-' daigneuse avee mi fier sicHirire. C^-deux gHÉiaees allaient et venaient sur te figaiw du-înarquis eoihmé deux séèux dei mottteeèl^haèun! a simtour ià rorifioe d'un pontls.
„Elle en aime un autre! (^pression sowbrei) » ' ^Impossible, j'îat son'aven! (Expression Wésurée.) ^Klc aimea-ait M: de frosayl (Mîiie liirièttsfe.) „Elle en a pitié, voilà tout! (Mine diariÉanlb;)(> ': ,^is ce qu^eèle m^ tlil lier: Maintenant, jamais! jamaisr! (Physionomie eoiirroueée.) : ' [ '■ \ ^C-esf la désespoir de sa fôcheuSe (position TO^à?-¥i» de ce jeune homme! (Piiysiouomie paternelle et preitectfloq*> „Mais oe qtt*a dit eclte Jenne fiUeî (Rage véritable.) „Propos d'une rifmlèjalouael (Ravissement: mbdô9te.> V^Se sertiUon moqué de moi? (Air cwel'^ et menaçant.) " ' ' •'
„Je suis le marquis «e' Béltestwi (Air de sublime assueancci)' ' < ." . ' '
„Je saurai la Vérilér (Visage soiiCieiixO > „Jusquè-là dissimulons!" (l'ïdiffërence, dédain, raiU lerie, dandinement et ricanement.)
Noua ne codtûiodroitf^ paa? c» mdnoto^iie dililogilé qw «iiivU les ikeraières |Mir»ies de M» Léonais, ëent le yJattg^ $fm9iit ies,rêpifààs éhingeÈÊmia de visage 'ïu mMqiiis, Um^ (et 3aitriflat avee lui, tantôt se rf mbrnninant qpmi le iiltr4ttt».Ae rettlmi«iB$ait; de foçon qne si qùblqu^on eftt pa les voir ainsi l^un en fooe de l^aajtre se.r^ardant ûwis m mn^tù, se tordant sileneieiisement le visagfe, il eût f»ii erwe que 6*éiaieàt deux niimea qui répétaient imesirèA^ 4e.gnviaces«
Enfin le macqnis intarponlpit ce jeu fatigant de»
nmscles Caeiaux ponr dire au boulier de sa vOix la pliy
impertinente: . . • : * .^ ;
. „€^est bien 4 M: Léonatd; je vonâ promets que vous
ne perdrez point k Clientèle de M''® Durand/^.
Cela pouvaU avoir "un sens cacbé et fort spirituels mais pour notre ptort^nous laisserons ncktre joaillier: oeoùpé à; le découvrir; «bnous smvrotts IL de Bellestar) q«i^ re* monta dans sa voiture, la tête grosse d''orages^ Cepei** dèoit) au . milieu ^de teiit^ jsea . réioxions, .deB&, penséee deflÛMient tout le reste. L'use, avait rapport aitx A^nl mille francs qu'il lui avait follii de«i{8r. à IL Léonard pe^ac retirer de ses mains les bijoiÈc>do Sabine^ et les attacher à ce famçttx bftuqitet^ qii avait servi d&ceurbnn»att triomphe d« oMMrqn^ le iour de la fête de.aa ftiture.
Il eoiftptait/Me», en oasidetfiiptni^, sttr.le, rend»0nr-r senci^;4e ses ice»t Mille fnmm^mm il n^ poii^ail s'em^ péeber.de penser atee douleur qu'il n'avail^Of^mme. on dit y;iilgair?«enl;y<lii.6arli^ Mjbillett'four.floutanir sauf^ckimaT t^n, ;. et, eela . ne» luJr. piaisait^inullemenL A ^^^^ ^ <^9 l^sée 4eflagirettblev.it en suisgisaaitHMie autre bi^ plu» kir rîtante^ ..Tit^iaijVM^n. oiéiite Um^ donnait ^uelqae eepwfr btife. à.iH^ dei.MleelfiC') fiar. TifipQV ./d'une vengMiQet
C^était le éo«fMfîr de \» Mwnève éoitt iui areît pnlé de Preenry et celeiées paréleâ qu'it kn «rait dîtes à prepos ée eoe* hiiMi Mee. 11 y wmk )à iMlièm à deiMHder raîMe è ttlteeUre, no» poiei de l^amdiir qu'œ avait poun kr» eè qui eût M «m soUiee^ Éiaie àp l%sole»toi peote«et)oe <^ll irétoH ^ermîMr eees «aisos./
Si M. de Prosny était mi pollfe» (et dans Teipimea et H. de Mlestar m qeaiité de eMc d'aiEeaé raedail eelie supposition Ibrt vraisemblable)^ si M. de Pmsny, dri^eus^ Mes V étehiiD poltron y îl leforecraît à de telles et tu s es ^11 le laisserait à M*^ Deraed si avili, si déshonoré, qirelte aurait honte de soA amour.
Blff m «eatrairey i) éunt taseï brave pour nmiittenir sa proYoeatioU) M, de ftellestar âe donna la cl^nce d'un duel, e|!^ duos ee eas;, il regirdflii eu souri? ni sa fmbsante iltiso) ik sîimiliiiil dans Pair la lîoit« qu^i] poiTâseriit à son ettléiii, ou Tiaail u» passait, avec ^on UoL<rl^ à travers la gfiKe de se voHure, et aa bout de ces g<^Mes û voyait fou-* fours Frosny) étendu par terre, mourant ou mort, fuis M"* iHlMod, pâle et éeheveléa^ apprenant cnrtn quel fc e i w ie eUe avait dédaigné, ijael héros aWa nvuit mëtionnu,
M. de BeUcsIae s*était fiit conduire diez M, SimoiiL liets^il desMttda k voir favmië, il lui M répondu qu'il était sorti d^assez gmnd métin^ et qu'il notait pa^ encore rentré. Quant à Mp» Simoit et à SeMne, eMe» avaient passé kt Mil paës d« maMey et «liée repeseleDi mmê flèut» eiieora toetes les deux, eav ai iHiae ai l^aetre fPu*^ viient somé. De tous eet» qae M. doi BeHesUr veiisAi ahe*eher, il n> avait de visible que M. de Prosay, que la ■Kideob quittail t llMiaBt, après avoir déeUiré^ que 4M| datifif ét^it passé, et q«e le rétailissoMem complet du ttatade ne demasdail qu'un peu de eaUne et' de refios«
Cétip. recennniffiFdatM^ rarréM b\m M. «te B^ll^slar, «tué se dit qu'il n'était obligé à aucun ménagemonb vis^à«>vi9 (db ee mtmsietr. ^^D'aiÉfeurs, se di^U-^l, je jugerai de •On élM, et je i^errai jusq«'où je dois ^«ssier am^onrdiiei mes" exfiiicatiotts aree tni.^^
Avant d^ntrer avce M. de BeHestfar dans la chambre de SiFveatre, nons devons dire ce qui sr^était ]5assé chez N. Simon depuis le moment oà nous avons quitté dé Prosny ÉTendOrmant après «avoir laissé échapper dans slon délire Taveu d'un amour qui nVât jamais osé parler sir Siltestré eût 6u: ht eoit^cience de ee quil disait.
Comme on peut se le rappeler, Silvestre avait été transporté dans le cabinet qui attenait à la chambre à coucher dé M. Simon, de façon que lui, sa femme et Sabine purent s'y retirer après avoir éloigné tous les domestiques, sans cependant laisser Silvestre absolument seul, puisque par la porte ouverte ils pouvaient entendre et surveiller le moindre de ses mouvements.
Satts qu'il eû( été rieu dit entre pes troia personnes, elles sentaient d'un commun accord qu'une explication ^tiajl; nécessaire, a près ce qui »^ était passé,^ et M^® Simon l?abprda la première au momenit oùIM. Sunon s*assit au coin d^ jon £&u 4'un air profondément soucieux el mécpnteoJU
^Eb bkn^ di£-eUe ai^ei «ne réelle sabialt^ien, cpk'ea^fi M qio, jHu^ak ëit? Ymis le voyez tons deiu^ H iimM 8ahiiteb
-«^ Ahî d(aMo^ at M. Bimon, el Stibine es éltit sm» dètHe «venie amftt q«o lu folie de» oo pavvre garçon ne le Meitapprist
^ M"**Bime« me l'avait doimé à entendre Coisi # llMmre, dH^ Sabine en serrant la main è m ivM^^ mwh
j'bésitais/à le. cr&ire, .lorsque .vous »9xï8: mtt, liit' appeler prè*de voupr - ..-,
-^ .D'^bocd, diitll. Simon à\n ton f&elié, je n'Ayab lait appeler q«enia fettme; vous^Cea venuei, SahiiN», ee qui n'était pas convenable... et il en est ré^uH^ que voiw avez enlèAdii ce que vous n'euasle^.pas dû. entendre.
— Ah! moBsieur, dit Sabine confondue du ton s^èr© de son tuteur. .:^
> 1-7 Comme tu. lui parles, mon.aïnil dit ]ft"i*« BjimcKi trislenient surprise de cette sévérité,
— Je parle, ma chère amie, fit M. Simon, comme j'aurais dû parler depuis huit jours..,, depuis que j'ai été instruit Hiaîa'TôIle idée ëi dé la dérngrclie inconvenante de mademoiselle.
~ IMâîs ne Tâç-lu pas toi-même autorisée? reprit M"** Simon de plus en plus étonnée du ton de son mari.
— Et J'ai ^u tort, dit M. Simon,.. Mais voilà louiburs ce qîir ârrîve "qiiand" on fait les affaires avec des sentiments. *
— Quel graiîd malheur" est-îl arrivé? dit M»« Simon blessée du ton à son mari. ' '
— Ouel malheur! fit M. Simon. A moins que' vous ne comptiez pour rien ce jeune homme étendu là à côté'^de nous et en danger de mourir, à moins que vons ne bom^^ tièz pour rien d^avoir accepté Ja main d^un homuie^comme M. ée BeHestilr, pour le mettre ensuite à la pottevisasa motif, sans raison, si ce n?est.de.lui dire: „Monsieur4 ¥^ suis bten fâehée, mais je me suis» aperçue que j*.a1mais BI. de Prowiy; «n»<îO!»&équettec^ j© suis voti» trèi5-hwi»We.|#içii vante, vous pouvez aller vous pourvoir a illeurs V"; ^ ,JBPJiNI ^ue voua. ne- loomptieifr pour rien :1a acè»a qçi R.euiien ce «Oir: lo%k\AiM maison dans ^» eonfideni^ de oflte ai)^,
TS
èes doipestiqnes qut Ytennent d^enteadre-lovt ee ^i â» échffppé au délire de Sil vessie; à moins que yoos ne eott^ àidéries tonl ^>ela comne de petites fantaisies dèi rcansscier ptopras à.laire>ipnJedilietén au bas de iiiotee jowmlyj^ wf ootnpreiids pas'queYobs piiissies- me denaader~^u»l'gfaiid
mafcheur il est afriné.^ ^^.^ ,..,,- .
' ; W^ Sùnoû Mima Im télé poar caoher les bvme» que fusait '«loiitér àsps^y&ax. la.colèfeiinattendfiei'de son. mari. M. Simon s'en aperçut et se détourna avec impatience,, quant à Sabioe, élIlQ. fut aussi blessée dflds. son ce^ur; mais elle Accepta pi^ aree lu Blême soumission que M^® Simoft la sévère refnoiitrànce de soa tutevr^ :et puisant surtotfi son û<»iraçe dans la douleur de sa tutrice^ qui s'était, h Trai 4ire, compromise pont elle seulei, ^Ûe< répondit d'utk ton digne et froid: •" ' r ; -'
.„La première i faute de tout ceci, monsieur, est à mbi, non peint pottï^ ee^ue j'ai, fait, maiSk*. maUteureusemefti pour ce qiiejosttès, : -.
— Encore! fit IL Simioa avec huaieiir.
-^ Toujours.,^ dit .M'(® Durand avec une résolu^ioa qui fît que M. SioKâi la regarda avec une véritable: colère. « S^àbine baissa les y^ue, mais plutôt pour ne point paraître braver le regard de son tuteur que^païK^^que ee> vegaeéfi'&Tffil intimidée^ ear elle contiiHia d'à» fcoii froid* et calme:
:,^Permettea-moi de:v9Qi3 dire queiTOttScoabliez ce qui s'est passé; en(re noivs. ; Foiirquoi, je vous pne^. aves* ¥op8-: décidé mon iinion> avec M. dei Qellestiui^? . M'>eat-oe paiiipéur qiftè l^hoÉneurdVni tel nom. couvrit la. boute éa Éiiep?>\ - •- '. - ■' . ;• : : '.;;/-
f/.n M.iSimon-. %appa la ' terret du pied aye^; îjifipatienee* . ivrh ^FMtfqaoi a«f z-vvens ipréoipité. cette' vemn m d^lioa^
de tmis \eB liages ordimires? n>est-oe pas porte que vei0 cmgoMe é€^ gaff4er prèa de rtm» oM pupille 4oBfc oo- yom avrail •eciulé de diriger Iki. fortune daibs i»otae iaiéféil Il*eal«>cé paa dans ki crainte ée'«e 4a*eae poomâil fBtre«de ^11 libetU, RU elle reetaift seble dae» le monde, S9m* haààkb pour la protéger, et privée même de cette lopcéme ptOh* tac^ien q^oii doit à wi nom lienorable? ]K*e«V^il paa vrai qae c*esl pour cela f«e vousr acres^ jiresaé m rwftmtmM ce mariage?
^ Bh bten, qvand eelà aérait! dit M.. l^naoB.
— VTen réa«ite^**ii paa, «oaeievr, que cTesl « anaévable poaiH^a qai vowa a dkté \é eondaite q«e je tCëo* eoae fn^ lu peul» conduite que Tonn. a-yes dû aaivre? qH* o^eai éone,, comme je voua le diuiis, k foute de ce qnis j» suis, qui a amené tout ce qui arrive.
^ Non, mademoiaeUe, nont, dià M. Simon, œn^esi pne eehi. Pviaque Yeo»-*mémei rec^nnaisseE l^eiedlence. ém cette conduite, puisque vous-même vonn avouas qne «• que j^avais résolv était sage el comtenable, vous- devez pnrfiiittmont reconnattre anasi que, al l*on airait fait ee que j?avâia dit, toal était aawé, ttiut était Uni*
'^ 8a«B douter monsieiir; mairvens a vies onblië peut- Mo qne je payerais de mon bonlkeiir cet avenir, celte pm^. Deetion dont on «voulait couvrir le* fatal hériUige qne f nb reçu des miens?
-- 0b! mon DIetf dit 10»* Sifeno», qni déT«imit Bitoneieusemeiit Bea larmes, it le savait bien qne t» ne senin pnn heureuse^ et if rf n pas devx lieurea, ^pae loraqnn wm» étions ton» len tfc^ en pnésenoe ée* ce M. de Ml»-' atar, je voyais bien quil était désolé lui-même de ce qnfH le forçail à faire; je le. voyaiv si bien, qee je aui# sûre qn'à ee moment H eAt «peneilli •w€t Jeîe t^apnenee d^nn
éHénesMÊi^ ^9Ûà pu rtmpf» <çe m9mgp4 Vkiê 4opM ee moment, je bo suis ce ^i tea «rmé; e( ^«i liiv a pusaé daoB il'esiprH... finfin, jiimi9 by9W tort, ooitf sommes cou*pibtea... Aà! -e'Mi a0r^»!..< Ha p«ttvra.enfaaA, cie«t 4$M ifUiel''
M. ^imon ne n'af atsaît ivoitit, irt Sabine reprit après avoir embrassé tristement sa tutrice:
„Vous le voyez, monsieur, je suis une cause de querelle entre vous qui êtes si bon et ma tutrice qui a été pour moi une mère si tendre; pour la première lois, il y a désaccord ici, et c'^est à cause de moi. J'^ai cruenement blessé votre ami, pour lequel je n'^avajs cependant qoe des sentiments d^estime et d''afrection; il est là' qui souÂTre jprès de nous, et c^cst moi qui lui ai porté le coup qui W inera peut-être. D'un autre côté, j'ai ofTensé dans son orgueil un homme auquel je n^ai rien à reprocher, ^ue â« pe ,pas être assez fière de la faveur qu^il n^e fait, et je TOUS ai peut-être attiré un ennenu puissant et qui s^en prendra ï vous des torts que j'^ai eus seule. Ne serait-ct pas assez pour me dicter la conduite que je dois tenir, quand même je ne vous verrais pas tous les deux tristes, malheureux par ma faute? Vous le voyez, monsieur, il est temps que je quitte votre maison, que je m''éloigne. Vous ne devez pas souffrir de ce que le malheur m\i faite; Tépoque n'est pas éloignée où vous pourrez me rendre légalement ma liberté. Encore quelques jours de patience, monsieur, et vous .n'aurez plus à vous préoccuper de moi."
fendait que fiabiiie>pec|iÂlr ainsi, les larpes l^avaicnt :g)igliée.ia0enfilblemeQt, ^eUes écdatèrcnt »vtc aes ^eroièn^s^ paroles, et elle se retourna vers M"'* Simon ^và l'^pf^
'^ns séê Imté, el tontes deux pleurènBiit ewemMid. M. 4$imoii s^'leti', et s;éeria, mais à Voix basse:
,)Ah! les femmes settA folïes, ma parole ^bonttenr; -eHes ne cpmpf ennent rien aux exigences éé ce monde, lorsque la moindre des choses s'*oppose à ce qu^èllefi venaient, eHes n'ont d'autre façon .4'agv que de toiH rompre, de tout briser^ .
•— Ab! mon ami, dit M*"* Simon avec doulei^r.
— mon Dieu I repartit son mari ^ je ne parle pas j^our toi, tu le sais bien. J'^i de l'humeur, j'ai le droit d'en Tivoir, el parce que je le inonlre, parce que je laisse voir que je suis triste et malheureux de ce qui arrive, voilà mademôiscile qur me dit qu'elle veut s^'en aller, qu'elle est de trop, dans ma maison... Ah!...^^ ■
M. Simon s'interrompit lui-même , par celle exclamation pour ne pas laisser percer l'émotion qui lé gagnait -à son tour. Sabine courut à' lui, et l'embrassant dé tontes ses forces, le retenant dans ses bras dont il vonlatt en vain se dégager, elle lui dit:
„Mais, mon Dieu, que voulei-vous que je fasse? Je ferai ce que vous voudrez, moi... tout ce que vous voudrez... je me soumettrai à vos ordres... Voyons.*., voyons... ne soyez pas fâché contre moi... et surtout, je vous en prie, ajouta-t-elle en Pentraînant vers sa tutrice» ue soyez pas fâché contre elle..."
M. Simon sourit doucement a sa femme, en lui tendant la main^ elle se jeta a son cou, cl lorsque tous les trois se furent bien dit que c'était flni, qu^il n^y avait plus rien entre eux que la confiance d'autrefois, que les tendres sentiments qu^ils avaient toujours eius les uns pour lès autres, Bt™e Simon, qui connaissait à fond le ccMir de flooi i^ lut dit:
„Ët maintenUDt, voyons, qu^esl-îl aMvé?**
Ile Simon pon$9e im profond soupir et leva tes yeux ^u ciel d''un air peiné. -
M"® Simon reprit vivement:
„Mai8 qu^est-*il donc arrivé?... car je te connais, mùn ami, il fout qu'il se soit passé <)ttelque cbose de èieA extraordinaire pour que tu nous aies Irritées ainsi- -touieè les deux.*' .
M. Simon ne répondit pas tout d'^abord; il revenait en pensée sur ce qui Tavait ainsi changé, et il paraissait fort embarrassé et sui^tout très-malheureux d^tre oblige de le dire.
„Tu ne réponds pas? dit M""* Simon; mais c'est donc bien grave, bien triste?
— t)ui, reprit M. Simon, c'est grave ©t c'est triste... Bans cela, vous ne m^auriez pas vu dans l'état où j'étais quand je t'ai fait appeler;^ je comptais que tu viendrais -seule*** Sabine *«st venue»..
— Et j'ai va le mal que j'ai fait, dit l» jeune fiHo.
— Oh! reprit M. Simon, oe;ne serait rieti... mais...
— Qu'est-ce donc? firent ensemble M«"« Simon ot Sabine.
— Ma pawvre enfant, dit M. Simon en se tournant v«rs sa pupille, je voudrais pour beaucoup que rien de ce qui se passe ne fât arrivé... Mais quelle que puisse être la colère de 1^ de Belkstar, tout Ce qu'il peut faire et dire pour se venger, et il est homme à faire et à dire de fort vilaines choses, si ce n'était que tout cela, je m'en sîra* cierais fort peU... mais il y a une chose plus grave, plus lâcheuse, une chose pour laquelle je ne vois pour ma part 'tttCun remède. .
^ ïtt mé fais peur!... dit W^ Simon.
-- Ht 10 i^ftirle^ 4qii«! s*4^ia ^abino*
-^, Voilà ^OjCéPe oe qui m» désiile, Q'ftst i|ue tu saches..." *.
Il s*arrêta et reprit:
,^oa enfant, ma pauvre eo&iit, l^tg«eHiOD« m mon^t .fiveo m% £&mme$ H y a danç «e monde des clMMses ^^^M» itt pe dois pas eutepdre.
— Mais il s'agit de moi, f en suis sûre! fit Sal^^. --- f eul-'êlrco. repartit M« ^impn; mais oroîp-moi,
l^abil^e, et tu dois pa être fersuadée... nous eheKcheroi^ JI9I14 deux qui rainons, nous cherclKQrons un inoy^ d'^i^ ter le malheur qui te... qui nous menace tous...
•*- il s'agit de m^rt 'reprit SaJme avec épouvante.
— Voyons, sois raisonnable ^ or^is^tn que nous p^ i:.aifni9fispa^ is^9m poor AsiretOfflr cç quàf^^t ite isauver?...
— Mp «^uvçrU.. m^i^mo» Wam... vous w»fc .fa>|l<^
— Elle a raison I S"écria Mw^SimfliD, to ^érM M gerik iii0iiis eru0)le qntiae pareille «neertilude..."
* tf. Simon i{éfléchiVttiL m^Weo^^ et. dit^iUiut hins,xomme 9îil jse parlait à lui-mê^ié:
Ohl non, elle a déjà assez souffert aujourd'h^Â. -^ Slais fB'est mje tuer^ a'é<aria S«hi*ie, fue de me Ifûs^r dans cette harrihle attente t
— Hais t» es çlus cruel que si tu lui révélais lemaW betir ^ui la menace... parie... je ren snpplie.^ parle,
^ Eh bieni 4it M» Simone, aie du coourag^, inon e&y tei, i«e du courage."
PuisiH reprit en s'adressi^t à sa ifeoime:
^^Tu sais que torsquie tu m'as quitté p^Hir retoimfnr auprès de Sabine, j'étais fort préoccupé de aavw ^ /V» avait déterminé opid^sefppir fi puWl P^ M vipleirt qui avait
yGQOglè
tout à coup frappé Silvestre quand il avait appris le chiffre de la somme que Sabine lui avait envoyée. J'en avais bien quelque soupçon, et les paroles échappées à de Prosny dans son délire éflt 44 vous apprendre la vérité. Le paquet remis par Sabine à la porte de Silvestre est tombé dans les mains de sa tante: elle s^'est emparée de la plus forts (MStis 'de^ettetSvnlimA, et^a ifisparu. le le sais. Un domestique que pai envoyé il y a une heure chez .Pr<»sny vient 4» jm dire que M*'® de Prosny, sortie quelques mifiut^ après son neveu, n'était pas rentrée.''
Les deux femnq|as écou^ient avec étonnement.
jfjeci ne serait rien, reprit Tavoué. On la laisserait . tranquille avec son argent, ou bien on la retrouverait si cela était nécessaire. Mais voici ce qui m'épouvante. M''^ de Prosny avait laissé chez le portier de sa maison .iMke lettre pour son neveu, dans le cas,, avait-elle dit^ oili Ji rentrerait avant elle. Cette lettre, on Ta remise au domestique qui a dit que Silvestre était chez mot CetMs lettre, je me suis cru autorisé à (a lire pour m'éojlaifer non^seulement sur ce -qui était arrivé, mais encore aur «e q^e je pourrais avoir i faire. Cette lettre, la voici:
-^ JEh Ine^I ;que reafern»e-<t-elle donc cette lettre?
*^ Écoute- la, Sabine, el n^oublie pas qu^elle est écrite par wie femme que vingt ans de iioi^ère o«t nIpéréQ. Ne t'arrête poipt Ji des iiyures qui ne peuvent t^atteindre; rHiais songe qu'il nous feut toute notre prudence pour, prév^ûr le .malheur dont nous menace la vengeance de M'^ d^
-^ Lis^doncI'' s'écria Sabine tremblante.
M. Sfimon ouvrit la lettre d'uv av désolé, et Lut c^ Iqui suit, •