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I.B8 PEÉTBNDI}^ lOt

Elle le suivit et arriva dans le s»' i presqu*au moment ofi il arrivait lui-même; mais, pour que nos lecteurs puissent comprendre la manière dont il fut accueilli, il est nécessain de rapporter la scène qui venait d'avoir lieu entre M. Ménia et M. de Sommerive,

— Je suis bien aise d'être seul un moment avec vous, iui avait dit M. Ménier ; j'ai à vous parler de choses graves k propos desquelles Je serais charmé de connaître vos sentiments.

— Je suis tout à foità vos oidres, reprit M. de Sommerive, amadoué par cette déclaration, sans cependant dépouiller tout à fait le ressentiment de voir depuis deux jours son im^ portance complètement méconnue. En effet, M. de Sommerive avait su que du Luc et Victor éta eut sortis ensemble, puis il avait vu madame d'Houdailles, d'abord en conférence se* rieuse avec le vicomte, puis avec Victor ; il s'était passé que(^ que chose d'extraordinaire, et il l'ignorait. Il oubliait sans doute qu'on avait voulu le prendre pour contldent. et qu'il s'était refusé à ce rôle. Il en était à se dire qu'il ferait bien de quitter une maison où on le comptait pour si peu, lorsque l'interpellation de M. Ménier le ramena à des sentiments plus indulgoits. Celui-ci continua :

-» Vous êtes trop galant homme, Sommerive, pouv flaire de la diplomatiB avec moi, et pour ne pas me dire sans détours dflùas quelle intention vous êtes venu au château?

Malgré cet appel à sa franchise, le député conseiller d'État ne put p<is se résoudre à répondre tout droit à ce qu'on lui demandait ; et il se prit à dire en faisait des simagrées asses maladroites:

— J'éprouve trop de plaisir à venir voir mes amis pour ne pas m'étonner de la question que vous me faites.

— Sans l'avoir précisément lue, reprit M. Ménier d'un ton railleur, je connais la lettre que vous a écrite ma femme. « Dimanche prochain, nous avons la belle madame d'HoudaiUes, la charmante veuve aux deux cent mille hvres de rente; nous désirons lui rendre agréable son séjour dans notre château, venez donc nous aider, etc., etc. » Je cnria à votre amitié, Sommerive, mais je crois aussi que la belle madame d'Houdailles est pour quelque chose dans votre empressement à venir nous visiter. Je ne pense pas que son

titre de veave et ees deux cent raille Im» de rente ^ous aient fait l)eaueoup liéaiter, et je a'âtais ittaginé ^pie ViAès d'un manage anrec elle ne yods avait pai pom irafoesûiie* € L.ée Sonmerive f lit encore très^^embarraaaé de lépoodie;

il comprit que s'il acceptait cette interpiétatiek de ses eentiOttEts, il fierait forcé d'expliquer catA^nquemoit à M. Ilénûw pourquoi ils avsient changé» et routant se saKwr ie dâragréinent de dire à un icére de trop dînes fiéBAés«ar k compte de sa sœur, il repartit d'un air précieux et piacé :

— Grayei, mon cber Ménier^ que je n'ai paeai «ocaonMDt la fatuité que vous aae supposes ; ma fortune eaticin depon- TMT «e compainr À oelle de madame d'iloudsiUee; non à^e* (^ pourrait paraître convenable pour le siea^idoit être un moiiif d'être repoussé auprès d'une femme qui» ayant eu nu vieillard pour mari, considéiera sans doute la jeuflesse oooame le premier droit à hii plaire. D'aitieuES^ ]e suss A pen près convaincu que si j'ïiYais eu la sotte prétoationde penser À madame votre sœur, je n'ausais fait que lui fasaltiB ridicule.

Comme nous l'avons dit, tout ceci .fot débité île œ ton ^é* tentieux que la vanité blessée pnend si maladmilenieBt pnr de la dignité. M. Ménier ne se trempa point sur ia jnteredu senlimeot qui doBunait M. de Soauamve^ et voulani 4e46r- QK dans ses dernières retraites, il lui dit d'un air csairané :

— <le que vous me dites là me fait de la peine; |teaâs vonla laisser ma sœur entre les maàns d'un homme qpâ sût la protéger et qui pût la rendre beureuse^

La tournure de cette phrase, bi^ plus que ce qu'Ole disak, étonna Sommerive; il en reprit les mots avec cetacoeHtiiir 4srrogatif qui sulfit pour en demander expiicatinn.

» Vous vottles laisser votre seeur, dites- vous..» .' ^ Oui, oui, repartit M. Ménier; il est possible que je^quitte la.France ; c'est même, à vrai dire, un parti arrêté; ie àflia de ma santé l'exige absolument, et j'avoue qu'il Meaeimfôaible de partir sans avoir assuré le jrepos et àe iMmbev et (3ara ; telle est trop belle et Uep riche, mon cher S$mmmm, jpour ne pas être en butte aux spéoulatieBs de ûsiMds taames et aux inimitiés de is^taines femmes; ellecstdHmc»xactèse trop loyal et trop élevé pour ne pas être la éups de aeaxqiii joueroni insnà-vis d'elle juu jcêle de déaùl

«itide tandilse ; «He leur crara les qualités qu'elle possède H 4oiiiiera peuinôte sa nain à uh bomme iiidi^Qe (f elle, mais qui aura deviné sou caractère.

— li est fort difficile, mon eher llénier, reprit M. de Somtmmey de prétendre diriger le choix d^e femme, alors ^môcne qu'elle n'est pas ttse ; mm ce serait ^lus qa'tioe jrâisecie de Toukir la faire f efenir à des sentiments non* cveaux lorsqve ce «hoix est déjà (ait

La sixrprise de M. Ménier lot entrdroe à eette dérlaration fûte.de ce ton piqoé que M. de Sommerive n*avait pas quitté depuis le commeacement de la eonversation.

•*** (dttoil dit-ii, dm Luc, mal^é ses fiatlmtés mafaânntes. ..

-«- As ne cm» pas, répondit M. de Sommeiive d^nn ton dé- 40ifiieiaL /pour Je vicomte.

— Vous ne voulez pa3 sans doute parler de VI<5tor, êi comme vous vous mettez vous-même hors de cause, je ne ^is pas à qui vous pouvez faire allusion.

— Je puis vous répondre comme Victor, dit M. de Sommerive, je ne trahis les secrets de personne.

— - Sommerive, s'écria tout à coup M. Ménier en le regaréaai «■ faoe, ètes-vous homme à me dire toute la vérité ? Ce ipie je croyais un secret enfermé «itre elle et moi seraîl-il âéjàià iBiConaaisBanoe de tout le monde ? Nommez-mm celai que' mm ctoynz ie préféré de ma smur ; dites-nroi, je vous Énwipplie, ce qm vam autorise à «voûr celte ophiton ; il j va de mon bonlieur^ de mon iMnQear peuA-étre, -Bt peut-être «ni de la vie (d'un liontiiie.

-* Vous prenez ceci beaucoup trop grofemeM, reprit 'M.^de iaonneiive, et ai madame d'HoudaillM a a^ avec une légè- . ndé inprudente «n rec&rant chez ellep^idant la nuit M.-de fianœl, c est une chose qmne doit point vous alarmer, «ar ce finria9es0rait«80aréaaeDtlbrloonv0&able,et,qii6lles qu'aient PB èti» mes espérances, je suis le premier à Tecenmattre que flutane d'Bo«dailto ne ponvail faûw un meilteur choix.

— Ainsi, reprit M. Ménier d'une voix sourde et creuse, wans«atrez que œt horaBiecst venu id eette onUt, él puisque vous le savez, d'autres, sans doute... %

•«- Les personaes qmis'en sont «perçues, dit Sommerive,

■m sont étonnées du peu de sv^fitère que paraiesaiefQtt voidoir

y meUio H. d»<}anoei «t madame d'ftoudaUlSA, car ^e^cemle

104 LES PRÉTBNDOS.

a quiUé le château après l'avoir traversé dans toute sa longueur, et sans prendre la moindre précaution pour ne pas être aperçu.

— Par conséquent, reprit M. Ménier, ma sœur est la fable de toute la maison. Par conséquent, c'est de là que partent votre froideur et Timpertinence de Victor à son égard, sans compter les tranchantes fatuités de du Luc. C'est trop« Sommerive, c'est trop, il faut que justice se fasse à la fin ; il ne faut pas que l'impudeur triomphe de l'innocence ; ma pauvre Clara, elle, cet ange de bonté, ce cœur à qui le mensonge est inconnu, Clara accusée, chez moi !

La voix de M. Ménier s'altérait à mesure qu'il parlait ainsi, et la vague expression de ses regards dénotait déjà le trouble de ses id<^es, lorsque madame d'Houdaiiles et Victor rentrèrent dans le salon.

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