‹ Au jour le jourChapitre 37 sur 41 · VISITE FISCALE DANS LA MATENNR · texte numérisé non relu

VISITE FISCALE DANS LA MATENNR

boiDioes hâves cachés sous des haillons sans formes, des enfants nus ou enveloppés d'un morceau de yieille toile ; tautvP;ette population dévorée de scrofules efifroyables, cadavres vivants rongés sur leur paille du Ter qui les achèvera dans la tombe. Autour de ces buttes, quelques carrés maigrement eiiseinencés où pousscut un peu de blé noir et q^lques pammes de terre» leur fournissaient la seule nourriture qu'ils connaissenU Pour comble de malheur, cette population est frappée d'une horrible fécondité; chacun des accouplements de ces êtres misérablies , je dis accouplements, car la loi civile ni la loi religieuse ne pénètrent dans ces demieures putrides, chacun de ces accouiilemecits domptait quatre, six, dix enfants. Par un prodige inouï, tous ces enfants naissent frais et roses et denteureat brillants de santé Jusqu'à Tà^ de. qualre ou cinq ans; ator» la lèpre arrive et les couvre de ses plaies. *

Au moment où je visitai les loges, la petite vérole y régnait; le percepteur et le garde champêtre me laiseèreotdonc h rentra du village, n'osant, s'y aventiurer, et j'y pénétrai seul; on me regardait avec une stuptde euriositéf je comptai trois cait vingt habitants dans soixante huttes de huit pieds carrés. Jamais la-conscriplion avide «le Teinpire n'a pu tirer ua soldat de celte, population. Je me demandai si la contribution fiscale devait élie plus cruelle que la cuBtribution de sang ; je rn'atlnbuai le droit de décider que non, et je les rayai de l'imf)ôt.

Cependant j'avançais rapidiement dans le travail dont j'étais chargé^ et quoi que j'eusse fait au séjour où je renlmi:? chaque soir. Dieu sait pourquoi, j'avais déjà visité beaucoup d^autres communes; parmi celles-ci je dois citer Grazuy qui garde les vertiges d'un camp romain beaucoup pins certain que celui de l'antiquaire Monkbarns. M. le comte de C...^ maire de la commune, en a extrait un« mosaï(|ue d'une conservation el d'une beauté ra/'es^ représentant les aigles romaines: elle^i lui ment chez lui et dinssa.salle à. uiaijger les quatre angles ou pavé comme dans la satie du camp d'où elles ont etc^rfu levées. Il est fort heureux, qu'en i8i&, ce beau reste d'uuiiquité ail appartenu, a uu noble et àuu loyar liste» sans cela il eùl sans doute été brisé. Ce camp d'i^ ij

-liait était celui de Graïus d'où vient Gurazay^ à.c&qiie di-

nUO VIMIE MSCALL DANS LA MAYKNNE.

fc'eiit les Favants. J*eus encore à parcourir sur les limifôs du tli'i artemenl, la Chapelle-Moche et les communes qui lavcisinenl, G'egl des mains sales et des huiles enfumées de la pvjiîulution de ces communes, que sortent la plupart de res njuvniliques iioinls d'Alençon dont la mode reyient si loil, et le neuf de ces dentelles, c'est-à-dire cette couleor L. une dont nos élégantes sont si jalouses, n'est autre cboee i. '* !« (Tasse des paysannes du pays. ^

Lvs Parisiens peuvent, du reste, juger par eux-mêmes de [j. saleté de ces populations, car les marchands de salade ambulants qui traînent des charrettes ou portent des hottes dans les rues de Paris, sont presque tous des habitants de Gliapelle-Moche, dont une émigration part tous les ans pour la capitale, afin de se livrer à ce commerce.

J'avais achevé ma mission dans cette partie du département, il fallut regagner le chef-heu. M. P.... me vit partir avec plaisir.

Je regagnai le chef-lieu, et deux jours après je recommençai ma tournée, et dès Tabord j'eus occasion d'é(re témoin d'un miracle qui mit en rumeur toute la population. Le fait s'est passé dans une petite commune qui touche à la ville comme un des faubourgs ; tous les jours à une heure dénuée, on voyait se dessiner sur l'hostie du saint-sacrement expos'3 sur le mallre-autel, le visage de l'enfant Jésus, et cela d'une manière fort distiocte; je me rends à l'église où afiluaient des milliers de curieux dont beaucoup entrés le sourire aux lèvres, sortaient déjà avec la crainte dans le cœur, et je fus témoin de ce phénomène, dont on me permettra de donner l'explication, attendu que le miracle fat supprimé par ordre des autorités. Dans cette égUse assez ((Uite, il se trouvait, en face du mailrc-autel, des vitraux où la Vierge était représentée tenant son fils dans ses bras; ÇuTivé à une certaine hauteur, le soleil jetait sur le pavé et sur le maiire-autel de l'église des rayons colorés par teur passage à travers ces vitraux; par un jeu du hasard, ces rayons allaient porter précisément le dessin de la tête de l'enfant Jésus sur le verre du saint-sacrement et l'y dessinaient très- visiblement. Que les physiciens expliquent ce jeu de lumière par la divergence ou la concentration des rayons, c'est leur affaire ; la mathématique^ tout iuraiiiible qu'elle

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