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TISITE FISCALE DANS LA MAYENNE

est, a prouvé de si grosses absurdités, elle a déjà si inyinciblement prouvé que le soleil tournait autour de la terre, et maintenant que la terre tourne autour du soleil, qu'elle trouvera bien quelque formule pour démontrer ce fait incontestable.

Ce fat en courant ainsi tout autour de la ville, que j'eus k visiter le port du Saiut, ainsi nommé depuis qu'il s*y est élevé un couvent de trappistes.

L'intérieur de ce couvent que j'ai vu dans beaucoup d'autres occasions, n'est qu'une maigre réalité dé ce que rimagination rêve de nos antiques monastères; toutefois on y court avec curiosité comme à Bobino depuis que l'Odéon est refermé. Quand je le visitai, il n'avait rien de cette grave et religieuse tenue qui devait caractériser les couvents d'autrefois ; c'était bien le silence ordonné par la règle, lee prières dites à l'heure accoutumée, les macérations et la sobriété de l'ordre ; mais on ne se sentait saisi d'aucune sainte appréh'^^sion dans cette retraite ; tous les b&timenti étaient achevés de la >eille, les murs étaient blancs de leur premier recrépissage ; les clôtures n'étaient que des murailles de six pieds de haut^ en pierres sèches, mal ajustées; le couvent n'était défendu au dehors que contre les voleurs, ainsi qu'une maison de plaisance; on pouvait se donner la main par-dessus le pignon , le monde voyait et se laissait voir par les crevasses; Tàme ne se sentait pas enfermée ; rien de ces colossales constructions qui annoncent l'existence séculaire de la demeure où l'on se trouve, rien qui manifestât cette volonté héréditaire d'une communauté qui est arrivée , par la durée, à la^uissance des plus grands monarques, et qui, en perpétuant pendant deux cents ans ridée et la volonté de construire un monument, relevait eniln, par les jours et la persévérance, aussi immense que ceux que les Romains bâtisiaient avec l'or des peuples et deb milliers d'esclaves ; saint labeur où le temps, ce grand destructeur d'édifices, était le premier ouvrier des corporations religieuses. Du reste, point de souvenirs sous aucune de ces voûtes ; point de tombes fermées dans ce cimetière où toutes les tombes sont ouvertes; des jardins à peine défrichés, des pommiers qui n'avaient pas encore porté des fruits, de grandes allées sans ombre, enOn rien de consacré

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psr le temps, im établissement religieux où la spéculatioB hmnsioe ofiéiaiil mv la foi perçait de tous cdtés. ^

Mais si le couTcnt manquait à la contemplation, Tobser- TBtion poUYSit s'tegDercer sur le personnage qui le montiait sous le nom de frère hôtelier ou hospitalier. (Tétait un homme de cinquante an», d^une tête admirable et chauve, lia contenance haute, à Tœil ardent, à la parole élégante, tirant des larges pans de sa robe de laine des moins soignées etiblambes, et laissant tomber de sa bouche moqueuse des. demi-nots confidentiels, comme pour excuser Fhomme dAmonded*étre sons Thabit dn trappiste. Que d'histoires on amait pu Mtir sor l'aspect de cet homme, et combien toutes ce» histoires eussent été encore loin de la singularité réeUa dosa vie f

Ce père hdtelfer, qnî couchait sur la planche de son fit et qni étonnnt le couvent par la rigidité de sa foi et par Tobsermnec étroite des pratiques religieuses les plus puériles, cal homme a tenu rang de prince dans les plus belles cours de FEurope; eet homme mêlé à la tourbe des coupables qui Tont à la Trappe faire des péchés de leurs crimes et se livrer au jeûne pour échapper au* bagne ; cet homme sait toulesles sciences, cet homme peut parler leur langue maternelle à tous les étrangers qui Tiennent visiter le couvent et faire dire à tous : Ce religieux est mon compatriote, et cependant c^ homme n'a pas de patrie connue. Enseveli dans un cou- Yent français, il a été Tennemi le plus acharné de la France : en 180S, il commandait un corps franc autrichien ; après la paix de Tilsitt, il aMt en Espagne dans le seul pays qui résistât encore à Napoléon ; TEspagne vaincue, il allait en Angleterre demander de Fargent et des hommes pour se battre encore contre la France, et cet homme a dédié des ouvrages à Mapoléon et pleure quand on lui parle de sa mort. Cet anachorète, voué à sa pauvreté, a étonné Londres de son faste, Londres, ta ville où For pèse à peine un peu plus que l'argent fp yi-ance; ce reclus volontaire s'est enfermé quinze jours Jans une maison de campagne, et pour échapper à la poursuite des shérifs qui voulaient Parrôter pour dettes, il y a soutenu un siège en règle après avoir arboré au pignon de sa maison un drapeau portant la vieille devise anglaise : My house U my Casile. Cet homme, voué à la méditation, a

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pa»é. quatre au» dan» te ehùteau àe Viuceunes comme un des pariifiaa& poUtkiues les plus ardents et les plus dange- JDCUS de l'époque. Cet ermite, mortifié sous h bure, a écrit dis pages brûlantes d'amour.

Quand on le. cm4»a!t, on retrouve aisément tout cela sous l&robe du trappiste; quand on ne le connaît pas, il vous laissftuiie vague impression de grandeur déchue, qui vous Ifr fait regarder avec respect et presque avec crainte.

La. dernière fois que je le vis, c'toiten faisant ma tournée dépaartememtale, et la manière dont il s'otTrit à moi m'est deme«rée dans la mémoire comme im de ces tableaux que l^imagination «se plait à créer et qui snrpnnnent par leur grùce, sans toutefois persuader de leur réalité. J'étais clans la cûmimtDe d^A.... et j'avais à me rendre chez le marqui^ d'A.^,, vieux seigneur de ce pays dont il porte le nom, et en esft devenu le maire après en avoir été le suzerain. J'avais eu Toceasion de voir M. d'A.... en plusieurs circonstances, efc, c^elle que îùt sa hualeur aristocratique envers les preoners magistrats du département, je savais que j'étais trop jeune et trop peu de chose près de lui, pour qu'il ne fût pas poli envers moi.

J.'é(ais entré par une dfes petites , portes du parc pour gagner le château, et je suivais une longue et haute allée de tilileuls, bordée de chaque côlé d'une é|raiâse charmille. Bientôt, et en approchant du château, j'entendis des rires légers et joyeux qui se mêlaient à une \ive et élégante mu< siqne. C'est é'\m côté des voix dbucesde jeunes filles, riant sans éclats, joyeuses sans fracas; d'un autre côté, celait Ja facilité rapide d'un maître Imbrile, la coquetterie d'un musicieaqui joue avec lamusiquequ'il joue. Peu à peu, leihytlime sedessiiMi mieux à mon oreille, et je reconnus des airs de danse; bientôt j'aprerçus, à travers une des fenêtres entr'ouvertes, de blanches robes et des visages roses qui se mélawni J^ueemeiit avec une grâce précieuse et un abandon retenu.*'Je m'approchai tout à fait, et je vis enfin six ou huit jolies personnes dansant, le sourire aux lèvres, le visage rayonnant, comme d'un bonheur volé et inattendu, et au fond de ce groupe gracieux le grave et séiieux trappiste^ assis au piano, la tête haute sur son capuchon rejeté ea arrière, regardant mélancoliquement cette joie d'enfants, à la-

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