‹ Au jour le jourChapitre 9 sur 41 · HISTOIRE DE FAMILLE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE FAMILLE

M. Ménier était fils d'un ancien intendant du vicomte de Perdignan, l'un des plus pauvres gentilshommes de l'Auvergne. Voici comme quoi M. Ménier père était l'intendant de ce M. de Perdignan. Le noble et pauvre vicomte avait gardé de la fortune de ses ancêtres une maison située à peu de distance de son château. Cette maison était depuis plus de cent ans la demeure des intendants des Perdignan, et les Ménier étaient, depuis un siècle, ces intendants de père en fils. Le dernier Ménier iatendant y était né, et n'avait reçu de son père que quelques milliers d'écus personnels et la gestion de la fortune délabrée des Perdignan, que sa probité n'avait pu défendre contre les folles dépenses de son maître. En cette circonstance, l'héritier de l'intendant fidèle proposa à l'héritier ruiné des Perdignan de lui louer sa maison et de rester chargé de ses affaires, qu'il promettait de rétablir. Ledit Perdignan y consentit , et avec une douzaine de mille 11» vres de rentes et un seul domestique, il conserva de cette façon un intendant comme s'il eût possédé une fortune f rincière. ^

Sur ces entrefaites la Révolution arriva, le vicomte de Perdignan émigra, et ce qui lui restait de biens fut vendu et racheté par Ménier, l'intendant gratis. Mais celui-ci était un homme intelligent ; il se jieta dans les grandes entreprises,

10 LES PnÊTENDUS.

amassa qraplqoe» capitaux ; m 1795 il épousa une fille de manufacturier, avec la dot de laquelle il étendit ses opéntiens, <!iu'il dirigea n bieo, q&en 18t4 il possédait une des plus grosses fortunes de la Franc»* Il zynàl alors »d fil», qui est \e Méuier péebeuv que nous avons i^ésenté à noa lecteurs au commencement do preiaier chapitre, et qa\ étaàt alors un gros garçon de dix-hoit ans, d^in esprit doux et réservé, incapable d'augmenter la fortune de son père par d'habiles entreprises, mais également îxieapM» de la diminuer par do folles dépenses ; en outre de ce fils, M. Mténâer devint pèrv, en 181&, d'une fille, qui devint la marquise d'Boadailtes, qui est aussi un despevsoimages de ce* réeil Vdcl coimnent cela arriva :

M. de Perdignan rentra de Témigration avec un fils et rme fille, et pour toute ressource une cbaige de gentilhomme de /a chambre. M. Ménier voulut restituer à son ancien maître les terres qu'il avait achetées ; mais le noble vicomte refusa, et, par une singnlière caslxadiction, il coitôèvitlt â emprunter de fargent i* M. Ménier en attl&ndiui^ poor le k» reodre, la grande réporalioa que le roi. devait néeenairenent accorder aux genûlsbommes ipii s'^BdentnnnéB prorllii; Cette réparatioii arriva: ee fut le fameux milllaai dnidenmité; mais la part de M. de Perdigmii r fut BNdlwnreiiseniecit restreinte à ses droits réete, si bien (fikH devait plus qu'il ne reeevast. Cependant Edouard Bléflâer était devenn im hoanne de trente ans, et madesnoiselle Claire de PènâggiMn avnjt atfemt sa^ yîngâènie année. BUe se persuada çu^ était ceaveneAle et noble de payer de sa personne les dietfes pattemeile»; elle MssB' (;mnprendre à Edonoirâ Ménier qiiie sa'l^homiav son esphtr, SB probitéla feraient passer sans trop de dépftHsur pardessus son air liMird, sa tMranre gaodie'et snrtocrl sen horifMe nom de Ménier. Bionard le erut» et le filfr de Fintendant apporta cent mille francs die rentes i II IBé de son aoden maître. Voîift du moins eommeles eloses se possèrenc en apparence : on était atos en lasv.

Nous avons dit cependant que M. de Perdignan étaîtf rentré avec un fiteet nnefiUe* Ceffla, debeiiieoiip>ph»â^que sa sœur, était enth'é dan» les gardes dn eerp^et s^ëtaSI marié en f aie an^ une bonne et aisndile fban&e, pauvre efntme M, HMfe fiiii eft nehle cwania fcn y te MiiiMfenll de pMtir

pour la guerre d'Espagne, ootre officier devint père d'un i:!^ qu'il ne devait plus revoir, car ce Perdignah fut assassiné «Ih fond d'une haie dans cette promenade militaire oà person hî ne fut tué. La mère de Victor, car cet enfant est le Vic:.;r qui venait d'arriver en tilbury chez son oncle Ménier, ne survécut pas longtemps à son mari, et Fenfant demeura entre les mains du vieux vicomte de Perdignan, qui lui laissa en 1828 son titre de pair de France et ses douze mille francs de rente. Ces douze mille francs, administrés par son oncle Ménier, avaient produit un revenu de vingt-cinq mille francs en 1840, sans que le jeune homme se doutât de la générosité d'un homme qu'il n'aimait que de cette affection nécessaire que les pupilles ont pour les tuteurs.

U jeune Vieftor était Pesdisitaii îoscytt'âila moeile des os ; il trouvait bbi joii9 taale horriUement malbeffireuse de a'aypder madame Ménifir, et conome elle le consdérait comme rhéxitar fcobsble de llmmense lortmie de son mavi^ et qu'elle le gâtait en conséquence^ YictoE avait poirtr sa tante un culte qui le rendait moine aimable pour son oncle et son bieniuleiir. Ma» cette espèce driisgratitude n'avait jamaie pu lasser la bontâ patarte de M. Ménier. Le banhtnime avait 4éeûaviert les exositotes qualités de ce }eime bonme sons la aaavaise écorce d'une éducatioD mal dirigée, et il attendait sane ic ptesser, moia en le suïviillaat, l'instontoii son contact ave(? ht vie réelle apprendrait à Victor où sont k. véritable grandjeuv et la ancèiDe noblesee*. - ikiaiBino« airau enieere miefaKtoizt à raconter, e'eat celle de la nar(¥iB8e dfHenâaiUes: c'était la petite Ménier qui venait de naître i l'époque de Ift rentrée des. BonriKHia v elle fut ékvée daas. uapensiannat et j dameuta Jusqu'en iSSû, époque oÉ aen père (qtri vivait encorev et dont sa beUe^tliile Gfadre Ifetoier était devenoie l'idole en M faisant faire tonte* ses vnlontâH)[ lar donna en mariage, après deu mms de séfoeir èava sa hhdmod, à 9t le marquis d'HoudailleB^ vidllaard fort riche, lott oeblfi' el. tvèa-bony (foi emnssBa sajenoe épottse en Amnergne, c^ ilmenrut en taafr. lladaaBe d'Hi[xndailles voulut passer le temps de son deail en peoviiDceet ne eeusenlâ à naair s^éCablir dies sba frère que tot sque ce deuil eut épuifid fautes te teintes» depcôi» le neir abeelikiiiS(}u?au frialefinadaiÉu

Voici doDC tous nos personnages connus , quant à leur position et à leurs titres -, les Yoilà tels que le monde les racontait; mais on pourrait peut-être mieux les connaître encore en se demandant pourquoi madame Ménier s'était en 1830 si actiYement occupée à pourvoir sa belle-sœur, et pourquoi cette matrimoniomanie la reprenait avec une nouvelle activité du jour que Clara reparaissait chez elle.

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