‹ Au Kilima-NdjaroChapitre 7 sur 19 · LA MARCHE AU DESERT · texte numérisé non relu

LA MARCHE AU DESERT

Médecin et dentiste. — Chez les voleurs de grand chemin. — La marche de nuit. — Sur un pavé de fer, à midi. — Le désert de Gourouva.

Nous nous sommes arrêtés deux jours à Dalouni, dans le but principal de nous procurer des vivres et des calebasses, ces dernières pour y mettre des provisions d'eau, car nous avons devant nous un redoutable désert à traverser. Vivres et calebasses ont été difficiles à obtenir chez cette population mal commode, incivile et mendiante. Le plus calme de nos porteurs a même cru de son devoir de m'adresser à ce sujet des observations respectueuses.

« — Comment! m'a-t-il dit, voilà des sauvages qui ne veulent rien nous vendre, et quand ils viennent ici promener leurs maladies, tu les guéris pour rien! C'est ridicule, à la fin... »

Il est certain que, dans le pays digo, la médecine gratuite a un succès marqué. Les malades, c'est-à-dire ceux qui le sont, l'ont été ou craignent de l'être, viennent nous trouver en foule, et ils ont en nos petites bouteilles une foi si touchante! Voici, par exemple, un vieux

lépreux, qui m'amène sa digne épouse. Elle est aveugle. « Il y a huit ans, dit l'ancien, que ses yeux sont éteints; il fout que tu nous les rallumes! » Je confesse modestement que je n'ai pas ce pouvoir; on ne me croit pas. J'ajoute que j'ai d'ailleurs oublié à Zanzibar la médecine qu'il réclame : « Et cette bouteille, reprend le bonhomme en me montrant un flacon d'acide phénique, est-ce que c'est pour les singes? » A bout d'arguments, j'applique à la vieille un peu de coton mystérieusement passé dans de l'eau claire, je donne à son mari trois pilules de biscuit détrempé, et j'annonce que, si dans huit jours, ils ne sont pas guéris l'un et l'autre, c'est que probablement ils ne le seront jamais. Pauvres bonnes gens! Ils auront au moins dans leur vie toute une semaine d'espérances!

Mais il n'est pas toujours possible de satisfaire ainsi sa clientèle. Hier, un enfant s'est approché : sans mot dire, il a ouvert devant moi sa petite bouche toute ronde, fermé un œil, fait une grimace et donné un coup de langue sur une dent qui branlait. Ce cas était moins compliqué que le précédent, et il a suffi de cueillir le petit morceau d'ivoire entre le pouce et l'index. Immédiatement le bruit de cette» merveille se répand, et en moins d'une demi-heure, j'ai devant moi toutes les mâchoires du pays. La plupart de ces bonnes gens n'ont aucune plainte à formuler contre leur double râtelier, mais on me prie d'arracher quand même pour les douleurs à venir. Ah! le beau pays pour les artistes sur dents!

Mais voilà que, à la lin, une pratique se présente à laquelle je n'aurais jamais osé penser : c'est Séliman en personne, notre antique et glorieux cuisinier. Depuis cinquante ans environ, afïirme-t-il, il y a par là une dent qui lui fait mal, par instants, et puisque l'occasion s en présente, c'est aujourd'hui qu'il est décidé à la

remercier ae ses services. A l'appui de son assertion, il ouvre une bouche épouvantable; je recule d'horreur. il fait un pas en avant. Grand Dieu! serait-il devenu anthropophage!

Rassuré enfin, je me porte devant l'ouverture et considère à loisir ce musée étrange. Il y a de tout làdedans : une langue extraordinaire, rappelant assez bien la semelle d'un soulier de gendarme, se meut frétillante sous un palais en ruines; des molaires énormes, jaunes, blanches, rouges, vertes, s'en vont dans toutes les directions comme des souches de vieux bois taillis; d'autres dents de formes inconnues clans l'anatomie humaine poussent ici et là; puis de larges espaces vides; et là-bas, tout seul en son coin, l'objet hors d'usage qu'il s'agit d'extirper.

En un moment rapide comme l'éclair, la pensée se reporte aux jours lointains où, petit garçon déjà bien aventureux, on aimait tant à parcourir les foires du pays bas-normand et à s'arrêter devant ces voitures superbes où un grand homme, surmonté d'un grand casqué qui Tétait d'un grand panache, parlait si éloquemment aux foules assemblées. Poussé par l'irrésistible passion d'être utile à l'humanité souffrante, il parcourait ainsi l'univers pour arracher les dents gâtées. Et je le revoyais qui, d'un geste magnifique, plongeait la main dans une vaste corbeille et en retirait des milliers de molaires, d'incisives et de canines, preuves de ses exploits : « En voici une de la reine Victoria!... Celle-ci, Messieurs, vient du Sultan de Constantinople. Et cette autre, à qui croyez-vous qu'elle ait appartenu? Eh! bien, vous ne le devinerez jamais : vous êtes trop bêtes! C'est une dent fossile que j'ai retrouvée dans la mâchoire de Noé!... »

Et il ajoutait, ce grand homme, en remuant par

poignées des louis d'or que j'ai soupçonnés depuis être des centimes et des sous tout neufs, il ajoutait : « N'allez pas croire au moins que je suis amené ici par un vain désir du lucre! Messieurs-Dames, je suis un philanthrope, je fais le bien pour le bien. Donc, gardez vos sous, mais donnez-moi vos mâchoires!... »

Et pendant que les tambours et les trombones de l'artiste grondaient tout en haut de la grande voiture, un petit bonhomme montait, avec sa blouse bleue passée sur un paletot noir, avec son chapeau rond posé modestement sur le ventre, avec sa tête originale, d'une naïveté si expressive. Et l'ayant fait asseoir, l'artiste lui tenait la bouche ouverte toute grande devant l'assistance émue : « Messieurs-Dames, vous voyez cette ouverture? C'est une infection!... C'est l'authentique étable d'Augias, ousque dans laquelle, pour l'approprier, Hercule aurait besoin de faire passer le fleuve du Mississipi!... »

Ah! qu'il y avait de belles choses dans ce temps-là clans les foires du pays et que les dentistes y étaient éloquents! Pour ma part, jamais je n'aurais osé ambitionner, à cet âge, de partager un jour la gloire d'un si grand homme. Et pourtant!... Voici devant moi une foule pareille à celle qu'il rassemblait, et, comme son petit homme à la blouse bleue, Séliman attend, bouche béante. Mais la grimace est telle que Mgr de Courmont s'est retiré sous sa tente pour ne pas compromettre la situation par des rires intempestifs; le P. Auguste, moins réservé, part en un éclat prolongé et bruyant; les porteurs en cercle ne peuvent retenir une manifestation de douce gaieté; les indigènes des villages voisins, massés par groupes sous le grand tamarinier qui nous prête son ombre, participent à la joie commune. Enfin, en présence de cette assistance aussi nombreuse

que joviale, je retrousse solennellement mes manches, je m'arme d'une pince à insectes, je presse, je tire, et... Séliman fait par terre une culbute épouvantable! — Mais je l'ai, la dent. Avec une vivacité juvénile, son propriétaire se relève, se jette dessus, la lie solidement dans un vieux morceau de linge et, tout en crachant largement sur les pieds de l'assistance, court immédiatement à sa cuisine où l'appelle une forte odeur de brûlé. « Pourvu, fait alors Monseigneur en manière de conclusion, que, dans le gigot de chèvre de ce soir, nous ne retrouvions pas, en guise d'ail, cette vieille molaire! »

En sortant de Dsilouni, nous traversons d'abord la petite rivière de ce nom et, une demi-heure après, celle de Mbambara; les deux se réunissent et coulent vers YOumba, mais sous ce soleil et sur cette terre, elles n'ont vraisemblablement la consolation de l'atteindre que pendant la saison des pluies .

Et maintenant préparons-nous; le pays qui s'ouvre est le désert. A notre gauche, de hautes montagnes jetées par paquets Tune sur l'autre; à droite, la plaine sans eau; et, sur l'aride sentier que nous suivons, dos arbres rabougris, clairsemés, une herbe jaune et rare, par endroits des bosquets étranges faits d'un enchevêtrement invraisemblable de lianes, d'euphorbes, de buissons de tout genre, où les épines paraissent avoir remplacé les feuilles. L'une de ces plantes est surtout caractéristique : c'est une Passiflorée1, dont le pied tuberculeux, rond, énorme, couché sur le sol comme un potiron de grande taille — il y en a d'un mètre de

* Adenia. globosa., Engler.

Hi AU K1L1MA-XDJAR0

diamètre — donne naissance à plusieurs lianes d'un beau vert de houx qui couvrent parfois une étendue très grande sur laquelle elles rampent, se tordent, montent, redescendent, s'entrelacent et forment à elles seules une jungle si compacte qu'un oiseau même a peine à y pénétrer; là dessus, des épines à profusion, longues et droites,

et, à la base de chacune d'elles, deux feuilles rondes, mais si petites, si rudimentaires, que l'œil les cherche et les distingue à peine. La fleur est blanche et peu apparente; le fruit est de la taille d'une groseille.

Le sol qui produit ces horreurs est sablonneux, pierreux, reposant sur des roches de grain très grossier et de couleur uniformément grise. Parfois cependant on trouve de grands espaces rouges, chargés d'oxyde de fer.

Vers 11 heures, nous arrivons à un petit torrent ombragé de grands sycomores, où je tue quelques pigeons verts qui nous serviront de dîner; l'endroit s'appelle Kikoumbi, c'est-à-dire Passage (des Massaïs). Le lit de la rivière est à sec, encombré de pierres énormes; mais on dit qu'en la remontant nous trouverons de l'eau — ce qui est vrai. — Dans la montagne de Mshiyvi d'où elle descend, des Taitas qui s'y sont établis pour piller petites caravanes nous fourniront des vivres. On tire en conséquence quelques coups de fusil pour avertir ce- obligeants détrousseurs que nous sommes là et les inviter à nous faire une petite visite.

Vain espoir. A la fin, cinq ou six porteurs s'aventurent dans ces gorges reculées, et le reste de la caravane s'installe pour prendre un repos sommaire et repartir ce soir pour une marche de nuit.

Nous passons ainsi l'après-midi, sans nouvelle aucune des hommes qui sont allés là- haut; ces montagnards les auraient-ils pris, retenus, mangés? C'est possible, puis-

que c'est leur métier. En conséquence nous nous disposons à aller faire de ce côté une reconnaissance armée, lorsque tout à coup nous entendons des cris et des chants sortir du torrent; ce sont nos explorateurs qui reviennent chargés de vivres, de grains, de miel, de poules, de citrouilles et de calebasses. Les coups de fusil que nous avions tirés avaient convaincu ces gens qu'une forte expédition venait venger les Arabes qu'il leur était arrivé de détrousser dernièrement, et ils s'étaient enfuis, mettant en sûreté les troupeaux de chèvres, de moutons et de vaches qu'ils entretiennent sur ces hauteurs. Et c'est à les rappeler que nos hommes avaient passé tout leur temps.

A 6 heures du soir nous partons. En face, le soleil disparait derrière une montagne que nous devons tourner.' Comme un œil immense, son globe rouge nous jette un dernier regard par-dessus la grande muraille, puis s'enfonce tout d'un coup, laissant les ombres indécises couvrir encore quelque temps l'espace, jusqu'à ce que la lune le remplace au ciel pour nous guider dans cette marche aventureuse.

Mwalimou, notre guide, a eu grand soin de faire à sa troupe ses recommandations :

« Wangwana, mes frères, écoutez bien.

« Nous allons passer une nuit de misères. Mais il le faut pour abréger la marche de demain et traverser le grand désert de Gourouva. Ecoute-moi donc, Toumbo- Roumbo!... Le grand désert de Gourouva... Suivons-nous tous, l'un derrière l'autre, doucement, sans une parole, sans un bruit, sans éternuer, sans cracher. Si l'un ou l'autre a besoin de s'arrêter, un vrai besoin, il dira : « J'ai un vrai besoin! » Et tout le monde s'arrêtera. Et quand

il repartira, tout le monde repartira. Car ce serait dommage s'il était gobé par un lion; comment ferait-on pour porter sa charge? Qu'est-ce qui réclame?... Sans un bruit, sans éternuer, sans cracher... Car si les buffles nous entendent, ils vont se dire : « Qui est-ce qui passe là? » Et ils vont se jeter sur nous, et ils vont nous éventrer... Sans un bruit... Les rhinocéros de même, avec leurs cornes. Ah! je voudrais t'y voir, toi, Toumbo-Roumbo, dans une corne de rhinocéros, de part en part, grand sot!... Allons, Wangwana, mes frères, c'est entendu : tous à la file, doucement, sans un bruit, sans tousser, ni éternuer, ni parler, ni siffler, ni cracher!... »

Après cette improvisation brillante, la caravane se met en marche dans un ordre parfait. Malheureusement, à vingt pas de là, un porteur s'empêtre dans une racine et roule avec sa charge sur son voisin qui roule sur un autre qui roule sur un troisième, comme dans un jeu de quilles; d'où cris et rires à réveiller tous les échos. Le guide se fâche, recommence sa harangue, et l'ordre se rétablit pour ne se plus troubler que de temps à autre, quand, par exemple, un homme s'endort tout en cheminant et tombe sous son fardeau.

Marche intéressante cependant que celle d'une nuit pareille, à travers cette forêt et ce silence! A nos pieds, le sentier parait à peine, là-haut le ciel se couvre d'étoiles innombrables, les nuages qui passent en courant devant la lune jettent tour à tour devant nous l'ombre et la clarté, les arbres prennent des formes fantastiques, la vue plonge clans des profondeurs inconnues et mystérieuses, les chansons variées des insectes s'élèvent de partout, douces, perçantes, saccadées, monotones; c'est un vrai concert. Parfois le cri de l'hyène, comme un long ricanement, nous arrive de loin, ou, plus rapproché et plus sinistre, un bruit sourd, indistinct, quelque chose

comme un grognement, un souffle, des herbes froissées, font penser à la présence de quelque grand fauve. Et la caravane, silencieuse, glisse toujours, toujours, doucement, les pieds nus sur l'étroit sentier, comme une longue procession d'ombres...

Alors l'esprit se recueille sans effort et l'âme monte d'elle-même vers Celui qui créa toutes ces choses, qui du commencement jusque aujourd'hui les a suivies clans leurs développements séculaires et les recouvre encore de sa paternelle Providence.

L'activité de l'Univers ne connaît pas de repos. Et pendant que, dans sa liberté simple et fière, le missionnaire s'en va au cœur de l'Afrique, le long des chemins que la lune éclaire, voilà que l'herbe respire et l'arbre pousse, l'insecte chante, l'oiseau se repose, le fauve cherche sa pâture, les Noirs dans leurs villages dansent au son des tambours et, par le reste du monde, dans les grandes villes et les riches campagnes, l'un dort pendant que l'autre travaille, le malade appelle les premières heures du jour, l'ouvrier est à son œuvre, le soldat à son poste, le financier à son coffre, le moine à sa prière, l'impie à son blasphème. En ce moment-ci, pendant que j'aligne mes pas dans la nuit silenciense, il se commet peut-être des atrocités sans nom; l'un jouit grassement de la vie, l'autre attache au clou la corde où le désespoir va le pendre, un enfant naît, un vieillard meurt; ici l'on adule, là on conspire, ailleurs on danse, ailleurs on s'égorge... Que sais-je encore et qui donnera la somme de tout ce qui se fait sur terre, à la même minute, pendant que la lune l'éclairé d'un côté et le soleil de l'autre ? A la fin des temps, Dieu fera l'addition de ces pensées, de ces paroles, de ces actes : l'important est que notre compte y fasse bonne figure...

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Vers minuit, nous arrivons à une sorte de grande clairière où nous nous arrêtons enfin.

En un instant, les feux flambent de toutes parts, chacun s'est vite trouvé un lit de fortune, et en moins d'un quart d'heure les ronflements consciencieux témoignent déjà de la bonne volonté qu'on a de dormir.

A trois heures du matin, Mgr de Courmont est de nouveau sur pied : comme tous les jours, il dit la sainte messe sur son autel portatif, et quand il a fini, les francolins gloussent déjà dans les herbes, les porteurs s'étirent et Séliman présente une potion noire qu'il affirme être pour l'usage interne : c"est du café selon sa formule. Nous absorbons le plus clair de ce breuvage, et le soleil n'a pas encore paru derrière nous que nous sommes en route.

La fraîcheur du matin dure peu. Point de rosée sur les feuilles : la journée sera dure. Au reste, à mesure que nous avançons, le paysage devient de plus en plus triste. A droite, c'est toujours la même chaine de montagnes; mais ici elle s'élève comme un mur, sans rien qui en tapisse l'uniformité désolée. La plaine a une physionomie pareille. Partout le sable roulé des montagnes s'y mêle au minerai, on marche péniblement sur ce sentier en coupant des lits de torrents desséchés où l'eau a passé comme dans des canaux, et l'œil se fatigue vite d'avoir toujours devant lui ces étendues

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stériles, couvertes de rouille, pavées de fer. Quelques

Pig. 24. — Sous l'acacia parasol, dans le désert de (Jouuouva. Dessin de Mgr Le Roy.

maigres touffes de graminées se dressent ça et là; des acacias parasols (fig. 24) étendent seuls dans le désert

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leurs têtes à peu près vertes; des euphorbes arborescentes, spéciales à ces solitudes {fîg. 25), se dressent parfois devant nous; une flore particulière s'est acclimatée en cet affreux pays, mais les feuilles grillées, recoquillées, faisant peine à voir, en disent assez les souffrances. On ne voit aucun animal courir dans ces plaines, nul battement d'ailes ne trahit la présence de l'oiseau, aucun bruissement d'insecte n'anime ce morne paysage, la brise elle-même se tait.

A mesure que le jour avance, le soleil devient plus ardent, la route surchauffée brûle la plante des pieds, le regard fatigué ne distingue devant lui qu'un étrange miroitement, le sol est rouge, la brousse est grise, et là-dessus, tout en haut, le ciel lui-même semble réfléchir les rayons implacables de son astre en feu comme un immense bouclier d'argent.

La caravane, dispersée, avance avec une sorte de désespoir, lentement, sans un mot. Seulement, de temps à autre, un porteur à bout de forces jette son fardeau et tombe dessus : le malheureux a trouvé l'ombre d'un acacia et il espère que, comme celle de la tombe, elle lui sera légère. Hélas! elle est bien légère, en effet, l'ombre de l'acacia. Mais enfin c'est un prétexte pour reprendre haleine, et nous en usons nous-mêmes quelquefois.

Peu à peu cependant, le sol paraît devenir moins dur à la végétation qui l'habite, et vers midi on nous signale à l'horizon une ligne qui parait verte.

C'est Kitivo et sa rivière où Ton a dit que nous devions camper : courage!

Fig. 25. — Eophorbb d„ désert dk GonRODVA. — Dessin de Mgr Le Roy.

Les plus intrépides pressent le pas, et à mesure qu'ils

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arrivent, s'étant désaltérés, nous les renvoyons avec des calebasses pleines d'eau à la rescousse de leurs camarades épuisés.

Dans la soirée, tout le monde a rallié le campement : nous avons traversé le désert de Gourouva.

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