‹ Au Kurdistan, en Mésopotamie et en PerseChapitre 106 sur 210 · SR · texte numérisé non relu

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apercevons le petit plateau d’Amadiah, au second plan, à travers un sombre ravin que nous avons à traverser entre deux montagnes à pic ; le sentier taillé dans le rocher est des plus difficiles. Simon, qui avait voulu rester sur son mulet, tombe et roule avec lui.

Le mulet qui porte l’appareil de photographie glisse des deux pieds de derrière dans le précipice; mais, par une merveilleuse adresse, 1l se cramponne au sentier par les pieds de devant ; les muletiers le voient, courent à lui et, au moment où il allait tomber, le saisissent par la queue et le tirent sur la plate-forme du chemin.

Nous arrivons enfin aux premières maisons des jardins d’Amadiah, mais la ville proprement dite est sur un plateau ; 1l faut descendre jusqu’au fond de la vallée à travers tous les jardins et remonter ensuite. orenadiers, les vignes sont en plein rapport, et la

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Les figuiers, les première grenade que nous cueillons en passant nous semble exquise. Quel changement de température, de climat en quelques jours ! Nous voici désormais dans la région chaude et nous ne sommes qu'à un degré au

sud de Djoulamerg, à un degré et demi de Van.

D’AMADIAH A MOSSOUL

Amadiah. — Entrée de la ville. — Le kaïmagan : M. Zia. — Les habitants; leurs occupations. — Promenade à travers la ville. — Conversation avec le kaïmagan. — Départ d’Amadiah. — Araden; dîner avec le curé; traductions de Simon. — Nous quittons la vallée du Ghara. — Rechavré. — Dehook. — La plaine de Mossoul, — Villages d'agriculteurs. — Bords du Tigre. — Méchanceté des habitants. — Chutes et accidents de route. — Arrivée à Mossoul, — On nous refuse l’hospitalité. — Au consulat de France,

Amadiah est situé sur un petit plateau élevé de trois à quatre cents mètres au-dessus du sol moyen de la vallée; les jardins sont ravissants ; les habitants abandonnent la ville pour les habiter, et il ne reste plus dans la ville, qui fut jadis une citadelle d’une certaine importance, à en juger d’après les ruines, que les marchands et les Juifs.

Tout le plateau est fortifié et trois portes y donnent accès; c’est par

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la porte Est que nous entrons, suivant un chemin taillé dans le roc et qui devait être d'accès fort difficile pour des assaillants. Une arcade voûtée, avec une solide porte en fer rouillée, et un corps de garde où sont de misérables soldats forment l’entrée; l'officier, ne sachant à qui il a à faire, et craignant sans doute l’arrivée d’autorités importantes, nous fait présenter les armes.

Nous nous faisons conduire chez le gouverneur.

La ville n’est qu’un monceau de ruines, dans lesquelles végète une misérable population, et le palais du gouverneur n’est lui-même qu'une grande bâtisse en bien mauvais état.

Nous laissons Simon garder la caravane et nous nous présentons, Hamelin et moi, chez le gouverneur. Nous apprenons avec plaisir qu'il parle français; nous sommes encore plus satisfaits quand nous reconnaissons M. Zia, que nous avions rencontré entre Bashkalah et Van. Il se plaint beaucoup des mauvais chemins et des dangers de la route ; je crois qu’il a dû être envoyé ici en disgrâce. Il n’y a que deux Jours qu'il est arrivé et se plaint fort de la barbarie des gens du pays. On le regarde d’un assez mauvais œil parce qu’il parle français et s'habille de vêtements européens. Il nous fait un accueil d’homme civilisé et poli; il se met à notre disposition et nous conseille d’aller demeurer dans une maison appartenant aux Dominicains, inhabitée pour le moment; nous y serons plus seuls et plus libres.

Prenant congé du kaïmagan, nous nous faisons conduire à cette maison; elle est située du côté ouest, au bord du plateau, donnant sur le précipice.

La maison est bâtie dans une cour entourée d’un mur. Les mulets sont déchargés, les tcharvadars réglés, et nous nous installons dans une petite chambre du rez-de-chaussée, Nous sortons ensuite pour visiter la ville. Elle aurait été bombardée par des milliers d’obus qu’elle ne serait pas dans un pire état. À peine, de temps à autre, rencontrons-nous quelque misérable cahute servant d’abri à une pauvre famille. L’occupation la plus générale est de tisser et de filer. Nous parcourons aussi un bazar, où nous sommes bien ennuyés par une espèce de soldat fou qui nous retient un quart d'heure, Simon servant d'interprète, à nous raconter qu’il a les fièvres et voudrait de la quinine. La ville haute n’est habitée que par les juifs qui entrent pour une grande part dans la population;

ils se sont même alliés aux musulmans; mais ce sont plutôt les femmes

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juives qui se sont mariées aux mahométans que les juifs aux musulmanes.

Les hommes sont petits et leurs traits sont assez réguliers; pour les femmes, le mélange du type juif et du type kurde n’a pas donné d’heureux résultat; elles sont petites et chétives, leur visage n’est pas laid, mais leur corps, usé de bonne heure par un mariage trop précoce, ne peut atteindre son développement, au grand préjudice de la race. Comme

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