PLAN DU PALAIS ET DE L'ENCEINTE DE K HORSABADI
fit rechercher sa femme de tous côtés. Enfin, on la retrouva dans la caverne de l'ours. On la pria de sortir; elle s’y refusa, disant qu'elle avait trouvé un compagnon plus aimable que son mari. « Il m'apporte du miel, des fruits, et le soir, il est infiniment plus tendre : 11 me lèche les pieds,
> | A L È . ; m'embrasse et ne me bat jamais. » Mahomet ne pouvant admettre une
Dan à A7» FT ? 4 on 1. Place, Ninive et l'Assyrie, 32 volume.
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semblable alliance, l'ours fut tué et la femme dut réintégrer le domicile conjugal. Le mari eut la peau de son rival. Nous rentrons vers deux heures chez les Pères: ils sont inquiets de ne pas voir revenir M. Siouff; il est allé jusqu’à Sindjar, au-devant de sa femme, qui arrive de Damas, à travers le désert, par Tadmor (l’ancienne Palmyre) et Deir (ou Dehr). Cette route est dure et pémble; on est quelquefois trois jours sans rencontrer un puits, et souvent on est attaqué par des bandes d’Arabes.
Pour occuper notre après-midi, nous allons, vers quatre heures, nous promener hors de la ville, sur les rives du fleuve ; elles sont, jusqu'à un ou deux kilomètres au sud de Mossoul, bordées de broussailles dans lesquelles on trouve des francolins en grand nombre. Tout l’espace recouvert par les eaux lors de l’inondation du printemps est occupé par de orandes melonnières où les melons, les courges et les pastèques, qui sont le fond de la nourriture des habitants, poussent abondamment. Les maraîchers qui ont planté ces melonnières campent au milieu d'elles pour les défendre contre les maraudeurs ; ils sont armés et tirent sans scrupule sur le premier qui se présente. |
Le Tigre est très poissonneux, et parmi les poissons, beaucoup sont excellents. Jusqu'à Baghdad, la plus grosse espèce est le poisson de Tobie, qui mesure souvent un mètre cinquante de long, sur vingt à trente centimètres de diamètre. À partir de Baghdad, on rencontre des requins, et il serait dangereux de se baigner sans de grandes précautions ; on a va des requins remonter le Karoun (affluent du Tigre) jusqu’à Shuster.
Sur les rives du Tigre, à plusieurs lieues au delà de Mossoul, jaillissent des sources sulfureuses qui répandent une odeur épouvantable et oâtent les eaux. En plusieurs points, grâce à la vertu de ces sources, le fleuve est réputé pour guérir les maladies du sang, si communes et si raves en Arabie. Les malades y suivent de sérieux traitements, De nombreuses sources de naphte et de pétrole se rencontrent dans les montaones de l’ouest, et aussi dans le Djebel Sindjar et le Djebel Mehlebiyeh, à l’est ; mais elles ne sont pas exploitées.
Après nous être reposés quelques instants, nous revenons par la porte ouest. De longues caravanes de chameaux, gardées par un seul homme, campent hors de la ville. Assises sur leurs quatre jambes repliées sous elles, semblables à des cygnes sur un lac, ces bêtes ruminent placidement, véritables images de la douceur et de la patience. |
Auprès d’une tombe nouvellement fermée, des pleureuses gémissent
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et sanglotent en gloussant. Quand les femmes amies du mort ne veulent pas se charger de cette corvée, on paye des pleureuses qui se lamentent à l'heure, en glorifiant les vertus du défunt. Cette petite comédie, quel qu'ait été le jour de la mort, a lieu jusqu’au vendredi suivant, car c’est le vendredi seulement qu'Allah et Mahomet ouvrent les portes du ciel. C’est un grand bonheur de mourir le jeudi, et souvent, sous ce prétexte commode, on avance la mort d’un malade.
En rentrant à [a communauté, nous trouvons un loueur de chevaux que le procureur nous a amené; il nous conduira à Ninive, et à Khorsabad. C’est à six heures du matin (douze heures à la mode turque), au lever du soleil, que nous désirons partir.
12 octobre.
Les chevaux sont prêts à l’heure dite ; dans deux courgines portées par le cheval du guide se trouve notre déjeuner. Nous traversons la ville, aussi calme le matin que le jour. Le bazar se réveille, les marchands ouvrent leurs boutiques, les cafés se nettoient et ônt déjà quelques consommateurs. Nous arrivons au pont. L’encombrement y est grand aux premières heures du jour, la ville étant fermée la nuit; il est tel que l’on est forcé d'entrer et de sortir par fournées, pour éviter les accidents qu’amèneraient inévitablement les chocs des bêtes chargées de volumineux ballots. Au-dessus de la porte se trouve la terrasse d’un grand café où s’entassent, dans une nonchalante paresse, de calmes consommateurs qui fument philosophiquement, dédaignant le grouillement de la foule. Nous sommes obligés d'attendre que le flot venant en sens inverse soit entièrement passé; les bêtes se bousculent ; les chameaux, l’œ1l fixe, ahuris par les cris de la foule, renversent les ânes de leur masse, sans s’en apercevoir. Tout le monde doit payer en passant, et à ceux qui ne peuvent verser l’obole, on prend un mouchoir, un turban, une *chemise, un paquet, qu'on conserve en gage et qui est vendu le soir même à la criée, si le propriétaire n’est pas venu le réclamer en acquittant le péage.
Le consul d'Angleterre, sous prétexte de nous faire voir la butte de Kouyoundjick, mais en réalité pour savoir ee que nous allions faire, nous a prêté son cawas. Les Anglais s’attribuent toute la gloire des découvertes faites à Ninive et sur le cours du Tigre; mais s’ils ont fait de grands travaux et, par les soins de Layard et de Loftus, mis à jour les
restes ensevelis d'immenses cités, c’est en réalité Botta, un Français, qui les a devinés et découverts le premier.
En 1842, Botta, revenant de Perse et passant par Mossoul, fut intrigné par des briques que les habitants lui montrèrent et qui provenaient d’une butte située de l’autre côté du Tigre. Il demanda alors au
“ouvernement français d'établir pour lui un poste de consul à Mossoul, afin qu’il pût entreprendre des fouilles. Le poste fut créé et les fouilles
RÉLSERIESELRERS
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